‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 87 sur 130 · BLANC · texte numérisé non relu

BLANC

BON-HENRI ou Épinard sauvage. Chenopodium Bonus Henricus, L. (Famille des Chénopodées , Pentandrie Digynie, L.) Cette plante, qui croît dans les lieux incultes et près des habita-

tîons rustiques, se distingue des autres espèces de Chenopodium ou ansérines, par ses feuilles triangulaires, sagittées, très entières; par ses épis composés, terminaux , dressés et dépourvus de feuilles. Elle ressemble à l’épinard, et, dans certaines contrées d’Europe, les paysans la font cuire et la mangent comme cette dernière plante. Elle est inodore , rafraîcliissante et légèrement laxative. (A. R.)

BON HOMME (Fleurs de). Un des noms vulgaires de la Molène. /^. ce mot. (A. R.)

BONNE-DAME. Synonyme vulgaire d’Arroclie. ce mot.

BONNET DE PRÊTRE. N om donné vulgairement au fusain , à cause de la forme de son fruit. F'. Fusain. (A. R.)

BONPLANDIA TRIFOLIATA. V. Angusture.

BORATES. On a donné le nom de borates aux sels qui sont le résultat de l’union de l’acide borique ou boracique avec les bases saliGables. Les principaux caractères auxquels on peut reconnaître ces sels, lorsqu’ils sont solubles, sont les suivans :

1°. Dissous dans l’eau et traités par les acides nitrique, hydrochlorique ou sulfurique , ils sont décomposés et laissent déposer l’acide borique sous forme de lames micacées, blanches, nacrées.

2°. Chauffés dans une cornue de verre avec l’acide sulfurique, ces sels se décomposent, l’acide sulfurique s’unit à l’oxide qui se trouvait uni à l’acide borique ; celui-ci, misa nu, se sublime sous forme de lames blanches, brillantes, qui s’attachent aux parois de la cornue.

Le borate qui résulte de la combinaison de l’acide borique avec l’oxide de sodium (/e borate de soude") est le seul de ces sels qui soit employé dans l’art pharmaceutique : encore ne l’est-il que rarement. (A. C.)

BORATE DE SOUDE (SOUS-) ; Borate de soude avec excm de base. Borax, Chrysocole , Sel de Perse, Tinchal. Ce sel , qui est le résultat de l’union de l’acide borique avec la soude, se trouve dans le commerce à divers états. i°. A l’état brut, et venant de l’Inde et du Thibet; 2°. à l’état de borax à demi raffiné, venant de la Chine; 3®. à l’état de borax purilié, provenant de la Hollande ou des manufactures françaises.

Le premier de ces borax est sous forme de cristaux plus ou moins gros; il est sali par une matière qui , ayant été examinée par M. y auquelin , a été reconnue pour être un savon à base de soude , résultant de l’action de l’excès de soude du borax sur une matière grasse qui accompagne ce sel. Ce borax , pour être amené à l’état de pureté , a besoin d’être purifié. Divers procédés ont été pratiqués à cet effet ; celui publié par MM. Ro— biquet et Marchand est celui qui a paru le plus convenable: on met le borax dans une cuve, on le recouvre de 8 à 1 0 centimètres d’eau ( 2 pouces et demi environ ) ; on laisse en contact avec ce liquide pendant cinq à six heures , en brassant de temps en temps pour renouveler la surface. On ajoute ensuite sur 4^0 parties de sel mis en contact avec l’eau , une partie de chaux éteinte ; on remue de nouveau , afin de bien mélanger, et on abandonne le tout jusqu’au lendemain; on nettoie ensuite les cristaux , en les froissant entre les mains et en mettant sur un tamis ou sur une trémie pour les faire égoutter. On reprend ces cristaux lorsqu’ils sont bien égouttés; on les fait dissoudre dans deux fois et demie leur poids d’eau; on additionne la solution d’une partie de muriate de chaux sur 5o parties de borax, on filtre à travers une chausse de treillis; on réunit les liqueurs filtrées, on les porte dans une chaudière ; on fait concentrer jusqu’à ce que le liquide porte 20° à l’aréomètre. On coule la liqueur chaude dans des cristalllsoirs de bois doublés en plomb (i); on ferme ces vases, on les entoure de corps mauvais conducteurs de la chaleur, afin que le refroidissement soit lent. La liqueur étant long-temps tenue chaude, les cristaux s’y forment lentement et ils acquièrent une grosseur considérable : cet effet n’aurait pas lieu si le refroidissement

(i) La forme de ces cristalllsoirs la plus convenable, est celle d’une pyramide quadrangulaire renversée. Les corps hétérogènes qui se trouvent en suspension dans la liqqeur se réunissent au fond du cristallisoir, sous forme de dépôt. Les cristaux, débarrassés de ces substances , sont transparens.

