‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 30 sur 130 · AMMI · texte numérisé non relu

AMMI

Analpe de la fécule de Analyse de la fécule de pomme de

pomme de terre« terre la plus pure possible.

Hydrogène 7 , 066

Oxigène . . .

Carbone. . . 4^ j 4^ *

Hydrogène .

Oxigène... 49 J 4^3

Carbone . . .

( Berzélius )

(Collard de Martlgny.) {Jnèdih

L’amidon provenant, soit des céréales, soit de la pomme de terre, est employé dans l’art médical. On le donne comme adoucissant contre la toux : la dose est de 3 gros à 4 ? en décoction, dans une livre d’eau. Contre la diarrhée, la dyssenterie, on l’administre en lavement, en décoction, à la dose de 4 gros par livre d’eau. On le donne quelquefois en cataplasme; mais il n’a pas dans ce cas plus de propriété que n’en a la farine de graine de lin. (A-* C.)

AMMI. On en distingue deux sortes, l’ammi de Candie et l’ammi ordinaire. Ils sont les fruits de deux plantes de la famille des Ombellifêres. La première ( Sison Ammi. L. ) croît dans les provinces méridionales de la France et dans l’île de Crète ou de Candie. Son fruit est ovoïde, très allongé, menu, strié longitudinalement, d’une couleur gris-verdâtre, d’une odeur faible, d’une saveur aromatique et un peu amère. Cette espèce est stomachique et carminativej elle entre dans la thériaque. La seconde espèce est VAmmi majus, plante très commune dans nos moissons. Ses fruits , hérissés de pointes , sont d’une saveur faiblement aromatique. Ils sont aujourd’hui inusités.

Le fruit désigné vulgairement sous le nom de semence à’ ammi, est vendu par un grand nombre d’herboristes pour de la semence de jusqulame blanche. M. Chér.eau , pharmacien distingué de, la capitale, a indiqué cette fraude, qui provient sans doute de la plus grande facilité qu’il y a de se procurer , à des prix moins élevés, la graine d’ammi. ( Voir le Journal de Chimie médicale, septembre 1 826. ) (A. R.)

AMMONIAQUE, alcali volatil yZwor. L’ammo-

niaque est un corps composé résultant de l’uniou de l’hydrogène avec l’azote , selon la plupart des chimistes , et de l’oxigène et de V ammonium , selon d’autres.

L’ammoniaque existe dans les trois règnes ; on le rencontre dans le règne minéral, dans le voisinage des volcans. M. Vauquelin l’a trouvé dans de l’oxide de fer qui s’était formé sur la serrure d’une chambre habitée. M. Austin a annoncé sa formation dans l’oxidation du fer par l’eau ”, sa manière de voir a été confirmée dans un mémoire lu par M. Chevallier, à l’Académie royale de Médecine ; mémoire dans lequel ce chimiste a indiqué les moyens qu’il a mis en usage pour reconnaître ce corps , non seulement dans l’oxide de fer préparé par l’eau, mais encore dans un grand nombre d’oxides naturels et dans les eaux minérales ferrugineuses de Passy(i).

MM. Chevallier et Lassaigne, et plus récemment MM. Boullay et Chevallier , ont reconnu la présence de l’alcali volatil libre dans les plantes (le Chenopodium TTulvaria^^Xe Sorhus aucupariuj le lilas, etc., etc.).

L’ammoniaque est ou gazeux ou en dissolution dans l’eau , à l’état liquide. A l’état de gaz , il est transparent , d’une pesanteur spécifique de o,5gï ; il est très âcre, très caustique; il verdit fortement le sirop de violettes j il ramène au bleu la plupart des couleurs bleues végétales rougies par les acides; mis eu contact avec la flamme d’une bougie , cette flamme s’agrandit, une partie du gaz ammoniac est décomposée. SI l’on fait traverser le gaz ammoniac par des étincelles électriques , ou encore, si on le fait passer à travers des tubes de porcelaine garnis de tessons de porcelaine ou de grès chauffés au rouge , ce gaz est dé-

(i) M. -Collard de Martigtiy a votdu s’assurer si l’ide’e suivante, c’mise par M. Chevallier dans son mémoire, était vraie : « lu' ammoniaque pourrait bien se former dans les cas d’oxidation des substances minérales, végétales et animales-i) Il a déjà reconnu que dans quelques oxidations de substances organiques, il y avait formation d’ammoniaque. Les expériences qu’il a faites sont le sujet d’un mémoire encore inédit.

composé; on oLtient pour résultat de cette décomposition un mélange de gaz hydrogène et de gaz azote.

M. Berthollet reconnut que l’ammoniaque était formé de 21 , i5 d’hydrogène et de i oo d’azote (i5o d’hydrogène et 5o d’a-* zote en volume). MM. Berzélius et Davyont avancé que l’ammoniaque étaitlerésidtot delà combinaison d’un corps, ^ ammonium j avec l’oxigène, et ils ont dit que cette combinaison existait dans des proportions de 20 d’oxigène pour 100 d’ammoniaque. Celte opinion, qui doit être respectée, puisque deux chimistes tels que Berzélius et Davy l’ont avancée, ne peut, ce me semble, être entièrement accueillie, à moins que l’on ne parvienne à séparer l’ammonium et l’oxigène. L’opinion émise par M. Berthollet, et qui a été examinée par la plupart des chimistes, et plus particulièrement par MM. Vauquelin et Cluzel, étant appuyée de résultats qui ne varient pas, doit être préférée jusqu’à ce que de nouveaux faits puissent appuyer l’opinion de Davy, et faire changer la manière de voir des chimistes.

L’ammoniaque s’obtient ou en grand pour les arts, ou on le prépare dans les laboratoires. Le procédé des arts est le même que celui qui est mis en usage dans les laboratoires de Chimie et dans les officines. Le premier de ces procédés, qui a pour but de fournir en grand l’alcali volatil, consiste à chauffer dans des chaudières ou dans des cylindres de fonte, un mélange de chaux éteinte par l’eau, et de muriate ou de sulfate d’ammoniaque, à recueillir le gaz qui se dégage dans des tourilles de grès ou dans des tourilles de plomb contenant de l’eau (i). Ces tourilles communiquent avec la chaudière par des tubes qui font de cet appareil un appareil de Voulf. Au reste, cet appareil ne dilïère de celui que nous allons décrire plus bas, que parce que les vases plus grands sont en terre ou en plomb, au lieu d’être en verre. Les précautions que nous allons indiquer doivent être prises dans les deux opérations.

(1) Un appareil de cuivre qui avait été construit par un fabricant de produits chimiques, fut attaque par l’ammoniaque qui s’était colore. Ce liquide contenait de l’ainmoniure de cuivre résultant de l’action de l’alcali sur le métal.

