‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 16 sur 130 · ALCARAZAS · texte numérisé non relu

ALCARAZAS

ces corps clans les végétaux cVoù on les retire, a été mise en doute par un de nos confrères, qui a dit que cette alcalinité était due aux produits employés pour obtenir ces alcalis. Cette opinion ne devra être sérieusement combattue que lorsque notre confrère opposera aux idées reçues des faits capables de donner du poids à son opinion.

Les bases salifiables végétales possèdent des caractères particuliers qui peuvent les faire distinguer des autres substances organiques obtenues des végétaux. Ces caractères sont: la

propriété de ramener au bleu le papier de tournesol rougi par un aeide faible; 2°. la presque insolubilité dans l’eau; 3°. la solubilité dans l’aleool froid, la plus grande solubilité dans l’alcool bouillant ; 4°. la couleur blancbe, la forme cristalline, chez la plupart ; 5°. l’action de la chaleur, et les produits qui sont les résultats de cette action.

Les alcalis organiques existent dans les végétaux à l’état de sels, et le plus ordinairement à l’état de sels acides. D’apres les essais thérapeutiques tentés sur les alcalis nouvellement découverts, il est positif que les végétaux d’où on les a retires doivent à ces substances leurs propriétés médicales. A chacun des alcalis en particulier, nous donnerons des détails sur le mode d’extraction à suivre et sur les propriétés de ces alcalis.

Alcali volatil fluor. V. Ammoniaque. (A. C.)

Alcali animal. V. Ammoniaque. (A. C.)

Alcali MINÉRAL. Soude, OxiUE DE sodium. (A. C.)

Alcali vauqueline. JNom que l’on avait donné à la strychnine. On a retiré ce nom à cette substance à cause du peu d’analogie qu’il y avait entre les caractères de la substance et le nom qu’on lui avait donné. (A. C.)

Alcali végétal. V. Potasse, Oxide de potassium.

ALCANNA. V. IlENNi. (A. C.)

ALCARAZAS. Nom que l’on donne aux vases dans lesquels on fait rafraîchir l’eau , eu Égypte, en les exposant aux rayons du soleil.

2i8 alcool.

Ces cruches sont assez poreuses pour laisser transpirer une certaine quantité d’eau à travers leurs parois. Cette eau , en s’évaporant; absorbe du calorique, refroidit le vase, et par suite l’eau qu’il contient.

M. Fourmy, en l’an XII, a importé d’Espagne le procédé de fabrication de ces vases. ( Voy. Bulletin de la Société d’Encou' ragemeut, an XII, 3® bulletin, p. 62.) M. Darcet a fait l’analyse de la terre avec laquelle sont faits ces vases j il l’a trouvée composée de 77 parties de terre calcaire et de 128 parties de terre argileuse. (A. C.)

ALCEE. Alcea rosea. L. ( Malvacées. J. Monadelpb. polyand. L. )

Cette belle plante, que l’on cultive dans les jardins sous le nom de rose trémière^ a des tiges droites, velues, rudes, hautes de 4 à 5 pieds, remplies d’une moelle blanche; ses feuilles sont portées sur un long pétiole, plus grandes que celles de la mauve, découpées profondément en cinq ou sept lobes. Ses fleurs sont extrêmement grandes , roses, blanches, purpurines ou jaunes , selon les variétés; elles forment une longue grappe à l’extrémité supérieui’e de la tige.

Cette plante croît dans les champs. Elle est émolliente, adoucissante. On s’en sert en lavement et en fomentation.

M. Brugnatelli a proposé pour réactif d’essai l’infusion de fleurs d’alcée , comme beaucoup plus sensible que celle de la violette, pour découvrir la présence d’un alcali ou d’un acide, quelque petite que soit leur quantité. La teinture de l’alcée, d’après les expériences faites par MM. Payen et Chevallier, est moins sensible que la teinture de fleurs de mauves.

ALCOOL, alcoholj esprit-de-vin. L’alcool est un liquide volatil qui s’obtient par la distillation des solutions végétales sucrées, qui ont subi la fermentation vineusè ou alcoolique. On le retire le plus ordinairement du suc fermenté des raisins (/e vin)\ on peut aussi l’obtenir des liqueurs fermentées , préparées avec les cerises, les mûres, les châtaignes, les graines céréales, le sucre de fécule, les carrottes, la betterave, le caroubier le maïs,

les pommes {le üidre),\!èrvà}\e , et de tonies les liqueurs sucrées qui ont subi la fermentation alcoolique; les vinaigres , les eaux sûres des amidonniers en contiennent. Nous l’avons obtenu en. grande quantité d’une liqueur fermentée, préparée avec la cosse du pois ; mais une deuxième opération ne nous ayant pas fourni les mêmes résultats, nous espérons rej)rendre ce travail en temps convenable.

