BORE
fond et prend l’apparence d’un verre blanc et transparent. Coulé sur une table de marbre, il fournit le produit connu sous le nom de borax vUrifié. A cet état, il est encore leyerement efflorescent.
Le borax cristallisé est employé par le cliimiste pour absorber les gaz sulfureux et bydro chlorique.
A l’état de borax vitriBé, il est,eraployé, à l’aide de la chaleur, pour fondre les oxides métalliques qui le colorent , coloration qui indique quels sont ces oxides.
Le borax est employé dans l’art médical comme fondant et emménagogue; on l’emploie en collutoires pour exciter la membrane de la bouche dans les ulcérations et aphthes de cette cavité.
L’analyse du borax a démontré qu’il est composé d’acide borique 70, et d’oxide de sodium 3o. (A. C.)
BORE. Le bore est un corps combustible simple, découvert en 1819, par MM. Gay-Lussac et Thénard. Il ne se rencontre pas dans la nature , mais il est le résultat de la décomposition de l’acide borique par le potassium, ou même par le sodium. On l’obtient de la manière suivante: on introduit parties égales d’acide borique bien sec et de potassium dans un tube de porcelaine ou de cuivre fermé à l’une de ses extrémités; on fait ensuite rougir le tube : une partie de l’acide borique est décomposée; son oxigène se porte sur le potassium et le fait passer à l’état d’oxide qui se combine à la partie de l’acide qui n’est pas décomposée. Il résulte de cette opération du sous-borate de potasse et du bore (i).
Propriétés. Le bore est un solide sans odeur, sans saveur. II est sous forme pulvérulente, d’une couleur brune verdâtre. Sa pesanteur, qui n’a pas été exactement déterminée , est plus
(i) M. Dobereincr a publié un procédé pour obtenir le bore. Ce procédé consiste à traiter le sous-borate de soude h une haute cbaleur par le charbon. L’appareil consiste en un tube de fer. On a remarqué avec raison que le bore obtenu de cette manière est mêlé de charbon ; mais il serait peut-être possible de séparer ces deux corps l’un de l’autre.
458 borraginées.
{grande que celle de l’eau. Soumis à Tactien de la chaleur, à un feu très violent , il n’éprouve aucune altération. L’oxigène, à la température ordinaire, ne lui fait éprouver aucun changement; mis en contact avec ce gaz, un peu au-dessous de la chaleur rouge, il s unit à ce corps; il forme alors de l'acide borique. Dans cette operation , tout le bore n’est pas décomposé ; une portion de 1 acide borique qui s’est formé se vitrifie et recouvre le bore . celui-ci, garanti du contact de l’oxigène, ne s’acidifie plus.
Le bore, peu connu jusqu’à présent, n’a pas encore été employé. La difEculté qu il y a de se le procurer et le prix élevé auquel il revient en sont sans doute les principales causes.
BORRAGINEES. Borragineœ. Juss. — Rich. Bot. méd.,t.I, p. 2^3. Famille naturelle de plantes dicotylédones monopétales > signalée par Linné qui la nommait Plantœ asperifoliœ , a cause des poils rudes dont sont hérissées la tige et les feuilles de la plupart des espèces qui la composent. Toutes les borraginées de nos climats sont herbacées ou à peine sous-frutescentes. Plusieurs de celles qui croissent dans les contrées intertropicales sont des arbrisseaux qui ont les extrémités fleuries de leurs rameaux roulées en erosses dans la plupart. Les propriétés medicales des borraginées ne sont pas très éminentes; cependant un grand nombre de plantes herbacées indigènes d Europe , et qui appartiennent à cette famille, ont été et sont encore employées dans la thérapeutique. Ainsi la cynoglosse, la bourrache, la consoude, labuglosse, la pulmonaire, grossissent toujours le catalogue des objets de la matière médicale. Dans ces plantes, on trouve une assez grande quantité de mucilage, souvent associé a une petite proportion d’un principe astringent ou amer, que l’on considère comme narcotique. Elles contiennent en outre des sels à base de potasse, et principalement du nitrate, qui les rendent diurétiques. La racine de consoude est très mucilagineuse et légèrement astringente; celle de cynoglosse paraît recéler un principe narcotique trop peu abondant pour que cette racine puisse agir toute seule ; aussi est-elle asso-
