‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 4 sur 130 · NOUVEAU · texte numérisé non relu

NOUVEAU

DES DROGDES,

DE PHARMACOLOGIE

Abeille ou Mouche a miel. Apis mellifera. L. L'Iiistoire des mouches à miel est consignée dans tous les livres d’histoire naturelle. On peut voir ce qu’en disent Réaumur , Huber de Genève, Lombard, Bosc dans le Dictionnaire d’ Agriculture , à l’article Abeille. Ce que je me permettrai d’en dire, ne sera qu’un très petit abrégé, et seulement pour ne pas obliger nos lecteurs ou les élèves à recourir à ces auteurs pour en avoir une idée.

On distingue plusieurs sortes d’abeilles; mais l’espèce qu’il importe plus particulièrement de connaître, est celle qui est désignée sous le nom d’abeilles domestiques. Elles nous présentent le tableau d’une industrie qui attire notre admiration, et nous fournissent deux produits intéressans, le miel et la cire. Les premières abeilles furent errantes dans les campagnes; on les rencontrait dans des creux d’arbres et dans les carcasses des animaux dont la chair s’était séparée des os par la putréfaction; mais ce n’est que lorsqu’on les eut rassemblées dans des cases particulières, que l’on aperçut comment les familles se mul- Tomf. I.

tipliaient, qu’on est parvenu à les bien connaître, et qu’on a su enfin quel était leur régime ou la forme de leur gouvernement. Une ruche est composée de trois sortes d’abeilles, savoir, l’abeille reine ou femelle, les abeilles mâles ou faux-bourdons, et les abeilles sans sexe ou mulets. On donne aussi le nom de ruche au vase qui les contient. C’est une espèce de panier en forme de cloche, fait d’osier, de paille, de jonc, etc. On en fait aussi de verre, pour avoir le plaisir de les voir travailler. Chaque ruche renferme au moins seize mille abeilles. Il n’y a qu’une seule femelle appelée jRewe^ pour toute une ruche, environ huit cents mâles, et le reste est composé d’abeilles mulets.

\Iabeille~reine est deux fois plus grosse que les autres abeilles^ elle a les ailes courtes, les jambes droites, et marche plus gravement que les autres. Elle a une marque sur le front, qui lui sert de diadème et de couronne. Son vol est difficile; aussi ne lui arrive-t-il guère de voler que lorsqu’elle sort d’une ruche mère pour aller établir sa colonie dane un autre lieu. Pline dit qu’elle n’a point d’aiguillon ; mais les naturalistes modernes assurent, au contraire, qu’elle en est armée d’un très vigoureux , mfiis qu’elle ne s’en sert que lorsqu’elle a été très irritée, ou qu’elle a à disputer l’empire à une autre reine. Cette mère-abeille est l’éjne de la ruche. Nous verrons dans un moment comment elle est soignée, caressée pai' les aljeilles mulets qui lui rendent l’hoinmage dû à une sou>-eraine.

Les abeilles mâles ou faux-bourdons se reconnaissent par les organes de la génération dont ils sont pourvus, et que l’on aperçoit facilement , pour peu qu’on leur presse les parties postérieures du corps. Ils n’ont point d’aiguillon; leur trompe et leurs pattes ne sont point propres à la récolte de la cire et du miel, aussi sont- ils dispensés du travail; ils ne volent sur les fleurs que pour sucer le miel. Ils ne songent qu’à leurs plaisirs ; tout Le travail roule sur les abeilles mulets. Jusqu’à l’approche de l’automne, promenade, bonne chère, sont le plaisir des mâles. La nature qui les a produits en grand nombre , et qui ne leur, offre qu’une seule lèmelle pour satisfaire au vœu de la nature, les a formés d’un tempérament très froid : c’est une sage pré-

voyance de sa pai't, qui doit exciter l’admiration plutôt que les plaisanteries de l’observateur. Ne vaut-il pas mieux que la reine abeille soit obligée de faire les avances, de stimuler les désirs des mâles qu’elle veut bien gratifier de ses faveurs, que d’être l’objet des emportemens amoureux d’une tourbe d’assaillans qui nuiraient à son repos et à sa fécondité, par l’abus des jouissances? Elle fait, il est vrai, presque tous les frais des caresses, mais c’est pour obéir à la loi impérieuse de la nature; le moment qui voit son vœu rempli, est fatal au mâle; il était né pour vivre dans les plaisirs, et celui que lui procure l’acte de la génération est sa dernière jouissance; il périt aussitôt. Dès que la reine est fécondée, le moment de la proscription est décidé. Les abeilles mulets se précipitent sur les mâles qu’elles regardent comme des membres inutiles dans la république; elles les poignardent à coups d’aiguillon ; elles arrachent même les nymphes des mâles qui ne sont encore qu’au berceau : le devant des ruches est un théâtre d’horreur et de carnage.

lies abeilles mulets sont sans sexe , et composent presque toute la ruche, au nombre de seize ou dix-huit mille. Elles se partagent entre elles tout le travail de l’interieur; les unes sont voyageuses , et se répandent dans les campagnes pour aller chercher les provisions qui leur sont nécessaires ; les autres, appelées travailleuses J restent dans l’intérieur et donnent les dernières façons aux matériaux que les premières leur apportent, pour construire leurs loges et les garnir de miel. Elles sont toutes armées d’un aiguillon; ce dard, si petit à la vue, n’est que l’enveloppe écailleuse de deux petits aiguillons terminés en fer de flèches, qui peuvent jouer séparément; leur piqûre cause de vives inflammations et une douleur poignante ; ce dard reste presque toujours dans la plaie; pour en arrêter les effets, le meilleur moyen est d’élargir un peu la plaie, d’enlever l’aiguillon, et de se laver avec de l’eau. On peut également calmer la douleur en frottant la partie piquée, avec de l’alcali volatil ou une eau spiritueuse.

Les principales fonctions des alaeil les mulets sont d’aller pomper sui les fleurs des plantes, a l’aide de leur trompe, le suc

sucré dont elles forment le miel , et de recueillir sur les étamines des mêmes fleurs, le pollen dont elles ferment la cire avec laquelle elles construisent leurs alvéoles. Il ne faut pas imaginer qu’elles soient réduites à n’aspirer que le sue sucré qu’elles peuvent rencontrer dans les nectaires des fleurs, comme on ne cesse de le répéter 5 il s’en faut bien que toutes les fleurs soient pourvues de nectaires, et leurs provisions ne seraient pas considérables, si leur Instinct ne les conduisait ailleurs que sur ces glandes nectarifères , situées à la base des corolles des fleurs ; mais elles vont profonder leur pompe jusque dans l’ovaire des fleurs, qui contient réellement un corps muqueux sucré, destiné à protéger l’œuf végétal, et a servir d aliment au fœtus, jusqu’à ce qu’il soit assez fort pour recevoir l’aliment plus solide que lui transmettent la racine et la tige, et c’est là qu’elles puisent la plus grande partie du miel dont elles remplissent les alvéoles de leurs rayons.

Les abeilles-voyageuses se portent donc sur les fleurs pour y recueillir ce qui leur convient. Les unes vont .se rouler sur la poussière des étamines, qui s’atiacbe sur les parties postérieures de leur corps, lesquelles sont garnies de rugosités; on peut les voir passer sur leur corps, leurs pattes armées de petites brosses , empiler cette poussière dans deux especes de corbeilles placées à leurs pattes de derrière; cbacune peut en contenir la grosseur d’une lentille. Cette charge rend leur vol pesant; elles se trament, pour ainsi dire, jusqu’à la ruebe, ou d’autres abeilles viennent au-devant d’elles, avalent cette cire brute , et leur estomac est le laboratoire où cette matière se convertit en vraie cire. L’élaboration faite, cbaque abeille la dégorge, la pétrit avec ses pattes, et en construit ces gâteaux de cire dont cbaque cellule présente une forme hexagonale régulière (i). Telle est l’opinion la plus généralementj admise siir la

(1) Terme de Geometrie , qui signifie six angles. Celle forme des cellules des abeilles a fait long-temps l’objet de retonnement des physiciens naturalistes. On se demandait pourquoi plutôt celte forme qu’nne autre. La ques-

formation de la cire. Mais de nouvelles rcclierches semblent l’infirmer. Ainsi , M. Huber de Genève, qui a fait de ces insectes industrieux l’objet des observations de toute sa vie, dit avoir enfermé des abeilles dans des ruches et les avoir nourries exclusivement de miel et de sucre, pendant fort long-temps, et que cependant elles formèrent de même des alvéoles de cire. Ce n’est donc pas le pollen qu’elles recueillent sur les fleurs qui sert à former la cire; car M. Huber les ayant nourries uniquement de cette poussière végétale, ses abeilles cessèrent de construire des alvéoles. Il est encore un autre fait que nous devons relater, c’est qu’il est aujourd’hui prouvé que ce n’est pas par la bouche que les abeilles rendent la cire à mesure qu’elle est élaborée dans leur estomac. Elle exsude à travers la membrane qui réunit les anneaux de leur abdomen.

