‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 12 sur 130 · AIRELLE · texte numérisé non relu

AIRELLE

infusion , à la dose de 2 gros , de l’herbe fraîche pour 8 onces d’eau; on l’applique en cataplasmes, après lui avoir fait subir nne décoction. (A. R.)

AIL. Allium sativum . L. Ricb. Bot. méd., t. I, page 89. ( Liliacées, Ricb. Hexandr. monog) nie , L. ) L’ail est une plante bulbeuse qui croît naturellement en Italie , en Sicile , et que l’on, cultive en abondance, surtout dans les régions méridionales de l’Europe. Son bulbe, du volume d’une grosse noix, est recou-! vert de tuniques minces , scarieuses , sèches et blanchâtres , et se compose de plusieurs autres petits bulbes , vulgairement dé-^ signés sous le nom de gousses d’aih dont les tuniques sont rougeâtres. Tout le monde connaît l’odeur forte et piquante, la saveur âcre et chaude de l’ail. Ses bulbes contiennent une huile volatile extrêmement âcre et pénétrante, de couleur jaune; de l’albumine , du soufre , une matière sucrée et un peu de fécule. ( Bouillon-Lagrange. )

L’ail est éminemment excitant; appliqué sur la peau , il finit par la rubéfier. On se sert de cette propriété pour faire avec l’ail pilé et l’axonge ou l’huile, un Uniment irritant. Les bulbes de l’ail sont un bon médicament vermifuge ; on les emploie", soit crus, soit après les avoir fait cuire. On a aussi recommand'é comme vermifuge l’usage du Uniment dont nous venons de parler, et avec lequel on frotte l’hypogastre. L’ail agit encore sur l’appareil urinaire, aussi le compte-t-on parmi les médicàmens diurétiques. • *

On a attribué à Tail une propriété antiseptique , qu’il ne possède réellement pas. Son odeur forte masque les mlasmés délétères, mais ne les détruit pas. Il entre dans plusieurs préparations officinales, entre autres dans le vinaigre des qùàtre voleurs. Nous croyons inutile de rappeler ici l’emploi d'e l’âiï comme condinient dans les préparations culinaires. (A.' R.) AIMANT. V. Frn oxioulé. (A. R.)'

AlREtLE. Vaccinium. Genre de plantes de la famille dès Éricinées, tribu des Vaccinées et de l’octândfîe monogyniè, dont plusieurs espèces sont usitées en Médecine';’ nous citerons les suivantes:

2o8 AIRÈLLE.

Airelle canneberge. V^accinium oxycoccos. L. C’est iiti arbuste extrêmement petit , dont les tiges grêles et rampantes s’étalent à la surface du sol dans les lieux humides, tourbeux, et particulièrement sur les touffes de sphagnum. Ses fleurs sont petites, axillaires, solitaires, roses et pédonculées, et ses fruits rouges et succulens ont une saveur acide très agréable. On peut en préparer des confitures, un rob ou une sorte de sirop, qui sont rafraîcbissans. Peu ou point usité de nos jours.

Airelle myrtille. Vaccinium myrtillus. L. Ricb. Bot. méd., t. I, p. 342. Petit arbuste dressé, rameux, haut d’environ un pied, croissant à l’ombre dans les bois humides ; ses tiges anguleuses portent des feuilles opposées, presque sessiles, ovales aiguës, légèrement dentées, et qui s’en détachent fort tard. Ses fleurs sont petites, axillaires, recourbées, ayant une corolle monopétale en forme de grelot, d’un pourpre intense. Ses fruits sont des baies arrondies, delà grosseur d’une merise, ayant une couleur pourpre noirâtre lorsqu’elles sont tout-à-fait mûres. La pulpe de ces fruits a une saveur aigrelette assez agréable, surtout pendant les ardeurs de l’été. On les mange dans les régions septentrionales de l’Europe , où le myrtille est très commun. On peut en préparer un rob ou un sirop rafraîchissant, dont l’usage doit être recommandé dans les affections de l’estomac connues sous les noms d’embarras gastriques , fièvre bilieuse, etc. Les fruits ont été quelquefois utiles contre le scorbut et quelques autres maladies où l’usage des acidulés et des rafraîcbissans était Indiqué. Ils contiennent un principe colorant rouge, employé dans l’art de la teinture. Ses feuilles, ainsi que celles de presque toutes les autres espèces du même genre, sont tellement astringentes, qu’on pourrait les employer au tannage des cuirs.

Airelle ponctuée. F’accinium vitis idœœ. L. Petit arbuste commun dans les montagnes et les régions septentrionales de l’Europe; ses tiges rameuses et flexueuses ont de 6 à 10 pouces de hauteur ; ses feuilles alternes sont persistantes, elliptiques, obtuses, à peine dentées sur leur contour qui est replié endessous ; les deux faces sont glabres; l’inférieure, blanchâtre, est

ALAMBIC. ' ~ aog

parsemée de petits points noirâtres , qui sont des glandes vesiculeuses. Les fleurs forment au sommet des ramifications des tiges un petit épi simple; leur corolle est campanulée. Les fruits sont charnus, et assez semblables à ceux de l’espèce précédente, dont ils ont les qualités.

Les feuilles de 1 airelle ponctuée sont astringentes ; on les trouve fréquement mêlées, dans le commerce, à celles de la Lusserolle; mais il est facile de les reconnaître, en ce qu’elles sont plus minces, à bords roulés, non émarginées au sommet, un peu blanchâtres et ponctuées à leur surface inférieure.

( K Busserolle. ) P J

ALAMBIC (i). On a donné le nom d’alambic à un vase composé de plusieurs pièces, et dont on se sert pour opérer la distillation afin de séparer les* substances volatiles de celles qui sont fixes. \ ‘ ^

Les alambics sont de plusieurs matières; il y en a de platine, de cuivre, de tôle , d’étain , de verre , de plomb, etc. , etc.

Les alambics et leurs formes ont beaucoup varié; un grand nombre d’auteurs se sont occupés de les perfectionner et des les rendre propres aux divers usages auxquels on les destine. Parmi ceux qui se sont occupés avec le^lus de succès des modifications à apporter à cet instrument, nous citerons Baumé, Adam , Curaudan, MM. Bordier de Vertoix, Derosne, Herpin dé Metz , Lenormand , OErsted , etc. , etc.

L’alambic dont le pharmacien se sert se compose ordinairement de quatre pièces : la chaudière ou cucurbite, le chapiteau, e hain-marie et le serpentin. Quelquefois la troisième de ces parties, le bain-marie est plus ou moins haut, et il est percé e petits trous de manière à laisser baigner dans l’eau boudante une subetance quelconque, ou à laisser passer à travers es substances placées dans ce vase , la vapeur qui se forme dans la cucurbite.

La chaudière est destinée à contenir les liquides qui peuvent

ilonnerons les dessins des divers anparciJs usités dans les opérations décrites dans cet ouvrage.

Page 1