‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 14 sur 130 · ALBATRE · texte numérisé non relu

ALBATRE

On place au fond de la chaudière de l’alanihic des faisceaux de fils métalliques (i): cette addition donne des résultats très avantageux. M. OErsted a apprécié exactement les avantages obtenus de ce moyen, et il a reconnu que la quantité de combustible nécessaire pour donner quatre mesures d’eau-de-vie, en employant les moyens ordinaires, pouvait en fournir sept en employant l’addition des fils métalliques.

Les alambics en verre sont faits à peu près dans les mêmes principes. Ils sont composés d’une ou deux pièces seulement ; mais ces vases étant très fragiles, on ne les emploie presque plus aujourd’hui; on se sert d’autres vases moins coûteux, et qui résistent davantage a l’action de la chaleur. ( Cornues, Matras, Allonges et Ballons.)

Les alambics en platine sont employés en grand pour la concentration de l’acide sulfurique. (A. C.)

Rhamnus alaternus. L. (Rbamnées. J. Pentand. monogyn. L. ) Cet arbrisseau, toujours vert, a ses feuilles alternes, glabres, luisantes et dentées; ses fleurs petites , jaunes, verdâtres, disposées en grappes ; ses fruits sont de petites baies globuleuses noirâtres , légèrement purgatives comme celles du nerprun. Ses feuilles étaient employées comme dé-

tersives dans les inflammations légères de la gorge. (A. R.)

ALBARAZIN. Sorte de laine comprise dans le nombre des laines d Espagne. Cette qualité nous vient d’Arragon : on la distingue eu Albarazins fins et moyens. (A. R.)

ALBATRE. Sous ce nom on désigne deux substances difierentes l’une de l’autre : la première, \ albâtre calcaire est une combinaison de l’oxide de calcium avec l’acide carbonique (carbonate de chaux). Ce sel peut être employé comme la craie,' le marbre, pour obtenir l’acide carbonique ; au besoin, on peut s’en-servlr pour remplacer le carbonate de chaux que l’on administre dans quelques cas. La deuxième, V albâtre gipseux, est un sel résultant de la combinaison de l’acide sulfurique avec 1 oxide de calcium ( sulfate de chaux ).

(0 Du fil de fer.

a 12 ALBUMINE.

On distingue facilement l’albâtre calcaire de l’albâtre gipseux. Le sel formé de chaux et d’acide carbonique réduit en poudre fine et mis en contact avec un acide faible ( l’acide acétique ou l’acide hydro-clilorlque très étendu ) , se dissout dans ces acides avec ellervescence et dégagement d’acide carbonique. L’albâtre gipseux, le sulfate de chaux, ne présente pas ces cal’actères. (A*

ALBUM GRÆCUM. On appelle ainsi les excrémens du chien que l’on a nourri d’os. Ces excrémens se composent presqu’en totalité de phosphate de chaux. Ce médicament dégoûtant, que l’on a fort heureusement banni de la Pharmacie, était employé comme résolutif dans l’esquinancie. Selon Guyton deMorveau, ce médicament réussissait parfaitement dans ce cas : d’après quelques expériences, il pense que le phosphate de chaux peut servir à le remplacer. Il a attribué les résultats de ce 'remède à une action mécanique. (A. R.)

ALBUMEN. Mot latin employé pour désigner le blanc de

l’œuf.

ALBUMINE. On a donné le nom à! albumine à une substance particulière azotée qui existe dans la plupart des liqueuis animales. Unie à l’eau et à de petites quantités de matières salines, elle forme le blanc d’œuf, le sérum du sang, les liquides qui résultent de l’action du feu ou d’une matière vésicante sur la peau; elle fait partie constituante de la synovie, de la bile des oiseaux. M. Chevallier l’a trouvée en très grande quantité dans l’urine d’une femme vénérienne.

L’albumine existe dans la plupart des végétaux. Fourcroy a signalé sa présence dans le suc du cresson , dans celui du chou , du cochléaria, dans la racine de patience, etc., etc. Un grand nombre d’autres chimistes l’ont trouvée dans uaie foule de végétaux , et la plupart des analyses confirment cette découverte et la généralisent.

Quelques chimistes établissent une différence entre l’albumine obtenue des liquides des animaux et celle retirée des végétaux ; ils nomment la première albumine animale j la deuxième alhiunine vêgélah.

ALBUMINE. 2i3

Propriétés. L’albumine est un V\([\\\Ae glaireux j transparent, d’un blanc jaunâtre, (l’uriê saveur fade; elle est inodore, plus pesante que l’eau, diflicile à mêler à ce liquide, auquel elle donne la propriété de mousser. Mise en contact avec un papier de tournesol rougi , elle ramène au bleu la couleur de ce papier : cette propriété est due à une petite quantité de sous-carbonate de soude qu’elle contient. Soumise à l’action de là chaleur, l’albumine répand une odeur particulière; elle se prend bientôt en une masse ou coagulam blanc, dont on peut prendre un exemple dans le blanc d’œuf cuit. La coagulation de l’albumine a été attribuée, par Scbeèle, à l’aciion de la cbâleur,et par Fourcroy , à l’absorption de l’oxigène. Ces deux cbimistes cbercbèrent à appuyer par des faits leurs opinions; mais la question est encore indécise, quoique l’on ait prouvé que l’oxigène n’entrait pour rien dans cette coagulation. L’albumine conservée en vase clos, éprouve , au bout d’un certain laps de temps, une décomposition qui s’annonce par le développement d une odeur putride: si dans ce moment on expose cette substance à l’action du lèu, il y a un dégagement cpnsidéralile d’bydrogène sulfuré.