Les abeilles qui ont été pomper le suc sucré des fleurs , vont le déposer dans les cellules, après l’avoir snfiisamment élaboré dans leur estomac, ou elles le présentent, en allongeant leur trompe, aux abeilles travailleuses qui l’avalent, l’élaborent et le dégorgent dans les cellules pour en faire la provision d’hiver. Ce miel, dans 1 intérieur de la ruche, est demi-fluide; pour enipecher qu il flue hors de l’alvéole, elles garnissent celle-ci d’une membrane extrêmement mince, transjiarente, de la nature de la propolis, laquelle le retient dans sa cavité. C’est surtout dans le moment de l’établissement de leurs nouvelles colonies, que les abeilles construisent leurs gâteaux ou rayons de cire, avec une activité si grande, qu’en huit jours elles font plus d’ouvrage que pendant tout le reste de l’année.

Poursuivons cette histoire qui est vraiment intéressante. Les abeilles-mulets ont un attachement extraordinaire pour leur reine- mère , elles lui font un cortège plus ou moins nombreux, elles la caressent avec leur trompe, et portent les soins pour elle jusqu’à l’extrême. Leur instinct aflectionné les guide jus-

non a etc résolue, après avoir .découvert , à J’aide du microscope, (jue l’œil cette mouche avait lui-mème la fo. mfe hexagone. Elle est donc nécessitée, à a ses oges selon la forme que la lumière vient rcllèchir à son oeil.

que dans la construction de leurs rayons de cire. Elles font des cellules de trois grandeurs; les plus grandes sont les cellules royales destinées pour les femelles , les moyennes pour les mâles et les plus petites pour les mulets; ce qu’il y a de plus remarquable, c’est qu’elles ne se trompent point pour le nombre. L’abeille qui sent l’espèce d’œufs qu’elle va pondre, les place chacun dans la cellule qui lui convient. Dans l’espace de deux ou trois jours, les œufs éclosent; les abeilles mulets en deviennent les mères nourrices, leur apportent de la pâtée faite de cire brute et de miel , et les élèvent avec le plus grand soin. Au bout de vingt-un jours, les jeunes abeilles sont en étal de former une nouvelle colonie. C’est encore a cette occasion que nous allons faire connaître l’attachement des mulets pour leur reine. Lorsque la ruche contient une nouvelle famille, il se fait un grand mouvement dans l’intérieur ; chaque alieille prend parti pour la reine qu’elle a adoptée ; les plus jeunes sont portées d’inclination pour la plus jeune reine, et quelques anciennes abeilles se rangent du parti des nouvelles, tandis que quelques jeunes adoptent la colonie ancienne; mais lorsque leur choix est fixé, leur attachement est irrévocable. Quand la saison est avantageuse, c’est-à-dire, lorsqu’elle est seche et chaude, le nouvel essaim qui s’est décidé à chercher une nouvelle demeure, se rassemble au-dehors de la ruche, du côté où le soleil darde ses rayons ; toutes les mouches se réunissent et s’accrochent les unes sur les autres, elles figurent au bas de la ruche, comme une barbe pendante; on entend un bourdonnement considérable. C’est ordinairement du 25 au 3o juillet, que le nouvel essaim quitte l’ancienne ruche pour aller chercher une nouvelle demeure, et l’on remarque que c’est à l’heure de midi qu’il part. La reine prend son essor et vole. Des personnes apostées pour épier le moment du départ , frappent sur des poêlons ou chaudrons de cuivre, pour les effrayer; la reine va se poser sur le premier arbre , et tout l’essaim la suit et s’arrête autour d’elle. Si on ne l’a pas guetté, l’essaim parcourt un grand espace, et se trouve perdu pour le propriétaire. Quelques-uns se permettent de jeter en l’air de la poussière pour les intimider; mais on court

risque de les blesser et même de les Uier. On a eu soin de disposer d’avance une ruehe vide, que l’on a frottée intérieurement de miel, et elles vont s’y rendre d’elles-mêmes mais on est bien plus certain de les y rassembler en allant prendre la reine qui s’est arrêtée sur l’arbre, avec la précaution convenable pour ne la pas blesser, et en la portant soi-même dans la ruche qu’on a disposée pour recevoir le nouvel essaim. Toutes les abeilles suivent leur reine, et celle-ci ne sort plus de la demeure qu’on lui a assignée. j

Si la saison n’est pas favorable, e’est-à-dire dans le cas où elle est pluvieuse et froide, le nouvel essaim ne quitte pas l’ancienne ruche, mais il se bâtit une demeure séparée dans la même ruche, eu élevant une cloison en cire qui partage l’habitation en deux.

MM. Huber et Bosc ont publié de nouvelles observations fort intéressantes, et qui jettent un jour tout nouveau sur l’économie intérieure d’une ruche. Les principaux résultats de ces observations sont : i° que les femelles ou reines s’accouplent seulement dans l’air une seule fois pour deux ans, et probablement pour toute leur vie; 2“ que toute reine qui n’est pas accouplée dans les vingt jours de sa naissance , ne peut plus pondre que des œufs de mâles ; 3“ qu’il est très certain , comme l’a observé M. Schirach , que les ouvrières ou mulets d’une ruche qui ont perdu leur femelle, peuvent s’en procurer une nouvelle en agrandissant l’alvéole où se trouve une larve d’ouvrière et en nourrissant plus abondamment cette larve, et que si la larve choisie a plus de trois jours, la femelle qui en proviendra ne pourra pondre que des œufs de mâles; 4° qu’il y a quelquefois dans les ruches de petites reines, ou mieux, des ouvrières fécondes , mais qu’elles pondent seulement des ouvrières de mâles ; de plus, que ces ouvrières fécondes viennent ordinairement des larves qui se trouvaient dans le voisinage des alvéoles des reines, et qui ont profité de la bouillie royale; 5° que s’il n’y a jamais qu’une seule femelle dans chaque ruche, malgré le nombre de celles qui y naissent, c’est que celles qui sont adultes se battent jusqu’à ce que l’une ait tué toutes les autres; les ouvrières ne

s’opposant à leurs comljals qu’à l’époque des essai/ms ; 6°. que les reines ne pondent jamais des œufs d’ouvrières dans les alvéoles destinées aux œufs de mâles, ni des œufs de mâles dans les loges destinées aux ouvrières ou aux femelles; 7°. que c’est toujours la vieille reine qui sort avec le q)remier essaim ; qu’il arrive quelquefois qu’il sort plusieurs femelles avec les autres essaims , mais qu’alors elles se battent, à outrance ; 8“. que lorsque c’est une jeune reine qui accompagne un essaim, elle est toujours vierge ; g°. que les femelles ne peuvent commencer leur grande ponte de mâles que lorsqu’elles ont acquis onze mois d’âge ; 10°. qu’il y a lieu de croû’e que la sortie des seconds essaims est produite par la jalousie que les reines ont les unes pour les autres, et par l’inquiétude que causent, à celle qui est adulte, celles qui sont encore dans les alvéoles.

