Tome I
fabriques étrangères et, cette innovation importante fut bientôt la cause de l’établissement de plusieurs fabriques. L’un de nos cbiiiiisles les plus distingués, M. Thénard lit connaître un procédé ingénieux pour préparer ce sel; et ce procédé, mis en usage par MM. Brechoz et Roard dans la belle fabrique de ccruse de Clichy ,a constamment donné de bons résultats (i).
■ La préparation du blanc de plomb se fait par plusieurs procédés ; le premier, qui est le plus ancien , consiste a exposer a la vapeur du vinaigre des lames de plomb plus ou moins épaisses, à enlever le produit de l’oxidation qui a absorbé de l’acide caiboniqfte, à le laver, à le conserver en écailles, ou à le convertir en masses que l’on vend dans le commeice.
Le deuxième consiste à décomposer le nitrate de plomb par le sous-carbonate de potasse, à laver le précipité et à le réduire en masses. Le produit obtenu de la sorte est souvent mêlé de sulfate de plomb provenant de la 'décomposition du nitrate, par les sulfates contenus dans la potasse; il contient en outre de
la silice et des traces de muriate.
Le procédé décrit par M. Thénard étant préférable à ceux que nous venons d’indiquer , nous croyons devoir le donner ici avec quelques détails.
On prend loo parties d’acétate de plomb neutre , on les met en contact avec 1 16 parties de litbarge porpbyrisée, on y ajoute de l’eau, et l’on fait bouillir le tout pour opérer la solution complète de l’oxide (2)- Lorsque la solution est faite , on y fait passer un courant de gaz acide carbonique provenant de la combustion du charbon activée' par le vêtit d’un soufflet, etc. L acide carbonique se trouvant en contact avec la solution de sous-acétate <le plomb, décompose ce sel ; l’oxide dissous par l’acétate neutre
(1) Le proccrlé de M. Thénard, décrit il y a environ i8 ans, a été importé
tout récemment en Angleterre par un insulaire qui a pris pour cette importation un brevet d’invention. i , •
(2) On peut préparer directement le sous-acétate de plomb pour le décomposer. TVl. Robiquet indique les proportions suivantes : acide acétique h 40° ; acide métrique ( So® de l’aréomètre ordinaire ), 65 parties; litbarge,
85 parties.
se précipite à l’état de sous-carbonate; le sous-acétate passe à l’état d’acétate. On laisse reposer le précipité formé ; on décante la partie liquide (l’acétate neutre), qu’on fait bouillir de nouveau avec de la litharge, pour l’amener à l’état de sousacétate, que l’on traite par l’acide carbonique, comme nous l’avons déjà dit.
On lave le précipité de sous-carbonate de plomb avec de l’eau ; on rccuedle les premières eaux de lavage , qui contiennent de l’acétate de plomb; elles servent à dissoudre de nouveau de l’acétate , pour le traiter par la litharge et le précipiter ensuite.
On lave le précipité à grande eau, et jusqu’à ce que ce liquide en sorte insipide; ensuite on le laisse égoutter, on le place dans des pots, et on le porte à l’étuve.
Si l’on veut que la céruse ait une légère teinte bleuâtre, on a le soin de la moins laver; on peut aussi, par l’addition d’un peu de noir , lui donner une teinte grisâtre.
La céruse , mise en usage dans quelques préparations pharmaceutiques, doit être employée à l’état de pureté et privée de substances étrangères qu^n ajoute quelquefois aux céruses destinées aux emplois des arts , et qui sont la craie, le carbonate et le sulfate de baryte. Pour s’assurer de sa pureté, ou peut la réduire en poudre fine et la traiter par une solution de potasse caustique qui dissout ce sel s’il est pur, ce qui n’a pas lieu s’il est mélangé de substances étrangères. Si l’on fait l’opération sur un poids donné, 2.5 , 5o ou loo grammes, le résidu, bien lavé et séché , indique la quantité des substances ajoutées au sel de plomb.
