‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 74 sur 130 · BÉZOARDS · texte numérisé non relu

BÉZOARDS

noiselte jusqu’à celle d’une petite noix; ils sont ou ronds ou ovales, et quelquefois aplatis; leur couleur varie du brun verdâtre au brun violet; leur odeur est analogue à celle de l’ambre; dans leur cassure ils présentent des couches concentriques qui se sont formées successivement sur un noyau qui forme le centre; la cassure est douce au toucher, elle communique aux doigts une odeur qui n’est pas la même dans les divers bézoards.

L’analyse des bézoards orientaux a été le sujet d’expériences analytiques. Jobn* a reconnu qu’un bézoard oriental qu’il a examiné, était formé, i“. d’une matière insoluble dans l’eau et dans l’alcool, soluble dans les alcalis, et qui ressemblait à de l’acide urique; 2°. d’une matière jaune, qui ne se dissout ni dans l’eau ni dans l’alcool; 3“. d’un peu de résine; 4°. des traces de phosphate de chaux.

Les bézoards occidentaux , attribués aux lamas et aux vigognes j sont bien plus gros que les bézoards orientaux ; quelques-uns sont du poids de ib onces et plus; leur couleur est d’un jaune obscur ; ils sont formés de couches concentriques, mais la texture de ces couches est moins serrée et plus fragile qu’elle ne l’est dans les bézoards orientaux; leur forme, déterminée par le corps qui leur a servi de noyau, est presque toujours semblable à celle de ce corps; quelques-uns ont une surface hérissée d’aspérités; leur odeur est plus forte et moins agréable ; soumis à l’action de la chaleur , ils brûlent avec une odeur analogue à celle de la corne brûlée.

L’analyse des bézoards occidentaux a été faite par MM. Fournay et Vauquelin; ils ont reconnu que ces produits sont formés de phosphate de chaux, de phosphate d’ammoniaque, de phosphate de magnésie , de matière animale , etc. ( Koir les Tableaux chimiques du règne animal , traduits de l’allemand' par M. Robinet, p. 164 et suiv. )

Les propriétés des bézoards, vantées par les anciens, qui leur attribuaient la faculté de combattre les humeurs, de résister à la peste, etc., ont été, de nos jours, réduites à leur juste valeur : aussi ne fait-on plus usage des bézoards, et ne les

regarde-t-on que comme des produits résultans de maladies qui affligent quelques mammifères (i). (A. G.)

BICHLORURE DE CHAUX. V. Chloruhe de chaux.

BICHLORURE DE SOUDE. V^. Chlorure d’oxide de sodium.

BIERE. On a donné le nom de hière h. une liquéur préparée avec les graines céréales et le houblon. Ce produit, connu anciennement sous le nom de cerpoisej Cervitioj s’obtient à l’aide de plusieurs opérations , que nous décrirons en peu de mots , la fabrication de la bière étant un art particulier , qui ne fait pas partie de l’art pharmaceutique. Nous nous attacherons principalement à indiquer les formules des bières mises en usage comme moyens thérapeutiques.

He la fabrication de la bière.

On fait tremper l’orge, afin de le pénétrer d’eau et de le disposer à la germination ; lorsqu’il est trempé , on l’étend sur un plancher, de manière à en former une couche de lo à 12 pouces de hauteur; on le remue de temps en temps, pour qu’il ne prenne pas le goût d’ échauffé. Au bout de quelques jours le germe paraît, la matière sucrée contenue dans les semences se développe ; on arrête la fermentation à l’aide de la chaleur. Pour cela , on dessèche l’orge germé dans une étuve (2) chauffée à 60“ ; lorsqu’il est sec, on le sépare des germes, devenus cassans, à l’aide d’un crible de fer, ou au moyen d’un blutleau garni d’une toile métallique. Le produit ainsi séché et débarrassé de son germe, se nomme malt j drèche y on réduit la drèche en poudre grossière , on la met dans une grande cuve à double fond , dont la partie inférieure doit rester vide; on fait arriver par le fond de la cuve de l’eau chauffée à 80°, en assez grande quantité pour couvrir le malt; on remue fortement à l’aide de fourquets en fer, pour

(i) Le nom de bézoard animal avait été donné au foie do vipère desséché, (a) La description des procédés des étuves et des autres appareils mis eu usage dans la fabrication des diverses bières, sont indiqués dans le U III du Dictionnaire technologique.