Préparation de Vammoniaqit^e,

On introduit dans une cornue de grès , recouverte à l’avance d’une couche de lut de terre à poêlier et de crottin de cheval, ôo parties de sel ammoniac pulvérisé et 1 00 parties de chaux éteinte par l’eau (i). Quand les deux substances sont introduites dans la cornue , ce que l’on fait en employant des précautions pour qu’aucune de ces substances ne reste dans le col du vase distillatoire qui doit être d’une capacité double de celle du mélange , on agite pour que le mélange se fasse. On place la cornue dans la partie moyenne d’un fourneau de laboratoire, et on adapte au bec de la cornue, au moyen d’un bouchon , un tube de sûreté dont la branche inférieure va plonger dans un flacon tubulé contenant une petite quantité d’eau ou une légère solution de soude destinée à laver le gaz; de ce flacon part un second tube courbé qui va plonger dans un deuxième flacon contenant de l’eau pure ; de ce deuxième flacon part un troisième tube qui conduit le gaz qui ne s’est pas dissous, dans un troisième flacon contenant aussi de l’eau pure. L’eau contenue dans les flacons doit être en poids égal à celui du sel ammoniac employé (c’està-dire 5o parties pour la quantité que nous avons indiquée). L’appareil étant ainsi disposé, on lute les jointures avec une pâte presque solide, préparée avec la farine de lin ou avec le tourteau d’amande pulvérisé et la colle de pâte ; on recouvre les parties garnies de lut avec des bandes couvertes de blanc d’œuf, saupoudré de cbaùx éteinte; on laisse sécher pendant 12 heures. Au bout de ce temps, on chauffe la cornue , doucement d’abord.

(i) On pulvérisé la chaux destine'e a la préparation de l’ammoniaque de la manière .suivante : on met des morceaux de chaux dans une terrine et on verse peu à peu, sur chacun d’eux, une petite quantité d’eau. On continue l’addition de l’eau jusqu’à ce que la pierre, en s’écliauffant, indique que l’on en a ajouté une assez grande quantité; on abandonne ensuite cette cliaux ainsi humectée, elle se délite et se réduit en poudre qui peut être passée au tamis. La chaux ainsi pulve-risée offre quelques avantages dans l’opération. L’eau qui a été absorbée rend la décomposition plus facile, elle aide au dégagement du gaz qui est plus rapide.

et on élève graduellement la température ; on continue de chauffer l’appareil jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de dégagement d’ammoniaque et qu’il y ait condensation d’eau dans le premier flacon. Cette quantité d’eau provient, et du sel ammoniac et de la chaux. On arrête alors l’opération, et on laisse refroidir l’appareil avant de le démonter.

Voici ce qui se passe dans l’opération. La chaux, qui a plus d’affinité pour l’acide hydro - chlorique que n’en a l’ammoniaque, s’unit à cet acide, donne lieu à de l’ hydro-chlorate de chaux qui est fixe. L’ammoniaque mis à nu se dégage à l’état de gaz ; il passe dans les flacons où II se dissout , en élevant la température du liquide et en donnant naissance à de l’alcali volatil liquide. L’hydro-chlorale de chaux en contact avec la chaleur se décompose sur la fin de l’opération , et de cette décomposition il résulte de l’eau qui se volatilise, et du chlorure de calcium. Ce produit reste dans la cornue , mêlé à de la chaux en excès et à quelques substances étrangères (de l’oxide de fer , etc. , etc. )

Le liquide contenu dans le premier flacon ne doit pas être employé : on peut, par la chaleur, en dégager l’alcali volatil qu’il contient. On se sert de celui qui se trouve dans le deuxième flacon. Cette préparation, pour être mise dans le commerce, doit marquer 20 à 22° à l’aréomètre. L’ammoniaque qui se trouve dans le troisième flacon, et qui est faible, c’est-à-dire qui contient peu d’ammoniaque gazeux, et qui ne porte pas le degré voulu ( 20 à 22° ), peut être employé pour recevoir de nouveau du gaz ammoniaque qui, en s’y dissolvant, l’amène au degré voulu, on peut s’en servir dans quelques opérations, comme on le fait de l’ammoniaque étendu d’eau.

L’ammoniaque pur est un liquide incolore, d’une odeur ammoniacale très forte. Saturé par l’acide nitrique et formant le nitrate d’ammoniaque, il ne doit pas précipiter le nitrate d’argent. Mis en contact avec l’acide sulfurique, il ne doit pas noircir, ce que fait celui qui retient en solution une quantité d’huile animale de DIppel.

L’ammoniaque du commerce est sourent mêlé de substances

étrangères , du cuivre j de V huile animale de Dippelj de selsj etc. Ces deruiers proviennent de l’eau impure employée dans la préparation; les autres proviennent des appareils et du sel ammoniac huileux qui a été employé dans sa préparation. On peut purifier cet alcali en l’introduisant dans une cornue et en faisant passer l’ammoniaque gazeux qu’il contient dans une petite quantité d’eau ou dans une solution alcaline pour le laver , et en le recueillant ensuite dans de l’eau pure , où il se dissout.

On conserve l’ammoniaque liquide dans des vases bouchés à l’émeri , et placés dans des endroits frais.

L’eau est susceptible de dissoudre le gaz ammoniaque en diverses proportions; il en résulte des solutions ammoniacales plus ou moins denses. La densité de ces solutions ayant été étudiée par H. Davy , elle a fourni à ce chimiste les résultats suivans :

Tableau de la densité de Veau ammoniacale chargée d’ammoniaque en diverses proportions.

Poids spécifique. Quantité d’ammoniaque.

Quantité d’eau.

o,gooo

L’ammoniaque liquide ou

gazeux est employé dans l’art mé-

dical dans un grand nombre de préparations , soit seul , soit en combinaison avec des acides et formant des sels.

On l’emploie à l’état de gaz pour le faire respirer avec précaution aux personnes qui tombent en syncope •, on le donne liquide à la dose de 6 à 12 gouttes, pour faire cesser l’Ivresse. Etendu sur des compresses et mis sur la peau comme rubéfiant, on en tire un très grand parti mêlé à de l’huile , il entre dans les linimens, etc. 11 forme le médicament connu sous le nom de pommade de Gondret; cette pommade appliquée sur la peau, produit plus promptement un vésicatoire que ne le font les autres épispastique : sa préparation consiste à mélanger de l’ammoniaque avec les corps gras. On se sert de l’ammoniaque liquide pour cautériser la morsure des ser.pens , de la vipère , les piqûres des insectes , la morsure des animaux enragés , etc. , etc.

Son emploi dans les arts est considérable ; il sert à foncer les couleurs, à dissoudre le carmin, à délayer l’écaille d’aljlettes et à l’empêcher de noircir , à nettoyer des objets métalliques noircis par le soufre, etc., çtc. (A. C.)

