‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 117 sur 130 · CAPILLAIRE · texte numérisé non relu

CAPILLAIRE

Le caoutcliouc est employé clans la fabrication des sondes, de.s bougies, dans des vernis, etc. On le fait entrer dans la composition de l’encre d’imprimerie, destinée à la typographie, et les résultats qu’on en a obtenus ont paru avantageux. ( Ch. Motte. ) Le chimiste emploie le caoutcliouc pour faire des lanières qui servent à joindre un tube à un autre tube sans employer de lut.

Le caoutchouc a été, en x8i3, obtenu par M. Trérao- Ilère, du suc du figuier. Ce botaniste ayant fait une Incision transversale au tronc d’un figuier , obtint un liquide laiteux qui, traité par l’eau et l’alcool, lui donna une petite quantité de vrai caoutchouc. Des essais que j’ai tentés depuis sur le suc du figuier, m’ont donné le même résultat.

CAPILLAIRE DE MONTPELLIER. Adianthum Capillus Tenei-is^ L.— Rich. Bot. méd., 1. 1, p. 42. — Plante de la famille des Fougères, qui croit dans les lieux humides, sur les bords des fontaines et dans les puits des contrées méridionales de l’Europe. Elle a une souche vivace , qui porte des frondes toutes radicales, pétiolées , longues de six à dix pouces, décomposées en plusieurs folioles cunéiformes, minces, très grêles, incisées sur les bords supérieurs, dont les divisions sont roulées en dessous, et enveloppent les sporules qui sont disposées en petits paquets séparés. Le capillaire de Montpellier est légèrement mucilagineux, d’une saveur et d’une odeur un peu aromatiques. On l’emploie principalement en infusion et sous forme de sirop dans les alFectlons catarrhales. On lui substitue sans inconvénient les feuilles d’une autre espèce à' Adianthum j connu sous le nom de Capillaire du Canada {Adianthum pedatum^ L.) , qui croît non-seulement dans le Canada, mais encore dans plusieurs autres régions de l’Amérique septentrionale. Cette fougère se distingue de la précédente par ses frondes plus grandes, ses pétioles plus longs et ramifiés seulement à leur sommet , de manière que toutes les branches partent en divergeant du même ]X)int.

Le Capillaire noir est V Asplénium Adianthum nigrunij L,

56o CAPRIER.

qui croît sur les murailles et dans les contrées montueuses de l’Europe. Cette plante jouit à peu près des mêmes propriétés que les autres capillaires, mais elle a moins d’arôme. On peut en dire autant du Polytric des boutiques, o\x Asplénium l'richojnanesjlj. (A. R.)

CAPILLAIRE DU CANADA. Adianthum pedatumj L.

Cette fougère est substituée souvent au capillaire de Montpellier. V. ce mot. ( K.)

CAPPARIDEES. Capparideœ. Famille naturelle de plantes dicotylédonespolypélales hypogynes, composées d’iierbes et d'arbrisseaux. dont les caractères offrent beaucoup de rapports avec ceux des crucifères. Les capparidées se distinguent de celles-ci par leurs étamines ordinairement en grand nombre, jamais tétradynames, et par leurs fruits , qui sont souvent charnus et bacciformes, quoiqu’on trouve dans les deux familles .des genres intermédiaires sous ce rapport. Les plantes de cette famille sont Indigènes des contrées chaudes des globes ; elles renferment un principe volatil âcre, stimulant, analogue à celui des crucifères, dont elles se rapprochent conséquemment parles propriétés médicales. (A. R.)

CAPRES. Boutons des fleurs du câprier, confits dans le vinaigre. Câprier. (A. R.)

CAPRIER. Capparis spinosUj L. — Ricb. Bot. méd. , t. II, p. 678. (Famille des Capparidées, Juss. Polyandrie Monogynie, L.) Le câprier est un arbustesarmenteux, commun surles vieilles murailles et dans les fentes des rochers de l’Europe méridionale. Ses tiges sont étalées, rameuses, et portent des feuilles alternes, articulées , cordiformes, arrondies, obtuses, quelquefois acuminees , molles, très entières et portées sur de courts pétioles, à la base desquels on vmit deux stipules épineuses, et recourbées. Les fleurs sont grandes solitaires et axillaires. Le fruit est pyriforme, charnu, renfermant un grand nombre de graines nichées dans la pulpe. Quoique naturellement très commun dans les départemens les plus méridionaux de la France, le câprier y est en outre cultivé avec soin et en grand, pour la récolte des câpres J c’est-à-dire des jeunes boutons de ses fleurs que l’on

CAPSULES. 5(ij

fait confire tlans du vinaigre. Ce.st un assaisonnement très employéj elles sont en outre stimulantes et antiscorbutiques.,

La racine de câprier était autrefois comptée au nombre des cinq racines apéritives mineures. On n’employait que l’écorce de cette racine ou sa partie externe, qui est légèrement amère, âcre et acerbe. fA P >

CAPRIFOLIACEES. CaprifoÜaceœ. Famille naturelle de plantes Dicotylédones Monopétales Épigynes , composée d’arbrisseaux et d’arbutsesà tiges le plus souvent sarmenteuses, à feuilles opposées sans stipules, et dont le genre chèvrefeuille (Cnm-i/ùiLiim J Tournef.) est le type. .