Le carbonate de plomb est blanc, pe.sant, sans saveur, insoluble dans l’eau, noircissant par le contact de l’hydrogène sulfuré, jaunissant par le contact de l’acide bydriodlque. Traité au chalumeau, il se décompose, et donne naissance à du plomb métallique et à un dégagement de gaz acide carbonique.
Pris à l’intérieur, ce .sel produit de fâcheux e0ets,qul se font ressentir dans les fabriques de céruse sur les ouvriers , et particulièrement sur ceux qui placent le produit dans des pots de terre pour le porter à l’étuve, le faire sécher , et l’obte-
^8o CARBONATES. -
îiir sous forme de pains semblables à ceux qui proviennent des fabriques étrangères (i). Les secours à donner contre les accidens causés par le plomb carbonaté sont l’administration des sulfates alcalins solubles ( les sulfates de soude , de potasse , de magnésie ) , les purgatifs sudorifiques et caïmans ( le traitement dit de la charité). Des expériences non terminées, et qui feront le sujet d’un mémoire particulier, nous ont convaincu qu’on peut diminuer le danger que courent les ouvriers qui travaillenit à la céruse, en leur faisant prendre à plusieurs reprises dans la journée, de l’eau bydro-sulfurée, qu’on peut>préparer à peu de frais en très grande quantité. L’acide hydro-sulfurique contenu dans ce produit nous a paru anéantir la plupart des facultés vénéneuses du sel de plomb.
Le sous-carbonate de plomb est employé dans la préparation de l’acide bydro-cyanique •, il fait partie constituante de quelques onguens •, on s’en sert pour la préparation du nitrate de plomb.
On doit le conserver dans des flacpns fermés, pour le mettre à l’abri des émanations animales qui le noircissent. (A. C. )
CARBONATE DE POTASSE (sous-), Potosse^ Alcali fixe, Alcali végétal, salin. On a donné le nom de potasse j d^ alcali fixe à la substance obtenue par le lavage des cendres des végétaux; ce produit, qui résulte de la combustion de la plupart des plantes qui contiennent cet oxide combiné à des sels qui se décomposent pendant l’incinération (2), porte differens noms selon le lieu qui le fournit; à l’article Potasse, nous indiquerons les divers procédés suivis pour obtenir ces produits et le résultat qu’on a obtenu de leur analyse.
(i) L’auloritë a obvié à cet inconvénietu par une ordonnance qui défend de mettre la céruse eu pains.
(a) La plupart des ve'gétaux incinérés donnant de la potasse , on a tente de l’obtenir avec avantage des plantes indigènes. MM. Payen et Cbevallier, suivant les traces donnée^ par quelques cbitnistes qui l’ont obtenue en grande quantité des vieux arbres , des épinards , de la betterave , de la pomme de terre, de la fougère ruâle, de la rhubarbe, de la taiiaisie, du colza , de fanes de fèves et de pois, des tiges du tabac, du chenopodium, se sont occupés d’un travail sur ce sujet , qui est cncofc en partie inédit.
CARBONATES. 58 r
Sous-carbonate de potasse préparé par la déflagration d’un mélange de crème de tartre et de nitrate de potasse. (Procédé du Codex.)
Ce sel , aussi nomme nitre fixé par le tartre j s’obtient par lé procédé suivant :
On réduit en poudre du nitrate de potasse pur et du tartrate acide de potasse pur (de la crème de tartre) j on fait un mélange a parties égales ; on place ce mélange dans un mortier de fer ou dans une bassine de fonte; on y laisse tomber un cbarbon allumé; ce charbon donne lieu à une vive déflagration , à la décomposition des deux sels et à la formation du sous-carbonate de potasse, qui reste pour résidu. Dans cette opération, l’oxigène de 1 acide du nitrate se porte sur le cbarbon provenant de la décomposition de l’acidetartrique ; il le convertit én acide carbonique qui s’unit à l’oxide de potassium.