Ammoniaque ( gomme ). On appelle ainsi une gomme résine qui nous vient de la Lyble, et qui est fournie par une plante delà famille des Ombellifères, dont on n’a pas encore constaté bien certainement le genre et l’espèce. Ainsi, Willdeuow la croyait produite par une espèce à^Hei-acleum; Olllvier pense qu’elle provient du Ferula persica; Sprengel, du Ferula ferugalo de Desfontaines ; quelques autres, du Buhon gummiferunij etc. J mais on n’a rien de bien positif à cet égard. Ce qu’il y a de certain , c’est que cette gomme résine est le suc propre d’une ombellifère, et qu’on le retire en coupant la tige un peu au-dessus de la terre et en recueillant le suc blanchâtre qui en découle.

Dans le commerce, on rencontre la gomme ammoniaque sous deux états: 1°. en larmes isolées, irrégulières, blanchâtres, opaques, homogènes, à cassure nette et blanche; 2°. en masses irrégulières plus ou moins volumineuses, formées de larmes réunies entre elles par une pâte brunâtre. Leur odeur est forte et pénétrante, leur saveur amère, âcrç et nauséeuse. Selon

AMMONIURES. 299

M. Braconnot, la gomme ammoniaque se .compose de 70 parties de l’ésine, 18 parties de gomme et 4 parties d’une matière glutiniforme et insoluble.

La gomme ammoniaque est un médicament stimulant, dont on a fait usage dans les diflërens catarrhes chroniques, l’aménorrhée, etc. Appliquée à l’extérieur, c’est un excellent résolutif. La dose est de 8 à 10 grains répétés plusieurs fois dans la journée.

La gomme ammoniaque entre dans plusieurs préparations officinales, telles que la thériaque, l’emplâtre de ciguë, le diachylon gommé. (A. R.)

AMMONIUM. Ce nom fut proposé par M. Davy pour désigner le radical présumé de l’ammoniaque.

Cette dénomination fut adoptée par M. Berzélius, qui appuya l’hypothèse avancée par M. Davy , de tous les raisonnemens que l’on tire de l’analogie. Ce savant alla même plus loin; il établit, d’après la composition des sels ammoniacaux, les proportions d’oxigène contenues dans l’oxide d’ammonium ( ces proportions sont 20 d’oxigèue pour 100 de métal).

Si l’hypothèse soutenue par ces deux célèbres chimistes venait à être prouvée par des expériences qui ne permissent plus de doute , l’azote et l’hydrogène seraient des oxides d’un même métal. (A. C.)

AMMONIURES. On a donné le nom d’ammoniures aux combinaisons qui résultent de l’union des oxides métalliques et de quelques métaux avec l’ammoniaque. Ces combinaisons ne sont pas employées en Médecine, à l’exception de l’ammoniure de cuivre que l’on administre dans quelques cas contre les maladies vénériennes qui résistent au traitement' mercuriel. (A. C.)

AMMONIURE DE CUIVRE, teinture volatile de Vénus. Cette combinaison, qui est mise en usage comme moyen thérapeutique (i), se prépare de la manière suivante : on prend cuivre

(i) J ai eu l’occasion de faire cette préparation pour un praticien etranger, M. Brewen, qui en tirait un grand parti h l’intcrieur contre les maladies vtnérieuncs, et à l’cxie'ricur contre les ulcères.

3oo AMORPHE.

en tournure, 4 grammes ( 2 gros ) , ammoniaque liquide à 20®, 64 grammes (2 onces); on introduit le cuivre et l’ammoniaque dans un flacon fermé avec un bouchon , on agite de temps en temps; au bout de six jours, on filtre le produit liquide et on le conserve dans un flacon bien bouché.

La dose à laquelle M. Brewen administrait ce médicament à l’Intérieur était de 5 décigrammes (10 grains) de solution dans une pinte de tisane d’orge; et la solution pour toucher les ulcères se préparait avec , eau de sureau , i pinte ; solution cuivreuse , 32 gramrnes ( i once ) : on imbibait de la charpie dans l’eau de sureau additionnée , et on l’appliquait sur les ulcères qui , par cette médication , changeaient bientôt de nature et se cicatrisaient (1). (A. C.)

AMOME EN GRAPPE. Amomum racemosum. (Amomées. RIch. Monand. monogyn. L. ) Ce fruit est formé de coques rondes, grosses comme un grain de raisin, placées triangulalrement sur un pédicule commun. Elles contiennent dans leur intérieur, qui est à trois loges, des grains purpurins presque carrés, séparés par une petite membrane fort mince. La saveur de ces grains est âcre, leur odeur forte, pénétrante. On sépare la coque comme inutile; mais on ne doit le faire qu’au moment d’employer l’amande.

L’amomum nous est apporté des grandes Indes, en coques, et non pas en grappes. On doit le choisir le plus récent et le plus odorant possible. C’est un puissant stomachique, carminatif et emménagogue. Il entre dans la thériaque et l’électuaire béni laxatif. (A. R.)

AMOMI. Nom que les Anglais donnent à un fruit qui nous vient des Indes , et qui est connu en France sous celui de poivre de la Jamaïque. ( F", ce mot. ) (A. R.)

AMORPHE. Nom que les minéralogistes donnent aux sul>stances minérales dont la cristallisation est confuse, vague,

(1) L’ammoûiare de cuivre mélce on nitrate de mercure forme la liqueur cuivreuse mercurielle du docteur Koclilni de Zurich. J’ai vu employer cette liqueur avec succès par MM. Cnllerier, contre les ulcères vc'ncriens qui avaient résisté au traitement mercuriel.

ANANAS. 3oi

indéfinissable, et qui ne présentent aucune forme extérieure , aucun caractère géométrique qui puisse servir à les classer.

ANACARDE. Semecarpus Anacardium. ( Térébenthacées. J. Pentand. trigyn. L. ) Fruit d’un arbre qui croît dans les Indes orientales, le Malabar et les îles Philippines.

L’anacarde a la figure du cœur d’un oiseau , d’où il a été ainsi nommé. Il est de la grosseur d’un pouce environ, couvert d’une membrane épaisse , coriacée, d’un brun noirâtre; il renferme une amande blanche, nourrissante, assez bonne à manger , et contenant une huile grasse.

L’anacarde est peu d’usage actuellement en France. On se sert , dans les Indes , du suc âcre qui adhère à la partie intérieure de l’écorce, en le combinant avec la chaux vive, pour marquer le linge en caractère d’un brun noir indélébile. Ce même suc mêlé avec de l’huile et du sucre est employé dans le pays , dans les maladies syphilitiques : on le donne aussi dans la mélancolie. S’il faut en croire quelques auteurs , ce suc aurait la singulière propriété de fortifier la mémoire?

L’amande est nutritive. (A. R.)