Outre le chèvrefeuille, cette famille renferme plusieurs autres végétaux utiles, comme le sureau, l’hièble et le cornouiller Les fleurs sont généralement odorantes, mucilagineuses et léoèrement diapborétiques. Les baiesdes fruits charnus de la plupart de ces plantes jouissent aussi de cette dernière propriété, et de p.us elles sont laxatives. L’écorce moyenne du sureau est un purgatif assez énergique. Enfin les feuilles des différentes e.spèees de chevrefeu.Ile sont remarquables par le principe astringent quelles contiennent. Ri

CAPSICÜM. Nom générique des plantes dont le fruit est connu sous le nom de Ouini,, Poim de la Jamais, ce

/ . ces mots. r a n ^ '

Capsules On a donné le nom de capsides à des inslruniens destines à la concentralion ou à l’évaporation des liquide»

^ clioii de ces instrumens doit être fait d’après la nature de» substances qu’on ^uinet à l’évaporation, et selon que le deeré de chaleur est plus ou moins élevé. Les capsules sont i '’e,,'

P aline, n . en argent, 3". en porcelaine, 4". en verre. Les capsules

deplat.nesontlespuscominodes.àeause delà propriété qu’elle,

ont de, ransmettre ad, aleur nécessaire à l’évaporl.ion, par leur

„u’ vt î i

sent I . sons craindre qu’elles ne se Cas-

sent La rareteet le pr« élevé du platinene permettent pasde le,

employer au,,, souvent que les autres capsules. On doit éviter

aire séjourner dans ces vases des liquides qui contiendraient

ÏOME 1.

5Ga CAPUCINE.

un mélanj-e J’aclcle hydro-cliloro-nitrlque, Ils pourraient alors êlre attaqués. Les capsules d’argent sont de la plus grande utilité pour une foule de préparations; elles ne peuvent cependant être mises en usage pour la concentration des liqueurs qui contiendraient des acides nitrique et hydro-sulfurique.

Les capsules de porcelaine sont convenables pour l’évaporation delà plus grande partie des liquides acides; mais leur fragilité, et la facilité avec laquelle elle peuvent se casser par les différences de dilatations quelles éprouvent en passant rapidement du chaud au froid et alternativement , en rend l’usage dispendieux. Lorsqu’on emploie ces vases , il faut avoir soin de les chauffer crraduellement, et de conduire l’évaporation à l’aide d’une température bien égale. On doit choisir les capsules de porcelaines minces, d’iuie épaisseur uniforme dans toutes leurs parties.

Les capsules de verre sont plus fragiles que les capsules de porcelaine; celles qui proviennent des fragmens de cornues et de matras supportent bien la chaleur; il n’en est pas de même de celles faites exprès pour capsules : on peut en casser un grand nombre avant d’en trouver de bonnes. ^0

capsules ou FRUITS CAPSULAIRES. Capsulœ. C’est le nom que l’on donne à tous les fruits secs qui s’ouvrent naturellement, soit par des trous ou fentes sur plusieurs points de leur surface, soit qu’ils se divisent en un certain nombre depièces que l’on a nommées valves. Les capsules offrent intérieurement une seule cavité, ou bien elles sont partagées par des cloisons en plusieurs loges; de là les noms de capsule uniloculaire^ biloculaire^^ muZ/tZocuZab e. D’après le nombre de leurs valves, on a distingue les capsules sous les noms de bii>alve, trivalve et multivalve. Cette forme de fruits est très commune , mais il n’y en a qu un petit nombre qui soient utiles en Médecine; telles sont les capsules d’anis étoilé, de cardamome, de cévadille et de pavot. (A. R.)

CAPUCINE. Tropœolum majus,\j. — Rich. Bot. niéd. t. II» p. 7'23. Cette plante de l’Octandrie Monogynie, L., était placée dans la famille des Géraniacées ; mais on en a constitué récemment une famille particulière, sous le nom de Tropèolées. Elle est originaire du Pérou ; on la cultive avec la plus grande facilité

CAIIBONATES. 563

ilàns tous les jardins d’Europe, où elle est annuelle, tandis qu’elle est vivace dans sa-patrie. Sa tige est couchée, très rameur, et prend beaucoup d’exiension. Ses feuillessont éparses, peltées, orbiculaires , portées sur de longs pétiolesj leurs nervures partent en rayonnant du point d’insertion du pétiole. Les üeurs sont très grandes, irrégulières, éperonnées, d’une couleur orangée très vive, portées sur des pédoncules axillaires. Le fruit se compose de 3 akènes convexes, et recouvert de cotes irrégulières du côté externe, offrant chacun au côté interne deux faces planes par lesquelles ils sont accolés. Toutes les parues de la capucine sont douées d’une odeuret d’une saveur vives, piquantes, et semblables à celles que présentent les crucifères Elles jouissent par conséquent des mêmes propriétés médicales, c’est-à-dire qu’elles sont éminemment stimulantes, toniques et antiscorbutiques. Les fleurs se mangent sans apprêt avec la salade. Les fruits confits au vinaigre sont un condiment analogue aux câpres. (A. U ')

CARAGKE. V. Résijse caragne.

