‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 29 sur 130 · AMIANTE · texte numérisé non relu

AMIANTE

naturalisée clans plusieurs parties Je la France, et en particulier aux environs de Paris. Elle répand une odeur aromatique et agréable; sa saveur est chaude et balsamique. L’infusion de ses feuilles forme une boisson agréable, qui passe pour tonique et excitante. Ses graines sont employées comme antlielmintiques dans diverses parties de l’Amérique septentrionale.

On substitue quelquefois au Chenopodiiim ambrosioides le Chenopodium botrys. ( L. ) On distingue cette substance à ce que les feuilles du Chenopodium botrys sont allongées et garnies de poils courts, et qu’elles sont profondément échancrées des deux côtés. (A. K.)

AMER. On a donné le nom d'amer à une matière jaune particulière très amère, que l’on obtient du traitement de la soie, de la chair musculaire, de l’éponge , de l’indigo, etc., par l’acide nitrique. M. Welter est le premier qui ait observé cette substance, qui n’est pas employée dans l’art médical (i).

AMER DE BOEUF. F. Fiel de boeuf. . (A. C.)

AMIANTE, asbesLe. Substance minérale formée de silice, de magnésie, d’un peu de chaux et d’alumine. L’arrangement des molécules de cette pierre est tel, qu’elle ressemble aux substances fibreuses extraites des végétaux.

L’amiante varie de couleur; Il y en a de blanche, de grise, de brune , de verte et de noire; elle a été employée par les anciens, qui faisaient avec ce produit des tissus que le feu n’altérait en rien, tandis qu’il les débarrassait des substances étrangères qui les salissaient. •

L’amiante, Il y a environ dix ans, fut soumise à des procédés de fabrication, et en Italie, madame Perpenti est arrivée au point de fabriquer avec cette pierre flexible, des toiles^ des papiers et de la dentelle (2).

(1) Aan.iles de Cliimic, t. LXXII , p. ii3

(2) Voir pour la fabrication du papier et de la toile d’amiante , le mémoire de madame Perpenti, chez madame liuzard , et le Dictionnaire technologique, t. 1er.

L’asbesle est employée pour faire des mccLes qui s’altèrent tlilBcileraent : dans certains pays , elle sert à la fabrication de la poterie légère et des fourneaux, très solides.

L’asbcste se trouve dans la partie de la Savoie que l’on nomme la Tarenlaise. On la trpuve aussi en Corse, dans les Pyrénées, près de Barèges , etc. , etc. (A. C.)

AMIDINE. L’amidine est une substance particulière qui a été signalée par M. De Saussure; elle se forme lorsque l’on abandonne i’empols préparé avec l’amidon, avec ou sans le contact de l’air, à la température de 20 à 25”. On prépare l’amidine de la manière suivante :

On prend de l’empois d’amidon; on laisse cette préparation au contact de l’air, à la température de 20 à 25°; la réaction des principes contenus dans l’empois a lieu ; il y a formation , i”. de sucre ( celui-ci est semblable à celui qui provient de l’ac-. tion de l’acide sulfurique sur l’amidon);

2”. De gomme; 3°. d’amic/me; 4°- de ligneux et de ligneux amilacé; 5”. ôleau; 6”. èi acide carbonique ; 7°. de charbon. Des expériences faites par M. Collard de Martigny , sur la décomposition de l’amidon , ont fourni des résultats qui ne se rapportent pas à ceux obtenus par M. De Saussure. Ce chimiste a reconnu qu’il y avait formation d’un acide qu’il croit difiérent de ceux connus jusqu’alors. On sépare l’amidine de ces substances en agissant de la manière suivante (i) :

On met en macération ces divers produits avec de l’eau froide, vingt fois le poids de l’amidon employé primitivement. Au bout

(•) Tubleau des produits résultant de la fermentation de l’amidon avec ou sans le contact de l’air..

Avcclc contact de l’air.

Sucre

Gomme

Amidine

Ligneux amilace' i

Trace* de ligneux mêle' de charbon

Amidon non décompose

Sans le contact Je l’air.

Sucre

Gomme

Amidine

Ligneux amilace'..

Ligneux mêle' de cliarbon.

