‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 40 sur 130 · Tome l · texte numérisé non relu

Tome l

nitrique ètqui met l’oxltle à nu. Lorsque la chaux ne donne plus Heù à aucun précipité, on filtre : l’oxide reste sur le filtre, on le lave à l’eau distillée et on le laisse égoutter ; api'ès quoi on le met dans une capsule de verre, et l’on verse dessus une certaine quantité d’ammoniaque pure et concentrée ( au moment du mélange un léger bruit se fait entendre) ; on laisse en contact, pendant douze heures. Une partie de l’oxide se dissout, et par l’évaporation du liquide la- partie dissoute , qui est fulminante, vient surnager sous forme de pellicules. Au bout de cet espace de temps ou décante l’ammoniaque qui surnage (i), et l’on recueille le dépôt sur de petits morcéaux de papier. On doit prendre les plus grandes précautions pour faire cette division, car, malgré que le précipité soit encore humide, il est souvent arrivé de le voir détonner par un léger choc. Cette préparation ne doit pas être mise dans des flacons de verre , qui pourraient être brisés, et blesser le manipulateur.

Berthollet considérait l’argent fulminant comme une combinaison d’ammoniaque et d’oxide d’argent. Quelques chimistes pensent que ce produit pourrait bien être une combinaison {l’azote et d’argent (un azoture d'argent). Dans ce cas, l’oxide d’argent serait réduit par l’hydrogène de l’ammoniaque qui serait décomposé. MM. Gay-Lussac et Liebig ont reconnu què l’aégent fulminant était le résultat delà combinaison d’un acide particulier composé de cyanogèue, d’oxi gène et d’un peu d’oxidte d’argent acide fulminique) avec de l’oxide d’argent (\e fulminate d'argent).

Préparation de l'argent fulminant par la méthode d' Howard.

(Procédé de Brugnatelli)

On prend lo grammes (2 gros et demi) de nitrate d’argent fondu (pierre infernale), on le pulvérise, on l’introduit dans

(i) La liqueur ammoniacale, par l'évaporation, donne un re'sidu qui de'tonue avec force. . Une. capsule qui contenait de ce rcsidu et qui avait etc abandonnée, fut brisée .parce qu’on voulant la nettoyer, on essuya fordment ce produit que l’on croyait être de la poussière.

ARGENT. 33g

«n ballon, on verse sur celte poudre 64 granunes (2 onces) d’acide nitrique pur très concentré,, et 64 grammes (2 onces) d’alcool rectilié à 4o“. Ces deux liquides étant en contact réagissent 1 un sur l’autre J il y a élévation de température (1)5 le nitrate d’argent se liquéfie et forme une couche plus dense , qui occupe la partie inférieure du ballon ; mais par l’ébullition cette couche se répand dans le liquide, il y a développement d’une grande quantité d etber nitrique qui se dégage bientôt. Le liquide prend un aspect laiteux , et l’on aperçoit une foule de petits cristaux blancs, floconeux , qui se déposent dans la liqueur; ce produit est l’argent fulminant. On arrête l’ébullition en entourant le ballon d’un linge mouillé qui diminue l’élévation de température.

Lorsque l’effervescence a cessé, on ajoute de l’eau, on verse sur un filtre , et on lave avec une nouvelle quantité d’eau , on fait ensuite sécher entre deux papiers (2). La quantité d’argent fulminant que l’on obtient correspond à peu près à la moitié de celle du nitrate d’argent employé.

Cette préparation , moins dangereuse que la preraièi’e , parce qu’elle détonne un peu moins facilement, ne doit cependant être touchée qu’avec les plus grandes précautions. On doit éviter, autant que possible, de la renfermer dans des flacons de verre, à cause des accidens qui pourraient en résulter.

L’argent fulminant préparé d’après cette dernière méthode, est employé pour faire des cartes, des bougies et des bonbons fulrainans. On s’èn sert aussi pour faire une poudre amorce .

ARGENT VIF. On a donné ce nom au mercure, à cause de son brillant métallique, qui approche de celui de l’argent,

(1) On est quelquefois dans la nécessite de chauffer un peu pour aider à la réaction ; mais on doit le faire avec la plus grande pVécaution.

(2) La liqueur d’où l’on sépare ce produit doit être précipitée par le inuriaie de soude, pour séparer l’argent qu’elle retient en dissolution; on obtient alors du chlorure d’argent que l’on réduit , comme nous l’avons indiqué à l’article Argest.