Lorsque la déflagration est terminée, on laisse refroidir, on verse sur la masse de l’eau distillée ou de l’eau de pluie qu’on a fait cbaufler; on agite le mélange pour faciliter la solution : quand elle est terminée, on filtre la liqueur, on la met dans une bassine d’argent, et on fait évaporer jusqu’à siccité, en agitant sur la fin de l’opération , pour que le sel ne s’attache pas à la bassine, et pour l’obtenir sous forme de poudre; on l’introduit ensuite , lorsqu’il est sec et froid , dans un flacon à col droit , qu’on ferme exactement avec un bouchon de liège.
Ce procédé, consigné dans le Nouveau Codex, prescrit une trop grande quantité de nitrate par rapport à celle du tartre; le procédé donne dans l’ouvrage de M. Thénard n’oflre pas cet inconvénient; les proportions indiquées sont les suivantes: nitre pur, loo parties; tartre, 200. On projette ce mélange dans une bassine de fonte à peine rouge; ou lessive le résidu ; aussitôt que la masse a subi la déflagration , on fait évaporer avec les pré- CEutionsquG nous avons iiiclicjuGGS précédonuncnt.
Des expériences faites par M. Guibourt ont démontré que le mode suivi dans la préparation du sous-carbonate de potasse influait sur sa pureté. Ce chimiste a reconnu qu’en suivant le pro-
cédé indiqué dans l’ouvrage de iVl. Thénard, on obtient du sous-; carbonate de potasse pur , tandis qu’en opérant la déflagration à une haute ebaleur , le produit, amené à l’état de fusion pâteuse, se trouve mêlé de cyanure de potassium. M. Guibourta expliqué ce fait de la manière suivante: le carbonate dépotasse, à l’état de fusion , l’etient du gaz azote ou deutoxide d’azote qui, se trouvant eu contact avec le charbon, réagit sur ce corps et donne naissance à du cyanogène qui , lorsqu’il est formé , se con^ vertit en cyanure (i). Cette remarque est du plus grand intérêt; elle doit attirer l’attention du manipulateur, qui peut,enopéi’ant d’une manière ou de l’autre, obtenir des produits bien difîerens.
On peut encore préparer le sous-carbonate de potasse en décomposant le nitre pur par le charbon pulvérisé, ou en faisant incinérer du tartre. Dans le premier cas , on fait cbaulTer dans une bassine de fonte du nitre pur; lorsqu’il est à une température assez élevée pour déterminer l’inflammation de§ corps combustibles, on projette peu à peu de la poudre de charbon (2); on continue cette projection jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’inflammation au point de contact. Le charbon brûle aux dépens de l’oxigène du nitre, et se convertit en acide carbonique qui s’unit à la potaÿe, forme du sous-carbonate de potasse; on dissout le résidu dans l’eau, on flltre et on fait évaporer : on le conserve comme nous l’avons dit.
Combustion du tartre. On prend du tartre, on le met dans une bassine de fonte, on expose ensuite ce vase à un feu assez fort. Le tartrate de potasse se décompose, son carbone brûle en se convertissant en acide carbonique qui s’unit à la potasse et forme du sous-carbonate qui reste au fond du vase; on lave le produit , on filtre et on fait évaporer. Quelquefois le sel ainsi ob-
(1) L’explication donne'e par M. Guibourt fait connaître la cause à laquelle peut être due la prcsence de quelques cyanures dans quelques produits de la combustion; les soudes et les potasses du commerce.
(2) Le poussier de charbon ne serait pas convenable pour préparer la poudre de charbon : ce re'sidu contient de la terre et d’antres substances çtrangçres.
tenu est encore sali parla présence de matikes étrangères qui ont échappé à la décomposition; pour le priver de ces matières, il suffît de le calciner, de le dissoudre de nouveau, de le faire évaporer et de l’amener à l’état de dessication, puis de le conserver dans des flacons bien bouches. On a donné a ce produit le nom de sel de tartre.
