PRÉFACE
ladie, pour qu’ils fussent enregistrés dans le catalogue des objets utiles à l’art de guérir ou de ce que l’on appelle vulgairement des Delà cette
foule prodigieuse de médicamens mis en vogue par les anciens praticiens, et qui, signalés par des caractères inexacts ou par des vertus imaginaires, restaient pour la plupart inconnus ou devenaient des sujets de controverse.
Ce fut dans ces circonstances défavorables qu’ont été composés la plupart des anciens ouvrages de Pharmacologie. Les uns présentèrent des classifications plus ou moins défectueuses, les autres furent rédigés suivant 1 ordre alphabétique. Parmi ces derniers, on distingua le Dictionnaire des drogues de Lémery; et pendant près d’un siècle, cet ouvrage fut, pour ainsi dire, classique entre les mains des médecins, des pharmaciens et des droguistes.
Lorsque, vers l’année 1 789, cette ère de toutes les révolutions scientifiques, l’Histoire naturelle et la Chimie eurent délaissé des méthodes et des théories surannées, lorsque la Botanique, par l’étude des familles naturelles, et la Chimie, par la découverte de la décom-
position de l’eau, eurent pris une direction qui influa puissamment sur toutes les autres sciences , on sentit conséquemment la nécessité de réformer l’Histoire naturelle et la Chimie pharmaceutiques. Un grand nombre de traités parurent successivement, tous avec la pré-
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tention défaire connaître exactement l’origine et la nature des substances médicamenteuses, au moyen de nouvelles classifications en harmonie avec les progrès des sciences. Nous ne voulons pas nier Futilité de ces traités pour les personnes destinées à faire leur étude particulière de la Pharmacie j mais rarement ils ont rempli complètement le but de ceux qui ne cherchaient incidemment à s’instruire que sur quelques articles de l’histoire des médicamens, mais à s’eu instruire à fond et d’une manière qui ne leur laissât rien à désirer. Un seul ouvrage parut sous la forme de Dictionnaire 5 c’était encore celui de Lémery , annoncé comme étant à la hauteur des nouvelles connaissances par Morelot; et telle était l’utilité de ce genre de travail, qu’il eut un succès inouï , malgré l’extrême négligence, * pour ne pas dire l’imperfection absolue, avec laquelle il fut rédigé. Frappés par ces considérations, nous avions d’abord formé le plan de donner une nouvelle édition du Dictionnaire de Morelot avec toutes les additions et corrections que commandaient les rapides progrès de la Chimie et de l’Histoire naturelle j mais bientôt nous nous aperçûmes que refaire cet ouvrage serait pour nous une entreprise plus difïicile, et qui devait en même temps produire des résultats moins satisfaisans que si, laissant dans l’oubli ce qui avait été compilé par cet auteur , nous eussions a composer un ouvrage entièrement neuf, où il nous