ANANAS. Bromelia Ananas. L. Plante vivace originaire des deux Indes , et cultivée aujourd’hui dans plusieurs contrées du globe , à cause de l’excellence de ses fruits. Le genre Bro~ melia forme le type de la famille des Broméliacées, et appartient à l’Hexandrie monogynie.

Sa racine est fibreuse; ses feuilles très longues, dressées, raides , armées de dents, épineuses sur les bords , et d’une teinte verte très claire. Du milieu de ce faisceau de feuilles s’élève une tige d’environ a pieds de hauteur, portant quelques feuilles beaucoup plus courtes et un épi serré de fleurs violettes, que surmonte une couronne ou rosette de feuilles qui termine la tige. Âpres la floraison, l’axe florifère s’épaissit et devient charnu; les ovaires se soudent avec la base du périanthe, et finissent par former un fruit charnu de la grosseur des deux poings , ayant la forme et l’aspect mamelonné du fruit du pin pignon , surmonté de cette couronne de feuilles dont nous avons déjà parlé.

3o2 anémone.

L’ananas présente plusieurs variétés dans la forme, la grosseur et la couleur de son fruit.

Il paraît, de l’aveu de tous les voyageurs , que l’ananas bien mûr et cueilli dans son pays natal est le plus exquis de tous les fruits. Sa cbair est fondante et parfumée. Mais en Europe , où nous ne pouvons obtenir l’ananas qu’à force de chaleur et de fumier , c’est généralement un fruit d’une qualité médiocre et que l’on ne recherche guère qu’à cause de sa rareté et de son prix élevé.

Dans l’Inde et en Amérique, où il est fort commun, on retire des fruits un suc qui, soumis à la fermentation, donne une liqueur spirittieuse fort agréable. On mange l'ananas au dessert, on le conserve au sucre et l’on en fait des pastilles et d’autres sucreries très agréables.

M. Adet a examiné, en 1791, les ananas qui croissent dans l’île de Bahama ; il en retira un suc gommeux et acide. L’examen de ce suc lui prouva qu’il contenait des acides citrique, malique et de la gomme. (A. R.)

ANCOLIE. Aquilegia vulgaris, L. .( Renonculacées- J- Polyand.tétragyn. L.) Cette plante vivace, qui croit naturellement dans les bois et que l’on cultive dans les jardins , se distingue par ses grandes fleurs bleues et pendantes, formées d’un calice coloré, à cinq sépales planes, d’une corolle composée de cinq pétales en forme de cornets ; sa. tige est dressée, rameuse 5 ses feuilles sont découpées, en lobes arrondis. -, -,

De même que toutes les autres renonculacées, l’ancolle est âcre et irritante. Ses graines sont huileuses ; elles faisaient partie des pilules d’ancolie, aujourd’hui inusitées.

ANDROSÉME. Espèce de millepertuis à fruit charnu. ( T^. Millepertuis. ) (A. R.)

ANÉMONE. Genre de plantes de la famille’ des ;Renonculacéeset de la Polyandrie polygynie, très nombreux' en espèces, et dont quelques-unes méritent d’être citées ici. Tout le monde connaît ces belles fleurs doubles si variées en couleurs, que l’on cultive au printemps dans nos parterres ; c’est au même

ANET. 3o3

genre qu’appartiennent la Sylvie et la pulsatille, dont nous allons parler.

La Sylvie, Anemone nemorosa. \i. Rich. Bot. raéd. , t. II, p. 6ig, est une petite plante vivace qui, dès les premiers jours du printemps, épanouit sa fleur blanclie et campanulée, dans tous les Lois aux environs de Paris. Ses feuilles sont toutes radicales, pétiolées , divisées en trois folioles labiées et incisées; la fleur termine la tige, qui porte au-dessous d’elle un involucre composé de trois feuilles sessiles. Cette plante est âcre et irritante. Selon Chomel , ses feuilles, appliquées sur la tête, ont souvent été favorables dans le traitement de la teigne.

La pulsatille, Anemone P ulsatillaj L. Rich. , t. II, p. 620, se distingue bien facilement de la précédente, par ses fleurs plus grandes et violettes, et par ses fruits terminés par une longue queue barbue. Elle fleurit aussi au printemps , et croit surtout dans les lieux sablonneux et découverts. Cette espèce, encore plus âcre que la précédente , est un véritable poison. Cependant Storck l’a employée dans l’amaurose, la syphilis constitutionnelle. Mais c’est un médicament dangereux dont il est plus prudent de s’abstenir. L’extrait , qui est la préparation dont on peut faire usage, se donne à la dose d’un à deux grains. (A. R.)

k'^^T.Anethum graveolens. (L. Rich. Bot. méd., t. II, p. 466. Pentandrie digyriie de Linné, et de la famille des Ombellifëres de Tournefort.)

Cette plante est annuelle et a beaucoup de ressemblance avéc le fenouil : son odeur est moins agréable, ce qui lui a fait donner le nom de fenouil puant.

Les tiges de 1 anet s’élèvent à la hauteur de 3 à 4 pieds; ses feuilles sont decoupees en filamens menus, odorantes; ses fleurs naissent en ombelles aux sommités des tiges : elles sont jaunes, les fruits sont allonges, un peu comprimés , offrant cinq petites crêtes longitudinales peu saillantes sur chaque côté; leur saveur est aromatique et âcre; les fruits jouissent à peu près des memes propriétés que le fenouil , quoique leur saveur soit moins agréable. ( V. Fenouil. ) (A. R.)

3o4 ANOUSTURE.

ANGÉLIQUE. Angelica ArcJiangelicUf L. Rich. , Bot. méd. , t. II , p. 4^2* (Ombellif. J. Pentand. digyn. L. ) Cette belle plante , qui croit dans les bois des provinces méridionales de la France, est cultivée dans plusieurs autres parties, pour l’usage de la Pharmacie. Sa racine est allongée, charnue, rameuse; sa tige dressée, cylindrique, creuse; ses feuilles très grandes , pétiolées et décomposées; ses fleurs blanches formant des ombelles nombreuses, et ses fruits ovoïdes, alongés, marqués de plusieurs stries longitudinales et un peu membraneux, sur les bords.

Toutes les parties de cette plante ont une odeur agréable , une saveur sucrée et aromatique ; elles sont excitantes et toniques, Sa racine est la partie la plus active , surtout dans les individus non cultivés. On s’en sert contre les scrofules , le scorbut , etc. ; il en est de même des fruits. Quant aux tiges , on les confit au sucre après les avoir blanchies ; elles forment une conserve extrêmement agréable et qui est stomachique. Les fruits sont excitans, carminatlfs , et entrent dans plusieurs préparations officinales.

Dans le commerce des plantes , on substitue quelquefois à la racine d’angélique la racine de V Angelica aylvestris,; celleci a beaucoup moins d’odeur et moins d’action que l’autre.

