SUCCIN
volatiles , ont aussi une certaine action sur ce corps ; on a observé que sa dissolution est facilitée par la torréfaction , la fusion ou par l'addition du camphre. Chauffé dans une cornue, il donne un acide particulier, connu sous le nom de succinique : on obtient de plus un peu d’eau , de l’acide acétique, une huile très odorante de couleur et de consistance variables , suivant l’époque de l’opération ; une matière jaune solide , dont la nature n’est pas encore bien déterminée (i) ; des gaz et un charbon volumineux.
D’après un mémoire sur la composition du succin , récemment publié par M. Berzélius (2) , cette substance contient au moins cinq principes particuliers, savoir : i°. une huile volatile d’une odeur agréable , en petite quantité ; 2°. une résine jaune intimement unie à l’huile volatile , très soluble dans l’alcool, l’éther et les alcalis, bien fusible et semblable aux résines ordinaires non fossiles ; 3°. une autre résine combinée également à l’huile volatile , soluble dans l’éther et les alcalis , peu soluble dans l’alcool froid , plus soluble dans l’alcool bouillant , et se précipitant par le refroidissement sous forme de poudre blanche ; 4°* de l’acide succinique ; 5q. un principe insoluble dans l’alcool , l’éther et les alcalis, et qui a quelque analogie avec celui qui a été signalé dans la résine laque par M. John. Lors— qu’après avoir extrait, au moyen de l’étlier, les principes résineux et l’huile volatile , on évapore la solution , on
(1) Cette substance a été observée , pour la première fois , par M. Vogel de Bayreuth; mais elle n’a été obtenue bien pure ou séparée de l’huile qui la salit, que par MM. Robiquet et Colin ( Annales de Chimie et de Phys .,
t. IV, p. 326). C’est au moyen d’une ébullition prolongée dans l’eau , de la . fusion, et de l’action de .l’éther, qu’ils l’ont débarrassée de l’huile qui y adhère fortement. Elle forme alors , dans l’éther, un dépôt jaune composé de paillettes micacées. Elle est insoluble dans l’eau, dans l’alcool , et très peu soluble dans l’éther. Les alcalis et les acides 11’ont sur elle qu’une faible action. Chauffée en vaisseau elos, elle se volatilise, se décompose eu partie et laisse un petit résidu charbonneux.
(2) Annal. derPhyj. and. Chemie, von Poggendorf, 1828, n. 3, p.
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obtient un baume très odorant, d’un jaune clair, qui ne durcit qu’après un certain temps, en conservant en partie son odeur. M. Berzélius pense que le succin n’a été composé originairement que de ce baume, et que les parties insolubles se sont formées à la longue aux dépens des parties balsamiques solubles , dont une certaine quantité a échappé à la décomposition spontanée.
En réfléchissant sur les résultats de cette analyse, la composition de l’ambre jaune nous paraît fort analogue à celle des résines, telle que M. Bonastre l’a fait connaître. La seconde résine du succin, signalée dans l’analyse de M. Berzélius comme peu soluble à froid dans l’alcool , offre tous les caractères des corps que M. Bonastre a nommés sous-résines . V . Bésines.
Les beaux morceaux de succin servent à fabriquer des bijoux, des tuyaux de pipe , etc. Certains morceaux de succin ont une plus grande valeur à cause des figures qui s’y trouvent accidentellement. Selon M. Bosenthal ( Magaz. de Pharm mai 1824), les ouvriers qui travaillent le succin parviennent à faire naître ces figures en faisant bouillir le succin dans l’huile ; il s’y forme des gerçures qui représentent divers objets.
Les plus petits fragmens sont employés dans les arts pour faire d’excellens vernis , et en Pharmacie pour la préparation de l’acide succinique , de l’huile empyreumatique, et d’une liqueur oléagineuse acide , anciennement connue sous le nom d 'esprit de succin. O11 en fait aussi des fumigations , une teinture alcoolique et un sirop. (G... N.)
SCCCINATES. Sels résultans de l’union de l’acide succinique avec les bases salifiables. Les succinates ont été peu étudiés; on sait cependant que les succinates d’ammoniaque et de soude sont très solubles ; ceux de magnésie , d’alumine , de manganèse , de zinc , le sont beaucoup moins ; celui de potasse est déliquescent, Ces sels peuvent s’obtenir, i°. directement et en saturant l’acide succinique à l’aide des oxides ; 20. par double décomposition. L’un d’eux , le succinate d’ammoniaque , est employé comme réactif pour séparer le fer du manganèse ; mais comme il est très coûteux, on l’emploie peu souvent.
Selon M. Berzélius , dans ces sels la quantité de l’oxigène de l’oxide est à la quantité d’acide dans le rapport de i à 6,28.
SUCC1NATE D’AMMONIAQUE. O11 obtient ce combiné en saturant une solution de sous-carbonate d’ammoniaque , par de l’acide succinique, ajoutant de ce dernier jusqu’à ce que la liqueur ne fasse plus d’effervescence et que la saturation soit complète; on filtre, 011 fait évaporer et cristalliser; on conserve la solution filtrée. On prépare de la même manière les succinates à base de potasse et de soude. Le succinate d’ammoniaque a été recommandé par Klaprotli pour séparer le fer du manganèse. ( V. le Traité des réactifs . )
Les succinates ne sont pas employés dans l’art médical. SUCRE. Saccharum . Substance végétale neutre, essentiellement caractérisée par sa saveur douce , agréable , et par la propriété de pouvoir être transformée en acide carbonique et en alcool , lorsqu’après l’avoir fait dissoudre dans l’eau et mise en contact avec du ferment , on place cette solution dans des conditions convenables. Ce principe immédiat varie d’ailleurs dans ses qualités physiques : à l’état de pureté , il se présente ordinairement sous forme cristalline ; mais quelquefois il offre un aspect gras pulvérulent où ne se distinguent aucuns cristaux, et il n’a de commun avec le sucre ordinaire que les propriétés générales énoncées en tête de cet article. Il y a même des sucres dont la saveur est à peine douceâtre, et par conséquent qui ne peuvent être absolument assimilés au sucre cristallisé. A plus forte raison , nous en éloignons le sucre de lait, qui n’est aucunement susceptible de produire de l’alcool par la fermentation. Il ne sera donc question en ce moment que du sucre cristallisé, obtenu de la canne ou de tout autre végétal , et nous renvoyons pour les autres espèces de sucres aux mots Sucre de raisin , Sucre d’amidon , Sucre de pommes de terre , Sucre de champignons et Sucre de diabète.
Ce ne fut probablement qu’après les conquêtes d’Alexandre que le sucre a été connu des Grecs ; car l’Inde et les contrées les plus orientales de l’Asie sont la patrie originaire de la