CAROTTE
dans l’alcool , plus soluble dans l’alcool bouillant. {^Journal de Pharmacie i t. IV.) ( A. C. )
CARNASSIERS. C’est le nom du troisième ordre de la classe des animaux mammifères, dans le Règne animal de M. Cuvier. Ces animaux sont, comme leur nom l’indique, caractérisés par leur instinct carnivore, instinct que commande impérieusement la structure particulière de leurs organes digestifs. Ainsi , leurs intestins sont très raccourcis; leurs dents canines sont acérées et très longues, les molaires sont tranchantes ou hérissées de pointes ; les mâchoires, l’inférieure surtout, sont très courtes, et les muscles qui en sont les moteurs ont une très grande énergie. La férocité de ces animaux n’est donc qu’un résultat de leurs besoins, et elle cesse dès qu’ils peuvent être satisfaits , sans que pour cela il y ait nécessité absolue de meurtre. Aussi la plupart des carnassiers sont-ils susceptibles d’être apprivoisés; il ne s’agit que de prévenir leurs besoins et d’empêcher surtout que la puissance de l’habitude n’ait développé en eux l’instinct sanguinaire.
D’après la forme de leurs dents molaires, à surfaces hérissées de pointes, ou bien tranchantes sur leur longueur, les carnassiers ont été divisés en insectivores , et en carnassiers proprement dits ou carnivores. On a fait aussi une famille distincte des carnassiers munis d’un appareil pour voler dans les airs, et on lui a donné le nom de Chéiroptères. Nous citerons ici quelques-uns des animaux dignes d’intérêt, ou dont les produits sont utiles. Parmi les Chéiroptères, on remarque la chauvesouris. La taupe et le hérisson appartiennent aux insectivores. Les carnivores ont été subdivisés en animaux plantigrades j digitigrades et amphihies. Le blaireau, l’ours, sont de la première section; la marte, le putois, le chien, le chat, la civette, de la seconde ; et les phoques sont placés dans la troisième.
CAROTTE. Daucus Carotta. L. — Rich. Bot. méd. , t. Il, p, 3'j3. ( Ombellifères, Juss. Pentandrie D^ynie, L.) La racine de cette plante, si commune dans les prairies, acquiert, par la culture, des qualités qui en font une excellente substance ali-
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mentaire. A l’état sauvage, cette racine est blanchâtre, rameuse, dure et coriace, d’une odeur forte, et d’une saveur âcre et désagréable; mais, transportée dans les jardins potagers, elle devient charnue, rougeâtre, et se ramifie rarement. Sa saveur toujours aromatique , est douce et sucrée. La tige est dressée , rameuse, hérissée de poils, et haute d’environ deux pieds. Les feuilles sont pétiolées, pinnatifides, à segmens très petits et incisés latéralement. Les fleurs sont blanches , disposées en ombelles composées d’une vingtaine de rayons, et accompagnées d’un involucre formé de grandes folioles pinnatifides, à segmens linéaires. Au centre de l’ombelle , on voit souvent une fleur stérile, d’une couleur pourpre foncée.
La racine de carotte est mucilagineuse et fort nourrissante. Margralfy a constaté la présence d’une quantité de sucre assez considérable pour qu’on puisse l’extraire avec bénéfice. C’est une des racines qui, traitées par la potasse caustique et l’acide hydro-chlorique, ont fourni à M. Braconnot de Nancy, de l’acide pectique en abondance; mais cet acide obtenu de la carottea toujours une couleur jaune, tandis que celui qui est produit par les navets est d’un blanc bleuâtre et comme opalin. On peut faire avec cct acide des gelées végétales fort agréables, par l’addition de quelques substances colorantes et aromatiques..
La racine de carotte sauvage était auti’efois usitée en décoction, comme apéritive. On se sert encore quelquefois de la carotte jaune réduite en pulpe et appliquée en topique, pour calmer la douleur occasionée par les gerçures des mamelles chez les femmes qui nourrissent. Cette pulpe de carotte n’agit que comme émolliente et rafraîchissante; la vertu anti-cancéreuse qu’on lui attribuait est donc tout-à-falt imaginaire.
Les fruits de la carotte sont aromatiques et excitans , comme presque tous ceux des Ombellifères. M. Bouillon-Lagrange en a retiré, par la distillation, une huile volatile d’une couleur jaune pâle. La décoction a donné un principe amer et du tannin.
Parmi les travaux faits sur la carotte, nous devons citer celui de M. Laugier, qui a reconnu que le suc de carottes était sus-