CARAMEL. On a donné le nom de caramel à une préparation que l’on obtient en torréfiant légèrement du sucre pulvérisé dans une capsule de métal ou de terre , arrêtant l’opération lorsqu’il se dégage des vapeurs blanches âcres, ajoutant peu à, peu de l’eau sur le produit, le faisant dissoudre et filtrant.

Le caramel est employé pour colorer les eaux-de-vie, la bière, et pour apprécier l’action décolorante des charbons emplovés à la décoloration des sucres , etc. \

CARBONATES. Ou a donné le nom de carbonates aux sels qui sont le résultat de la combinaison de l’acide carbonique avec les bases salihables. Les carbonates se divisent eu carbonates neutres et en sous- carbonates. Les carbonates neutres sont ceux dont la base et 1 acide sont en telles jiroportions, que ni l’acide ni la base ne prédominent. Les sous-carbonates sont des sels où la base est exces. Les caractères des carbonates et des sous-carbonates sont les suivans : i°. à l’état solide, ou dissous dans l’Jau lorsqu’on les met en contact avec les acides nitrique, hydrochlorique ou sulfurique , ces sels sont décomposés avec offervesceuceel dégagement de gaz acide carbonique, ( roir ce mot. )

Soumis à l’acûon de la chaleur, les carbonates se conduisent diversement; la manière de se conduire les a fait diviser en quatre classes. Les carbonates de la première classe sont décomposés, eu laissant pour résidu leurs oxides ( les carbonates de chaux, de magnésie); les carbonates de la deuxième classe se volatilisent à une basse température et sans décomposition (le sous-carbonate d’ammoniaque); les carbonates de la troisième subissent une altération partielle en perdant une partie de leur acide, et passant à l’état de sous-carbonates ( les carbonates neutres de soude, dépotasse); les carbonates de la quatrième n’éprouvent aucune altération (les carbonates de baryte, de strontiane). Les carbonates sont très nombreux; nous nous bornerons à donner des détails sur ceux qui sont employés

dans la Thérapeutique. (^*

CARBONATE D’AMMONIAQUE, Sous- carbonate d’ammoniaque , Alcali volatil concret ^ Sel volatil df Angleterre „ Alcali volatil aéré ^ Mèphite volatil^ Sel ammoniacal crayeux ^ Craie ammoniacale. Ce sel , connu depuis long-temps et préparé d’abord en Angleterre , est le résultat de la combinaison de l’acide carbonique avec l’ammoniaque; sa nature fut d’abord inconnue, et ce ne fut qu’ après la découverte de Black que l’on sut qu’il est formé d’acide fcarbonique et d’ammoniaque.

Le carbonate d’ammoniaque s’obtient lors de la décomposition des matières animales par la cbaleur; mais ce sel est alors sali par de l’huile animale de Dippel. On doit lui faire subir quelques opérations pour le priver de celle huile et l’obtenir a l’état de pureté; on peut le préparer par d’autres moyens, afin de l’obtenir pur. Lorsqu’on veut l’obtenir de prime abord exempt de matière étrangère, on agit de la manière suivante. On prend 24 parties d’bydro-chlorate d’ammoniaque blanc bien sec , et exempt de matières étrangères ; on réduit ce sel en poudre, on passe au tamis; on mêle ensuite avec 3o parties de craie ( carbonate de chaux ) (i) pulvérisée , qu’on a soin

(i) Les quiinlitcs presc

rites dans les diverses formiiliiircs varient. Ainsi, la

de calcinei' légèrement pour décomposer les matières organiques qu’elle pourrait contenir , sans cependant décomposer ce sel et donner lieu à un dégagement d’acide cai'bonique. Lorsque le mélange est fait, on l’introduit dans une cornue de grès recouverte d’un lut terreux (la cornue doit être d’une capacité double de celle du mélange ) • on adapte à la cornue une cruche de grès ayant une tubulure sur l’une de ses parois (i), ou un récipient en plomb ayant un couvercle mobile à sa partie supérieure, et une ouverture latérale pour recevoir le col de la cornue; on lute exactement les jointures des deux vases. On place la cornue dans un fourneau à réverbère, et le récipient ou la cruche dans un vase assez grand pour le contenir, et destiné à recevoir de l’eau qu’on fait tomber sur ce vase pendant l’opération. A la partie supérieiire de ee réservoir, est un tropplein destiné à faire écouler l’eau qui s’est échauffée en refroidissant le vase dans lequel s’opère la condensation. ,

Lorsque l’appareil est ainsi monté, on cominenee par mettre sous la cornue quelques charbons pour l’échauffer graduellement; lorsqu’elle est chaude, on élève la température; on la soutient de manière à entretenir la décomposition du muriate et la volatilisation du carbonate formé. On dirige un filet d’eau sur le récipient, et on l’entretient jusqu’à la fin de l’opération (2).

Pharmacopée de Londres indique les proportions suivantes : sel ammoniaque, 20 parties ; carbonate de chaux, 3o parties. M. Phillips assure que parties de carbonate de chaux suffisent pour décomposer loo de muriate de d ammoniaque. Gottling emploie les mêmes proportions que celles indiquées par la Pharmacopée de Londres. Ln résumé, un excès de sous-carhonate .le chaux ne peut nuire h l’opération , tandis qu’une quantité moindre de celle qui est nécessaire, pourrait donner lieu à la non décomposition d’une partie du muriate, qui se sublimerait en même temps que le carbonate, et altère rait sa püreté.

