‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 73 sur 130 · BEURRE DE CACAO · texte numérisé non relu

BEURRE DE CACAO

met les semences sur une table , et au moyen d’un rouleau de bois, ôn concasse l’enveloppe, qui doit ensuite être séparée de l’amande , ainsi que les germes , qui sont aussi très durs. Lorsque le cacao est ainsi préparé, on le broie sur une pierre à cbocolat, et on le traite de diverses manières pour en extraire la matière grasse.

Premier procédé. On prend le cacao réduit en poudre , on l’introduit dans un sac de coutil, on ferme ce sac et on le plonge dans l’eau bouillante pendant quelques instans , on le soumet à la Ivresse entre des plaques d’étain ou de fonte bien propres, que l’on a fait cbauEFer dans l’eau bouillante. L’huile passe à travers les mailles du sac, on la recueille dans des vases destinés à cet effet. Ce beurre n’est pas à l’état de pureté. Le procédé de Josse ne diffère de celui-ci , qu’en ce qu’on mêle au cacao pulvérisé une certaine quantité d’eau bouillante, i5oo grammes ( 3 livres) sur 8 kilogrammes ( ï6 livres)

de cacao. , ^

Deuxième procédé. On prend le cacao pulvérise, on le mele

à une certaine quantité d’eau, et on procède à l’ébullition, qu’on continue pendant un certain temps. Peu peu l’huile se sépare des substances avec lesquelles elle est mêlée, et vient nager à, la surface ; on laisse refroidir, et l’on enlève le beurre, qui est figé et mêlé à des substances étrangères.

Troisième procédé. {Demachy.) On prend le cacao entier, on le brasse fortement dans un sac de toile rude, afin de nettoyer sa surface -, on pile', on passe la poudre au tamis de crin ; on met ensuite cette poudre sur un tamis plus serré; on expose cet instrument au-dessus d’une bassine qui contient de l’eau bouillante et des plaques de métal ; on recouvre le tgmis avec les sacs de toile ou de coutil qui doivent servir dans l’opération. Lorsque la vapeur d’eau a pénétré toute la masse et qu elle est bien humectée, on la place dans des sacs; on place ceuxci entre les plaques chaudes , et l’on soumet à la presse, en ayant soin de graduer la pression ; le beurre de cacao coule abondamment; sa couleur est d’un jaune cifrin , et il est assez pur pour ne pas exiger d’autre opération. Par l’emploi du moyen de

BEURRE DE CACAO. 4iç)

Demachy, l’on obtient cpraraunément de 5 à 6 onces de ce produit pour livre de cacao.

Le beiuie de cacao cjue Ion trouve dans le commerce est le plus souvent falsifié par le suif, et particulièrement par le suif de yeau. Cette fraude permet aux falsificateurs de le vendre a bas prix; mais le praticien d’après l’ordonnance duquel on administre un médicament ainsi altéré, n’obtient pas les résultats qu il peut attendre d’un médicament pur et bien préparé qu’il avait ordonné.

Ce beurre falsifie nest pas des plus faciles a reconnaître; cependant ce produit, allongé de graisse étrangère, est plus blanc , moins fusible ; sa saveur agréable est en partie masquée par un goût de suif qui déplaît et quî est sensible au goût des personnes qui ont l’habitude de déguster les. diverses substances employées dans l’art médical (i).

Purification du beurre de cacao.

Le beurre de cacao obtenu par ces divers procédés étant encore mélangé avec quelques substances étrangères, on le purifie en le faisant fondre et soumettant le produit fondu à la filtration , plaçant l’entonnoir qui supporte le filtre dans une étuve ou dans un bain-marie chauffé par de l’eau. On se sert encore de quelques instrumens particuliers ; de ce nombre sont : i“. l’appareil de Josse, qui consiste en un entonnoir de- fer-blanc soudé à une cuvette qui est destinée à servir de bain-marie et qui reçoit de l’eau bouillante ; 2°. l’entonnoir à doubles parois , appareil présenté à la Société de Pharmacie par notre confrère M. Moutillard. Le beurre de cacao est ordinairement conservé sous forme de tablettes ; cette manière de faire est vicieuse : sous cette forme , ce produit présente à 1 air une grande surface ; il s’altère promptement , acquiert de l’âcreté et une odeur de ranci. On prévient cette altération

(I) La fusion, h un degre détèrminé, serait peut être un moyen de reconna ire a purete' du beurre de cacao. Nous nous occupons du moyen de laire rcconnatire cette falsification.

420 bkzoards.

en coulant le beurre de cacao purifié dans des pots , ou mieux encore dans des bouteilles propres et sèches, ayant une ouverture étroite , emplissant presque entièrement la bouteille, et la fermant bien exactement (i). On peut au besoin fondre ce produit pour le couler dans des moules à chocolat , et l’obtenir sous forme de tablettes.

Ce produit est employé dans la préparation de quelques pommades médicamenteuses , de quelques cosmétiques, dans diverses préparations béchiques et adoucissantes. On conçoit que du beurre de cacao ranci mis en usage pour ces préparations, jouirait de propriétés contraires et ne remplirait ]>as le but du praticien ; il pourrait déterminer de légers ae-

cidens. ^0

PjEURRE de GALAM. On a donné ce nom à riniile de Palme. ( Fi ce mot.) Selon M. Gulbourt {Journ. de Chimie médicale^ t. I, p. i^S), c’est une erreur de synonymie; le véritable beurre de Galain étant une substance hudeuse concrète, différente de l’huile de Palme, et qui est extialte du fruit d’un arbre de la famille des Sapotées. Il ne faut pas confondre cette substance avec celle produite par le Myrica ceriferuj et qui a été nommée beurre de Calé. ( F . ce mot. )

BEURRE DE GALE Nom donné à une huile végétale solide contenue dans le fruit de divers Myrica {^Myrica GalcjMyrica ceriferaj Myrica pensylyauica.) (A. C.)

BÉZOARDS. Le nom de hézoard a été donné à des eoncrétions ou calculs retirés des intestins de plusieurs mammifères ruminans.

Les bézoards sont divisés en deux classes, les hezoards orientaux et les occieferatoziar y les bézoards orientaux, attribues au Capra œgagruSj à la chèvre sauvage, sont plus estimés; ils présentent les caractères suivans : ils sont d’une grosseur plus ou moins considérable, et leur volume varie depuis celle d’une très petite

(i) Les üaeons à rémeri sont très convenables pour conserver ce produit.

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