34o aristoloches.

et surtout à cause de la mobilité de ses globules, qui semblewt fuir sous la main , lorsqu'ils sout sur un plan Incliné. ( Voir Mercure.,) (A. C.)

ARGENTINE. Espèce du genre Potentille. Potentillà anseriiia. L. — Ricli. Bot.méd., t. II, p. 5og. (Rosacées. Juss.Icosandr.

H.) Cette espèce, extrêmement commune sur le bord des rivières et des étangs, se distingue surtout par ses feuilles étalées, interrompu - pinnées, couvertes d’un duvet blanc et soyeux, ce qui lui a valu le nom di argentine. Ses fleurs sont jaunes, solitaires et pédonculées.

La racine d’argentine et même les feuilles ont une saveur astringente assez mai-quée. Leur décoction , surtout celle de la racine , est tonique. On l’emploie quelquefois en gargarisme et en injection. L’ébullition , assez long-temps continuée, fait perdre aux feuilles de l’argentine leur saveur astringente, elles deviennent alors presque fades, et dans quelques conti’ées, les luibilans des campagnes les mangent à la manière des épinards.

ARGüEL. Cynanchum Argel. Delile. — Rlcb. Bot. méd., t. I, p. 317. (Apocinées. Juss. Pentand. Digyn. L.) Arbuste qui croît en Égypte, en Nubie, et dans quelques autres parties de l’Afrique septentrionale. Ses feuilles sont fréquemment mélangées dans les diverses espèces de séné qui nous viennent de ces contrées. Elles sont elliptiques, lancéolées, très entières, amincies en peinte à leurs deux extrémités , glabres , un peu épaisses et coriaces, d’un vert blanchâtre à leurs deux surfaces. On les distinguera des feuilles de iséné, et particulièrement de celles du Cassia acutifoliaj à leur épaisseur plus considérable , et à ce qu’à leur base elles ont les deux côtés égaux, tandis que dans les vraies Cassia l’un des côtés delà feuille est toujours plus large que l’autre. Du reste, les feuilles d’arguel jouissent des mêmes propriétés que les sénés; mais, selon l’observation de M. Delile, elles sont plus âcres et plus violemment purgatives. V. SiaÉ.

aristoloches. Racines de plusieurs espèces du genre Aristolochia J de la famille des Aristolochiées et de la Gynau-

ARISTOLOCHES. 3^i

drie Hexandrie L., dont oti distingue plusieurs sortes dans le commerce.

1°. Aristoloche clématite. Aristolochia Clematitis. L. Espèce vivace estrêmement commune dans les vignes et les bois. Sa racine se compose d’une touffe de fibres cylindriques très longues , de la grosseur d’une plume à écrire , d’une couleur bruuâtre, d’une odeur assez forte et d’une saveur âcre et amère.

2°. Aristoloche longue. A. longa. L. — Rich. Bot. médic., t. I, p. 124. Elle croît dans les provinces méridionales de la France. Sa racine est tubéreuse, fusiforme, allongée, de la grosseur du pouce , charnue , grisâtre extérieurement, jaune terne en dedans, d’une saveur amère et d’une odeur forte et désagréable quand elle est fraîche.

3°. Aristoloche ronde. A. rotunda. L. — Rich. Bot. méd., t. I, p. 122. Elle croît dans les mêmes localités que la précédénte, et s’en distingue par sa racine tubéreuse irrégulièrement arrondie, charnue , brunâtre à l’extérieur, jaune-grisâtre à l’intérieur. Sa saveur et son odeur sont semblables à celles de la précédente.

4”. Aristoloche petite, ou Pistoloche. A. Pistolochia. L. Cette espèce, originaire des provinces méridionales, offre une racine composée d’une touffe de fibres grêles et brunâtres, placées sur une souche commune. Son odeur est aromatique , assez agréable, sa saveur âcre et amère-

Le nom d’aristoloche, donné à ces diverses plantes par les anciens, rappelle les propriétés excitantes et emménagogues qu’ils leur attribuaient. En effet, ces racines, qui toutes exercent à peu près la même action , sont toniques et stimulantes. On les a employées dans les diverses maladies de l’utérus et principalement dans l’aménorrhée; mais à présent, leur usage est à peu près abandonné.

C’est à ce genre qu’appartient la serpentaire de Virginie, médicament énergique et assez fréquemment employé. V. Serpentaire DE Virginie. (A. R.)