Le sous-carbonate de potasse obtenu par ces divers procédés est âcre, caustique; il verditle sirop de violettes, attire fortement l’humidité de l’air (i), se dissout facilement dans l’eau , fait effervescence par le contact des acides. Exposé à 1 action de la chaleur, il n’éprouve pas de décomposition.
Introduit dans l’écoifomie animale sans précautions , il peut donner lieu à des accidens fâcheux et causer 1 empoisonnement; les secours consistent à donner au malade des solutions acides légères qu’on peut aromatiser. Ces solutions préparées avec les acides végétaux sont pr^éférables.
Les caractères qui peuvent faire reconnaître le sous-carbonate de potasse sont : l’union de ce produit avec les acides, et 1 examen des sels qui résultent de ces opérations. On distingue les sels de soude de ceux de potasse en ce que ces. derniers précipitent la solution de murlate de platine.
Le sous-carbonate de potasse est employé en Médecine pour combattre les engorgemens des viscères abdominaux. IVIele aux décoctions sudorifiques, il est usité dans le traitement des maladies cutanées.
On l’a recommandé comme propre à combattre la formationdes calculs d’acide urique et d’urate d’ammoniaque.
La dose à laquelle on peut l’administrer est de lo grains à ï gros , cette dernière quantité mise dans 2 livres d’eau.
Ce sel est usité en Pharmacie pour préparer l’acétate, le chlorate, le sulfure et le carbonate de potasse saturé. Le sous-carbonate de potasse dissous dans l’eau forme une liqueur qui est employée comme réactif. (A. G.)
(0 Cette proprie'té l’a fait appeler huile de tartre par défaillance.
584 CAUBONATES.
CARBONATE DE POTASSE SATURÉ , Bi-carhonate de potasse. Ce sel est le résultat de la combinaison de 1 acide carbonique avec l’oxide de potassium, dans les proportions de 43 parties d’acide, de 4i d’oxide de potassium, et de 17 parties d’eau. ( Bergmanu. ) Ce sel peut être préparé de plusieurs manières :
1°. En faisant passer dans unesolutiop de sous- carbonate de potasse pur de l’acide carbonique pur, préparé en décomposant le carbonate de chaux saccharoïde^ le marbre blanc, par l’acide hjdro-chlorique, lavant le gaz, et continuant l’opération jusqu a ce que le sel ait cristallisé. On doit avoir soin de débarrasser les tubes des cristaux qui s’y forûient, et d’employer des tubes larges.
2 . En recueillant l’acide carbonique qui se dégage naturellement en quelques lieux, le faisant passer dans une solution chaude et concentrée de sous-carbonate de potasse.
3“. En exposant au contact de l’air chargé d’acide carbonique , du sous-carbonate de potasse (i).
4 • En décomposant le sous-carbonate d’ammoniaque par le sous-carbonate de potasse. ( Procédé de Berthollet. )
Dans le premier procédé, quand la liqueur est saturée de sel, on sépare les cristaux, on les met à égoutter, puis on les enferme dans des flacons fermés en liège. En faisant évaporer la liqueur à une température de 80° centigrades, on obtient de nouveau des cristaux qu’on lave à l’eau froide et qu’on met à sécher.
Le procédé de Berthollet consiste à mêler ensemble 5oo
grammes ( une livi'e) de sous-carbonate de potasse pur pulvérise, 96 grammes (trois onces) de sous-carbonate d’ammoniaque, et 1000 grammes (une pinte) d’eau, à exposer le mélange, pendant trois heures, à une température de 82°, ou jusqu’à ce que l’ammoniaque se soit volatilisée (on peut recueillir l’ammoniaque dans de 1 eau) , retirant ensuite du feu, et laissant cris-
(1) De Chaulnes exposait une solution de potasse dans le gaz acide carbo-. nique qui se dégageait lors de la fermentation de la bière.
talliser; lavant les cristaux avec de l’eau froide et les mettant à égoutter ; faisant évaporer les eaux mères à une douce température, pour oljtenir de nouveau des cristaux que l’on traite de la même manière, y
Curaudeau a annoncé , mais ce fait paraît tout aü moins hypothétique, qu’il aVait obtenu du carbonate de potasse saturé en chauffant ensemble, pendant une heure , dans un creuset de réverbère, un mélange formé avec de la tannée et du souscarbonate de potasse.