ANGUSTURE. On distingue dans le commerce deux espèces d’angusture , la vraie et la fausse. Ces deux écorces étant fort différentes l’une de l’autre , nous en parlerons séparément.

Angusture vraie. Cette espèce est fournie par le Galipea febrifuga, Aug. Saint-Hilaire, qui a successivement porté les noms de Bonplandkt trifoliatajÇX de Caspariafebrifuga,, Gifpxx appartient à la famille des Rutacécs. Cet arbre , qui pç.ut acquérir une hauteur considérable , croît dans l’Amérique méridionale, dans les missions du Bas-Orénoque , dans la Nouvelle- Grenade et la Nouvelle- Andalousie, oîi M. de Huniboldt l’a observée et fait connaître le premier. L’écorce d’angusture du commerce se rencontre en morceaux ou plaques d une longueur

ANGUSTURES. 3o5

variable, mais généralement assez courts, presque planes ou très peu roulés , amincis sur les forcis, épais d’une à deux lignes, d’un gris jaunâtre extérieurement, d’un jaune fauve ou r9ugeâtre à leur intérieur. Leur cassure est nette et assez résineuse , leur odeur forte et désagréable , et quelques auteurs la comparent à celle du poisson gâté; mais très souvent cette odeur est faible et peu marquée. Leur saveur est très amère et peu agréable, légèrement piquante. Réduite eu poudre, l’angusture est d’une -belle couleur jaune. L’analyse chimique de cette ecorce n’a rien fait connaître de bien curieux. MM. Vauquelin et Planche y ont trouvé une matière amère très abondante mais nulle trace de tannin ni d’acide gallique.

Ce n’est que depuis une trentaine d’années environ que l’angusture est connue en Europe; mais depuis fort long- temps elleetait employée par les habitans du Nouveau-Monde comme un médicament essentiellement tonique et fébrifùge C’est en Angleterre qu’elle a paru pour la première fois ; depuis cette époque elle s est répandue dans presque toutes les autres contrées de l’Europe. En France on l’a généralement peu employée, et aujourd’hui son usage est presque totalement abandonne; cependant en Allemagne et dans le nord de l’Europe on 1 emploie encore assez souvent. ^

L’angusture s’administre eu poudre, à la dose de douze à quinze grains , que l’on répète plusieurs fois dans la journée • on la donne aussi en infusion, une demi-once dans une livré t eau bouillante. On peut encore en préparer une décoction , ' une teinture, un extrait, etc.

, f.' fausse ou ferrugineuse. Cette écorce a d’abord

ete introduite dans le commerce, mélangée avec celle d’angust^ure vraie ; mais les accidens que son emploi a occasionés Pont bientôt fait reconnaître et distinguer. L’angusture fausse ou ferrugineuse nous est apportée de l’Amérique méridionale. C’est a tort que plusieurs auteurs ont dit qu’elle était l’édorce du Bruoeafe.juginea, arbre de la famille des térébintacées , qui croit en Abyssinie; il est plus que probable, au contraire-, que ette substance est l’écorce d’une espèce du genre strycimo,. Tome I.

3o6 animée.

mais que l’on n’a pu jusqu’à présent reconnaître. Ce qui nous paraît confirmer cette opinion, c’est que M. Pelletier a réceflmient trouvé clans la noix vomique une petite quantité de brucine , matière vénéneuse qui existe en abondance dans la fausse angusture.

L’écorce de fausse angusture eçt en morceaux plus ou moins longs, roulés, lourds, compactes, ajant deux à trois lignes d’épaisseur. Leur surface externe est recouverte d’une exubérance lépreuse d’un jaune foncé et couleur de rouille , que l’on a généralement et à tort considérée comme une espèce de lichen, mais qui est une sorte de développement maladif de. l’épiderme, qui se rencontre aussi quelquefois, mais beaucoup plus rarement, sur l’ angusture vraie, où il est d’une couleur beaucoup plus pâle. La couleur intérieure de l’écorce est d’un gris brunâtre j sa cassure est très nette et résineuse , son odeur à peu près nulle et sa saveur extrêmement amère sans acreté. Sa poudre est d’un blanc légèrement jaunâtre. Les caractèi’cs que nous venons d’énoncer sont suffisans pour faire voir la diÛ’érence très marquée qui existe entre l’angusture fausse et la vraie. Cette distinction est d’autant plus importante, que 1 angusture fausse est essentiellement vénéneuse.

Cette écorce a été analysée par MM. Pelletier et Caventou , qui y ont trouvé : 1°. une matièi’e alcaline nouvelle , qui paraît en être le principe actif et vénéneux, et qu’ils ont nommée hnicine ; 2°. une matière grasse non vénéneuse; 3°. beaucoup de gomme; une matière jaune soluble dans l’eau et dans l’alcool ; 5°. du sucre; 6°. du ligneux.

La fausse angusture n’est pas employée en médecine. (A. R.)

ANIL. Indigofera Anïl. L. C’est ainsi que l’on appelle l’une des -espèces de plantes légumineuses qui produisent l’indigo. ( y. ce mot.) L’analyse de l’anil et celle de Y Isatis tmctoria a été faite par M. Cbevreul. ( V. Annales de Chimie j t. LXVIIl , p. 284. ) .

ANIMAL. V. l’article Zoologie. (^- ^^0

ANIMÉE (RÉSINE.) Cette résine, que bon désigne aussi sous le nom de gomme animée^ estproduile par VHymenœa Courhanh

A^ilS. 3o^

Çirand arbre de la laniilledes Légumineuses et de la Décandrie monogjnie, tjui croit dans l’Amérique méridionale. Comme elle est fort peu usitée, cette résine est fort rare dans le commerce, ou on donne sous son nom la résine tacamaque. ( W. ce mot.) Néanmoins la plupart des auteurs s’accordent à dire que la résine animée est en morceaux peu volumineux, d’une couleur jaune citrine, transparens, recouverts d’une poussière blanchâtre, ce qui leur donne de la ressemblance avec l’encens. Leur cassure est nette et vitreuse, leur odeur suave, et leur saveur un peu amère et aromatique j mais, nous le répétons, cette résine est fort rare dans le commerce et sans usage. (A. R.)

ANIS ou Anis vert. Pimpinella Anisum. L. Rich., Rot. raéd., t. II , p. 456. (Ombellif. J. Pentand. digyn. L.) C’est une plante annuelle originaire du Levant , de l’Égypte et de 1 Italie. Sa tige, qui est haute d’environ un pied, porte des feuilles trifoliées à folioles tantôt subréniformes , arrondies dentées ou incisées, tantôt anguleuses et profondément découpées. Lés fleurs sont blanches , disposées en ombelles terminales. Les fruits ou semences, qui sont la partie employée en Médecine, sont petits, ovoïdes, presque globuleux , striés longitudinalement et couverts d’un duvet grisâtre et très court; ils ont une odeur aromatique très agréable , une saveur sucrée et un peu piquante.