342 ARNIQUE.

ARMOISE. Arternisia vulgaris. Herbe de la Saint Jean^ L- — Ricli. Rot. méd., tome I , page 879. (Corymbifères. Juss.

superflue. L. ) Grande plante vivace très commune sur le bord des cbeinins et le long deâ murs et des habitations. Ses tiges s’élèvent à une hauteur d’environ 3 pieds; elles portent des feuilles alternes profondément pinnatifides^ à découpures lancéolées, aiguës, quelquefois dentées, vertes à leur face supérieure, blanches et cotonneuses en dessous, caractère qui distingue sur-le-champ l’armoise de l’absinthe qui a ses feuilles blanches et argentées à ses deux faces. Ses capitules de fleurs sont aussi beaucoup plus petits, jaunâtres, formant une grande panicule rameuse, à la partie supérieure de la tige.

Ce sont les sommités fleuries de l’armoise dont on fait usage- Elle est un peu moins amère et moins aromatique que l’absinthe et par conséquent moins énergique. Néanmoins, on l’emploie dans les mêmes circonstances, quoique moins fréquemment. On la donne en infusion; on en forme un sirop simple ou composé, une eau distillée. Suivant quelques auteurs allemands, la racine d’armoise a réussi dans plusieurs cas d’épilepsie; mais on manque encore de données certaines à cet égard.

ARNIQUE. Arnicamontana. L. — Rich. Bot. méd., 1. 1. p. 887. (Corymbif. Juss. Syngénés. superflue. L.) Cette plante, que l’on connaît sous les noms vulgaires de hétoine de montagne^ de tabac des Vosges^ de 'plantain des AlpeSj croît dans les montagnes assez élevées, dans les Alpes, les Vosges, etc. Sa racine brunâtre et horizontale forme une souche d’où partent un grand nombre de libres de la même couleur. Ses feuilles ovales, entières , d’un vert clair et pubescentes sont étalées et forment une rosette à la base delà tige. Celle-ci est simple, haute d’environ i pied, offrant deux ou trois feullles'sessiles, et se termine par une ou plusieurs fleurs radiées d’un beau jaune orangé, dont le fruit est couronné d’une aigrette sessile et plumeuse.

On emploie la racine, les feuilles et les fleurs de V arnica.

ARNJQUE. * 343

Toute la plante, (juancl elle est l'raîche, répand une odeur forte qui détermine l’éternuement. On doltà MM, Lassaignc et Chevallier l’analyse chimique des fleurs d’arnica. Ces jeiuies chimistes y ont trouvé une résine odorante, une matière amère nauséabonde, une matière colorante jaune, de l’acide gallique , de la gomme , de l’albumine et quelques sels.

L’analyse de \ arnica j par MM. Chevallier etLassaigne, avait été précédée d’un examen chimique fait par M. le docteur Lemercier. Ce praticien attribuait la propriété que possède Varjiicaj de déterminer des vomissemens, à des insectes qui souvent se trouvent dans les fleurs; mais l’analyse de MM. Chevallier et Lassaigne a démontré que cette propriété était due à la cytisine que l’on trouve dans Y arnica.

Ce médicament est d’une très grande énergie; il détermine non seulement une action spéciale sur les organes de la digestion, mais cette action s’étend également sur le système nerveux et eu particulier sur le cerveau. En Allemagne, on se sert bien plus souvent de cette substance. On l’emploie dans les fièvres intermittentes, la dyssenterie, les alfections nerveuses, etc. L’infusion des «fleurs d’arnica est journellement administrée pour combattre les accldens qui suivent la commotion du cerveau dans les chutes. De là son nom vulgaire de Panacœa lapsorum. Ses feuilles, lorsqu’elles sont sèches et réduites en poudre, sont fortement sternutatoires. Les fleurs d’arnica se donnent en infusion à la dose d’un gros pour une ou deux livres de liquide. On administre également la poudre à la dose d’un demi-gros à un gros : on en prépare aussi unç teinture alcoolique.

L’arnique a beaucoup de ressemblance avec le Doronic ordinaire: ses fleurs sont plus grandes et d’une couleur d’or plus foncée. On nous les apporte seches de l’Allemagne, accompagnées de feuilles; celles-ci sont ovales, entières, nerveuses.

Toute cette plante a des propriétés importantes en Médecine ; elle est fortifiante , diurétique , emménagogue , vulnéraire, antiseptique, résolutive et sternulatoire.

La l’acine employée en poudre convient dans la diarrhée , la

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