ARACHIDE
Uarachis hypogœa est une plante annuelle, dont la tige, haute d’un à deux pieds, est couchée dans sa partie inférieure, redressée supérieurement. Ses feuilles sont pétiolées et composées de deux paires de folioles opposées et très obtuses. Les Heurs sont jaunes, pédonculées, solitaires à l’aisselle des feuilles. Celte plante présente, dans le mode de développement de son fruit, un phénomène très remarquable. Lorsque la fécondation a eu lieu , la fleur se flétrit et se détache, il ne reste plus sur la tige que la base du pédoncule, dans laquelle le pislil est renfermé. Du sommet de l’ovaire on voit sortir une petite pointe qui se recourbe vers la terre; d’un autre côté, à mesure que l’ovaire grossit , le pédicule qui le porte s’allonge jusqu’à ce que la pointe de l’ovaire touche la terre. Alors elle s’y enfonce et entraîne 'avec elle l’ovaire, qui disparaît et va mûrir ses graines dans cette nouvelle position. Les fruits, qui descendent jusqu’à 3 et 4 pouces de profondeur, sont ovoïdes allongés, presque cylindriques, terminés en pointes, grisâtres et comme réticulés à leur surface externe; ils sont indéhiscens et contiennent une à trois graines de la grosseur d’une aveline. Ces gousses sont en quantité considérable sur chaque pied, puisqu’un plant bien espacé peut donner 700 gousses (Vallet). Les graines contiennent environ lamoitiéen poids d’une huile grasse d’une saveur très agréable, qui peut fort bien remplacer l’huile d’olive, et qui peut également servir à l’éclairage, brûlant avec une flamme très pure et très brillante. Cette huile aurait encore, selon quelques auteurs, le précieux avantage de ne pas se rancir par le temps, et au contraire de s’améliorer en vieillissant (i).
Les Américains appellent mani\e& fruits de l’arachide; ils les torréfient légèrement dans leurs gousses mêmes, et ils en font des pralines, des dragées, des tartes au sucre, comme nos confiseurs fbnt avec les amandes, les pistaches vraies et les pignons
(i) MM. Henry et Payen ont remarqué que cette huile rancissait moins que celle d’amandes; mais nous avons vu de cette huile qui au lieu de s’améliorer, était devenue rance comme les autres huiles.