Tciirc plonge!' Is drèclis / on l^nsse Jti niâsse reconvertc d C3u pendant une demi-heure ; au bout de cet espace de temps , ou brasse fortement, et quand on a brassé, on recouvre la surface du mélange avec de la poudre fine de maltj pour concentrer la chaleur; on ferme la cuve, en ayant soin d’envelopper ses jointures avec des morceaux de draps de laine. Au bout de deux heures , on ouvre un robinet placé entre les deux fonds , on sépare les premières portions qui passent , et qui sont troubles; on les reverse sur le malt : on tire ensuite tout le liquide qui est sucré, et qu’on appelle premiers mé tiers j et on les conduit dans la chaudière à bière double y on verse ensuite sur le malt une nouvelle quantité d’eau à ioo° centigrades; on laisse en contact pendant deux heures , et l’on tire, comme nous l’avons déjà dit. Ces liqueurs sont appelées seconds métiers. Enfin , on recharge une troisième fois avec de l’eau bouillante, et si les marcs n’étaient pas épuisés, il faudrait faire encore quelques lavages. Ces troisièmes métiers et ces lavages peuvent servir pour faire de la petite bière.

Lorsque l’eau des premiers métiers est portée dans la cuve, on y ajoute du houblon dans la proportion de 5oo grammes ( une livre) par hectolitre (loo litres) ; on élève la température rapidement, et on la soutient à l’ébullition, en attendant que les seconds métiers soient obtenus : on continue ensuite l’ébullition pendant trois heures environ , en ayant soin que l’eau qui se vaporise retombe dans la chaudière. (Cette. eau contient des principes aromatiques qu’il est bon de conserver dans la bière. )

Lorsque la bière est cuite , on la coule dans des bacsj pour la faire refroidir; il est utile que ce refroidissement soit prompt. Lorsque la bière cuite ( le moût de bière) est suffisamment refroidie , on la porte dans une grande cuve , on y ajoute alors la levure (i) , et du caramel si la liqueur n’est pas assez colorée; on remue, pour que la levure soit bien répandue dans

(i) La quanûte de levure varie selon le degre de tcmpcraiure , la force du moût, etc.

le liquide, el l’on abandonne à la fermenlation. Celle fermenlation, en s’établissant, donne naissance à une écume qui lecouvre le liquide, et a un dégagement d’acide cai’bonique : on enleve 1 ecume , qui est Ires abondante , et on la conserve. Ce ]iroduit, lavé convenablement et pressé, donne la levure de employée par les boulangers pour déterminer la fermentation panaire.

Lorsque la fermentation est apaisée, on tire la bière dans de petits tonneaux nommes quarts. Cette fermentation sie lenouvelle •, elle continue dans ces tonnaux pendant quelques jours : alors elle s’apaise^ on livre la bière au commerce ; on la colle, et on la met en bouteilles.

Le but que Ion se propose d’atteindre en ajoutant aux métiers de la fleur de houblon, est de maintenir la fermentation alcoolique dans ce liquide, et de l’empêcher de passer à la fermentation acide. Ce phénomène se produit toutes les fois que ces liquides ne sont pas additionnés d’une certaine quantité du principe amer contenu dans cette fleur.

La biere ne se conserve pas bien dans les tonneaux ou quarts j elle doit etre mise dans des bouteilles, et bue plus ou moins promptement, selon sa force; sans ces précautions, ce liquide est susceptible de subir la fermentation acide et de passer à Vaigre.

La bière est quelquefois additionnée de matières amères autres que le houblon ; on se sert de la gentiane, du buis, etc. On y introduit aussi quelquefois des houblons de mauvaise qualité. Toutes ces modifications donnent à bon marché un produit analogue a la biere ; mais cette manière (^’agir, par les maladies quelle peut déterminer chez ceux qui font leur boisson journalière de ce produit, doit être assimilée à la falsification des vins , et les auteurs doivent être regardés comme aussi répréhensibles (i). (A. C.)

