CARPE
tîe gousses. loo parties de ces gousses traitées convenablement par l’eau tiède ont donné de 25 à Sg d’ex-trait desséché ; 25 livres de fruit concassé menu et 6o livres d’eau, simplement mélangés, fermentèrent vigoureusement ( au mois de juin ) en moins de douze heures; le vin séparé du marc et ensuite distillé donna une quantité d’eau-de-vie qui, après avoir été rectifiée- par la séparation du vinaigre qui l’accompagne toujours, et avoir été étendue d’eau au degré de lo à ii B®. , 20 et 22 (point des eaux-de-vie de Cognac ) donna 10 livres et demie d’eau-de-vie.
( Proust. ) Le résidu de la distillation versé sur, le marc fermenta de nouveau et donna encore un produit pesant une livreet demie ; il en résulte qu’en grand, loo livres de gousses donnent près du quart de leur poids d’eau-de-vie. Le résidu peut entrer utilement dans les teintures en noir à cause de l’acide gallique qu’il contient. Le marc desséché peut nourrir les bestiaux ; les moutons et les lapins le préfèrent à leurs autres alimens.
L’eau-de-vie de caroubier participe de l’odeur du fruit , qui n’est point désagréable ; à peine en a-t-on goûté deux à trois fois q’u’onyest habitué: le goût est masqué en l’anisant. M. Proust en a fait des liqueurs qu’on a trouvées aussi bonnes que les meilleures du commerce.
La fermentation des gousses se terqrine rapidement ; mais il ne faut pas larder à distiller , le vinaigre gagne rapidement sur le spiritueux..
Les fruits ou graines qui existent dans la pulpe contiennent de la gomme qui peut être employée dans les arts pour rem- })lacer la gomme adragante , ainsi que l’ont indiqué des résultats d’essais faits dans des fabriques. (A. C.)
CARPE , Cyprinus Carpioj L. Poisson du grand genre des. Cyprins et de la famille des Gymnoporaes, reconnaissab’c aux quatre barbillons de sa mâchoire supérieure, à sa nageoire caudale fourchue, et à scs lèvres charnues, arrondies. Nous mentionnons ici ce poisson, non pas parce que l’on attribuait autrefois des propriétés médicales imaginaires à sa bile ainsi qu’à l’é^ minence osseuse cpai se trouve au fond de sou palais et que l'on
6oo
CARTHAME.
nomme piene de carpe ^ mais parce que plusieurs parties de son corps sont des mets très répandus et fort estimés. Sur les tab es servies avec luxe , on voit des plats entièrement composés c e aites de carpe, ou de la pièce cartilagineuse qui se trouve dans leur bouche. Les œufs de carpe, de même que ceux d’esturgeon, servent à préparer une sorte de caviar chez les peuples qui habitent les bords de la mer Noire. La carpe se trouve dans presque toutes les rivières d’Europe; on la nourrit avec facilité dans les étangs, et on en fait des pêcheries considérables; mais es carpes des eaux stagnantes ont un goût vaseux qui diminue )eaucoup la qualité de ces poissons. (|A. R.)
CARPOBALSAMÜM. C’est le nom officinal du fruit de l’arbre qui fournit le baume ou résine de la Mecque (^Amyris Opobalsamum^ Willd. ). Ce fruit est une petite drupe sèche, globuleuse, terminée en pointe aux deux extrémités, ordinairement lougeâtre et d’une saveur aromaticjue. On ne s’en ^rt plus en médecine. Il était un des nombreux ingrédiens de la thériaque et du mithridate. (A.. R.)
CAR.RELET. On a donné le nom de carrelet à un châssis carré fait en bois, et portant a chacun des quatre coins une jointe en er. Au moyen de ces quatre pointes, on fixe sur le carrelet es quatre angles d’un tissu de fil ou de laine , etc. , au travers
uque on veut faire passer des liquides qidon a ^intention de clarifier.
Dans les planches qui font partie de cet ouvrage, nous donnerons la figure de cet instrument, auquel on peut. ajouter un support, afin de le rendre plus commode. (A. C.)