(1) On a soin de placer la cruche de manière à ce que la luhulure latérale soit au-dessus de l’eau, et on la ferme avec un bouchon légèrement échancré dans l’une de ses parties.

(2) M. 1 elletier est parvenu à obtenir du carbonate d’ammoniaque aussi beau que celui d’Angleterre, en faisant subir un coup de Ccu au muriate d’aniinoniaqne avant de l’employer. (HidL de Phann. rSl i., p. fiq.)

On peut se servir de la lulmlure latérale de la cruche, ou d’une tubulure semblable pratiquée à la partie supérieure du récipient, pour bien conduire son opération. Si le feu est trop violent. lorsqu’on retire le bouchon, les vapeurs prennent subitement de l’expansion ; il faut alors modérer l’action de la chaleur et augmenter les moyens derefroidissement.Lorsquela tubulure est ouverte et que les vapeurs ne sortent point avec force, on continue de chauffer en ayant soin , sur la fin de l’opération , d’élever un peu plus la tempéralui’e. On cesse le feu lorsque le i-écipient se refroidit, ce qui annonce qu’il n’y a plus de volatilisation ni de condensation.'

L’opération étant terminée, on laisse refroidir l’appareil, on le démonte ; on détache ensuite le carbonate volatilisé en chauffant les parois de la cruche (ou» du récipient) à l’aide de l’eau bouillante, et détachant les morceaux au moyen d’une spatule. Le carbonate d’ammoniaque <ist en morceaux d’une épaisseur plus ou moins considérable , selon les quantités de sel employées et la grandeur du récipient.

Dans cette opération, les deux sels se décomposent mutuellement à l’aide de la ciialeur ; l’acide muriatique se combine avec la chaux , forme de l’hydro-chlorate de chaux qui est fixe ; l’acide carbonique s’unit avec l’ammoniaque , forme du sous-carbonate d’ammoniaque qui se volatilise (i).

Quelquefois , une partie du sous-carbonate d’ammoniaque obtenu n’est pas pur j o'n peut le priver des substances qui altèrent sa pureté en le mêlant à i.ou à de charbon, et soumettant de nouveau à la sublimation, recueillant le produit comme on l’a dit lors de la première opération.

Le carbonate d’ammoniaque présente les caractères suivans : il est blanc, d’une texture fibreuse, ayant une odeur ainmonia-

(i) La Pharmacopée de Dublin prescrit l’emploi du sous-carbonate de soude au lieu de sous-carbonate de chaux; mais la quantité de sous-carbonate de soude indiquée est trop peu considérable. Une partie de l’ammoniaque se dégage à l’état libre ; elle peut être recueillie dans l’eau : au lieu de muriate de chaux, on obtient du muriate du soude pour résidu.

cale, une saveur caustique; il est soluble dans trois lois son poids d’eau froide il forme alors une solution saturée , connue sous le nom de sous-cavboncite d amTnonictque licjiLide. Mis en contact avec l’eau bouillante, il se décompose en partie, et perd toyt-à-la-fois et de l’ammoniaque et de l’acide carbonique qui se dégagent. Soumis à l’action de la cbaleur, il se volatilise. La plupart de ces caractères peuvent servir au pharmacien poui reconnaître ce produit, qui n’a pas d analogue.

Le sous-carbonate d’ammoniaque est formé

£le 56, 4i d’acide carbonique,

et de d’ammoniaque.

Selon quelques chimistes, les proportions d’acide et d’alcali varient , selon que le carbonate a été obtenu à une température plus ou moins élevée. Il contient toujours une certaine quantité d’eau, qu’on a appréciée de jusqu’à

Le sous-carbonate d’ammoniaque est employé twur séparer la glucine et l’yttria de l’alumine, ces terres étant solubles dans le sous -carbonate d’ammoniaque, tandis que l’alumine ne .l’est pas. On le mêle au tabac pour lui donner du montant ; on s’en sert dans la fabrication du pain dit fain des Anglais; il sert à donner à cette préparation alimentaire un aspect différent. Les dégraisseurs s’en servent pour enlever divei'ses taches. En Pharmacie on l’introduit dans de petits flacons ; il est alors vendu sous le nom de sel volatil d’Angleterre. Quelquefois on l’aromatise avec quelques essences. On s’en sert pour le faire respirer dans les cas de syncope et d’hystérie; dans ces cas, son emploi est plus convenable que celui de l’ammoniaque liquide.Oti applique quelquefois ce sel sur la peau , comme rubéfiant.

Les principaux caractères qui peuvent faire reconnaître le sous-carbonate d’ammoniaque sont, 1°. son odeur; 2°. sa volatilité; 3°. traité par l’acide nitrique, il se décompose avec dégagement d’acide carbonique et formation d’un sel ( le nitrate d’ammoniaque ) qui a dos caractères particuliers. V. Nitrate d’ammoniaque. (A. C.)