Pour recueillir le miel et la cire, on coupe les ruches dans les mois de septembre et d’octobre. Couper une ruche, c’est enlever environ la moitié des gâteaux de cire. On doit se souvenir que le miel est contenu dans les alvéoles. Il y a deux procédés pour celte opération. Le premier , qui est destructeur des mouches à miel, et que l’on ne devrait pas employer, consiste à suffoquer les abeilles par la fumée, en brûlant de la paille. On se frotte les bras avec du miel , et l’on enlève tous les rayons de cire et de miel. Le second procédé, par lequel ou conserve toutes les abeilles, consiste à garnir une rncbe vide de miel dans tout l’intérieur; on coule celle qui est pleine sur la première, en juxtà-posant les deux orifices des ruches, on les renverse en sens conti'aire, de manière que la ruche pleine se trouve la voûte en bas, et celle qui est vide, la voûte en haut. On frappe légèrement le dehors de la ruche pleine, pour déterminer les abeilles à se porter dans celle qui est en-dessus; on coule celle-ci sur son appui , et l’on coupe tout à l’aise la moitié ou les deux tiers au plus des rayons de miel. Cette opération faite, on replace les abeilles dans leur ancienne ruche, de la même manière qu’on les en avait retirées.

11 faut beaucoup de chaleur pour élever et conserver des abeilles, et propager la multiplication de l’espèce. Je me suis

ABLE. g

Beaucoup occupé, dans mon jeune âge, de leur éducation. Les premiers soins portent sur l’emplacement des ruches. Elles doivent être exposées au midi, près d’un mur qui réfléchisse les rayons du soleil, garanties de la pluie au moyen d’un hangard qui les tienne à l’abri. L’appui sur lequel on les pose doit être de bois, et non pas de pierre, parce que celle-ci est plus froide. Pour qu’elles occupent moins de terrain, on les place en amphithéâtre. Le jardin dans lequel elles sont placées doit contenir beaucoup d’arbres fruitiers et des fleurs de toutes les saisons. L’hivei’, il faut couvrir la ruche d’un surtout de paille qui tombe un peu plus bas que la ruche. Celle-ci doit avoir toutes les jointures mastiquées, à l’exception d’une ouverture qui regarde le soleil. Et lorsque l’hiver est long et rude, il faut les nourrir avec un sirop de miel enfermé dans une bouteille bouchée avec un linge, et dont le col se trouve renversé dans la partie supérieure de la ruclie. Ce sirop, en traversant la toile, ne s’infiltre que par gouttes, et les abeilles vont les pomper à mesure qu’elles se présentent.

Les produits des abeilles sont le miel, la cire et la propolis. {Voyez ces mots séparément^

ABELMOSCou Abelmosch. Hibiscus abelmoschus. L. (Malvacées Juss. Monadelph. polyand. L.) Plante originaire de l’Inde et de l’Egypte, cultivée aux Antilles, dont les graines, qu’on nous apporte surtout de la Martinique, sont connues sous le nom düambretle. Elles sont petites, Iminâtres, irrégulièrement réniformes, d’une odeur agréable, qui rappelle à la fois le musc et l’ambi’e. Elles sont spécialement employées comme parfum- ( A. R.)

ABLE ou Ablette. Cypnnus alburnus. L, Petit poisson blanc, long de trois à huit pouces, couvert d’écailles très brillantes et argentées, se détachant facilement. Ce poisson vit dans les eaux douces , où il est fort abondant. C’est avec la matière nacrée de ses écailles, que l’on donne aux perles de verre l’éclat argentin qui les fait si bien ressembler aux perles naturelles. Pour obtenir cette matière , on lave le poisson, on le pile dans un mortier de marbre, et 1 on en forme une sorte de pâle sur laquelle ou verse

lo ABSINTHE.

une grande quantité d’eau. Cette eau enlraîno avec elle la matière nacrée, qui, étant la plus lourde, se dépose au fond du vase sous la forme d’une poussière argentée. On décante et Ton fait sécher la poiidre. Pour fabriquer les perles artificielles, on insuffle cette poudre dans des petits globes de verre que l’on a soufflés et que l’on a enduits intérieurement de colle de poisson.

ABRICOT, s. ra. Fruit de l’abricotier.

ABRICOTIER, s. m. Armeniaca vulgaris. Lamk. Ricb. Bot. méd. II, p. 627. (Rosacées J. Icosand. monog. L.) Arbre de moyenne grandeur, originaire de l’Arménie, d’où il a été ensuite transporté à Rome , et de la dans le reste de l’Eui'ope. Ses fruits, connus sous le nom di! abricots ^ et qui sont mûrs au mois de juillet, sont des drupes globuleuses, à chair un peu pâteuse, jaune, sucrée, contenant un noyau à surface unie. L’abricotier se cultive soit en plein vent, soit en espalier. Les fruits de la première variété sont plus sucrés et plus savoureux.

L’abricot est un fruit recherché sur les tables; néanmoins on ne doit en manger que sobrement, car ces fruits sont du nombre de ceux que l’on considère vulgairement comme propres à donner la fièvre. On fait avec les abricots des marmelades , des gelées , des pâtes , ou bien on les confit à l’eau-de-vie.

On trouve sur les abricotiers, de même que sur les amandiers, les pruniers, etc., une gomme rougeâtre qui jouit à peu près des mêmes propriétés que la gomme arabique. 7^. Gomme.

L’amande de l’abricot a une saveur un peu amère et une odeur d’acide prussique. ( A. R. )

ABRUS, s. m. Ahrus precatorias, L. (Légumin. J. Diadelpb. décand. L.) Petit arbrisseau qui croît naturellement dans l’Inde et l’Amérique méridionale. Sa racine est longue, cylindrique, jaunâtre, d’une saveur douce et sucrée. Elle porte le nom de réglisse des Antilles^ et dans les pays où croît l’abrus, on l’y emploie aux mêmes usages que notre réglisse.

Les graines sont ovoïdes , un peu comprimées, d’un rouge vif, avec une tache noire; elles sont très dures. On en fait des colliers, des bracelets et d’autres ornemens. (A. R.)

ABSINTHE, s. f. Artemisia absinlliiiivi, L. Absinthium

A.BS1INÏHE. ' M

officinale. Rich. Bot. luécl. I, p. 378. Grande absinthe ou aluine. (Synanthérées Ricli. Syngen. superfl. L.) Plante vivace qui croît naturellement dans les lieux pierreux et incultes. Sa tige, haute de deux à trois pieds, porte des feuilles profondément découpées en lobes linéaires un peu obtus, couvertes sur leurs deux faces, ainsi que la tige, d’un duvet blanchâtre et cotonneux. Les fleurs sont petites, flosculeuses, presque globuleuses, jaunâtres, disposées en une sorte de panicule ti'ès alongée à la partie supérieure des ramifications de la tige. Les feuilles et les sommités fleuries d’absinthe, parties dont on fait usage, ont une odeur aromatique extrêmement forte et une saveur à la fois très amère, chaude et aromatique.

Les propriétés actives de l’absinthe paraissent dépendre d’une huile volatile d’un vert foncé, et d’une matière an imalisée particulière d’une saveur très amère. 600 grammes de la plante récente analysée par M. Braconnot de Nancy , ont donné les

résultats suivans :

Eau 487 J 7

Fibre ligneuse 65, o

Huile volatile d’un vert foncé 0,9

Matière résineuse verte 3 , o

Albumine. . 7,5

Fécule particulière 1,0

Nitrate de potasse. 2,0

Matière résineuse extrêmement amère. . . i , 4

Matière animalisée peu sapide 8,0

Matière animalisée très amère 18,0

Absintbate de potasse 5,5

Sulfate et muriate de potasse »

L’absinthe est un médicament très énergique, à la fois tonique

et stimulant. Ou en fait usage dans la dispépsie ou digestion difficile , dans les fièvres intermittentes, dans l’anasarque, dans la jaunisse, et dans les maladies occasionées par la présence des vers.

ï2 ACACIA.

On l’emploie en infusion aqueuse, ou vineuse, ou alcoolique, et en extrait. On s’en sert aussi extérieurement en fomentation, en cataplasme ,qui sont excitans et résolutifs.

On prépare avec l’absinthe un vin d’absinthe, un alcçol ou teinture, une eau distillée, une huile volatile, un extrait. On conserve la plante seche ; on la brûle pour en obtenir la cendre j on lessive cette cendre, et l’on obtient les carbonate et sulfate de potasse qu’elle contient, par l’évaporisatlon, la cristallisation , et par l’évaporation jusqu’à siccité.

On en prépare une huile par macéi’ation , une conserve; on en tire le suc par expression.

Les feuilles d’absinthe, ses sommités fleuries, entrent dans un grand nombre de compositions pharmaceutiques. Ses semences font partie de la poudre contre les vers.