Le carbonate de potasse Jouit des propriétés suivantes : il n attire pas 1 humidité de l’air ; il cristallise en prisme quadrangulaire terminé a son sommet par deux triangles renversés en forme de toit de maison , ou en prismes tétraèdres rbomboïdaux à sommets dièdres ; sa saveur est alcaline, non caustique; il verdit le sirop de violettes, rougit le papier de curcuma , ramene au bleu le papier de tournesol rougi par les acides; il est soluble dans l’eau froide; mis en contact avec de 1 eau bouillante, il perd une partie de son acide, qui se dégage sous forme de bulles; chauffé fortement, il perd une partie de 1 eau de cristallisation et de l’acide carbonique ; il passe à l’état de sous-carbonate.
Ce sel traite par les acides, se décompose avec dégagement d acide carbonique; les sels qui en résultent peuvent servir à faire distinguer le carbonate de potasse du sous - carbonate de soude.
Le carbonate dépotasse est employé dans la Thérapeutique, dissous dans leau , a la dose de 5- grammes par litre.
On s en sert pour combattre la formation des calculs d’acide urique et d urate d ammoniaque : il entre dans la potion antiémétique de Rivière. On s’en sert contre la galle, les engorgcmens glanduleux du mésentère, le rachitisme, la goutte, la teigne , les dartres , etc. , etc. : on le donne intérieurement ke la dose de lo à 6o grains dans 6 onces d’eau. (A. C. )
CARBONATE DE SOUDE (sous-). Le sous-carbonate de soude est un sel résultant de la combinaison de l’acide carbonique avec l’oxide de sodium, dans la proportion de i4,i6 d’acidc
carbonique, de 20,60 d’oxide de sodium, et de 66,24 d’eau. ( Thomson. ) Ce sel s’obtient de la manière suivante :
On pulvérise grossièrement de la soude factioe ou naturelle ( V. ce mot, ') J on place la poudre dans un tonneau dont le fond est garni de paille à la hauteur d’environ quatre pouces ; on verse dessus de l’eau froide en assez grande quantité pour que l’eau surnage le sel. Lorsque l’eau a séjourné quinze à dixhuit heures sur la soude, on laisse écouler le liquide par un trou qu’on a pratiqué d’avance à la partie inférieure du tonneauj on recueille le liquide dans un réservoir. Lorsque l’eau est entièrement écoulée , on ferme l’ouverture et on remet de nouvelle eau pour épuiser les matières solubles. On se sert des dernières eaux pour épuiser de nouvelles soudes, afin de ne pas augmenter inutilement les eaux de lavage. Lorsqu’on a épuisé toute la soude que l’on a à traiter , on réunit les eaux de lavage et on les fait évaporer. On porte la liqueur à So" de l’aréomètre ; on arrête alors le feu , on laisse déposer la liqueur J on l’entretient chaude pendant six à huit heures au bout de ce temps, on décante la partie supérieure du liquide qui s’est clarifié par le repos; on la porte à l’étuve dans des vases ou terrines disposés à la recevoir-, là, elle cristallise, et les cristaux qu’on obtient sont plus réguliers , la cristallisation s’étant faite lentement. Les cristaux qu’on sépare après le refroidissement étant colorés , pour les priver de cette couleur, on les fait redissoudre à plusieurs reprises dans de l’eau distillée; on tire à clair ou on filtre, et on fait cristalliser. Le sous-carbonate de soude doit être conservé à l’abri de l’air.