D’après la liqueur fermentée d’où l’on tire l’alcool par la distillation, ce véhicule porte un nom, et il est employé à des usages différens. Ainsi, on appelle eau-de-vie j l’alcool obtenu du vin; rum ou taffiaj celui retiré du jus fermenté de la canne à sucre ; wiskij gin J eawde-vie de graine ^ les produits de la distillation de la drèche ou des liqueurs de graines ; hirschenwaser j celui obtenu de la cerise noire ou merise; rachj celui retiré du riz ; eau-de-vie de fécule j celui obtenu de la liqueur fermentée préparée avec le sirop de fécule de pomme de terre, etc.

Les alcools retirés de ces diverses substances portent avec eux le cachet de leur origine; ils affectent un goût particulier qui est très sensible aux amateurs. Il est probable que ce goût particulier, nommé arôme j est dû à la présence .d’une huile essentielle qui varie dans chaque espèce d’alcool. M. Aubergîer de Clermont, l’un de nos pharmaciens les plus distingués, a établi, par un mémoire publié dans les Annales de Chimie {année 1820), que la saveur désagréable que contractent les eaux-de-vie que l’on obtient en distillant les marcs de la vendange est principalement due à un principe huileux volatil, contenu dans la pellicule du raisin. Il a obtenu cette huile eu distillant ces pellicules avec une petite quantité d’eau, et il a vu que la plus petite quantité de cette huile ( une goutte pour loo litres) communiquait aux eaux-de-vie une saveur des plus désagréables, saveur qui jusque là avait été attribuée à un commencement de décomposition subi par le marc qui pouvait s attacher au fond de la chaudière de distillation; mais on a reconnu que cette décomposition donne lieu à une odeur éé empyreume bien différente de celle produite par l’huile contenue dans la pellicule. L’odeur d' empyreume disparait lorsque

l’alcool vieillit; il u’en est pas de même de l’odeui’ de l’hui-le de pellicule (i). .

L’époque de la déeouverte de l’alcool n’est pas bien certaine; la plupart des auteurs l’attribuent à Arnaud de Villeneuve , professeur de TUniversité de Médecine de Montpellier. Ce praticien s’en servit le premier pour préparer des teintures qu’il introduisit dans l’usage médical.

L’existence de l’alcool tout formé dans les liqueurs vineuses fut d’abord admise par la plupart des cbimistes; elle fut ensuite niée par Fabroni , qui regardait ce produit comme un des résultats de la distillation. Des doutes furent élevés par Fourcroy , puis par M. Chaptal, sur les ti’avaux de Fabroni. M. Brande, ensuite, admit la présence de l’alcool dans le vin. La discussion fut terminée par M. Gay-Lussac , qui, par des expériences exactes, démontra positivement que l’alcool existe dans les liqueurs fermentées, exemple le vin, et que l’on peut l’en séparer sans employer la distdlation. L’expérience la plus concluante est la suivante :

On prend une certaine quantité d’une liqueur qui a subi la fermentation vineuse (du vin, du cidre, etc.) ; on la met en contact avec la lltharge porpbyrlsée; on agile le mélange jusqu’à ce que la liqueur soit décolorée et qu’elle soit devenue limpide comme de l’eau; on filtre : la matière colorante mêlée à la litbarge reste sur le filtre; la liqueur claire contient l’alcool affaibli par l’eau. On sépare l’eau de l’alcool en projetant peu à peu dans le mélange du sous -carbonate de potasse sec et cliaud; on continue l’addition de ce carbonate jusqu’à ce qu’il ne se dissolve plus de ce sel. Ou aperçoit alors deux couches bien distinctes : la couche supérieure est de l’alcool. On peut séparer ce liquide pour déterminer quelle est la quantité qui est contenue dans la liqueur que l’on a examinée.

De nombreuses analyses de vins et autres liqueurs ont été faites par M. Brande; nous croyons devoir rapporter ici la table des résultats qu’il a obtenus. Cette table exprime la quantité

(i) M. Pelletan ( Gabriel ) a examiné l’huile de l’cau-da-vic de fécule.

cValcool à 0,8^5 de densité que loo parties de vin contiennent.

Si l’on veut ramener les nombres pour exprimer de l’alcool absolu d’une densité à i5°,5 de o,'jg3, il faudra multiplier par 0,92.

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