L’absinthe est donnée en poudre à la dose de i à 2 scrupules.

On la fait entrer dans des infusions dans la proportion d’une demi-once à une once pour une llvi’e d’eau.

On emploie encore diverses autres espèces d’absinthe, quijouissent à peu près des mêmes propriétés médicales, quoiqu’à un plus faible degré. Telles sont la petite absinthe ou absintlie pontique, Artemisia ponticcu L. L’absinthe maritime, Artemisia maritimaj etc. Voyez aussi Armoise, Aurone, Geneti, Sementine, etc. (A. R.)

ABSORBANS. On désignait sous ce nom les oxides métalliques alcalins, tels que la chaux, la potasse, la magnésie; les carbonates de chaux, de potasse et de soude. Ces combinés sont recommandés par les praticiens pour saturer ou absorber les acides introduits ou développés dans les voies digestives. Cette dénomination , qui a beaucoup vieilli et qui est peu usitée, a été remplacée par Je mot anti-acide. (A . C.)

ACACIA D’ÉGYPTE (.suc u’). Acacia vera. C’est le suc exprimé du fruit encore vert d’un arbre appelé Mimosa nilotica. L. Rich. Bot.méd. II. p. 585. (Légumin. Juss. Polyg. mohoécie L.

C est le même arbre qui donne la gomme arabique-

On écrase les gousses que l’on arrose avec un peu d’eau; on en exprime le suc, que l’on fait épaissir jusqu’à con-

ACAJOU. i3

sistance tV extrait ; ensuite on l’enferme dans des vessies qui peuvent en contenir, lorsqu’il est sec, jusqu’à 8 onces (aSo grammes); il est inodore, d’une couleur rouge tirant sur le brun, d’une saveur acerbe, soluble en grande partie dans l’eau; il parait composé d’un acide libre, de tannin, de mucilage, et d’un sel calcaire.

On nous l’apporte d’Egypte par la voie de Marseille. Il est astringent. On le fait entrer dans la composition de la thériaque, du rallbridate, et des trocbisques de succin, etc.

Acacia nostras. Suc épaissi des fruits du prunier sauvage. Prunus spinosa L. (Rosacées J. Icosandrie monogynie L.) Cet arbre ci'oit dans les lieux incultes, et forme des haies vives. Son fruit est une drupe noirâtre, de la grosseur d’une cerise, d’une saveur extrêmement âpre. On le cueille un peu avant sa maturité, et on en exprime le suc de la même manière que le précédent , ensuite on le fait évapoi'er jusqu’à consistance d’extrait ; on en remplit des vessies que l’on suspend dans un lieu où l’air circule librement, et où elles soient à l’abri de la pluie.

Ou nous apporte cette espèce d’acacia de l’Allemagne, où on le prépare. Il est renfermé dans des vessies pareilles au précédent; il est plus noir et d’une saveur plus asîi’ingente que l’acacia vera^ auquel on le substitue à cause de la rareté de ce dernier.

On s’en sert comme astringent. (A. R.)

ACAJOU ( BOIS u’ ). Ce bois, qui est extrêmement recherché pour les ouvrages d’ébénisterie, à cause de sa dureté, de ses veines, du poli qu'il peut prendre et de sa couleur brune-rougeâtre, qui se fonce par l’action de l’air , est celui du Swietenia mahagoni U. (Méliacées J. Monadelph. décandrie L.) , grand arbre originaire des forêts de l’Amérique méridionale, d’où on l’expédie pour toutes les contrées du globe, sous la . forme de grosses charpentes. Son écorce est, dit-on, astringente tonique et fébrifuge, mais elle n’est d’aucun usage en Europe. (A. R.)

Acajou ( gomme rf’). Elle découle du Cassuvium occidentale Lamk, grand arbre de la famille des Térébenthacées et de l’eu-

i4 ACANTHE.

néandrie laonogynie. Elle forme des larmes allongées, dures, jaunâtres et ressemblant au succin, à cassure vitreuse. Elle est incomplètement soluble dans l’eau froide, une partie s’y gonfle, une autre s’y dissout. La première est analogue à la gomme de Bassora, la seconde à la gomme arabique. Inusitée. (A. R.)

Acajou ( noix d’ ). On appelle ainsi le fruit du Cassupium occidentale. C’est une sorte de noix réniforme, de la grosseur d’une fève, d’une teinte grise, lisse et luisante. Il est porté sur un pédoncule qui est devenu cbarnu et a pris un tel accroissement, qu’il offre presque la grosseur du poing. Cette partie est désignée sous le nom de pomme d^ acajou. Sa saveur est astringente et assez agréable. En Amérique on en fait des boissons rafraîchissantes. Quant au fruit lui-même, il est indéhiscent, assez épais, coriace, et renferme une seule graine ou amande blanche, émulsive, contenant une huile grasse et douce. Elle est d’une saveur agréable et on la mange; on peut en faire des émulsions.

Le péricarpe contient , dans des espèces d’alvéoles , un suc huileux, brun-noirâtre et très caustique, qui sert à ronger les cors , les verrues, etc. , et avec lequel on imprime au linge blanc des marques indélébiles. •

Ce suc huileux, séparé des alvéoles à l’aide de l’alcool et de la chaleur, par M. Chevallier, a été essayé par MM. Breschet et Edwards sur les animaux. Introduit dans le tube intestinal, et sous le système cutané , il n’a produit aucun accident. Sa pi’opriété corrosive n’est donc pas bien prouvée. (A. R.)

ACANTHE, BRANC-URSINEouPiedd’oubs. mol-

lis. L. Rich. Bot. méd. , t. I, p. •2.^1. ( Acanth. J. Didynam. an' giosp. L. )

Cette belle plante vivace, dont les grandes feuilles élégamment sinueuses sur les bords, ont servi de modèle aux architectes grecs pour orner le chapiteau des colonnes corinthiennes, pousse du milieu de ses feuilles étalées à la surface du sol , une tige d’environ deux pieds de hauteur, portant dans sa moitié supérieure de grandes fleurs blanches disposées en épi. Elle croît dans les lieux secs et pierreux des provinces méridionales. On

ACÉTATE. i5

Ja cultive clans les jardins. Elle est émolliente , apéritive. On s’en sert en lavement et en cataplasme. (A. R.)

ACAPALTI , sorte de poivre long et rond, de deux à trois pouces, de couleur rouge lorsqu’il approche de la maturité, lequel naît sur* une plante sarmenteuse de la Nouvelle-Espagne d’où on nous l’apporte en France. Il ne faut pas le confondre avec le poivre long; c’est une espèce de poivre de qualité inférieure.

Ce poivre est assez rare en France.

ACERATE. On a donné le nom d’acérate à un sel de chaux que l’on rencontre dans la sève laiteuse de l’érable commun, yîcer campestrej selon Scherer. Ce sel est d’une couleur blanche, demi-transparent, inaltérable ù l’air. Il est soluble dans loo parties d’eau froide et dans moitié moins d’eau à ioo°.

ACETATES. Les acétates sont des combinaisons salines, résultant de l’union de l’acide acétique avec les bases salifiables. Ces sels possèdent les caractères suivans, qui peuvent servir à les faire reconnaître ; i“, exposés à l’action de la chaleur, ils se décomposent et donnent, comme produits de cette décomposition, de l’eau, du gaz acide carbonique, du gaz oxide de carbone, de l’huile, du gaz hydrogène carboné, du charbon, de l’acide acétique et de l’esprit pyro-acétique. On a reconnu qu’en général les acétates très décomposables par la chaleur donnent beaucoup d’acide acétique (exemple, l’acétate de cuivre) et peu d’esprit pyro-acétique, tandis qu’au contraire les acétates qui exigent une haute chaleur pour leur décomposition (exemple, acétates de potasse, de soude ) donnent plus d’esprit pyro-acétique et moins d’acide.

2°. Les acétates sont presque tous solubles dans l’eau.

3°. Traités par plusieurs acides, tels que l’acide hydrochlorique, l’acide nitrique, l’acide phosphorique, l’acide sulfurique, les acétates sont décomposés avec dégagement d’acide acéticfue ; il y a formation d’autres sels ( hydrochlorates , ni trates, phosphates, sulfates ).

L acide .sulfuriqrie étant fixe, on doit l’employer de préfé-

,6 ACETATE.

rence pour l’econnaître et décomposer les acétates. Cet acide dégage l’acide acétique et forme des sulfates avec les bases .

