TUBES
un liquide analogue à l’acide hydro-cyanique , de l’acide oxalique, etc. Ces résultats ne nous donnent presque aucune idée sur le principe de l’odeur des truffes , principe dans lequel gissent leurs propriétés échauffantes. On en prépare un sirop qui est quelquefois, mais bien rarement, donné comme aphrodisiaque. Une odeur semblable existe dans un fossile du Vicentin, nommé lartujfite , et que M. Jules Desnoyers a retrouvé abondamment en France dans le département de l’Orne près d’Argentan. L’analyse de ce fossile, par MM. Vauquelin et Moretti*, n’a pas beaucoup éclairci l’origine de son odeur. L’azote qu’ils y ont découvert leur a fait présumer que cette odeur était due à des débris d’animaux. V. le Mémoire de M. Jules Desnoyers, inséré parmi ceux de la Société d’Histoire naturelle de Paris, t. I, p. i--g. (G...X.)
TUBÉREUSE. Poljanth.es Puherosa , L. Belle plante de la famille des Narcissées, originaire de l’Amérique méridionale, et maintenant cultivée dans les jardins d’Europe, à cause de ses fleurs qui exhalent une odeur agréable, mais qui peut déterminer une sorte de narcotisme chez les personnes dont le système nerveux est facile à irriter. Les parfumeurs fixent cette odeur dans les pommades et les essences pour la toilette. Les bulbes de tubéreuse sont âcres et vomitifs. (G...n.)
TUBES. Tuyaux cylindriques plus ou moins longs et plus ou moins gros. Ceux employés par le pharmacien sont en verre , en porcelaine , en platine , en fer, en cuivre. Les tubes de verre sont les plus employés ; leur diamètre varie depuis la capillarité jusqu’à 3 ou 4 centimètres. On en fait même d’un diamètre plus considérable , mais ils sont peu employés. Les tubes capillaires servent à construire les thermomètres ; ces mêmes tubes, fermés des deux bouts, servent de baguettes; ils sont employés pour agiter les liquides , lorsque l’on fait des expériences ; il est cependant plus commode d’employer des tubes pleins , et d’arrondir les angles à la lime, à la meule ou à la lampe de Démailleur,
Les tubes d’une plus grande dimension sont mis en usage pour soumettre des gaz ou des vapeurs , seuls ou mêles à
TUNGSTÈNE. 267 :
d’autres corps, à l’action de la chaleur. 11 est souvent nécessaire de les recouvrir d’une chemise de terre ; on appelle cette opération luter. Ces mêmes tubes servent à faire des cloches recourbées , des éprouvettes, des tubes gradués.
Les tubes qui ont de 4 à 10 millimètres servent à faire des tubes courbés , des siphons [V. ce mot), des pipettes , des aréomètres , des tubes de sûreté. /U les planches. (A. C.)
TUE-CHIEN. Un des noms vulgaires du colchique. V. ce mot.
TULIPIER. Liriodendron Tuîipifera, L. — Rich. Bot. méd. , t. II , p. 636 ( Famille des Magnoliacées. Polyandrie Polygynie, L. ) Grand arbre originaire des forêts de l’Amérique septentrionale , et maintenant cultivé dans les jardins d’Europe , où il s’est parfaitement acclimaté. Ses feuilles sont grandes, pétiolées, irrégulièrement quadrilatères , tronquées au sommet , à 4 lobes aigus , d’un vert très clair et parfaitement glabres. Ses Heurs sont grandes, d’un jaune verdâtre, et ressemblent par leur forme générale à une tulipe; elles ont un calice à trois sépales , une corolle à six grands pétales ; environ vingt étamines hypogynes. Le fruit est une sorte de cône allongé formé de la réunion d’un grand nombre de carpelles.
L’écorce des jeunes branches de tulipier est amère , mais non astringente. On s’en sert, dans l’Amérique septentrionale, comme médicament tonique et fébrifuge. Administrée à titre de simple tonique , la dose est d’un gros à deux gros ; comme fébrifuge, d’une demi-once à une once, soit en poudre, soit en décoction. (A. R.)