CARTHAME. Carthamus lincLorius. L. — Rich. Bot. Méd., t. I,p. 362. (Famille des Synanthérées, tribu des Carduacées. Syngénésie égale, L. ) Cette plante, originaire d’Orient et d’Égypte, est cultivée en France et en Allemagne, à cause de ses fleurs qui fournissent un principe colorant très employé. Sa tige est dressée, un peu ramifiée à son sommet, haute de i à 2 pieds. Ses feuilles sont alternes, sessiles, ovales, piquantes, denticulées, glabres et rudes. Ses fleurs sont réunies en capitules terminaux et solitaires; les fleurons sont grands, d’un jaune
CARTHAME, 6oi
doré, formés d’une corolle tubuleuse grêle et non renQée à sa partie supérieure , offrant un limbe à cinq divisions égales , lancéolées, étroites. Les akènes ou fruits sont ovoïdes, allongés et nus au sommet. Ces fleurons sont employés dans la teinture en jaune; leur odeur n’est pas désagréable, et ils ont une ressemblance apparente avec le safran ; d’où les noms de safran bâtard et de safran ALlemagnej sous lesquels on les désigne ordinai-^ rement. On les trouve quelquefois mélangés avec le safran ; mais il est facile de reconnaître cette fraude , puisque le véritable safran n est point formé de tubes , mais de filets pleins qui ne sont que les styles et stigmates d’une fleur de la famille des Iridées, et qu il s en distingue en outre par une saveur particulière plus intense et une coloration beaucoup plus ricbe.
M. Dufour, pbarmaclen, a donné, dans les Annales de Chimie^ t. XLVIII, p. 283, une bonne analyse chimique des fleurs de cartbame. Elles contiennent les principes suivans :
1°. Eau 0,062
2°. Débris de la plante , etc o , o34
3“. Albumine végétale o,o55
4'’. Extrait soluble dans l’eau.... 0,264
5°! Extractif. 0,042
6°. Résine o,oo3
7°. Cire d’une espèce particulière. 0,009
8®. Matière colorante rouge o,oo5
9°. Ligneux 0,496
10°. Alumine et magnésie o,oo5
n°. Oxide rouge de fer 0,002
Le principe colorant rouge a reçu le nom de Càrthamile; il est altéré par un autre principe jaune qu’on peut enlever en traitant par l’eau les fleurs de cartbame.
Des observations sur ce travail furent faites par M. Marchais , elles annoncent que cet auteur avait fait un travail analogue à celui de M. Dufour, mais il fut devancé lors de la publication par celui-ci. ( V. Annales de Chimie, t. L , p. 78. )
6o2 CARVI.
Des essais comparatifs pour reconnaître la quantité de ma-* tière colorante contenue dans le cartliaine venant de Caracas, et celui cultivé en Espagne, ont été le sujet d’un rapport fait à la Junte de Madrid , en 1798, par Domingo Garcia Fernandez, qui avait reconnu que la matière colorante du premier est supérieure à celle du second.
Le cartliame éprouve souvent dans le transport, des avaries qui nuisent à sa force colorante. Un brevet a été pris par Cupert Kiskj pour fixer la matière colorante immédiatement sur du coton , du lin et de la laine, pour en faire ensuite l’extraction en Europe. {^Londànj Jonrii.^ août 1826. )
Les fruits du carthame fournissent par expression une huile douce, qui ne contient rien de nuisible; c’est dans l’amande de la graine qu’est renfermée cette huile. Le péricarpe sec de ces fruits est doué de propriétés purgatives, dues à un principe âcre et désagréable; mais ces propriétés sont nulles pour les oiseaux,, car, en plusieurs pays, on s’en sert pour engraisser la volaille. Les perroquets surtout en sont forts avides, ce qui a fait donner à ces fruits le nom de graines de perroquets. On les faisait autrefois entrer dans les tablettes diacaîthami. (A. R)
CARTHAMITE. On a donné ce nom à l’uu des principes colorans de la fleur de Carthame. 11 est soluble dans les alcalis, et présente toutes les teintés du rouge. On l’emploie pour donner à la soie toutes les nuances depuis le rose jusqu’au rouge cerise; mais cette couleur, de même que la plupart des rouges végétaux, a peu de fixité. Mêlé au talc finement pulvérisé, il forme le rouge végétal dont les dames et les actem's font usage pour la toilette, y. Rouge de Carthame. (A. R.)
CARYI. Carum Carvi. L, — Ricb. Bot. méd. , t. II, p. 4^8. ( Famille des Ombellifères. Juss. Pentandrie Digynie. L. ) Plante bisannuelle qui croît dans les prairies moutueuses de l’Europe. Sa racine est allongée, charnue, blanchâtre, de la grosseur du doigt , et d’une odeur presque semblable à celle de la carotte. Sa tige est dressée, haute d’un à deux pieds, rameuse supérieurement, et garnie de feuilles bipinnatifides, à
CASCA.RILLA. 6o3
seginens profondément incisés, et partagés en lanières étroites et acuminées. Ses fleurs sont blanches et forment des ombelles au sommet des ramifications de la tige; elles sont accompagnées d’un involucre, tantôt à trois ou quatre folioles, tantôt à une seule. C’est la présence de cet Involucre qui distingue la plante en question du genre Seselij auquel il a été réuni dans la Flore française. Les fruits du carvi sont ovoïdes, allongés et striés.