Acétate d’alumine, proto-acétate alumine. Résultat de la combinaison de l’alumine avec l’acide acétique. Ce sel s’obtient par la double décomposition de l’alun , par les acétates de chaux et de plomb ; le sulfate de plomb ou celui de chaux étant insoluble, tandis que l’acétate reste en dissolution. On sépare du précipité le produit liquide que l’on fait évaporer. L’acétate de plomb est le plus souvent employé pour cette décomposition, et le mélange doit se faire dans les proportions suivantes : Acétate de plomb .... i oo

Alun 6o,5.

On doit toujours mettre un excès d’alun , afin d’être certain qu’il n’y a pas d’acétate de plomb dans la liqueur contenant l’acétate d’alumine. L’acétate d’alumine peut s’obtenir en cristaux aiguillés déliquescens. Ces cristaux ont une saveur astringente. M. Gay-Lussac a fait voir que lorsque l’acétate d’alumine est soumis à l’action de la chaleur, une partie de l’alumine contenue dans ce combiné se précipite, mais qu’elle peut être redissoute lorsque la liqueur se relVoidit.

L’analyse de l’acétate d’alumine, faite par Richter, présente les résultats suivans :

''Acide 73,81

Base 26,19.

Composition d’après le poids des atomes.

Acide acétique .... i atome 6,26

Alumine 1 atome 2,26

Eau I atome i , 1 25

Acétate d’ammoniaque , esprit de Minderer ou de Minde- «riis , employé pour la première fois par Raymond Minderer , d’où lui vient le dernier nom. Il doit , quel que soit son mode

de préparation, être clair, incolore, sans excès d’acide et marquer 5. au pese-sel , . , „36 à l’aréomètre à densité. lûeut être préparé de plusieurs manières ; la plus simple consiste à saturer de l ac, de acetique marquant 3- par du sous-carbonate d’ammoniaque a filtrer le produit lorsque la saturation est bien MM s, \ ' eonserver dans des flacons bien fermés

urocéd^ ont indiqué divers

proei^despour préparer ce sel ; mais tous ces procédés, qui ont ete

durits dans le Manuel du Pharmacien de MM. Chevallier et Idt

non aucun avantage sur celui que nous venons d’indiquer.

acétate d ammoniaque a une saveur fraîche d’abord „„is ucree. Il est susceptible de prendre une forme cristalline L cristaux sont longs , très fins et aplatis, d’un blanc nacré ilj sont ouioiirs terminés en pointe, et sont déliquescens fési

blés a la température de centiVr.rt.. 'i , /•

lorsfTii’nn Joe ea ' centigiades, ils se subliraeut

tasse, la soude 1°;';;::: ,aXa„t T"' Y'"'

fcd ''’”i7“"““ ^ p»Ht7dt:zc:::„r-'

lu analjsede cet acétate, difficile à ftiro O ^

^^^.par Wense, et Ricliter, qui ont priurresrsuhatTst Acide 6a, g 68^^^

37,55 (Wenzel). 3, ,23 Base (Rid, ter)

olt-rver que

uia^e pr„p,.:mt:r:t.''re pLiefTtet d

être préoaré avP. u V^^ev de ces medicamens doit

-cüii Ln's irditniaZrrrctnfircrste

uaison ainsi obtenue direre de la première en ce > T

végétaux M 0^7“'''“ l-o'S-o»

quhl a soumises M’ î •'«tiilées

1 analyse chimique. L’acétate d’ammoniaque

■i OMr I.

contient quelquefois du cuivre qui provient des vaisseaux dans lesquels s’est faite la saturation de 1 acide par la liaae oupai l’emploi d’un acide impun. Pour reconnaître la presence de ce 'tfl on verse dans l’adelate d’ammoniaque quelques gouttes “acide en excès, et on y trempe une lame de fer : celle-ci se ^ P , l’une couche de cuivre si l’acetate examine contient ce-ffet n’. pas Ueu, c’est ,„e ce cotebiné n’en

‘"^LTcIlcCtion indique si l’acétate d’ammoniaque 1 , ce cas il doit se détruire en entier sans laisser d alcali»

t qurn’arrWe pas lorsqu’on calcine un ^

contient de la soude ou de la potasse (i). f A. v..;

Acétate ue bauyte, acète de baryte, proto-acetate de

• iLltatde la combinaison de l’oxide de barium avec rmn Résultat de la ^

- sasavl- est acide et amère; il est soluble tiques, ran J liquide bouillant peuvent, selon

tirairurÏ parties dilate, et 88 seulement si ce ünuide est è la température de i6«. La solution aqueuse de 1 a- M-ite de barvte peut être employée pour constater, dans les vi Lmres ou autres liquides, la présence de l’acide sulfurique ou des sulfates i le moyeu de l’employer consiste a ,ei-ser. dans nne «lotion soupçonnée contenir de l’acide sulfurique ou un sulfate libre dei’acélatc de baryte liquide jusqua ce que celuici „è forme plus de précipité, à recueillir le précipite, a le la- Ter d’abord avec de l’eau acidulée par l’acule nitrique, puis a,ec de l’eau pure, à le faire sécher, à prendre le poids du precl^lé d’oi. Von déduit celui de l’acide sulfurique qmle constitue

orpvépare l’acétate de baryte de deux manières : i”. par Is décomposition du sulfure de liaryle. On delaie dans 1 eau pur< le LlfL ae baryte obtenu de la calcination dn sulfate avec I. ciiarbon; on verse dans ce mélange de l’acide acétique par pe-

r,l L’accu... d’aoimoaiaquo eu nés co™ médicamen.i o" >

ûrdosc cl. ao 8ou.„. dan- .«rC, JP» d.Uuu. I ........

tites portions; on continue l’addition de cet acide jusqu’à ce qu’il y en ait un léger excès. On chauffe le liquide pour chasser l’acide hydrosulfurique qui ne se serait pas dégagé; on filtre, et on fait évaporer convenablement : le sel cristallise; lorsque' la cristallisation est opérée, on décante l’eau mère , on met le sel a égoutter, on le lave ensuite avec un peu d’eau pure : lorsqu’il est sec; on l’enferme dans des flacons pour le soustraire au contact de l’air ( ce sel étant un peu efliorescent }.

2°. En saturant la solution aqueuse de baryte par l’acide acétique. On prend une solution d’hydrate de baryte faite à chaud, on la sature par cet acide, on fait évaporer la liqueur lorsqu’elle a été filtrée. Les cristaux qu’on obtient de cette manière sont plus purs que ceux provenant de la décomposition du sulfure.

L’analyse de l’acétate de baryte a donné les résultats suivans :

Acide 43,17

Base 56 , 83 (Thénard et Gay-Lussac ).

Les résultats donnés par Thompson sont les suivans ;

Acide acétique i atome 6,26

Baryte i atome 9,75

• 3 atomes 3,376

Acétate de chaux, proto - acétate de calcium, terre foliée calcaire. Ce sel est le résultat de la combinaison dé l’acide acétique avec l’oxide de calcium. Cette combinaison, qui fut décrite avec soin par Crollius, n’est pas employée en médecine, mais elle est usitée dans les arts chimiques pour la préparation de 1 acide acétique du bois, et pour la préparation de quelques acétatessolubles. ^

Pour préparer l’acétate de chaux , on sature l’acide pyroligneux brut par de la chaux ou par du carbonate de la même base, en ayant soin, si l’on emploie la chaux, de ne pas en ajouter un excès; sans cette précaution , on saponifierait une

partie tle l’huile (jui accompagne Vacitle pyroligneux j elle serait alors plus difficile à séparer. Lorsque la saturation est complète, on décante l’acétate de chaux liquide , on fait évaporer le produit, qui donné de l’acétate de chaux sali, par de l’huile erapyreumatique qui était en dissolution dans la liqueur. On sépare l’huile en faisant torréfier légèrement l’acétate. Cette opération bien conduite charbonne et détruit l’buile sans décomposer le sel. Lorsque la torréfaction est terminée, on traite le produit par l’eau, on filtre, et on fait évaporer la liqueur filtrée -, élle donne en résultat de l’acétate à un état de pureté convenable à l’extraction de l’acide.