Amidon non décompose'. .

de liait à dix heures, on jette le tout sur un filtre, et on lave. La rujucur filtrée contient le sucre et la gomme ; le résidu contient l’amidine, le ligneux , le ligneux amllacé, et l’amidon non décomposé. On met ce résidu en contact avec de l’eau bouiliante, et on laisse quelques minutes; l’amidine se dissout; on filtre, et on fait évaporer la solution qui donne ce produit. Pour l’obtenir à l’état de pureté, on la ti-aite de la manière suivante : on réduit en poudre, on lave avec une petite quantité d’eau froide ; on traite de nouveau par l’eau bouillante , on filtre et on fait évaporer jusqu’à siccité la solution obtenue. L’amldlne purifiée est opaque, demi-transparente, d’un blanc jaunâtre; elle est en fragmens irréguliers; elle n’a ni odeur ni saveur ; elle est très soluble dans l’eau à 6o°; elle est Insoluble dans l’alcool. Les substances avec lesquelles elle peut offrir des caractères de ressemblance sont l’inullne, l’amidon et la gomme qui résulte de la torréfaction de l’amidon.

Elle diffère de Vinulinej en ce qu’elle se colore ên bleu par le contact de l’iode. Elle ne ressemble pas à l’amidon , i°. en ce que l’eau froide peut la dissoudre ; 2°. en ce qu’elle ne forme pas de gelée avec l’eau bouillante; 3“. et en ce que sa dissolution dans la potasse n’est pas visqueuse. Elle est différente de la gomme d’amidon torréfié, 1°. en ce qu’elle n’est pas soluble en toutes proportions dans l’eau froide ; 2°. en ce qu’elle colore en bleu la solution aqueuse préparée avec l’iode ; 3°. en ce que sa dissolution est coagulée par le sous-acétate de plomb. ( De

Saussure. ) ,

L’nmidine n’est pas employée; mais elle doit être signalée comme un produit particulier. (A. C.)

AMlDON,yè’cw/e amilacée. L’amidon est une substance particulière de nature végétale, qui existe dans la plupart des végétaux, et particulièrement dans les graines céréales (i),qui

(i) Tableau des substances qui contiennent V amidon, et des racines desquelles on peut l’extraire. ( Parmentier. )

Arclinm Lappa , Orchis mascula. Graines.

Atropa Rclladonna , Impcialoria Ostnuliium , L’avoine,

présente les cai'actères suivans : elle est blanche, pulvérulente, insipide, inodoi;’e , inaltérable à l’air, ayant un aspect grepu qui a quelque chose de cristallin.

La-préscnce de l’amidon a été indiquée dans un grand nombre de végétaux; Parmentier a indiqué ceux d’où l’on peut l’extraire des raeines. Robert, pharmacien en chef de l’hôpital de Rouen, a aussi montré que d’autres substances contiennent ce principe (i).

Selon quelques auteurs, la connaissance de l’amidon remonte à une époque très reculée. Pline attribue la manière de fabriquer ce produit aux habitans de l’île de Chio (2).

L’amidon qui se trouve dans le commerce , et qui est vendu sous ce nom, s’extrait du blé, de l’orge, du seigle, de l’avoine et des pommes de terre (3).

Préparation de V amidon avec le bléj forgCj etc.

On moud grossièrement les céréales sans séparer le son de la farine; lorsque ces grains sont moulus, on les met dans de grandes cuves, placées dans un endroit chaud; on ajoute de l’eau, et de plus une certaine quantité d’mn sure des amidonniers (4) : peu à peu la masse s’échauffe, entre en fermentation;

Pofygonum Bistona, Bryonia alba , Colchicnm autumnale, Spiiea Filipendula, Ranuncuins buJbosus, Scrophularia nodosa , Sambucus Ebulus, nigra ,

O rebis Morio,

Hyosciamus niger, Rumex obtusifolius, acutns, aquaticus, Arum maculatum,

Iris pseudo-acorus, fœiidissima , Orobus tuberosus, Bunium bulbocastanum.

Graines.

Le riz ,

Le maïs ,

Le millet,

La châtaigne,

Les marrons ,

Les pois,

Les fèves ,

Le gland ,

La pomme de terre.

(i) Journal de Pharmacie, 4e année, décembre 1818, p. 537, (a) Pline, livre XVIII, chapitre VII.

(3j II y a d’autres espèces de fécules que l’on retire des palmiers (le sagou ),^des orchis { le salep ), du jatrOpha ( le tapioca ). ( Voir ces mots.)