Les racines de carvi, améliorées par la culture, ressemblent à celle du panais, et sont aussi un aliment sain, dont les babltans du nord de l’Europe font un fréquent usage. Ces racines étant très aromatiques , on les employait autrefois comme stimulantes et carmiuatives. Mais ces propriétés sont beaucoup plus développées dans les fruits qui étaient rangés par les anciens pbannacologistes , au nombre des quaire semences chaudes majeures. Leur odeur est analogue à celle du cumin, et les peuples du Nord ont l’habitude de les mélanger avec le pain pour exciter la digestion. On les prescrivait dans les coliques occasionées par les gaz intestinaux , à la dose d’un gros en infusion dans 2 livres d’eau; la poudre s’administrait à la dose d’un scrupule. Elles contiennent beaucoup d’huile volatile, avec laquelle on faisait des emijrocations sur l’abdomen , après l’avoir mélangée avec une certaine quantité d’une bulle fixe quelconque. (A. R.)
CARYOPHYLLÉES. Caryophylleœ. Juss. — Ricîi. Bot. méd., t. TI. p. 'j'jij. Familles des plantes Dicotylédones Polypétales llypogyne, qui a pour type le genre OEillet (Dlanthus) , doqtle / D. Caryophyllus est la principale espèce. Elle se compose d’un très grand nombre de plantes herbacées, remarquables en général par leurs fleurs d’un aspect fort agréable, et qui sont pour cela cultivées dans les jardins, mais qui n’olFrent que bien, peu d’espèces utiles. Nous ne citerons sous ce rapport que rOEillet des jardins, et la Saponnaire. V. ces mots. (A. R.)
CARYOPHYLLUS AROMATICUS. V. Girofle.
CASCARILLA. Ce mot espagnol, augmenté de diverses épithètes tirées de la même langue , est employé dans le commerce pour désigner diverses espèces de quinquinas. Ainsi, la Casca-
6o4 CASCARILLE.
rilla amarilla de magna et la Cascarilla Lampignaj sont les écorces du Cinchona lanceolataj qui figure parmi les quinquinas \awaes\\ACascarilla amarilla delrejj décrite par M. Laubert, paraît être l’écorce du Cinchona condaminea ; la Cascarilla delgada est attribuée au Cinchona hirsuta de Ruiz et Pavonj la Cascarilla pagiza , au Cinchona opata des mêmes auteurs, etc. Quinquina. (A. R.)
CASCARILIjE (écorce de). Elle est fournie par le Crcton Cascarilla J L., arbrisseau de la famille des Eupborbiacées et de la Monoecie Monadelpliie, L., qui croît au Pérou, au Paraguay, aux îles Babama , et dans d’autres contrées de l’Amérique méridionale. L’écorce de cascarille, nommée aussi chacrillcj écorce éleuthérienne J quinquina aromatique j est en fragmens roulés, compactes , pesans , peu épais , ayant une cassure résineuse et rayonnée. La couleur de cette écorce est d’un brun obscur; son aspect comme racorni par la dessication. Elle est couverte d’un épiderme blanc, rugueux, fendillé comme celui du quinquina , et quelquefois couverte en quelques points de sa surface de plusieurs espèces de licbens. M. Fée, dans son excellent Essai sur les cryptogames des écorces officinales , observe que l’épiderme de la cascarille est mince, presque toujours lisse, et permet à plusieurs Graphis de la sillonner dans tous les sens. La couleur blancbe est la dominante du thallus ou de l’expansion foliacée de ces licbens; celui de quelques Trypethelium est pourtant jaunâtre, mais ces plantes y sont rares ; de sorte que la cascarille paraît être, à la surface supérieure, d’un blanc de neige. Les formes des (jryptogames qu’on y découvre sont très élégantes et très curieuses; le célèbre licbénograpbe Acbarius n’en avait décrit qu’un très petit nombre; mais M. Fée en a découvert plusieurs qu’il a décrites et figurées dans l’ouvrage que nous avons cité plus baut.