TUNGSTATES. Combinaisons résultant de l’union de l’acide tungstique avec les bases salifiables Ces sels ne sont pas employés. /U Acide tungstïque. (A. C.)v
TUNGSTÈNE. Scheelium . Corps combustible simple métallique, découvert en 1781 par M. Délhuyart. Ce métal, qui n’est pas employé , se rencontre dans la nature à l’état de sel et combiné à de la chaux et à de l’oxide de fer. 11 a depuis quelques années été trouvé dans des mines de manganèse par MM. Vauquelin, Laugier et Chevallier. Ce métal a été rangé
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par Fourcroy , parmi les métaux cassans et acidifiables , puis par M. Thénard , dans la quatrième section. On l’obtient en mêlant l’acide, tungstique à du charbon , faisant une pâte avec de Fhuile , chauffant dans un creuset brasqué. (A. C.) TUNGSTIQUE. V. Acide tungstique, t. I, p. 194. TURBITH MINÉRAL. V. Sulfate de mercure.
TÜRBITH VÉGÉTAL. Convolvulus Turpethum, L. ( Famille des Convolvulacées. Pentandrie Monogynie , L. ) Cette espèce de liseron croît dans les Indes orientales , et particulièrement dans l’île de Ceylan. Ses racines à l’état récent sont cylindriques, flexueuses, très longues, rameuses, pleines d’un suc laiteux. Séchées et telles qu’elles se voient dans les pharmacies, elles sont en tronçons de 4 à 5 pouces de long sur un demi-pouce à un pouce de diamètre , c’est-à-dire environ de la grosseur du doigt ; le corps ligneux en a été séparé; l’extérieur est gris-cendré ou rougeâtre , l’intérieur blanchâtre, compacte , composé de fibres parallèles longitudinales , ou de vaisseaux propres renfermant une résine jaune orangée. La coupe transversale de ces tronçons offre des trous ronds apparens à la vue simple , ce qui donne à l’intérieur de ces racines l’aspect d’une tige de bambou ou de jonc coupée transversalement. Cette observation, qui est due à M. Guibourt , paraît 11’avoir pas frappé les anciens pharmacologistes.
Les racines de turbith sont inodores; leur saveur est d’abord nulle , puis elles laissent une impression âcre et nauséeuse. De même que le jalap, qui appartient au même genre de plantes, le turbith végétal est un purgatif drastique , autrefois plus employé qu’il ne l’est aujourd’hui. Il entrait dans un grand nombre de préparations que les médecins modernes ne prescrivent plus.
M. Boutron-Charlarcl a publié ( Journ . de Pharm. , t. VIII, p. 122) une analyse du turbith végétal, dont voici les produits : résine; matière grasse; huile volatile; albumine; et fécule ainilacée. (G...n.)
TURBITH ( FAUX). V. Thapsie. Ce nom, ainsi que celui de turbith des montagnes , a été encore appliqué vulgairement
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au Laserpitium latifolium , L. , plante de la famille des Oinbellifères.
TURION. Turio. O11 désigne sous ce nom le bourgeon de certaines plantes vivaces, situé au collet de leur racine et se confondant avec lui. Les turions de plusieurs plantes sont comestibles; tels sont ceux de l’asperge et du houblon.
TURNEPS. Les Anglais donnent ce nom, qui est maintenant reçu dans la langue française, à la grosse rave. V . Rave. k TURPETHUM. V . Turbith végétal.
TUSSILAGE. Tussilage) Farfara, L. — Rich. Bot. méd. , t. I, p. 391. (Famille des Synanthérées Corymbifères de Jussieu. Syngénésie superflue, L. ) Cette plante, vulgairement nommée pas cfane , croît dans les localités humides, et particulièrement dans les terrains calcaires. Ses tiges ( rhizomes ) sont souterraines, rampantes, et se propagent au loin. 11 en pousse, vers le premier printemps, plusieurs petites hampes hautes de 6 à 8 pouces, couvertes d’écailles lâches et cotonneuses, terminées par un seul capitule de fleurs jaunes. Ce capitule a les folioles de Linvolucre lancéolées étroites, formant une sorte de cylindre autour des fleurs qui au centre sont tubuleuses, hermaphrodites, et à la circonférence forment une rangée de demi-fleurons en languettes et femelles. Les feuilles naissent après l’apparition des fleurs; elles sont grandes, pé— tiolées, cordifonnes, anguleuses et denticulées sur leurs bords, d’un vert clair en dessus , blanches et cotonneuses en dessous.