L’acétate de chaux a une saveur amère j un peu acide; il est soluble dans l’eau , susceptible de cristalliser en belles aiguilles prismatiques, d’un aspect blanc brillant et satiné. Traité par l’acide sulfurique, ce sel est décomposé; il y a dégagement d’acide acétitjue et formation de sulfate de chaux. Soumis à l’action d’une forte chaleur, ce sel se décompose en donnant des produits Semblables à ceux qu’on obtient des matières végétales, et un peu d’acide acétique.

L’analyse de ce sel, faite par M, Berzellus, a donné les résultats sulvans ;

Acide acétique ^ . 64,6

Chaux 35,4

Résultats atomistiques.

Açide acétique ...... - i atome 6, 25

Chaux. 1 atome 3,5o

Eau ... , 6 .atomes 6,75 .;

Acétate de cuivbe ai^ec excès de bascj soiis - acétate de

cuivre J verdetj vert -de- gris j sous- de ato- acétate de cuivre. Ce sel est formé d’acide acétique çt d’oxide de cuivre dans les proport ion. s de 4^j® d’acide acétique, 4ü d’oxide de cuivre et

acétate. 2,

10 parties d'eau (Vauquelin); il est en masses amorphes d’im vert particulier, d’une saveur âpre, métallique, insupportable. Le vert-de-gris ne se prépare pas dans les pharmacies , maisdans quelques départemens de la France, et particulièrement dans ceux de l’Aude et de l’Hérault. Pour cela, on prend des plaques de cuivre, on les place sur une couche de marc de raisin, on les recouvre d’une seconde couche de marc, on place sur celle-ci une couche de plaques recouvertes de’ marc, et ainsi successivement ; on abandonne ces couches ainsi stratifiées pendant quarante jours ; au bout de ce temps, on enlève les plaques métalliques qui sont recouvertes de vert-de-gris; on les bat pour faire tomber le produit qui s’est formé, ou bien encore on les racle avec un couteau; on recueille le verdet ainsi obtenu pour le livrer au commerce. On fait servir ces lames de cuivre ainsi débarrassées du verdet, à d’autres opérations semblables', et cela jusqu a ce qu’elles soient entièrement converties en verte-gris. le Manuel du fabricant de vert-de-gris^ par M. Le Normand. ) ,

Le verdet est facile à reconnaître à sa couleur et è ses propriétés physiques; traité par l’eau, il s’y dissout en partie : la partie dissoute est un sur-acétate, la partie non dissoute est au contraire un sel avec excès de base.

Ce sel, pris i l’Inlérleur, agit comme poison; il occ.asione des Yomissemens Us premiers secours à donner contre sou in- IrodncUon dans I économie animale consistent : i». à favoriser e vomissement ; n-, à administrer an malade l’eau albumineuse tenant en suspension de la limaille de fer porpbyrlsée.

Ce sel, soumisà reiamen des réactifs, présente les résultats

luits semblables a ceux obtenus de la décomposition des maeres végétales, laissant ensuite pour résidu du cuivre divisé,

liquide Heu qui précipité en brun marron par le prussiate de potasse. Ce même liquide, mis en contact avec une lame de ne ou de fer, donne un précipité brun qui n’csl aulre cbo.e que du cuivre métallique très divisé.

Le vert-de-gris est employé dans plusieurs médicamens externes. Quelques praticiens l’ont également donné à l’intérieur contre quelques maladies, mais en petite quantité. Ce mode de l’administrer demande des précautions de la part du praticien.

Acétate de cuivre, deuto-acétate de cuivre y verdet cristallisé , cristaux de Vénus. Ce sel , qui se fabriquait autrefois en Hollande avec le vert-de-gris acheté dans les départemens du midi, était vendu sous le nom de vert distillé. La fabrication de ce sel fut d’abord établie en France , à Grenoble, puis à Montpellier. Les produits de ces fabriques sont aussi beaux que ceux que l’on nous apportait de l’étranger. Le procédé de fabrication est simple; il consiste à délayer dans une chaudière de cuivre loo parties de vertde-gris et 200 parties de vinaigre distillé; on chauffe doucement, en agitant de temps en temps avec une spatule de bois. Lorsqu’on voit que le liquide ne dissout plus de verdet, on laisse déposer; puis on décante le liquide clair dans des terrines destinées à cet usage; on épuise ensuite le verdet non dissous par de nouvel acide. Quand les résidus sont épuisés , on les met de côté. On fait évaporer la liqueur claire , jusqu à ce qu’elle offre une pellicule; on fait alors cristalliser ce sel dans des terrines , en ayant soin de placer dans ces vases des mor ceaux de bois destinés à recevoir les cristaux.

Ce sel a une couleur verte foncée , une saveur âpre ; la formede ses cristaux est l’octaèdre à base rhomboidale ; il est soluble dans l’eau froide, plus soluble dans l’eau bouillante , cristallise par refroidissement. Exposé à l^ction de lair, il seflleurlt; exposé à l’action de la chaleur , il est décomposé en donnant de l’acide acétique gazeux et laissant pour résidu du métal divisé mêlé de charbon. Le fer et le zinc précipitent ce métal de ses dissolutions : le préclptté est du cuivre métallique.

L’acétate de cuivre, analysé par M. Proust, lui a donné les résultats suivans:

Acide et eau ^ ^

Oxide de cuivre

ACETATE.

Principes conslituaiis, d’après le poids des alomes,

Acide acétique, i atome 6,25

Oxide de cuivre, i atome 5

Eau , 1 atome i , 1 25

L’acétate de cuivre est un poison; il ne doit être délivré qu’avec précaution. (A-- C.)

Acétate de mercube , proto - acétate de mercure. Ce sel , qui est un combiné d’oxide de mercure et d’acide acétique, se prépare de la manière suivante ; on verse dans une dissolution de proto^nltrate de mercure de l’acetale de potasse , en ayant soin d’ajouter de ce sel en excès; on recueille le précipité sur un filtre, et on le lave avec une quantité d’eau siiflisante pour enlever l’acétate de potasse qui serait encore mêlé à l’acétate de mercure formé; on fait ensuite sécher le produit, que l’on enferme dans un flacon recouvert de papier noirci.

On peut encore obtenir le proto-acétate de mercure eu traitant le protoxide de mercure par l’acide acétique et faisant rapprocher et cristalliser.

Cet acétate a une saveur âcre ; il est insoluble dans l’alcool , peu soluble dans l’eau (i partie d’acétate exige 6oo parties d’eau pour être dissoute). Ce sel est reconnaissable aux caractères sulvans : traité par les alcalis , il est précipité en noir ; le précipité est du protoxide de mercure; traité par l’acide sulfurique, il y a décomposition, formation de sulfate de mércure et dégagement d’acide acétique. ChauCfé dans une cornue de verre, ce sel se décompose ; il y a dégagement de vapeurs contenant des acides acétique et pyro-acétique ; la réduction du métal s’opère, alors le métal se dégage : on peut le condenser ou le recueillir sur une lame de cuivre ou d’or. Ces métaux prennent une couleur blanche , mais ils la perdent lorsqu’on les expose à une température un peu élevée.

Quelques médecins emploient le proto-acétate de mercure comme anti-vénérien. Ce sel doit être administré avec précaution; donné à haute dose, il est vénéneux. Les premiers

secours a donner contre les accidens produits par ce sel sont l’eau albumineuse en grande quantité, la farine de seigle. (A. C.)

Acetate de mercuee au maximum , terre foliée mercurielle ^ deuto-acétate de mercure. Ce sel est formé d’acide acétique et de deutoxide de mercure ; il s’obtient en traitant le deutoxide pai 1 acide acétique, faisant évaporer et cristalliser.

On peut encore obtenir ce sel en précipitant le deuto-nitrate de mercure par l’acétate de potasse en excès, recueillant e précipité sur un filtre , le lavant avec de l’eau froide , puis e faisant sécher , l’enfermant ensuite dans un flacon qu’on met à labii des rayons lumineux (i).

Ce sel est employé, de même que le proto- acétate, comme antisyphilitique ; il doit être administré avec précaution. Il entre dans plusieurs médicamens et particulièrement dans les dragées c e Keyser. Introduit dans les sirops de fumeterre, de pensée saunage, a la dose de 12 grains par pinte, il donne des STops antisyphilitiques employés avec succès. Les effets du euto acétate suri léconomie animale sont les mêmes que ceux produits par le proto-acétate; son action vénéneuse est aussi détruite par la farine de seigle, l’eau albumineuse, le gluten.