L’anis se cultive en France, particulièrement dans la Tourraine, d’ou nous vient la plus grande partie de celui que l’on emploie en France. Néanmoins l’anis des pays plus méridionaux, et entre autres celui de Malte et d’Espagne, est plus estimé.

L’odeur forte et aromatique de l’anis est due à une huile volatile qui existe dans le péricarpe ou enveloppe extérieurè du fruit. Cette huile, que l’on obtient facilement par le moyen de la distillation , se lige et se concrète avec la plus grande facilité.. L’amande renfermée dans le fruit contient au contraire une huile grasse. L huile que l’on retire par l’expression du fruit entier est un mélange des deux huiles dont nous venons de parler.

Cette semence est stimulante, carminatlve, résolutive et stomachique.

3o8 ANSERINE.

On s’en sert en poudre, en infusion. Nous avons dit qu’on en tirait une liuile mixte par expression, et une huile volatile par distillation; on en fait des ratafias, des liqueurs de table, un alcoolat incolore par distillation : les confiseurs l’habillent de sucre , et en préparent les anis dits de Verdun. On en introduit dans le pain et jusque dans les pâtes de fromage.

L’anis vert entre dans la composition du lénitif, du catholicum double.

L’anis est quelquefois mêlé avec du sable ou de la terre , qui a quelque rapport de couleur avec la graine. On peut facilement reconnaître cette fraude et séparer par l’eau les graines des substances étrangères, qui sont plus légères et surnagent, tandis que la terre se précipite au fond du liquide.

La semence d’anls envoyée dans des sacs s’échauffe quelquefois en route; elle acquiert une odeur de moisi; elle noii,mt, perd de son odeur et de sa saveur , et on doit rejeter l’anis qm a subi ces altérations et celui qui aurait été mal récolté. (A. R.)

ANIS ÉTOILÉ. Badiane. (A.. "R.)

AN SERINE. Chenopodiy.ni. Genre de plantes de la famille des Cbéuopodées et de la rentandrie digynie, dont quelques espèces sont employées en Médecine; telles sont:

AnsIkine fétide ou V ulvaire. Chenopodium V \i.lvaria. L. Cette plante, excessivement commune dans les lieux incultes, le long des chemins et des murs, est étalée à terre. Ses feuilles, lorsqu’on les froisse, répandent une odeur excessivement désagréable, qui a une grande analogie avec celle du poisson pourri. Néanmoins on faisait autrefois usage de cette plante en lavement, comme antispasmodique, dans le ti’aitement des alfections hystériques. MM. Chevallier et Lassaigne ont récemment prouvé que l’odeur fétide de cette plante est due à du sous-carbonate d’ammoniaque libre, qui se dégage pendant l’acte de la végétation (i). Elle contient de plus de l’albumine, de l’osmazome et quelques sels.

(i) L’<inalyse de MM. ChcvalJier et Lassaigne est le premier travail dans lequel on ait démontré la présence de l'alcali volatil en partie libre dans les

Anserine vermifuge. Chenopodium anthelminticum. Elle est originaire de l’Amérique septentrionale, où ses fruits sont employés comme un puissant vermifuge ; mais, on ne les emploie pas en France.

Lambroisine, ou tlie du Mexique, et lebotrys, sont encore des espèces d anserine. ( Ambroisine et Botrys. )

ANTHORA. j4.conitum Antliora. Nom d’une espèce du genre Aconit, qui aujourd’hui n’est plus employée. (/^Aconit.)

ANTHRACITE / plombagine charbonneuse anthracolite kohlenblend J houille de Kilhenny , Espece de houille compacte , de couleur noire , sans forme régulière. L’anthracite contient souvent de 1 alumine, de la silice, de l’oxide de fer. L’anthracite d Allemont , dans le département de l’Isère, contient o,g'j de carbone. On en trouve dans l’île d’Arran, etc.

La pésanteur spéciüque de ce produit varie de. i;4i5 à i,8oo.

ANTIMOINE, régule d^ antimoine. L’antimoine est un corps combustlhle simple, métallique, signalé par Pline dans le chapitre III de son XXXI! P livre. L’époque de sa découverte 11 est pas^ bien connue; on sait seulement que la, manière d obtenir ce métal de ses mines a été Indiquée par Basile Valent tin , dans un ouvrage intitulé Currus triumphalis antimonii, publié au XV® siècle.

L antimoine a été le sujet de grands travaux ayant pour but la transmutation des métaux ; on s’en sert maintenant dans les arts pour former des alliages , et dans les officines pour préparer 1 émétique, le kermès, le beurre d’antimoine, etc. , etc.

Ce métal se trouve dans la nature sous quatre états, P. natif à Sala en Suède, au Hartz; 2°. combiné à Voxigène ( à l’état d oxide ) . en Bohême , dans le Dauphiné; 3®. combiné au soufre (le sulfure); 40. à VèUit æ oxide sulfuré, ou selon quelques

vcge'tanx, fait que des. expériences étendus à d'aulfcs végétaux.

de MM. Boullay et Chevallier ont depuis

3io ANTLMOINE.

chimistes, à Vétat de sulfure antimoine hydrate (le kermès)^ à Bi’aunsdorf, près de Frejberg , et en Hongrie.

Le sulfure d’antimoine est très répandu dans la natm-e ; on le trouve au Hartz, à Allemont près de Grenoble |(Isère) , dans le département de l’Ailier, etc. , etc. C’est du sulfure que l’on retire ce métal, en opérant de la manière suivante.

Préparation de V antimoine.

On prend du sulfure d’antimoine puritié , on Je réduit en poudre ; on plaee cette poudre sur le sol d’un fourneau à réverbère j on cbauJTe doucement pour qu’une partie du soufre puisse brûler sans que le sulfure entre en fusion. On renouvelle souvent les surfaces au moyen d’un ringard; peu à peu le soufre brûle et se dégage à l’état d’acide sulfureux. Le métal séparé du soufre, s’empare de l’oxigène de l’air, passe à l’état d’oxide, qui se trouve mêlé d’une plus ou moins grande quantité de sulfure qui a éebappé au grillage.