CARBONATE D’AMMONIAQUE HUILEUX, tid volatil de

5d8 carbonates.

corne de cerf. On a donné ce nom à un produit qu’on obtient do la distdlation des matières animales, et particulièrement de la corne de cepf et des os. Ce produit diCTère du sous-carbonate d’ammoniaque pur, en ce qu’il est sali par des substances étrangères, et particulièrement par de l’huile de Dippel. F. CoRNifcDE

CARBONATE D’AMMONIAQUE SATURÉ, Bi-carhonate d ammoniaque. Ce sel peut être obtenu de la manière suivante : on fait passer dans une solution de sous-carbonate d’ammoniaque un courant d’acide carbonique pur, et l’on recueille le sel qui résulte de la combinaison de l’acide avec le sous-carbonate en dissolution. Ce sel peut encore être obtenu en exposant à l’action de r air libre le^sous-carbonate.

Le carbonate d’ammoniaque, dissous dans l’eau, cristallise par l’évaporation, en prismes à 6 pans. Il n’a pas d’odeur; sa saveur est plus faible que celle du sous-carbonate. 11 est composé

d’acide carbonique .. . 56 où d’acide carbonique loo

d’ammoniaque 19 et d’ammoniaque ... 38 1, 63

d’eau de cristallisation. aS

U est reconnaissable par les caractères suivans : 1°. il est soluble dans leau, 2°. traité par les acides, il se décompose avec effervescence, en donnant naissance a des sels à base d’ammoniaque ; 3 . traité par la potasse , il se décompose avec dégagement d’ammoniaque; 4’> soumis a l’action do la chaleur, il se volatilise, mais une portion de ses élémens se désunissent lors de cette opération. (A. C )

CARBONATE DE BARYTE. On a donné le nom de carbonate de baryte au sel qui résulte de la combinaison de l’acide carbonique avec l’oxide de barium.

Ce sel existe tout formé dans la nature, et ou l’a trouvé à Anglesarck dans le comté de Lancaslre, à Neuberg dans la Haute- Stjrle.

Le carbonate de baryte naturel est souvent à l’état de sel pur; f|uelquefois il est accompagné de substances étrangères. Les calactèics de ce sel sont les suivans ; il a une pesanteur spéciri<[uc

CA.B BON AXES. Süg

établie à 4)3. Mis sur les charbons arclens, il devient phosphorescent, infusible; il l’aie la chaux carbonatée et est rayé par la^ chaux fluatée; il est soluble dans l’acide nitrique avec efl’ervescence, après avoir pris un volume plus considérable que celui du fragment soumis à cette expérience. Réduit en poudre et soumis à l’action de la chaleur, il peut être dissous par l’acide nitrique étendu , et donner naissance à un sel ( le nitrate de baryte ) , facilement reconnaissable à ses propriétés physiques et chimiques.

Le carbonate de baryte pur peut s’obtenir de la manière suivante. On verse dans une solution. étendue d’hydro-chlorate de baryte, du sous-carbonate de soude liquide, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de précipitation ; les deux sels sont décomposés; il y a formation de muriate de soude soluble et de carbonate de baryte insoluble qui se précipite. On recueille le précipité sur un filtre, on le lave à l’eau bouillante; lorsqu’il est bien lavé, on le met à égoutter; on le réduit alors en trocblsques, on le fait sécher, ou on le conserve à l’état pulvérulent.

Ce sel est blanc, très pesant, inodore, presque insipide; il est formé

d’acide carbonique d’oxide de barium

Le carbonate de baryte naturel est employé en Angleterre comme poison contre les rats. M. Pelletier père a reconnu que le sel de baryte, fait de toute pièce , ne possédait pas la même propriété ; il serait convenable de répéter cette expérience , et de chercher à reconnaître la cause de cette différence.

CARBONATE DE CHAUX (SOUS-), Blanc df Espagne, Blanc dé Meudon, Blanc de Troyes , Craie , Spath, Marbre , Pierre à bâtir. Albâtre crayeux, Afragonite (i), etc., etc.

(i) L’arr.'i;;onite est un carbonale de cliau^k trouve ’eii Arragoii cl en Auvergne. M. Haüy en a fait une cs|icce il part, à cause de la fornic primitive (]ni est un ociaèdrej le carbonate de chaux ayant pour forme ttriiuitive des

Oa a donné le nom de carbonate de chaux , au sel qui résulte de la combinaison de l’acide carbonique avec l’oxide de calcium. Ce sel se troijve dans la nature en très grande abondance ; il fait partie de tous les sols , et il constitue une foule de corps désignés par des noms dilTérens.

Les caractères chimiques du carbonate de chaux le font facilement reconnaître , malgré ses configurations diverses. Ces caractères sont les suivans ; il est presque insoluble dans l’eau ; la plupart des acides le décomposent en donnant lieu à une espèce de bouillonnement nommé effervescence , dû au dégagement de gaz acide carbonique ; il forme alors des sels de chaux ; soumis à l’action de la chaleur, il perd son acide, et il laisse pour résidu de l’oxide de calcium (de la chaux vive), etc., etc. Ce sel, à l’état pulvérulent, est employé dans l’usage pharmaceutique, dans l’art de la peinture, il sert à décom|Xjser le sulfate de soude , pour obtenir la soude factice ; à saturer le tartre, le jus de citron, pour obtenir les acides tartrique et citrique; à l’état de marbre , il sert à embellir nos monumens; à l’état de pierre à bâtir, il entre dans la construction des édifices ; il fournit la chaux destinée à la préparation des mortiers , des cimens. A l’état transparent ( l’albâtre), on en fait des objets d’utilité ou d’ornement (i).

