‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 54 sur 130 · AXONGE · texte numérisé non relu

AXONGE

t)U mieux encore à l’aide de la vapeur ; lorsque la graisse est iondue, on la passe à tra;vers un linge pour séparer la plupart des matières étrangères avec lesquelles elle est mêlée, on la laisse refroidir 5 lorsqu’elle est froide, on l’enlève par couches pour la séparer d une derniere portion de substances étrangères qui occupent la partie inférieure du pain de graisse et qui forme un pied. Lorsque ces substances sont séparées , on remet de nouveau la graisse sur le feu pour vaporiser une petite quantité d eau quelle retient; et lorsqu’elle n’en contient plus, ce que l’on reconnaît à la transparence du liquide et à ce que quelques gouttes prises au fond de la bassine et jetées sur des charbons ne causent aucun pétillement, on enlève la graisse de des* sus le feu , on la laisse refroidir en partie : lorsqu’elle est à moitié refroidie, on la coule dans le vase où on doit la conserver. On prend la précaution de n’introduire la graisse dans le vase où l’on doit la tenir que lorsqu’elle est à moitié froide, pour éviter qu’elle ne se fige brusquement : ce phénomène donnerait heu à des fissures qui permettraient à l’air d’être en contact avec la graisse, alors elle absorberait l’oxigène de l’air, elle deviendrait rance.

La graisse que 1 on obtient en chaulTant la panne à un feu trop violent n’a pas la couleur blanche qu’elle doit avoir. Les auteurs du Codex, voulant éviter cet inconvénient, prescrivent d opérer la fusion de la graisse (séparée du, pied) au bain-marie.

La graisse tenue dans des pots peut encore absorber l’oxigene de l’air; on doit prendre des précautions à cet égard, et se procurer, pour la conserver, des vases ayant un couvercle de terre ou de verre ; on lute le vase'et le couvercle avec une bande de toile enduite de chaux et de blanc d’œuf.

^ L emploi d une graisse plus ou moins récente n’est pas sans inconvénient dans la préparation de quelques substances pharmaceutiques. M. Gallard , l’un de nos condisciples, a ( voir le t. VIII du Journal de Pharmacie) démontré d’une manière évidente que les pommades préparées avec l’hydriodate de potasse et la graisse étaient parfaitement blanches lorsque la graisse était récente , et colorées en jaune plus ou moins foncé

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selon le degré d’ancienneté des graisses qu’il employait à ces préparations. Nous avons vu des pommades préparées avec des graisses rancies causer des éruptions sur les parties sur lesquelles on étendait ces préparations.

L’axonge est un composé de deux substanqes, l’élaïne et la stéarine. MM. Chevreul et Braconnot ont reconnu ces substances dans les graisses, et M. Br aconnot a trouvé que l’axonge était

composée d’élaïne 62

de stéarine 38.

L’axonge entre dans les pommades, les onguens, les emplâtres, les savons , etc. , etc,

L’axonge doit être préparée par le pharmacien j les charcutiers mêlent celle qu’ils vendent à d’autres graisses provenant des membranes adipeuses qui adhèrent aux intestins du porc, quelquefois encore ils ajoutent à l'axonge du jlambardj espèce de graisse qui est recueillie à la surface de l’eau qui sert à cuire les parties du porc. On reconnaît le dernier mélange-, leflambard étant salé , communique à l’axonge une légère saveur salée.

Selon MM. De Saussure et Bérard , l’axonge est composée de

Carbone . . . .

Carbone

Hydrogène..

Oxigène

Oxigène . . . .

Hydrogène. . .

Azote

: tO

(De Saussure.) (Bérard.)

AYA-PANA. Eupatorium Aya-pana. Vent.~Ricb. Bot. méd., t.I, p. 393. (Coryiîdjlfères. J. Syngénésie égale. L.) On appelle ainsi au Brésil une petite plante qui y jouit d’une grande réputation médicale , et que l’on a ensuite naturalisée aux îles de France et de Bourbon, vers le commencement de ce siècle. Ce fut aux soins du capitaine Baudin, lors de son voyage autour du monde, que l’on dut l’introduction de cette plante dans les îles australes d’Afrique. Ce navigateur s’empara par surprise d’un seul pied d’aya-pana que possédait un habitant

AZEDARACH. 371

lie Rio de Janeiro, et c’est ce seul individu qui, transporté à Maurice, s’y est multiplié et naturalisé au point que peu d’années après , l’aya-pana s’était répandu dans toutes les parties de l’ile.

Les feuilles d’aya-pana , qui sont la partie dont on fait usage, sont lancéolées , longues de 2 pouces, un peu visqueuses, d’une odeur extrêmement agréable qui rappelle celle de la fève tonka,et d’une saveur aromatique. Cadet de Gassicourt, qui en a fait l’analyse , en a retiré un extrait brun , d’une odeur herbacée et légèrement aromatique , d’une saveur faiblement astringente , une petite quantité d’acide gallique. Au moment de son apparition en Europe, l’aya-pana a été vanté comme un médicament extrêmement précieux, comme une sorte de panacée universelle , à laquelle les lièvres les plus rebelles , les bydropisies, les maladies cutanées devaient céder comme par enchantement. Mais l’expérience n’a pas confirmé ces éloges pompeux , et l’on a reconnu que l’aya-pana était , comme le thé, légèrement excitant, diapborétique et diurétique. Aujourd’hui on en a presque entièrement abandonné l’usage.

AZEDARACH. Azedarach. L. — Rich. Bot. méd. t. II,

p. ( Meliacees. J. Decandrie Monogynie. L.) On nomme ainsi un arbre originaire de la Perse, de la Syrie , de l’Amérique septentrionale , et qui s’est en quelque sorte naturalisé dans les contrées méridionales de l’Eurcrpe. Il ressemble assez au frêne par son feuillage ; mais ses fleurs violettes et d’une odeur agréable forment des espèces de grappes ou de panicules à 1 aisselle des feuiUes , et il leur succède des fruits qui sont des drupes charnues, globulenses , jaunes, de la grosseur d’une petite cerise, contenant un noyau à cinq côtes et à cinq loges.

La lacine d Azedarach a une saveur amère et nauséabonde. Dans 1 Amérique septentrionale, où cet arbre est depuis longtemps naturalise, cette racine est employée comme vermifuge; mais en Europe on n’en fait pas usage.

Les fruits de l’azedaracb ont une saveur douceâtre. On a dit qu ils étaient vénéneux ; cependant il paraît certain que les eii-

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