Lorsque l’opération du grillage est terminée , ee que l’on reconnaît à ce que la masse est réduite en une poudre d’un gris cendré J on tire cette poudre du fourneau , on la mêle avec la moitié de son poids de tartre brut , ou avec du cbarbçn , de la sciure de bois et du sous-carbonate de soude (i). On fait de ce dernier mélange une espèce dè pâte ( avec de l’eau en quantité suffisante). L’un ou l’autre de ces deux mélanges étant fait, on en remplit aux deux tiers de grands crèusets que l’on plJce ou dans des fourneaux de fusion ou sur le sol du fourneau à réverbère rjui a servi à la calcination , et on chauffe fortement ; par l’action de la chaleur , le carbone et l’hydrogène contenus dans le tartre ou dans les autres substances, aident à la réduction du métal. L’alcali devenu libre s’empare de la portion du soufre qui se trouve encore à l’état de sulfure ( mêlé à l’oxide gris )*, et il met à nu une portion de métal qui se réunit à celui qui provient de

(i) Des essais que j’ai faits avec l’oxide gris d’antimoine m’ont démontré qu’une livre de sciun de bois , ta de carbonate de soude pour loo d’oxidc gris, sont les quantités convenables pour obtenir la réduction.

AWTiMOilNE. 3it

roxiJe; l’alcali uui au soufre forme uue espèce de scorie qui recouvre l’antimoine , et qui l’empêche de s’oxider et de se volatiliser. Le métal se réunit en un culot que l’on trouve au fond du creuset; on recueille ce métal et on le fond, de nouveau pour le purifier. On a soin de ne pas laisser long-temps le métal en fusion^ pour ne pas en perdre.

L’antimoine obtenu par ce procédé n’est pas à l’état de pureté, et l’un de nos pharmaciens chimistes les plus distingués, M. Sérullas, a démontré par des expériences exactes, que l’antimoine qui se trouve dans le commerce ( excepté celui qui provient de la mine du département de l’Ailier ) contient non-seulement de l’arsenic, mais encore que les produits qui en dérivent, excepté l’émétique et le beurre d’antimoine, en contiennent aussi. En se basant sur l’absence de l’arsenic dans ces deux préparations, on peut s’en servir pour obtenir ce métal à l’état de pureté , en agissant de la manière suivante : on prend de l’émétique , on le met dans un têt à rôtir , on l’expose à l’action de la chaleur : lorsque le sel est décomposé , on en prend le résidu , on le mêle avèc un peu de charbon ou avec du suif, on l’introduit dans un creuset ; on ferme avec un couvercle, et on chauffe fortement pendant une heure ; au bout de cet espace de temps, on laisse refroidir et on jette dans l’eau le culot métallique qu’on en a obtenu.

, Si l’on veut le tirer du beurre d’antimoine , on prend le précipité qui résulte de l’action de l’eau sur le chlorure ; on le lave . bien exactement; on le fait sécher, on le mêle à une certaine quantité de savon noir pour en former une pâte que l’on introduit dans un creuset fermé, et on chauffe fortement pendant une heure et demie. . '

Les procédés que nous venons de rapporter ne sont pas ce’ux qui sont mis en usage dans les laboratoires de Chimie; celui-ci consiste à décomposer le sulfure d’antimoine, en le mêlant avec du tartre et du nitre(i), projetant le mélange dans un

(i) 3 parties (le sulfure,

r fie nitrate de potasse,

2 de tartre,

creuset et chauffant ensuite pendant trois quarts d’heure le pro» duit de la déllagration dans un creuset placé au milieu d’un fourneau de forge. M. Vauquelin a remarqué, dans cette opération, qu’en même temps qu’il y avait réduction de l’antimoine , il y avait aussi réduction de l’oxide de potassium , et que le culot métallique que l’on obtenait était un alliage de potassium et d antimoine. Cet alliage mis en contact avec l’eau, se décompose avec dégagement d’hydrogène et formation d’oxide de potassium.

L antimoine est un métal d’une couleur blanche , analogue à celle de 1 argent, mais elle en diffère par une teinte bleuâtre sa texture est laniÊlleuse, mais on peut l’obtenir cristallisé en cubes. Il est très hassant, et par conséquent facile à réduire en poudre; frotté entre les doigts, il leur communique une odeur sensible. Son poids spécifique est de 6,702 et de 6,702 à 6,7 1 2 ( selon Brisson et Hatchett. )

Ce métal entre en fusion au-dessous de la chaleur rouge; son degré de fusion a été évalué à 432° centigrades. Si lorsque l’antimoine est fondu , on le verse sur le sol , il brûle avec rapidité en donnant une lumière éblouissante, et en laissant des traces d’oxide blanc sur le lieu où la combustion s’est faite. Si l’on continue de chauffer ce métal, il s’élève en vapeurs, eelles-ci prennent en refroidissant la forme cristalline. Exposé à l’action de l’aii', il perd son éclat métallique. A la température ordinaire, exposé à l’action de l’eau, il n’y a pas d’action ; mais si on fait passer de l’eau en vapeur sur de l’antimoine chauffé au rouge, il y a une décomposition rapide avec détonnation; il en résulte de l’oxide d’antimoine et de l’hydrogène misa nu (i).

Soumis à l’action de la chaleur avec le contact de l’air, le métal brûle et s’oxide; l’oxide formé se eondense sur le métal; il donne naissance à de petits cristaux qui portent le nom de fleurs argentines antimoniales.

L’antimoine entre dans une foule de préparations pharmaceutiques, le verre d’antimoine, le per-chlorure, l’émétique, le

(i) Cette expérience doit être faite avec précaution.

ANTIMOINE. 3i3

kermès, le soufre doré. A chacim de ces mots nous indiquerons le moyen de prépai-er ces médicamens.

L’antimoine que l’on trouve dans le commerce est souvent altéré par d’autres métaux , le fer , le plomb , le cuivre et l’arsenic. On peut reconnaître la présence de ces métaux en se servant des moyens suivans ; on prend unè partie d’antimoine pulvérisé et deux parties de nitrate de potasse pur réduit en poudre; on fait détonner ce mélange dans un creuset, puis on le fait chauffer pendant quelques instans; on retire du feu et on délaie dans l’eau ; on jette ensuite sur un filtre, et on lave à l’eau bouillante. Si l’antimoine est exempt de fer, ou du moins s’il n’en contient que des atomes, le produit qui est sur le fdtre a une belle couleur blanche, tandis que lorsqu’il contient de ce métal , il a une couleur rougeâti’e qui provient de l’oxide de fer mélangé à l’oxide d’antimoine.

Pour reconnaître la présence du cuivre et du plomb, le procédé consiste à traiter l’antimoine par l’acide nitrique en excès, à faire évaporer jusqu’à siccité la solution, à traiter le résidu par 1 eau qui précipite l’antimoine, mais qui redissout les sels de plomb et de cuivre ; enfin à essayer ensuite la liqueur filtrée, 1°. par le sulfate de soude, qui décompose le nitrate de plomb, ef donne naissance a un sulfate qui se précipite sous forme d’une poudre blanche; 2°. a mettre la solution un peu acidulée en contact avec une lame de fer bien décapée, qui se recouvrira de cuivre si la liqueur en contient.