Préparation de la craie on carbonate de chaux en masses

friables.

La préparation de la craie se fait en grand dans les arts ; elle consiste à laver la craie divisée , et à séparer les parties qui restent en suspension, des parties plus denses et siliceuses qui se précipitent, à réduire en pains carrés ou en cylindres les parties les plus fines qu’on a séparées par le lavage , et

ihouiboïdcs, OQ a essaye d’expliquer cette différence. Stromeyer crut pouvoir I attiibuer à la présence de la strontiane dans ce carbonate; mais M. Laugier ayant examiné des arragonites qui ne contenaient pas de strontiane , le problème est encore à résoudre.^

(i) A chacun de ces noms, nous donucrous des détails sur ces diveis produits.

qu’ou laisse ilesséclier coiivenablernent. Cette préparation doit être faite par le pliannacien qui met ce produit en usage comme moyen thérapeutique. Pour cela , on réduit la craie en poudre ; on en fait une pâte avec de l’eau ; on délaie cette pâte dans une plus grande quantité de liquide. Après un court intervalle, on décante, on lave de nouveau le produit, et ou recommence ce travail jusqu’à ce que l’eau ne se charge plus de carbonate de chaux divisé. On réunit alors les eaux 'décantées , on laisse déposer la craie, on en sépare l’eau, on fait égoutter le dépôt, et on en fait des trochisques que l’on fait sécher à l’étuve et que l’on conserve pour l’usage.

On peut préparer le carbonate de chaux pur, en précipitant l’hydro-chlorale de chaux liquide par un sous-carhonate alcalin, lavant le précipité et faisant égoutter , et le réduisant en trochisques.

Le carbonate de chaux obtenu de la sorte est formé de 43,2 d’acide,

ou

de 56,8 d’oxide,

Ce sel est employé en Médecine -, on le donne comme absorbant ou anti-acide, contre la diarrhée, la chlorose, le rachitis, les croûtes laiteuses. La dose est de quinze à trente grains , répétant cette quantité à plusieurs reprises dans la journée.

CARBONATE DE FER ( SOUS- ), Rouille. On a donné le nom de sous-carhonate de fer à la préparation obtenue de la manière suivante ;

On prend de la limaille de fer bien pure, on l’humecte légèrement avec de l’eau ; on l’abandonne ensuite à l’action de l’air dans une cave, en ayant soin de temps en temps d’ajouter une petite quantité d’eau. Le fer placé dans ces circonstances s’oxide promptement. L’oxide formé absorbe de l’acide carbonique^ il y a formation d’un sous - carbonate de fer, d’une couleur jaune rou.geâtrc, et qui est connue sous le nom de rouille de

de 44 acide, de 56 oxide, équivalens chimiques.

fer (i). Lorsque l’oxidation est avancée, on laisse sécher, on réduit en poudre, on passe au tamis, et, par le lavage, on sépare les parties les plus fines que l’on fait sécher et que l’on conserve pour l’usage.

On peut encore préparer un produit analogue à la rouille en précipitant le sulfate de fer par le sous-carbonate de soude. On prend une certaine quantité de sulfate de fer , on le fait dissoudre dans une grande quantité d’eau; on filtre la solution lorsqu elle est complètement opérée; on précipite ensuite cette solution par du sous-carbonate de soude liquide, en ayant soin d ajouter de ce sel jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de précipitation. On laisse reposer le précipité; on décante l’eau surnageante quon remplace par de l’eau bouillante, on agite, on laisse reposer, on décante de nouveau; on recueille le précipité sur un filtre, puis on le lave jusqu’à ce que l’eau sorte insipide de dessus ce précipité. On le fait égoutter, on le réduit alors en trocbisqiies , ou on le fait sécher, et on le met en poudre que 1 on conserve dans un bocal de verre fermé.

Le carbonate de fer est employé dans l’art médical comme tonique, emménagogue, astringent, on l’administre depuis cinq grains jusqu à un gros : on le fait entrer dans quelques pilules.

CARBONATE DE MAGNÉSIE , Magnésie douce j Magnésie effervescentej Magnésie aérée j Méphyte de magnésie j Craie de magnésie. Le carbonate de magnésie est le sel résultant de la combinaison de l’acide carbonique avec l’oxide de magnésium dans les proportions de 33 parties d’acide carbonique , de 4° d’oxide de magnésium et de 27 d’eau. Sa découverte peut être attribuée à Black, qui , le premier, reconnut l’existence des alcalis et des terres alcalines en combinaison avec l’acide carbonique. Les observations que Black publia en i 775 donnèrent lieu à divers travaux , parmi lesquels on distingue ceux de Bergmann , qui s occupa de l’examen de cette combinaison qu’il décrivit avec

(i) Ce piotluii contient de riuuiuonrafjiic.

CARBONATES. Syi

soin. Depuis ce travail , divers chimistes se sont occupés du carbonate de magnésie , et ont publié des travaux sur ce sujet (i).