(4) L’eau sure des amidonniers est composée ; i». d’eau; a®, d’acide acétiqoc; 3°. d’alcool; 40. d’acétate d’ammoniaque ; 5®. de phosphate de chaux; (jo. de gluten.

la partie supérieure se recouvre d’une couclie de moisissure qui augmente et forme un chapeau. Au bout de quinze jours à un mois, selon que la température de l’atmosplicre a été plus ou moins élevée , la fermentation est terminée i on enlève la couche de moisissure ; on tire Veau sure au moyen d’un robinet placé sur les parois de la cuve, et on trouve le dépôt formé en partie d’amidon sali par des matières étrangères et par du son. On lave ce dépôt, on le délaie dans l’eau pure, on verse le tout sur un tamis de crin placé sur un tonneau; le son le plus gros reste sur le tamis, le plus fin passe en même temps que l’amidon, et se trouve en partie mélangé à la fécule. Pour les séparer l’un de l’autre, on ajoute de 1 eau, et on agile la masse :1c son et l’amidon se trouvent en suspension dans le liquide; mais ils se déposent en des temps differens, et forment des masses distinctes. On laisse corder l’eau par le robinet; on sépare le son qui surnage. On ajoute une no ur elle quantité d’eau; on met en suspension de nouveau, on décante, puis on sépare le son qui avait échappe aux opérations précédentes et qui recouvre l’amidon. On trouve celui-ci par couches de di ver scs couleurs et épaisseurs; on enlève ces couches, et quand on est arrivé à la couche d’amidon qui a une belle couleur blanche, on délaie dans de l’eau claire, et on jette siir un tamis de soie très fin ; la fécule fine passe à travers les mailles du tissu. Par ce dernier travail, on sépare encore une partie du son qui se trouvait mêlé à l’amidon. On rince de nouveau; on laisse dé-poser, et ou obtient la fécule qui est d’autant plus lielle, que le tamis employé était d’un tissu de soie plus serré et qu’elle a subi un plus grand nombre de lavages.

Lorsque l’amidon n’a plus besoin que d’être séché, on le met dans des paniers d’osier garnis de toile ( celle-ci ne doit point adhérer aux parois des paniers). Lorsque les paniers sont pleins, on les porte dans un endroit sec et aéré'; on laisse ressuer, on enlève la masse des paniers , et on met les blocs d amidon sur une aire (i) faite en plâtre; on ôte la toile, on divise ensuite

(i) Sol.

les blocs ; on expose les morceaux à l’air pendant quelques jours; on racle leur superficie , et on les porte à l’étuve pour qu’ils puissent sécher entièrement. Cette dessiccation a pour but d’ôter à l’amidon une petite quantité d’eau qu’il retient ; elle prévient en même temps la coloration de l’amidon , qui prendrait une teinte verte (1).

Les eaux de lavage et l’amidon grossier et impur que l’on séparé pendant le travail sont reunis; on traite de nouveau ce produit par des lavages ; on en retire une certaine quantité d’amidon qui est plus ou moins beau, selon les soins que l’on apporte à cette opération , que l’on peut regarder comme un raffinage. Les amidonniers emploient, autant qu’il leur est possible, des blés , des orges et d’autres grains qui ont été gâtés ou mouillés, ou encore ils se servent des résidus d’oii l’on a retiré la plus grande partie de la farine (le son^ les recoupes et les recoupettes): Voici ce qui se passe dans l’opération de l’extraction de l’amidon , Le sucre qui existe dans les céréales se trouvant en contact avec du ferment, de l’eau et de la chaleur, se décompose, il donne naissance à la fermentation spiritueuse ; il y a production d’alcool et d’acide carbonique qui se dégage. A cette fermentation succède la fermentation acide, qui donne naissance à du vinaigre. Cet acide dissout le gluten et une partie du phosphate de chaux; la fécule retenant encore du phosphate de chaux non dissout, se précipite en même temps que le son; les autres produits restent en dissolution dans les eaux sures'des amidonniers.

Extraction de V amidon de pommes de terre.

On lave les tubercules, on les soumet à la râpe, on recueille la pulpe que l’on place sur un tamis; on fait tomber sur cette pulpe un courant d’eau , en ayant soin de remuer la masse pour mettre toutes ses parties en contact avec l’eau. Lorsque le liquide qui a passe a travers la pulpe en sort clair, on cesse d en faire tomber, et on exprime fortement le parenchyme ou résidu que l’on met de câté, soit pour le faire sécher

(1) On auribne celte couleur verte à un développement de quelques espèces de végétaux.