La plupart des Pharmacopées prescrivent le traitement de la soude par l’eau à l’aide de l’ébullition. Ce mode d’opérer donne lieu à la dissolution des sulfures contenus dans la soude : la liqueur donne alors des cristaux moins purs que ceux qui sont obtenus lorsqu’on opère à froid.
Le sous-carbonate de soude pur est blanc ; sa saveur est âcre , urineuse, légèrement caustique; il est soluble dans l’eau froide, plus soluble dans l’eau chaude : il cristallise par refroidissement. Ses cristaux sont des prismes rhomboïdaux ; exposés à l’action
de l’air, ils perdent une certaine quantité d’eau, s’eflleurissent ; soumis à l’action du feu , ils se fondent dans leur eau de cristallisation; si l’on continue de cliauBer, ils perdent cette eau, passent à l’état de sous - carbonate û?e soude anhydre j eu perdant 65,24 de leur poids (i). On prépare ce sel sec pour le faire entrer dans les pilules (2) et pour le transporter avec économie, en évitant de payer le transport d’environ 65 livres d’eau contenues dans 100 livres de sel cristallisé.
Ce sel existe dans la nature ; on le trouve en Égypte , à la surface du sol et dans de petits lacs qui se dessècRent pendant les chaleurs de l’été ; on l’a trouvé aussi en efflorescence sous les arches d’un pont construit sur la Seine.
Le sous-carbonate de soude est employé dans l’usage médical. Le docteur Beddoès a recommandé son emploi à la dose de 24 ou de 28 grains par jour, sous forme de poudre , ou sous celle de pilule^ préparées avec ce sel , le savon et quelques aromates : à cet état, il peut remplacer les eaux alcalines surcabonatées. On l’a fait prendre comme anti-acide et comme propre a combattre la formation de quelques calculs urinaires. Pris à la do.se de 6 à 12 grains, il est diurétique : pris à trop haute dose, il peut causer des accidens qu’on doit cbmbattre par l’usage des boissons légèrement acidulées, par l’huile d’olive et par l’eau chargée de blanc d’œuf.
I.es caractères qui peuvent faire reconnaître ce sel sont les suivâns : i“. exposé au contact de l’air, au lieu d’attirer l’humidité , il s’effleurit et se réduit en poudre au bout d’un certain temps ; 2°. traité par les acides hydro-chlorique et sulfurique, il se décompose avec effervescence et dégagement d’acide carbonique. II. résulte de cette décomposition des sels bien faciles à
(1) La quantité d’eau contenue dans le sous-carbonate de soude a été
tvaluee par M. Be'rard à 62,6g pour cent; par Klapproth, à 64; à 65,2-4 par Thomson. Diverses expériences nous ont démontré qu’on pouvait la por-i ter jusqu’.*» 66. ‘
(2) Le sous-carbonate de soude cristallise, introduit dans des pilules , leur communique la propriété de se fendiller et de sc réduire en fragmons.
distinguer, le muriate de soude (sel de cuisine), et le sulfate de soude (sel de Glaubert).
L’usage de ce produit est considérable ; on l’emploie dans l’art de la verrerie et pour la fabrication de la soude caustique , du chlorure d’oxide de sodium, des savons, etc. (A. C. )
CARBONATE DE SOUDE SATURÉ, Bi~carbonate de soude. Ce sel diffère du précédent en ce qu’il contient des quantités différentes d’acide et de base, ainsi que l’a prouvé l’analyse, qui a donné le résultat suivant:
Acide carbonique
Soude (oxide de sodium) 3i,368
Eau 23,000
Ce carbonate existe dans la nature; il a été long-temps confondu avec le sous-carbonate; c’est Klaprotli qui, en 1802, a fait connaître la différence de composition. Ce sel se trouve en grande quantité en Afrique, dans la province de Sukena; il est appelé trôna les babitans de ces contrées; il est en masses solides, striées; il n’éprouve aucune altération au contact de l’air; sa dureté est très grande. Quelques auteurs assurent que des murailles sont construites avec ce sel.