L albumine liquide, lorsqu’elle est exposée à une douce chaleur et présentant Une grande surface, se dessèche; elle a alors 1 aspect d’une substance vitreuse transparente; elle est cassante, ayant beaucoup d’analogie avec la gomme arabique dissoute qui, par son exposition à l’air , a été desséchée lentement : à cet état , SI elle est mise en contact avec l’eau , elle se dissout de nouveau dans ce liquide.

L albumine est insoluble dans l’alcool et l’éther. Les acides et 1 alcool la coagulent; le chlore la précipite sous forme de beaux llocons d’un blanc nacré. Ce précipité laisse dégager du chlore spontanément.

Traitée par la soude ou par la potasse, l’albumine perd la propriété qu’elle avait d’être coagulée par l’action de la chaleur. La plus grande partie des solutions métalliques précipitent la solution d’albumine. Parmi celles qui sont le pl us sensibles pour faire recounaitre cette solution , on remarque la

2i4 albumine.

per-clilorure de mercure, qui, selon les expériences du docteur Boslock, peut déterminer un précipité dans un liquide qui ne contiendrait qu’un o,ooo5 d’albumine. Cette substance peut être coagulée, i°. par l’alcool; 2”. par la chaleur; 3“.par l’action des acides. Elle présente alors les pi'opriétés suivantes ; elle est dure , opaque, d’un blanc mat, d’une saveur douceâtre; elle n’est plus soluble dans l’eau; elle est moins susceptible d’éprouver la fermentation putride. Selon Hatcbett, l’albumine mise en contact avec l’acide nitrique et abandonnée dans ce liquide, change de nature; elle se convertit en une substance qui a de l’analogie avec la gélatine.

Selon MM. Gay-Lussac et Thénard, l’albumine est composée , sur 100 parties ,

de carbone 52,883

d’oxigène 23,872 .

d’hydrogène 7 , 54»

d’azote i5,7o5.

L’albumine liquide peut être prise dans le blanc d’œuf. Quelquefois on la dessèche pour la conserver et s’en servir dans les lieux où l’on ne pourrait facilement se la proeurer (1). On opère de la manière suivante : on casse des œufs, on sépare les blanes du jaune, on réunit X albumine j et, on la prive de l’eau qu’elle eontient en faisant évaporer à une très douce chaleur. Il faut, pour l’évaporation, se servir, autant que possible, delà chaleur de l’atmosphère. Au besoin, on emploie eependant une chaleur de 25 à 28 degrés ; on place l’albumine sur des vases qui présentent beaucoup de surface , et l’on expose ces vases à l’étuve. Lorsque l’albumine est sèche, on la détache et ou l’enferme dans des llacons bien fermés : à cet état, l’albumine ne jouit pas de propriétés aussi énergiques que lorsqu’elle est fraîche ; mais on peut en tirer encore un bon parti en la délayant dans vingt fois son poids d’eau.

Les usages de l’albumine, dans les Arts et pour la Pharmacie, sont considérables. Elle sert à clarifier les vins, à donner de la

(i) J’ai eu à préparer une grande quantilc d’albumine, pour les colonies.

ALCALIS. 2i5

Icgèrelé à quelques préparations alimentaires, à claritiei' les sirops , les solutions salines , à faire un lut propre à prévenir la déperdition des gaz qui pourraient- s’échapper des appareils pendant les opérations.

La propriété la plus remarquable de l’albumine est celle qu’elle a de neutraliser l’action vénéneuse du per-cblorure de mercure {le sublimé corrosif), et d’enlever à ce sel vénéneux son action sur l’économie animale. Sous ce rapport, elle avait été expressément recommandée par M. Orfîla. Un évènement qui a pehsé, le 2.5 février i825, nous priver de l’un de nos plus savans professeurs de Chimie, mais cet accident qui heureusement n’a pas eu de suite fâcheuse, a affirmé son utilité comme contre-poison de l’albumine (i).

L’albumine desséchée , mêlée à du charbon animal, est vendue sous le nom de poudre clarifiante pour éclaircir les vins.

On se sert de l’albumine pour reconnaître la présence du perchlorure de mercure, et réciproquement du per-chlorure de mercure pour reconnaître la présence de l’albumine. Ces corps , en s’unissant, donnent lieu à un précipité blanc floconeux, insoluble dans l’eau. Ce précipité est décomposable par la chaleur ; il donne des produits analogues à ceux obtenus des matières animales, et en outre à une vapeur métallique mercurielle qui , recueillie sur une lame d’or, communique à ce métal une couleur blanche et un poli particulier, qui est doux au toucher. (A. C.)

ALCALIS, alkalis. Ce mot, d’origine arabe, fut mis en usage pour désigner le produit résultant de l’incinération de la plante nommée kali. Cette dénomination fut ensuite appliquée à quelques autres substances qui avaient de l’analogie avec ce produit. Elle devint plus tard une dénomination applicable aux corps qui jouissaient: i°. de la propriété d’avoir une saveur caustique et urineuse J 2°. de celle de pouvoir s’unir aux acides

(i) M. Thénard, h sa leçon, ayant pris par niégarde et avalé une gorgée fl’une solution concentrée de sublimé corrosif, fut garanti des accidens fâcheux que l’on pouvait attendre de cette introduction, par l’emploi des blancs d’œufs délayés dans l’eau. (Journal de Chimie médicale, t- I, p. i63.)

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