Tomi I.

et en faire des briquettes , ou pour le donner à manger aux bestiaux (i). On laisse déposer la liqueur; on décante l’eau claire qui surnage (2) , et on aperçoit la fécule ; on enlève la première partie qui est colorée; on lave de nouveau en agitant; on laisse déposer. Après quelques lavages, on obtient l’amidon qui, lorsqu’il a traversé un tamis, est à l’état de pureté ; on le fait dessecber , et on le conserve convenablement.

Préparation de Vainidon avoine .

Cet amidon , dont j’ai préparé d’assez grandes quantités pour une famille anglaise qui l’employait comme un des alimens les plus nutritifs , se prépare de la même manière que l’amidon de blé. On doit avoir soin de bien laver la fécule que l’on obtient, de la faire sécher à l’étuve, et de la conserver ensuite dans des flacons desséchés d’avance , et que l’on a soin de bien boucher.

L’amidon est blanc , pulvérulent, sans odeur ni saveur, son aspect est cristallin; mais l’examen de sa forme ayant été fait par M. Raspail, ce savant a reconnu : 1°. que l’amidon examiné au microscope se présente sous forfne de grains arrondis, durs, transparens, et que ces grains sont composés d’un tégument extérieur qui enveloppe une substance qui , selon M. Raspail,

a de l’analogie avec la gomme ;

2°. Que la fécule est libre dans les cellules des végétaux;

3». Que la forme des grains est différente dans les divers végétaux; qu’elle est sphérique Jans les céréales , dans les orchls irréguliers, et beaucoup plus grosse dans la pomme de terre que dans les autres plantes. ( Fbirle Mémoire de M. Raspail, qui contient des détails du plus grand intérêt. Annales des Sciences naturelles^ x^ti^^page 384-)

Soumis à l’action de la chaleur dans une cornue , l’amidon se fond; il acquiert une couleur noire; il donne pour produits de l’eau, de l’acide acétique chargé d’empyreume, de l’hude colorée et empyreumatique , de l’acide carbonique , de 1 hydrogéné

(i) Voy. le Traite' de la pomme de terre, de MM. Paycn et Chevallier, 1826. (3) Les premières eaux de lavage sont un excellent engrais; on les emploie pour arroser les terres rnsemenedes, les prairies artificielles, etc. , etc.

carboné ; il laisse du charbon qui contient du sous-carbonate et du phosphate de potasse, du phosphate de chaux, de la silice. Projeté sur des charbons ardens, il brûle en répandant une fumée dune odeur piquante; soumis à la torréfaction seulement, il change de nature, et devient soluble dans l’eau : il peut alors^ remplacer la gomme dans quelques-unes des fabrications où la gomme colorée est mise en usage. ( Bouillon- Lagrange et Vauquelin. ) L’amidon mis en contact avec l’iode, donne naissance à des combinaisons d’iode et d’amidon qui ont des couleurs différentes selon les quantités respectives des deux substances. A parties égales, la combinaison est d’un bleu d’indigo. Si l’iode est en excès, la combinaison est d’un, bleu noirâtre, et d’un bleu violet si l’amidon est surabondant.. Selon MM. Gauthier de Claubry et Collin (i), il existe une combinaison d’iode et d’amidon qui est tout-à-fait blanche.

L’amidon est insoluble dans l’eau froide, l’alcool, l’éther; avec l’eau bouillante, il forme une combinaison que l’on a considérée comme un hydrate, ç.1 que l’on connaît sous le nom à' empois. Qel bjdrate , abandonné à l’air , se décompose ; il y a production de diverses substances et d’amidine. ( F., ce mot. ) Exposé au contact de l’air froid et à la congélation, l’hydrate se décompose: 1 amidon se dépose; il a repris ses propriétés primitives.

( V.ogel. ) Soumis à l’action, de la potasse, l’amidon acquiert par cette;opératiou,la pr.PPfÂété de se^dissoudre dans l’eaii /froide. L’amidon, est soluble dans l’acide, nitrique affaibli; ^oiais .à l’aide, de la chaleur, cet acide se décompose; il en résulte des acides

végétaux. ( Fi Acide OXALIQUE. ) . . : » n

L analyse de 1 amidon a été faite par plusieurs chimistes. Les résultats qu’ils ont obtenus sont les suivans :

Hydrogène. 6,77 Carbone... 43,55 Oxigène... 49*68 100,00

( Gay-Lussac et Thénard. )

Azote

Hydrogène.

Carbone.. .

Oxigène. . .

( De Saussure. )

(1) Annale» de Chimie, tome XV, pagega.

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