(•) Nous nous sommes déjà occupés de recbercher des moyens de signaler cette fraude J mais les résultats <jue nous avons obtenus de nos techerches ne sont pas encore assez précis pour être publiés,

BIÈRÈS. 425

BIÈRES MÉDICINALES. On peut préparer les bières méilicinales, i°. en mêlant les substances médicinales aux substances qui serA'ent à la fabrication de la bière avant le travail de la fermentation; 2®. en ajoutant ces substances à la bière après sa fabrication ; 3°. en ajoutant à la bière des teintures alcooliques. Le second moyen est celui qui est préféré. Par le premier, les substances pendant la fermentation perdent une partie de leurs propriétés; par le troisième , la bière se trouve additionnée d’une

quantité d’alcool à laquelle le praticien doit avoir égard.

BIÈRE ANTISCORBUTIQUE ou de sapin composée, Bière sapine tte. Ce médicament liquide se prépare de la manière suivante :

On prend

• Feuilles de cochléaria

(1 once)

32 grammes.

Piacine de raifort sauvage. ,. . .

(2 onces)

Bourgeons de sapins secs

(i once)

Bière nouvellement brassée. . .

(4 livres)

On contuse les feuilles de cochléarla; on coupe en rouelles minces la racine de raifort ; on divise les bourgeons de sapin ; on met toutes ces substances en contact avec la bière, et on laisse en macération dans un vase clos , pendant quatre jours. Au bout de ce temps ou filtre, et on conserve dans des bouteilles bien bouchées.

11 nous semble que l’addition d’une petite quantité d’alcool a 36° ( 4 gros par litre ) aiderait à la conservation de ce produit aSaiblI par l’eau contenue dans les feuilles de cochléaria.

BIÈRE ANTISCORBUTIQUE , Bière sapinetùe. Formule donnée par Parmentier (i).

Bourgeons de sapin, à défaut, feuilles du

même arbre (i once) 32 grammes

Racine de raifort sauvage (|once) i6

(4 livres) 2000

(i) Code civil Pharmaceniiquc à l’usage des hôpitaux civils et militaires.

4a6 BIGARADIERS.

Dans cette formule, Parmentier n’a pas employé les feuilles de cocliléaria , à cause de l’eau qu’elles contiennent ; cette eau affaiblit le médicament , qui devient moins facile à conserver.

La bière antiscorbutique préparée par l’une ou l’autre formule, se donne comme antiscorbutique et dépuratif, à la dose de 8 onces en deux doses, prises l’une le matin, l’autre le soir. L’emploi long-temps continué de ce médicament a été suivi de bons résultats. (A. G.)

BIÈRE DE QUINQUINA. On prend

Écorce de quinquina gris. .. . (i once) 32 grammes.

Bière (bien vineuse) (2 livres) 1000

On réduit le quinquina en une poudre grossière, on le met en contact avec la bière, on laisse macérer pendant quatre jours. Au bout de cet espace de temps, on passe la liqueur avec expression à travers un linge et on filtre la colature. Cette bière se conserve dans des bouteilles bien fermées.

L’usage de la bière de quinquina , comme tonique , est un des moyens thérapeutiques dont on peut tirer de bons avantages. On la donne à la dose de 8 onces en deux fois. Elle a été employée avec sUccès à l’extérieur dans le pansement des ulcères atoniques. (Payen, D. M, P.) (A. G.)

BIGARADE ou Orange amère. fa amara. C’est le fruit des bigaradiers ou orangers à fruits acides et amers. 11 a le volume et la forme de l’orange douce , mais l’écorce en est plus raboteuse et devient d’un jaune plus rougeâtre", sa pulpe est acide et mêlée d’amertume, ce qui fait qu’on ne l’emploie que comme assaisonnement pour les viandes et le poisson. Le suc entre dans la préparation du sirop antiscorbutique.

BIGARADIERS. Bigaradiœ. On désigne sous ce nom la race des orangers à fruits acides et amers, qui s’élèvent généralement moins haut que l’oranger à fruits doux. Leurs feuilles sont plus grandes et plus larges que celles de celui-ci. Leurs fleurs sont aussi plus grandes, plus odorantes, et préférées pour l’extraction de l’huile volatile et de l’eau distillée. (A. G.)

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