L’odeur de la cascarille est très agréable, surtout quand on la brûle; elle se rapproche alors de celle du musc très faible. Sa saveur est aromatique , amère et légèrement âcre. Analysée par TromsdorlF, elle a donné les principes suivans : un extractif amer; une bulle volatile verte, d’une odeur suave, et une
CASÉUM. Go5
résine. Cette analyse laisse encore beaucoup à tlésirer. On présume que la cascarille contient une petite quantité d’acide benzoïque; elle jouit de propriétés excitantes et toniques. On l’a employée comme fébrifuge, anti-dyssentérique, etc., en l’associant au quinquina. On l’administre sous forme de poudre, de teinture alcoolique et de sirop. Quelques fumeurs en mettent une petite quantité dans leur tabac pour lui communiquer une bonne odeur ; mais elle enivre et cause des vertiges.
CASEUM , matière caséeuse. On a donné le nom de matière caséeuse a une substance particulière qui existe dans le lait. On obtient ce produit en agissant de la manière suivante : on abandonne le lait à lui-même jusqu’à ce qu’il soit coagulé , on enlève la crème qui se rassemble à la surface, on lave ensuite le caillé à grande eau, on le fait égoutter sur un fdtre , et on le met à desséclier.
^ Le caséum est blanc, insipide, inodore, plus pesautque l’eau, n ayant pas d’action sur le sirop de violettes ni sur le papier de tournesol; séché , il devient cassant.
Le caséum, soumis à l’action de la chaleur, se décompose en donnant des produits analogues à ceux qu’on obtient des matières animales, et à un charbon très volumineux, difficile à incinérer, et qui fournit beaucoup de phosphate de chaux; l’eau froide ou chaude ne dissout pas le caséum. II est soluble dans les alcalis, et particulièrement dansEammoniaque ;il est aussi soluble dans la plupart des acides forts du règne végétal et du règne minéral ; les ,memiers étant concentrés , les seconds étendus d eau. En solution dans l’eau, ce produit se décompose; il passe à la fermentation putride; il y a formation d’acétate et de caséate d’ammoniaque, de gomme et d’oxide caséeux. Les parties constituantes du caséum sont, selon MM. Gay-Lussac et Thénard,
Carbone 59,781
Oxigène 11,409
Hydrogène .^,^29
^zote 21,381.
6oG CASSE DES BOUTIQUES.
Iæ caséum , mêlé à la chaux et à l’eau en quantité sufiisante, forme un bon lut ; on s’en sert pour faire une espèce de mastic propre à raccommoder les marbres, la porcelaine , etc., etc.
CASSAVE. Dans les colonies américaines, on donne ce nom à une farine extraite du Janipha Manihotj Kunth , ou Jatro^ plia Manihoth. — Rlch. Bot. méd, , t. I, p. 21 1. Cet arbrisseau appartient à la fainllle des Eupborbiacées, et à la Monoecie Alonadelpbie , U. , et il est cultivé dans toute l’étendue du Nouveau-Monde. Sa racine est très grosse , charnue , tubéreuse, blanche, pesant iusqu’à 3o livres, et pleine d’un suc laiteux d’une excessive âcreté. Cependant , c’est avec cette racine que l’on prépare la farine de cassapcj .qui est aussi nommée manioc j aliment yjrécieux pour les babitans de l’Amérique. A^oici le procédé que l’on emploie à cet effet.
Après avoir broyé la racine privée de son écorce, on l’enferme dans un sac allongé extensible, fait d’écorce de palmier. Ce sac est suspendu par sa partie supérieure , et tiré en bas avec force par un vase très pesant que l’on attache à son extrémité inférieure. De celte manière, le suc de la racine coule dans le vase qui fait l’office de poids et de récipient. Il ne reste dans le sac de palmier que la farine de cassave qui se dessèche an l’exposant dans des cheminées. Cette poudre est composée presqu’entièrement d’amidon mêlé avec de la fibre végétale et un peu de matière extractive. La torréfaction lui enlève jusqu’aux dernières traces du principe vénéneux qui résidait d’abord en grande abondance dans le suc. On fait le pain de cassave J en couvrant de cette farine un disque de fer chaud, et en ajoutant successivement plusieurs couches jusqu’à ce que l’on ait obtenu des galettes d’une certaine épaisseur. Ce pain est fort nourrissant.
Le suc écoulé delà racine de manioc laisse déposer une fécule blanche, qui , lavée, séchée et agglutinée en grains plus ou moins gros, porte le nom de Tapioha. V. ce mot. (A. R.)
CASSE DES BOUTIQUES, CASSE EN BATONS ET CANEFJCE. On nomme ainsi la gousse ligneuse du canélicier