Le carbonate de magnésie existe dans ia nature, mais en petite quantité, et à un état d’impureté qui ne permet pas de l’employer aux usages thérapeutiques. On est forcé de le préparer directement pour cet usage. Pour cela, ou dissout dans de l’eau pure du sulfate de magnésie blanc et pur (2) ; on verse dans cette dissolution du sous-carbonate de potasse liquide (obtenu de la décomposition du tartre par le nitre), et on continue d’ajouter de cette solution jusqu’à ce qu’il y en ait un léger excès (3) (cette méthode nous paraît préférable à celles où les doses sont indiquées; car pour opérer exactement, il serait nécessaire de toujours employer du sulfate de magnésie et du sous-carbonate de potasse également secs, ce qui nous a paru, après diverses expériences, assez difficile à faire); on laisse déposer le précipité, on décante la liqueur qui surnage; on ajoute de l’eau de pluie, on agite long- temps le liquide pour bien diviser le carbonate et le laver; ou le laisse déposer de nouveau; on reprend le lavage à plusieurs reprises, et Jusqu’à ce que l’eau qui en sort ne soit plus alcaline; on jette le précipité sur une toile; on le laisse égoutter; on porte ensuite ce précipité, qu’on coupe par morceaux , sur une fable ou aire de plâtre bien épaisse et placée dans une étuve. Cette table absorbe vivement l’eau • le carbonate de magnésie se dessèche. Quand il est arrivé au

(1) Fourcroy , MM. RoLiqnct, Phillips, etc.

(2) Le sulfate de magru'sio contenant souvent des sels métalliques qui pourraient être précipités h l’e’tat d’üxidc en meme temps que la magnésie, on précipite ces oxides métalliques par un liydro-sulfate, et on filtre ensuite la solution.

(3) Les quantite's de sous-earbonate de potasse et de sulfate de magnésie .’i employer ont été indiquées dans le nouveau Dispensaire d’Édimbourg, elles sont les suivantes : Pharm. d’Édimb. sulfate de magnésie, 4 parties; souscarbonate de potasse, 3 ; eau, 20 parties. Dispensaire de Londres ; sulfate de magnésie, une livre; sous-carbonate de potasse, 9 onces. Enfin, celui de Dublin indique , parties égah-s de sulfate de magnésie et de carbonate do potasse.

point de dessication con-venable, on pare la surface, et on enferme le carbonate obtenu dans des boîtes de bois garnies, à l’intérieur, de papier blanc (i).

Les principales précautions à prendre pour obtenir le carbonate de magnésie léger et bien blanc, consistent : i°. dans l’emploi de sels bien purs; 2". la solution doit être très étendue ( vingt livres d’eau pour une livre de sulfate de magnésk^) ; 3\ le lavage du précipité doit cire fait avec de l’eau de pluie, et continué iusqu’à ce que l’eau ne soit plus alcaline; 4°. la dessication du carbonate obtenu doit être rapide. (7^. le Dictionnaire de Technologie J t. I, p. 186.)

Dans cette operation, le sulfate est décomposé par le carbonate de potasse; il résulte de cette décomposition , et du sulfate de potasse soluble, et du carbonate de magnésie insoluble et qui se précipite.

Le carbonate de magnésie que l’on rencontre dans le commerce est quelquefois altéré par du sous-carbonate de chaux (de la craiej ; cette falsification est facile a découvrir, à cause du poids qu’elle ajoute au sel. Si la pesanteur du carbonate fait soupçonner cette fraude , on opéré de la manière suivante pour s’en assurer. On délaie dans l’eau le carbonate, on y verse de l’acide sulfurique jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’effervescence, et que le mélange soit legerement acide. Si le carbonate de magnésie est pur, la dissolution est complète; s’il est mêlé de carbonate de cbaux, ce sel décomposé donne lieu à du sulfate de cbaux insoluble qui se précipite. La quantité de ce •sel indique la quantité de carbonate qui avait été mêlé au carbonate de magnésie.

Quelquefois le carbonate de magnésie a été mal lavé, il retient des sels de potasse ; on peut les lui enlever par le lavage , et reconnaître par 1 évaporation du liquide qui a servi à laver ce produit, la quantité du sel contenu dans 100 parties de ce sel.

La magnésie peut être mêlée à de la silice si le sous-carbo-

(i) Il faut avoir soin que l’étuve ne reçoive pas de fumée, celle-ci jaunit fortement le sel, et cette couleur pénétre même à rintérieur.

nale de potasse employé pour précipiter le sulfate était impur. On reconnaît cetté fraude en dissolvant le carbonate dans un acide étendu : la silice insoluble reste dans la liqueur et peut être reconnue. Quelquesauteurs ont indiqué la falsification de la magnésie par l’amidon; mais cette falsification nous semble impossible,à cause delafacilité avec laquelle Tbomine le moins exercé la reconnaîtrait; dans tous les cas, Remploi de la chaleur ou de la solution d’iode fournirait des moyens faciles pour reconnaître ce mélange.

Ee carbonate de magnésie est ordinairement sous la forme de pains carrés très légers; il est doux au toucher, insoluble dans l’eau, soluble avec effervescence dans les acides; exposé à l’action du feu, il se décompose en perdant son acide carbonique; il passe à l’état d’oxide de magnésium.

Le carbonate de magnésie est administré comme absorbant, et contre les aigreurs de l’estomac; il est légèrement purgatif et occasione quelquefois des selles. La dose à laquelle on administre ce sel comme absorbant est de 24 grains à 1 gros, et 2 gros si l’on veut le faire agir comme purgatif léger.