Les réactifs sont aussi les mêmes que ceux que nous avons indiqués pour les sels de mercure. (A. C.)

A cêTATE DE PLOMB^ proto-acétute de plomba sel de Saturne ^ sucre de Saturne sucre de plomb. Ce sel est le produit résultant de la combinaison de l’acide acétique et du protoxide de plomb. Connu depuis long- temps, ainsi que l’attestent les ouvrages des chimistes anciens, il est très employé en teinture, dans l’Imprlmerie sur toile, et dans l’art de guérir. Ce sel fut d’abord fabrique en grand en Hollande et en Angleterre; ces nations nous en fournissaient : notre industrie s’étant considérablement accrue, nous en livrons maintenant au commerce de grandes quantités, et quelques nations sont devenues nos tributaires par les exportations que nous faisons de ce sel.

(1) Ce sel, préparé' de cette manière, a e'té regarde par rpielqiics cliiinislcs «nmine un proto-actiatc. ( />". Journal de Physique, i. LI, p. ao5. )

ACÉTATE. o5

L’acélate de plomb peut être obtenu avec des vinaigres de bière, de vin , ou avec celui retiré de la distillation du bois. Des procédés difîërens entre eux ont été proposés pour le préparer ; quelques auteurs indiquent de traiter le carbonate de plomb par l’acide acétique; d’autres prescrivent l’oxidation d abord du métal à l’aide du vinaigre, puis le traitement de 1 oxide par cet acide. Le moyen le plus simple et le plus souvent mis en usage est le suivant : on prend de la litharge exempte de cuivre^, 58 liv.; on verse sur cet oxide 65 llv. d’acide acétique exempt d’acide sulfurique et portant 4o“ acldimétrlques. La dissolution s’effectue immédiatement; elle est si prompte, qu’il résulte de l’action de ces substances l’une sur l’autre un dégagement de chaleur assez considérable. On amène la liqueur à 55 de 1 aréomètre, en ajoutant un peu d’eau. On ajoute sous la chaudière une petite quantité de feu, pour tenir la liqueur chaude et laisser déposer quelques matières insolubles (i). Aussitôt que la liqueur est claire, on la tire dans des terrines et on la porte a cristalliser. Lorsque la liqueur est refroidie, ce qui a lieu environ 46 heures apres qu’on l’a mise dans les vases, on verse les eaux mères et on laisse égoutter le sel; lorsqu’il est égoutté, on le fait séchera l’étuve à une douce chaleur, de manière à le dessécher sans lui donner une couleur blanche, ce qui arrive quand on lui enlève une partie de son eau de cristallisation. Lorsqu’on le sort de l’étuve, on le place dans des boîtes ou dans des barils garnis de papier. On réunit ensuite les eaux mères que l’on fait évaporer jusqu’à 55°, et on fait de nouveau cristalliser. Lorsque ces eaux refusent de donner des cristaux, on les précipite par du sous-carbonate de potasse ou de soude, on forme aussi du carbonate de plomb et <es acétates de potasse ou de soude; ces derniers doivent être exempts de plomb, et s ils en contenaient, on peut les en débarrasser par l’hydrogène sulfuré, ou par les hydro-sulfates.

L acetate de plomb est un solide blanc , cristallisant ordinai-

(i) Ces matières coi.tionncnt quelquefois de l’aigeiu; il est bon de les mettre de côte pour en retirer ce métal.

remeut en petites aiguilles brillantes , satinées , ayant la forme de prismes tétraèdres aplatis , terminés par des sommets dièdres j il a une saveur sucrée astringente. 11 est soluble dans l’eau froide, plus soluble dans l’eau chaude. Exposé à l’air, ce sel est peu altérable; cependant quelquefois il blanchit légèrement, ce qui est dû à son efflorescence ; exposé à l’action de la chaleur, il s’effleurit d’abord ; si ou continue de chauffer, on obtient de l’eau acidulée, de l’acide acétique, de l’esprit pyro-acétique mêlé d’huile empyreumatique , enfin un résidu de plomb mêlé de charbon.

• L’acétate de plomb, suivant l’analyse de Berzelius , est un composé

de 26,96 d’acide acétique. , de 58,71 d’oxide au i®' degré,

. et de i4>33 d’eau de cristallisation.

Ce sel est reconnaissable aux caractères suivans : il -est soluble dans l’eau; sa solution a une saveur sucrée; 'elle est \ précipitée en blanc par les carbonates et les sulfates alcalins, en jaune par le chromate de potasse, en jaune brillant par l’hydriodate de potasse, en noir par l’hydrogène sulfuré et par les hydrosulfates. Par l’action de la chaleur , ce sel est converti en plomb métallique. (A. C.)

Acétate de plomb avec excès de base, sous-acétate de plomb j sous-proto-acétàte de plomb j extrait de Saturne j extrait de Goulard. Schéeie fut le premier qui reconnut la nature dn sous-acétate de plomb. M. Thénard est le chimiste qui examina avec le plus de soin ce sel , que l’on prépare de la manière suivante :

On prend 3o parties d’acétate de plomb cristallisé, go parties d’eau distillée et lo parties de litharge pure et porphyrisée; on fait dissoudre le mélange, puis on porte à l’ébullition en ayant soin d’agiter avec une spatule, jusqu’à ce que la dissolution soit presque complète et que la liqueur porte 3o° à l’aréomètre; on laisse alors refroidir la liqueur, on la filtre, et on la tient dans des bouteilles bien fermées.

L’acétate de plomb liquide est employé à l’usage externe ; pris à l’intérieur, ce serait un poison contre lequel on pourrait administrer avec succès les sulfates de soude et de magnésie. Le sous-acétate de plomb a une saveur moins suerée que l’acétate ; lorsqu’on le met en contact avec les l’éactifs que nous avons cités précédemment à l’article Acétate , il ie comporte à peu près de même que ce sel j l’acide carbonique le précipite en plus grande quantité que l’acétate.

On prépare quelquefois le sous-acétate de plomb avec des vinaigres impurs ; ce sel liquide a alors une couleur jaune. Quelquefois il contient du cuivre: on peut s’en apercevoir en ajoutant une goutte d’acide à la liqueur et y plongeant une lame de fer décapée; celle-ci se recouvre aussitôt de cuiv’re. (A. G.)

Acétate de 'so’t proto-acétate de potassium j terre foliée de tartre J arcanum tartari j sel essentiel du vinj tartre régénéré, sél diurétique , sel digestif de Sylvius. L’acétate de potasse est le résultat delà combinaison de l’acide acétique avec l’oxide de potassium ; il fut décrit par Raymond Lulle , qui le fit connaître le premier.

Ce sel se prépare de la manière suivante : on verse dans une solution de sous-carbonate de potasse préparé par la combustion du tartre, de l’acide acétique pur jusqu’à ce que la saturation soit complète ; on fait chauffer pour aider le dégagement de l’acide carbonique , puis on ajoute un excès d’acide à la liqueur. Cet excès, conseillé par M. Fremy, doit être ajouté, afin que la potasse ne réagisse pas sur l’acide : cette réaction donnerait lieu à la coloration du liquide. Lorsque la saturation est plus que complète et qu’il ne se dégage plus d’acide carbonique, on fait évaporer jusqu’aux trois quarts, en ayant soin de maintenir toujours le sel à l’état acide. On laisse refroidir la liqueur qui est un peu colorée ; on la laisse en repos pendant quelques heures, puis on la décante. On mêle à la liqueur décantée un cinquième de son poids de charbon animal ; on fait bouillir quelques instans , on filtre. Le liquide décoloré doit passer clair et limpide; on le fait évaporer jusqu’à ce qu’il forme pellicule. On rctix’c du feu, on le divise

alors par petites portions, que l’on évapore à siccité en l’exposant dans une bassine d argent à fond plat sur un feu modéré : avec une cuiller d’argent on amène sur les bords de la bassine la pellicule qui se forme continuellement. Lorsque l’évaporation est terminée , ou retire promptement la bassine de dessus le feu et on la couvre d un papier. On laisse refroidir j on enferme ensuite le sel obtenu dans un flacon a col droit, qv^’on a eu soin de, dessecher d avance et que l’on bouche parfaitement.