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ciée à l’opium clans les pilules auxquelles elle a donné son nom. Les racines de quelques espèces de Lithospermum et cl Ancliusa j connues vulgairement sous le nom d otccuibUb j renferment abondamment un principe colorant rouge , qui est très soluble clansles corps gras et l’alcool. Enfinles fruits exotiques nommés Sébestes sont produits par le Cordia Mixa^ arbre de la famille des Borraginées. (A. R-)
BOTANIQUE. Botanica, Res lierharia. Science qui apprend à connaître les végétaux , ainsi que leurs applications aux besoins et aux agrémens de l’homme civilisé. Cette seconde partie porte le nom de Botanique appliquée j et c’est elle qui doit fixer principalement notre attention dans le cours de cet ouvrage. Quant à la Botanique proprement dite ^ qui elle-meme a ete divisée en plusieurs parties, afin d’arriver d’abord a la connaissance nominale des plantes, puis à celle de leurs affinités naturelles, nous rappellerons seulement ici les principes generaux qui régissent cette science, supposant d’ailleurs nos lecteurs préparés à l’intelligence de nos articles par une étude préalable dans les ouvrages qui traitent ex professo de la Botanique , et auxquels nous avons soin de renvoyer lorsque nous ne pouvons entrer dans des détails trop minutieux.
On divise la Botanique propkement dite en trois branches, qui sont :
1°. La Glossologie , ou connaissance des termes propres à désigner les organes des plantes et leurs nombreuses modifications ;
2°. La Taxonomie ou l’application des lois générales de la classification au règne végétal j
3°. La Phy tographie ou l’art de décrire les plantes.
Mais on sent bien que ces diverses parties de la Botanique reposent sur la connaissance des organes des plantes et de leurs fonctions. C’est ce qui fait l’objet de la Physique véoiTALE, qui. offre trois subdivisions j savoir :
Organographie J ou description de leurs organes, de leur forme , de leur position, de leur structure et de leurs connexions Physiologie 'végétale^ ou l’étude des fonctions propres à cba.cun de ces organesj
botanique.
I>athologie végétale^ qui enseigne les diverses altérations morbides qui peuvent affecter les végétaux.
Cette dernière subdivision est la partie la moins avancée de la science, et qui offre le moins d’intérêt, si ce n’est pour l’agnculture et le jardinage. Elle exige une connaissance approtorul.e de 1 Organographie et de la Physiologie végétales ; car les maladies et lésions des végétaux s’expliquent par les lois qui président aux fonctions dépendantes de la nature de leurs organes, onctions qui subissent des variations nombreuses et compliquées oulçs es fois qu un tz'ouble survient dans l’organisation. Ainsi, pour nous borner à un seul exemple, l’étiolement est une maac ie dépendante de la privation de la lumière. Or l’influence
a umière sur les végétaux est une considération fort impor-r. tante, qui est du domaine de la Physiologie végétale.
La Botanique appliquée comprend trois catégories :
1 . La Botanique médicale^ ou l’application des connais-, sauces botaniques à la détermination des végétaux employés comme médicameus. Nousavons publié un Traité sur ce sujet (ij, auquel ,, pour ne pas nous exposer à des descriptions prolixes et qui nuiraient a I objet de notre Dictionnaire, nous avons le soin de renvoyer.
2 . La Botanique agricole , ou l’application de la connaissance des végétaux à la culture et à l’amélioration du sol.
3°. La Botanique économique et indus trielle,.o\i la partie de la science qui fait connaître Tutilité des plantes dans les arts ou 1 économie domestique.
On sait que les végétaux sont des êtres organisés qui se dis.tinguent des animaux , en ce qu’ils sont privés de sensibilité et de mouvement volontaire. Cependant cette distinction s’évanouit lorsqu’on arrive aux derniers degrés de l’échelle des corps vivans, car on en trouve alors dont l’organisation est si simple, les fonctions vitales tellement obtuses, ambiguës et même annihilées, qu il n est guère facile de prononcer si ce sont des êtres
(i) Boianique mt^icale, en deux parties. Paris, Be'chct jeune, i8a3.