Le bi-carbonate de soude que l’on trouve dans le commerce pour l’usage thérapeutique ne vient point de ces contrées; on 1 obtient par l’emploi des divers moyens que nousavons indiqués pour la préparation du bi-carbonate de potasse , en faisant passer de 1 acide carbonique pur dans une solution de sous-carbonate de soude , en exposant une solution de ce sel à une atmosphère d acide carbonique , ou encore en traitant le sous-carbonate d ammoniaque par le sous-carbonate de soude Carbonate de rotasse), faisant évaporer la liqueur à une température de 82°, recueillant le sel qui résulte de l’évaporation et qui cristallise par refroidissement.
Le bi-carbonate de soude est blanc ; il a une légère saveur alcaline; il bleuit le papier de loui'nesol rougi par les acides, verdit le sirop de violettes, brunit le papier de curcuma. Chauffé dans une cornue, il se décompose, avec dégagement d’acide carbo-
nique: le résidu de cette décomposition est du sous-carbonate de soude. M. Wollaston a fait voir que le bi-carbonate de soude chauffé à une chaleur rouge perd exactement la moitié de son acide. ( 1 808 , Transact. philos.)
Le bi-carbonate de soude est employé dans la Thérapeutiquej on le donne à la dose de 8 grains à ^ gros, M. D’Arcet Ta fait entrer dans des pastilles alcalines, à la dose de 5 grammes sur 95 de sucrg: ces pastilles facilitent la digestion , et même remédient à une digestion incomplète. La dose de ces pastilles est de six à huit par jour; on peut sans inconvénient en prendre un plus grand nombre, ainsi que nous nous en sommes assurés par nous-mêmes.
Le bi-carbonate de soude peut aussi être employé pour empêcher la formation , et même dissoudre les calculs d’acide urique et d'urate d’amltioniaque. Un Mémoire de M. Robiquet, lu à l’Académie royale de Médecine, a , le 3i janvier 1826, annonce ce fait, et une lettre deM. Loiseau, du i/j. octobre, confirme le fait annoncé par M. Robiquet.
La dose de ce sel employé dans ce cas est de 5 grammes par litiedeau, et la quantité d’eau est de deux litres environ par jour (i).
CARBONATE DE STRONTIANE. On a donné le nom de carbonate de strontiane au sel qui résulte de la combinaison de l’acide carbonique avec l’oxide de strontium. La nature de ce sel a été déterminée, en 1 790, par Crawford , qui le premier distingua ce sel du carbonate de baryte. Les chimistes qui s’occupèrent successivement de ce produit, sont Hope, Klaproth, Pelletier, Fourcroy et Vauquelin, etc. Ils constatèrent la vérité des faits avancés par Crawford. Le carbonate de baryte existe dans la nature,. à Strontian, à Leadhills et dans TArgllescbire; il est' sous forme de masses pesantes , striées, demi- transparentes, ayant
(1) M. D Arcet , pendant son séjour h Vicliy , remarqua que les urines des buveurs d’eau acquéraient la propriété alcaline. Ce fait, communique h M. Robiquet, donna lieu Ji,des essais f£ui eurent d'excellcns résultats.
Sgo CARBONATES.
une teinte verdâtre; il est formé de 3o d’acide , de 62 de strontiane et de 8 d’eau. (Pelletier.)
On peut le préparer par la voie humide , en précipitant une solution de inuriate de strontiane par le sous-carbonate de soude, lavant le précipité et le faisant sécher.
Ce sel est peu soluble dans l’eau bouillante. Une partife exige pour sa solution 1 536 parties d’eau.