On peut encore préparer l’acétate de potasse en agissant par double décomposition : pour cela, on verse dans une solution d acétate de plomb du sulfate de potasse en quantité sul^sante pour que les deux sels soient complètement décomposés ; on recueille le sulfate de plomb, et on fait évaporer l’acétate de potasse formé de la même manière que nous l’avons indiqué. L acétate prépare par ce moyen doit être examiné avec soinj. car s il y avait du sel de plomb en excès, ce serait un médicament infidèle et vénéneux.

Quelques auteurs ont indiqué la décomposition de l’acétate de chaux par le sulfate de potasse : quelquefois l’acétate ainsi préparé retient du sulfate dépotasse, et ce médicament ne doit pas être employé.

L acetate de potasse est blanc , susceptible de cristalliser en cristaux réguliei’s, prismatiques; mais ce n’est pas sous cette forme qu’on le trouve dans les pharmacies : il existe sous forme de flocons blancs , légers, feuilletés, d’une saveur piquante; ilest inodore; il attire promptement l'humidité de l’air, et se réduit en liquide ayant un aspect oléagineux. Ce sel , exposé à une plus haute température, se fond : si l’on continue de chaufler, sa décomposition a lieu, et il résulte de cette décomposition des produits fixes et volatils ; les premiers sont du sous-carbonate de potasse mêlé de charbon; les derniers sont de l’eau , de l’huile, de 1 ammoniaque, de l’acide acétique, et, selon quelques auteurs, de l’acide hydroeyanique.

L acétate de potasse est reconnaissable aux caractères suivans : traité par l’acide sulfurique, ce sel est décomposé en donnant lieu a d\i sulfate de potasse et a de l’acide acétique qui

ACETATE.

se dégage; par le muriate de platine, il est précipité ; le précipité calciné est im mélange de platine métallique et dépotasse. L’acétate de potasse est formé de 5i,52 d’acide et de 48,48 d’oxide de potassiunn

L’acétate de potasse, lorsqu’il est bien pur et exempt de sels étrangers, ne doit pas précipiter par les sels barytiques , par l’hydrogène sulfuré , par le prussiate de potasse , par la teinture de noix de galle. Tous ces essais ont pour but de reconnaître si l’acétate ne contient pas de sulfate de potasse ou des sels de plomb ou de cuivre. ü

On peut encore par l’alcool reconnaître la pureté de l’acétate de potasse ; si ce sel était mêlé de tartrate de potasse, ce dernier sel ne serait pas dissous.' Ce sel se donne ordinairement de 24 grains à i gros (1). (A. C.)

Acétate de potasse. liquide. Cette préparation, qui est une solution de l’acétate solide dans l’eau distillée, se fait de la manière suivante : on prend une once d’acétate de potasse et deux onces deau distillée; on fdtre, et l’on conserve dans un flacon bien fermé cette solution qui doit être limpide. L’alcool ne la précipite pas lorsqu’elle est pure.

Acetate de potasse AT.C00DIQUE , liqueur digestive du dispen~ saire de Lippe. On prépai'e ce médicament en saturant une livre de potasse pure par du vinaigre de vin; on évapore la solution jusqu’à ce qu’elle ne pèse plus que trois livres; on laisse refi;qidir,eton y ajoute alors deux onces d’alcool. Celte solution ueqtre , ne rougissant pas le papier de tournesol, et ne bleuissant pas le papier de tournesol rougi, doit être conservée dans un vase bien bouché : un flacon qui tient deux onces d’eau distillée pure doit tenir trois onces de cette solution. (A. C.)

Acétate de morphine. L’acétate de morphine est un sel résultant de la combinaison de l’acide acétique avec la morphine. Ce combiné doit être préparé de la manière suivante : on dissout dans 1 alcool, à l’aide de la chaleur; une certaine qiian-

(0 LWiatc de pot.n,«p a cic con.seille par M. MAsiiycr, ' comme anti' goutteux.

3o ACÉTATE.

tité (le morphine J si la dissolution n’est pas claire, on la filtre; on sature ensuite la liqueur filtrée par de l’acide acétique pur, que l’on ajoute avec précaution ; on s’assure, par le papier de tournesol, que la liqueur est saturée; lorsqu’elle est arrivée à ce point , on la fait évaporer à une douce chaleur et jusqu’à ce que l’acétate puisse être réduit en poudre. On renferme ‘cette poudre dans un llacon que l’on étiquette avec soin et que l’on place dans un lieu fermé à clef.

L’acétate de morphine est susceptible de cristalliser en aiguilles qui se réunissent pour former des petites houpes soyeuses. Ce sel est employé en Médecine dans du sirop, en pillules, etc. Il sert avec avantage à remplacer l’opium;: un quart de grain d’acétate bien préparé produit le même efiet qu’un grain d’opium.

L’acétate de morphine doit être administré avec précaution et par les praticiens seulement 5 donné à des doses trop fortes pour le sujet , il pourrait causer des accidens très graves. Les accidens causés par ce sel peuvent être combattus en provoquant le vomissement à l’aide du sulfate de zinc, en solution aqueuse de 9 à 10 grains à la dose, ou encore par i à 3 grains de tartre émétique, ou si l’on ne pouvait se procurer ces médicamens,on doit employer des moyens mécaniques pour produire le vomissement.

Les caractères particuliers qui peuvent faire reconnaître l’acétate de morphine sont les suivans : traité par l’acide nitrique, il est décomposé en formant uii nouveau sel (ilitraté de morphine), ayant une couleur rouge particulière; il y a dégagement d’acide acétique. Dissous dans l’eau , l’acétate de morphine est précipité de sa solution par l’ammoniaque et par les autres alcalis (la soude, la potasse); le précipité insoluble dans l’eau, lorsqu’il a été bien lavé, étant traité par l’alcool, ce véhicule dissout la morphine bouillante, qu’il laisse ensuite déposer, par refroidissement. La solution d’acétate de morphine mêlée à un sel de fer ( peroxidé ) prend une couleur bleue. (Robinet.) (A. G.)

Acétate be soude, proto-acétate de sodium j terre foliée

. ACETATE. 3i

cristallisée J terre foliée minérale, Ce sel est le résultat de la combinaison de l’acide acétique avec la soude , dans la proportion de 36, g5 d’acide, de 22, g4 d’oxide de sodium, et de 40, Il d’eau. Connu des anciens , il fut successivement examiné par divers chimistes : premièrement par Baron, puis par Yenzel, Richter, Berzelius, etc. Divers modes sont mis en usage pour sa préparation ; le plus simple consiste à saturer de l’acide acétique pur par du sous-carbonate de soude pur en excès (i). On filtre ou l’on décante, et on fait évaporer le liquide jusqu’à ce qu’il porte 32^ On place la dissolution, encore chaude, dans une étuve; on l’abandonne à une douce température, pour que la cristallisation puisse s’opérer lentement. Lorsque la cristallisation est opérée, et que les cristaux sont bien formés, on décante les eaux mères, et on place les terrines de manière à ce que le sel puisse s’égoutter. On réunit les eaux mères, on les fait évaporer de nouveau pour obtenir de nouveau des cristaux ; si les liqueurs étalent trop colorées, il faudrait les déeolorer par un cinquième de charbon animal , filtrer, et faire évaporer et cristalliser.

Ou prépare encore l’acétate de soude en saturant le vinaigre obtenu de la distillation du bois par la soude artificielle, faisant évaporer , calciner et redissoudre dans l’eau. Ce mode de fabrication ne peut se faire dans les officines ; il rentre dans les opérations des arts.

L’acétate de soude cristallisé est un solide en prismes striés ayant beaucoup d’analogie avec le sulfate de soude; mais il est très faeile de distinguer ces deux sels.

Les caractères qui peuvent faire reconnaître ce Sel sont les suivans : 1°. saveur acerbe; 2°. soluble dans moins dè trois parties d’eau à la température de 16°; 3°. inaltérable à l’air; 4°- à une douce température , il perd son eau de cristallisation ; à un degré de chaleur plus élevé, il est décomposé, etlaisse dégager des produits volatils semblables à ceux qu’on obtient de

(>) S’il n’y avait p.as d’exefts de base, I.1 crislallisalion n’aurait pas lien avec facilite.

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