On se sert de vieilles tapisseries ou couvertures, et le plus souvent ou place les criscallisoirs dans une étuve.

était subît, car les cristaux se précipiteraient en masse ; ils n’auraient ni la grosseur nécessaire ni la forme qu’on exige dans le borax qui doit être livré au commerce. Quand le refroidissement des liqueurs est presque opéré, on enlève les eaux mères j on sépare les cristaux que l’on met égoutter ; on porte les liqueurs dans une chaudière; on les fait évaporer ; on calcine le résidu et on le fait dissoudre pour obtenir de nouveau des cristaux , ou bien l’on réunit la solution à de nouvelles solutions de borax. On trie ensuite les cristaux ; on les casse pour leur donner la grosseur convenable; on les met à sécher à l’étuve, et on les enferme, lorsqu’ils sont secs, dans des boîtes garnies de gros papier bleu violet. On peut aussi raffiner le borax de l’Inde, en le soumettant à la calcination, dissolvant le résidu, filtrant la solution, faisant évaporer, et soumettant à la cristallisation, en prenant les précautions que nous avons indiquées. On fait ensuite le choix des cristaux, on les porte à l’étuve, et on les met dans le commerce.

La purification du borax ne s’opère plus si fréquemment, depuis qu’on prépare (en France) le borax de toute pièce j en saturant l’acide borique des lacs de Toscane par le sous-carbonate de soude. Cette branche d’industrie , qui nous a exemptés d’un tribut que nous payions à l’étranger, est due àMM. Cartier et Payen , et à M. Jacob de Marseille.

Ces chimistes préparent le borax de la manière suivante.

On met dans une grande chaudière contenant 5 parties d’eau bouillante (i), 6 parties de carbonate de soude; lorsque ce sel est dissous, on ajoute successivement et par portions, 5 parties d’acide borique cristallisé , provenant des lacs deToscane. A chaque addition successive , il y a effervescence, décomposition du carbonate de soude, dégagement d’acide carbonique. La base du carbonate se combine à l’acide borique , et forme du sous-borate de- soude, qui reste dans la dissolution. U y a quelquefois dégagement d’ammoniaque : ce dégagement est dû à la décom-

(i ) Par le mot parties, on exprime ad libitum une livre, un kilo$;ramme, un quintal , etc.

position (l’un sel ammoniacal qui se trouve dans l’acide borique,’ Lorsque la saturation est terminée , on ferme la chaudière avec un couvercle et des couvertures ; on couvre le feu , et on laisse reposer pendant vingt-quatre heures’. Après cet espace de temps, on décante la liqueur , on la porte dans des cristallisoirs de plomb ayant une grande surface; cette liqueur laisse déposer de petits cristaux. On recueille ceux-ci, on les lave, on les fait dissoudre dans l’eau bouillante; on ajoute à la solution du sous carbonate de soude purifié , dans la proportion de lo pour loo de borax cristallisé ; on fait concentrer jusqu’à ce que la liqueur marque ao° à l’aréomètre; on porte dans des cristallisoirs semblables à ceux que nous avons indiqués précédemment (i). On agit de la même manière pour le triage, pour faire sécher et pour emballer.

Pour vaincre le préjugé qui se serait élevé contre le borax des fabriques françaises, MM. Payen et Cartier ont d’abord donné au borax de leurs fabriques la tournure du borax fabriqué en Hollande. Pour cela , ils le roulaient afin d’user les angles des cristaux, comme cela arrive dans le transport; lisse servaient de caisses semblables, à celles qui nous étaient expédiées par les Hollandais. De ce borax, fabriqué par MM. Payen et Cartier, fut vendu en Hollande, puis expédié pour Paris, sous le nom de borax de Hollande.

Le borax est un sel demi-transparent. Sa forme cristalline est celle d’un prisme hexaèdre terminé par une pyramide tétraèdre. Ce sel exposé à l’air se dessèche un peu; il se recouvre d’une légère poussière blanche. Sa saveur est fade, son odeur nulle; il est soluble dans deux fois son poids d’eau bouillante : l’eau froide n’en dissout qu’un slx-centième. Le borax, soumis à l’action de la chaleur , se fond dans son eau de cristallisation , qui forme le cinquantième de son poids; il se boursouflle, puis se dessèche ensuite. Chauffé à une température plus élevée, il se

(i) La quantité de borax que doit contenir la liqueur contenue dans un cristallisoir, pour que la cristallisation puisse donner dix borax propre à être mis dans le commerce, a été évaluée k looo kilogrammes.

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