Le carbonate de magnésie est mêlé à la farine du blé récent, destinée à la fabrication du pain. Le pain préparé avec le mélange suivant:

Farine de blé récent 100 livres,

Magnésie carbonatée 6 onces 2 gros (i),

a été reconnu beaucoup meilleur et plus sain.

Le carbonate de potasse peut être remplacé avec avantage dans la fabrication du carbonate de magnésie par le sous-carbonate de soude ; le sel qui résulte de la décomposition, le sulfate de soude, étant plus soluble que le sulfate de potasse, le lavage est plus facile et le carbonate de magnésie est obtenu à un plus grand état de pureté. On peut en outre se servir du sullàle de .soude qui provient de l’évaporation des eaux mères , tandis que l’emploi du sulfate de potasse est peu considérable; ce moyen devrait

(i) 3fi grains par livre.

être préféré, à cause de l’emploi de la soude, produit de nos fabriques, qui d’ailleurs esta meilleur marché que la potasse.

CARBONATE DE MAGNÉSIE , de ma-

gnésie. Ou a donné le nom de bi-carhonate de magnésie au sel qui résulte de l’union de l’acide carbonique avec l’oxide de magnésium, dans les proportions de 5o parties d’acide, de 25 de base, et de 25 d’eau de cristallisation. Fourcroy a fait voir que ce sel était difl'érent du sous -carbonate, et que ce dernier n’était pas saturé d’acide.

Ce sel s’obtient de la manière suivante : on délaie dans de l’eau distillée du sous- carbonate de magnésie pur et hydraté, provenant de la décomposition du sulfate de magnésie par le sous-carbonate de potasse; loi'squ’il est délayé, on fait passer dans ce mélange un courant de gaz acide carbonique pur , et on continue jusqu’à ce que tout le sous-carbonate soit dissous. On fait ensuite évaporer la liqueur à une douce chaleur, et on obtient le sel par cristallisation (i).

Ce sel ainsi préparé se présente sous la forme de cristaux transparens, qu’on a reconnus pour être des. prismes hexagones, ' terminés par un plan hexagone. Ce sel a peu de saveur; il est soluble dans 48 fois son poids d’eau; il est moins soluble dans l’eau chaude que dans l’eau froide. (Butini. ) Exposé à l’action de l’air, il s’ellleurit et tombe en poussière. Exposé à l’action de la chaleur, il décrépite, se décompose, et se rédu't en oxide de magnésium.

Ce sel se rencontre dans la nature, en Angleteri’e, dans la pierre à chaux magnésienne. On le prépare, depuis quelque temps, pour l’usage pharmaceutique, et on le donne comme absorbant. Sa solubilité dans l’eau , sans communiquer à ce pro—

(i) On peut obtenir le bi-carbonate de magnésie en cristaux plus volumineux, en mêlant ensemble 12$ parties de sulfate de magne'sie et i36 parties de sous - carbonate de soude pur, ces deux sels dissous dans l’eau. On filtre apres avoir mélange, et on abandonne la liqueur à une évaporation spontanée. (Thomson, i. II, p. S.'rS. )

Juît un goût désagréable trop marqué, le rend précieux pour la Thérapeutique à la dose d’un gros et demi en dissolution dans 9 onces d’eauj et pris eu deux fois , il est légèrement purgatif et fait cesser les aigreurs.

On le fait entrer dans quelques eaux minérales, qu’on administre comme anti-acides. (

CARBONATE DE PLOMB isovs-),Céruse^ Craie’ de plomb. Blanc de plomb. Blanc de Krems. On a donné le nom de carbonate de plomb a la combinaison qui résulte de l’union rie l’acide carbonique arec l’oxide de plomb. Ce sel existe tout formé dans la nature ; on le rencontre cristallisé, i». en prismes à six fians terminés par des pyramides hexaèdres; 2". en tables ou paillettes; 3°. en octaèdres réguliers. Sa couleur est le blanc ou le blanc jaunâtre. ChauEFé au chalumeau, il bouillonne, se décompose, et donne pour résidu du plomb métallique. Traité par i’acide nitrique, il se dissout'dans cet acide avec effervescence, en donnant naissance à du nitrate de plomb, qu’on obtient à l’état solide par l’évaporation. La dissolution de ce sel précipite en noir par l’hydrogène sulfuré.

Bergmann est le premier qui ait fait connaître que la céruse native était du carbonate de plomb. II détermina ensuite les elemens de ce sel (i). I^puis la publication des travaux de Bergmann, d’autres chimistes, Chénevix, Klaprotli , Proust, s’occupèrent de l’analyse de ce sel; et sa composition, donnée par Berzebus, est la suivante :

Acide carbonique i65

Protoxide de plomb 83 5

Le carbonate de plomb est employé en très grande quantité dans les arts; il fut long-temps fabriqué en Belgique, en Holande , en Angleterre ; et ces nations nous fournissaient ce sel et levaient un impôt basé sur nos besoins. En 1791 , M. Cbaillot de ans importa un des procédés de fabrication employés dans les

(i) Analyse de Bergmann Oxide de plomb 84

Acide carbonique ... i6.

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