Quelques personnes pensent que ce sel en poudre fine peut servir , étant mêlé à quelques substances alimentaires, à pré[tarer un poison propre à la destruction des rats et des souris.
Le carbonate de strontiane sert à la préparation des sels solubles de strontiane, qui sont employés, à défaut de sels solubles de baryte, pour reconnaître la présence de l’acide sulfurique et la quantité de cet acide contenue dans une combinaison.
CARBONATE DE ZINC. Le carbonate dei zinc est un sel qui résulte de l’union de l’acide carbonique avec l’oxide de zinc, dans la proportion de 3o,55 d’acide carbonique, de 66,94 d’oxide de zinc, et de i2,5i d’eau. Il existe à l’état impur dans la nature, et il est connu sous le nom de calamine. Ce sel, quelquefois demandé pour l’usage médical, se prépare de la manière suivante :
On fait dissoudre dans une grande quantité d’eau du sulfate de zinc pur ; on filtre la dissolution ; on la précipite ensuite par du sous-carbonate de soude liquide en excès; on laisse déposer le précipité; on décante l’eau qui surnage; on lave avec de nouvelle eau, on laisse reposer, on décante; on jette le précipité sur un filtre; on le lave ensuite à l’eau bouillante jusqu’à ce que l’eau sorte insipide de dessus ce précipité; on laisse égoutter; on retire le filtre de dessus l’entonnoir, on le met ensuite sur du papier gris , et on le porte à l’étuve pour le faire sécher ; on le met en poudre , ou bien on le réduit en trochisques qui, étant desséchés, sont enfermés dans des flacons de verre fermés avec des bouchons de liège.
Ce sel est employé comme astringent dans quelques pommades; on le donne aussi à l’état de poudre , à la dose de 8 à
CARDAMOME. Sgi
10 grains, comme \ermlfuge; on l’a aussi ordonné contre les attaques d’épilepsie. Ses propriétés contre cette maladie méritent d’être étudiées. Un travail sur ce sujet avait été commencé par un savant praticien que la mort a trçp tôt enlevé à la science. (A. C.)
CARBONE. Le carbone est un corps combustible simple, qui se rencontre à l’état de pureté dans la nature. Ses propriétés, à cet état de pureté, lui ont fait donner le nom de diamant.
Le carbone plus ou moins pur s’extrait des végétaux, par nue opération nommée cai’bonisation. Chaiibon.
CAR.BURES. On a donné le nom de carbures aux combinaisons qui résultent de l’union du carbone avee les corps combustibles. La combinaison du carbone avec le fer constitue l’acier, la fonte et la plombagine. K. Fer et Plombagine. (A. C.)
CARCAPULl. Nom qu’à la côte de Malabar on donne à l’arbre qui produit la gomme-résine gutte. r. ce mot.
.CARDAMJNE DES PRÉS. Cardamine pratensis, L. — Rich. Bot. Méd. , t. II, p. 6'jo. (Crucifères, J uss. Tétradynamie siliqueuse,L. ) C’est une très jolie plante qui couvre, dès le printemps, les prairies humides de l’Europe. Sa tige est dressée, simple , haute d’environ un pied; ses feuilles radicales sont composées de folioles arrondies, obtuses, anguleuses; les caulinaires alternes, ayant leurs folioles petites , allongées et étroites. Les Heurs, d’une couleur rose agréable, et très grandes pour des fleurs de crucifères , sont pédonculées et disposées en épi lâche au sommet de la tige. La saveur des feuilles de la cardamine des prés a beaucoup d’analogie avec celle du cresson de fontaitie , et possède, comme cette plante, des propriétés antiscorbutiques. De là le nom de cresson des prés j sous lequel on la copnaît vulgairement. • (A. R.)
CARDAMOME. Cardamomum officin. On donne ce nom à des fruits capsulaires qui sont apportés des Indes orientales , et dont on distingue plusieurs sortes dans le commerce. L’origine de ces fruits n’est pas bien déterminée; il est certain cependant