BANANIER
notre bonne mère Eve se reposa, et qui la tenta si violemment qu’elle commit le premier péché auteur de tous les maux qui ont aiHigé sa malheureuse postérité; sou nom spécillque de paradisiaca y fait allusion. Nous préférons indiquer à nos lecteurs l’utilité des deux espèces que nous avons mentionnées. Elle sont l’objet d’une culture très soignée en Afrique , en Asie et en Amériq-ue, à cause de leurs fruits dont les peuples de ces réglons font une grande consommation. Les bananes ont quelque ressemblance extérieure avec les concombres. Celles du Musa paradisiaca ont une pulpe fondante , d’un goût légèrement sucré et parfumé. Ou les mange crues ou cuites, apprêtées de diverses manières. On en retire une liqueur d’un goût assez agréable, mais qui n’est pas de garde , car elle s’aigrit facilement. Après en avoir exprimé le suc, les parties fibreuses qui restent sur le tamis forment une pâte avec laquelle on prépare une sorte de pain très nourrissant. Dans les colonies , les bananes forment la principale nourriture des habitans, et surtout des nègres. Celles du Musa sapientum sont plus recherchées à cause de leur chair fondante et très sucrée ; aussi ne les mange-t-on qu’au dessert. M. De Humboldta évalué qu’un terrain de loo mètres carrés, dans lequel on aurait placé 4® plants de bananiers, rapporte 4ooo livres de substance alimentaire ; un même terrain semé de froment, n’eût guère rapporté que 3o livres pesant. Le produit des bananes est donc à celui du froment , comme i33 est à I ; par rapport à la pomme de terre, il est de 44 à i.
Les fibres de la tige des bananiers sont dures et très fortes. On les emploie à la fabrication, de cordes et de fils propres à confectionner divers tissus ; on en prépare aussi de l’amadou. Lorsque la tige est encore jeune et tendre, elle peut servir d’aliment en raison de la grande quantité de mucilage et d’amidon qu elle renferme. Le principal usage des feuilles est de former les toits des habitations rustiques.
Le bananier du paradis et le bananier des sages sont cultivés dans les serres chaudes d’Europe, seulement comme plantes d’ornement et de curiosité; car pour qu’elles y fleurissent , et à plus forte raison pour qu’elles y fructifient, il leur faut une