Pour reconnaître la présence de l’arsenic dans l’antimoine, M. Sérullas a indiqué le procédé suivant fondé sur la découverte faite par M. Yauquelin de Ja réduction du potassium dans le traitement du sulfure par le tartre : on prend le sulfure ou le métal lul-meme , on chauffe à une haute température, dans un creuset, avec du tartre; on recueille le culot formé; on le met dans 1 eau pour obtenir la décomposition du potassium, qui s opéré avec un dégagement d’hydrogène; on recueille ce gaz qui, si le métal contenait de l’arsenic, est à l’état iVhydrogène arsénié. Oa. le fait ensuite briller dans une cloche à petit orifice : I arsenic se dépose sur les parois de la cloche. M. Sérullas

est parvenu à démontrer ainsi de petites quantités d’arsenic,, non-seulement dans l’antimoine, mais encoi’e dans des préparations antimoniales où l’existence de ce métal vénéneux n’était pas soupçonnée.

Les réactifs qui peuvent faire différencier l’antimoine des autres métaux sont : 1°. la chaleur à l’aide du contact qui l’amène à l’état de fusion, à un degré peu élevé. Ce métal , versé sur le sol, brûle avec des caractères qui ne permettent pas de le confondre avec d’autres ;

2°. La solution d’bjdrogène sulfuré, qui précipite les solutions d’antimoine en donnant lieu à du kermès et à du soufre doré;

3°. L’eau, qui précipite l’oxide d’antimoine de la solution du cblorure, et de celle du nitrate. (A. C.)

Antimoine cru. Voir Sulfure d’antimoine. (A. C.)

Antimoine diaphorétique, aiutimoniate de potasse. Le médicament connu sous ce nom est un composé de peroxide d’antimoine et de potasse ; il se prépare de la manière suivante :

On mêle ensemble une partie d’antimoine métallique pur et réduit en poudre et deux: parties de nitrate de potasse pur; lorsque le mélange est fait, on le jette par portion dans un creuset qu’on a fait rougir d’avance. Le nitre se décoyipose, son oxigène se porte sur le métal, qu’il oxide et acidifie; l’acide fûtiné se trouve en contact avec l’oxide de potassium qui était combiné au nitrate. Il s’unit avec cet oxide.

On conserve ce produit dans un flacon bien fermé.

Antimoine diaphorétique lavé, de potasse.

On prend le produit résultant de la déflagration du nitre et de l’antimoine , dans la proportion d’une partie d’antimoine et d’une partie de nitre; on le jette dans une terrine pleine d’eau, en ayant soin de ne projeter ce produit dans l’eau que ' par petites portions ( pour ne pas donner lieu à la projection de l’eau et de la matière); on agite la masse avec l’eau pour la réduire à l’état pulvérulent: quand elle est à cet état , on laisse déposer la partie liquide, (ju’on sépare par décantation.

ANTOFLE DE GEROFLES. 3i5

On ajoute de nouvelle eau, on agite, on laisse déposer et on décante 5 on jette sur un filtre, on lave à l’eau bouillante jusqu’à ce que l’eau qui sort de dessus le filtre soit insipide ; on laisse égoutter, on recueille le précipité qu’on divise ou que l’on réduit en trocbisques, qui, séchés convenablement, doivent être conservés dans des flacons.

D’après l’examen que M. Thénard a fait de ce produit, V antimoine diaphoré tique lapé retient un 5® de son poids de potasse.

Cette préparation est employée dans l’art médical comme sudorifique; sa dose est de dix à trente grains, et plus.

L’antimoine diaphorétique doit être blanc ,, quelquefois il est coloré par des oxides métalliques ; alors on iie doit pas l’employer pour l’usage médical.

L’antimoine diaphorétique est aussi quelquefois falsifié par de la craie ou par de la céruse; on s’aperçoit de ces falsifications en traitant par l’acide acétique , qui dissout la chaux avec eflervescence; s’il est falsifié par la céruse , il y a formation d’acétate de plomb d’un goût sucré ; la liqueur précipite alors en noir par les hydro-sulfates de potasse , de soude et d’ammoniaque. (A. C. )

ANTIMONITES , antimoniates . M. Berzelius a donné le nom (i^antimoniles aux combinaisons qui résultent de l’union «lés deuto et tritoxides d’antimoine , avec les bases salifiables. Ce chimiste les considère comme des sels formés d’acide antimonique.

M. Gay-Lussac regarde ces produits comme de simples mélanges d’oxides. Quoi qu’il en soit, ces combinaisons ne sont solubles qu’autant que leur base l’est elle-même, et les acides, pour la plupart, les décomposent. On obtient directement les antimonites solubles, et indirectement et par double décomposition , ceux de ces sels qui ne le sont pas.

ANTOF LE DE GÉROFLES , mère des gérojles. Antophilly. Ce sont les fruits du géroflier que l’on a laissés mûrir sur l’arbre pour servir à la plantation. Ces fruits ne tombent

API os.

quau bout de deux ans de dessus l’arhi’e; ils sont beaucoup plus gros et moins odorans que les gérofles ordinaires.

L’antolfe rie gérofles n’est guère d’usage en Pharmacie; on lui préfère les clous de gérofles ou jeunes boutons de fleurs.

Quelquefois il nous en arrive de confits au sucre, mais c’est très rare. ( A R )

AOUARA ou Avoira. On donne ce nom à un palmier originaire de la Guyane, dont Aublet a seulement décrit te fruit. On a reconnu que ce palmier était identique avec X Elais J qui fournit 1 huile de palme, arbre originaire des cotes d’Alnque, et qui depuis long-temps est naturalisé dans le Nouveau-Monde, si toutefois il n’en est pas indigène aussi bien que de l’ancien continent. ( V. Huiiæ de palme. ) (A. R.)

APALACHINE. ILex vomitoria. Michx. ( Famille des Rha innées, Pentand. monogyn. L. ) Arbrisseau de l’Amérique septentrionale, ainsi nommé parce qu’il croît surtout sur les monts Apalaches. Ses feuilles , qui sont ovales alongées , longues d’en viron i pouce, larges de 4 à 5 lignes, ont une saveur astringente assez agréable. Leur infusion est très souvent employée dans diverses parties de l’Amérique septentrionale. Elle est diurétique et sudorifique, mais non vomitive, ainsi que semble l’annoncer le nom à'Ilex vomitoria. L^^paIacblne n’est pas employée en France. (A R )

APHRONATRON. Carbonate de soude mélé de carbonate de chaux. Ce sel se trouve en Hongrie et en Égypte. ( V. Natron. )

APHRONITRUM, nitre ou salpêtre de houssage. Salpêtre natif , que .1 on trouve attaché contre les murailles et sur des rochers. On le sépare en houssant les lieux avec des balais, d’où lui est venu le nom de salpêtre de houssage. ( V. Nitrate de

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