Les fleurs exhalent une odeur agréable qu’elles conservent par la dessication ; leur saveur est douce et un peu aromatique. On les emploie en infusion théiforme comme adoucissantes dans les affections de l’appareil pulmonaire. L’infusion doit être passée dans un linge fin , afin d’en séparer les poils de l’aigrette, qui pourraient irriter la gorge et augmenter la toux. Ces fleurs font partie des espèces pectorales ; on en fait un sirop particulier, et elles entrent dans le sirop de grande consolide.
O11 employait autrefois les feuilles de tussilage dont la sa—
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veur, amère ; mais eet usage est aujourd’hui tombé en désuétude. Nous en dirons autant des rhizomes (racines) qui étaient prescrits par les anciens médecins , et qui figuraient parmi les ingrédiens du sirop ây Erysimum. En certaines contrées d’Allemagne , les feuilles sont encore usitées comme topiques , et on les fume en guise de tabac. (G...N.)
TUTHIE DES FOURNEAUX. V. Cadmie des fourneaux, t. I , p. 499-
TYPHA ou MASSETTE. Typha latifolia , L. C’est une plante monocotylédone , formant le type d’une petite famille à laquelle on donne le nom de Typhacées ou Typhinées. Cette plante croit abondamment dans les lieux aquatiques de presque toute l’Europe. Ses souches souterraines (rhizomes) sont cylindriques ou légèrement aplaties , de 12 à 1 5 pouces de longueur, et d’environ un pouce à un pouce et demi de diamètre. A l’état frais, elles sont plus pesantes que l’eau , d’une saveur douce, avec un arrière-goût styptique. Leur intérieur est plein d’une substance blanche , assez compacte , d’une saveur agréable. De ces souches s’élève verticalement une sorte de chaume simple , sans nœuds, cylindrique, muni à sa base de feuilles rubanées , et portant au sommet les fleurs qui forment des chatons cylindriques, composés d’une multitude de fleurs monoïques , les mâles occupant la partie supérieure , les femelles placées au-dessous. Les fleurs mâles étant excessivement nombreuses, fournissent une quantité considérable de pollen que , pour divers usages pharmaceutiques et techniques , l’on a substitué à la poussière du îycopode. Les poils qui accompagnent les fleurs et qui sont un peu plus courts que les étamines , constituent un duvet très serré qu’on est parvenu à feutrer , et dont on a fait des tricots, des coussins, etc. Chardin raconte qu’en Perse on mêle la bourre du typha avec de la cendre et de la chaux vive que l’on bat pendant long-temps pour en former une sorte de ciment ou de mortier qui acquiert la dureté du marbre.
Les rhizomes ou racines de typha contiennent beaucoup de lécule, dont la quantité et les caractères varient selon la sai—
ULMAIRE. 271
son où l’on a fait la récolte de ces racines. C’est ce qui résulte des recherches analytiques que M. Lecoq a publiées, et dont voici les produits : iooo grammes de racine fraîche ont donné,
Recolle du mois d’avril »
Le résidu ligneux incinéré a donné du carbonate , de l’hy dro-chlorate et du sulfate de potasse, de la silice, de la magnésie et de l’oxide de fer.
O11 voit par ces résultats , qui sont les extrêmes de plusieurs analyses , que l’automne est la saison où il se forme le plus de fécule , et qu’au printemps , c’est le sucre , la gomme et autres principes qui dominent aux dépens de la fécule. En outre , celle qui est obtenue au mois de décembre forme avec l’eau une gelée analogue à celle que l’on prépare avec le salep et qui acquiert une belle couleur bleue par l’iode, tandis que la fécule recueillie dans le mois de mai n’est pas susceptible de se convertir en gelée.
Le Typha anguslifolia , espèce moins commune que le Typha latifolia, et qui croît dans les mêmes localités, fournit aussi des produits semblables. (G...n.)
ULMAIRE ou REINE DES PRÉS. Spirœa Vlmaria, L. ( Famille des Rosacées , tribu des Spiréacées. Icosandrie Peutagynie, L. ) Plante herbacée qui croît en abondance dans les pâturages et les prés humides de l'Europe. Ses racines sont longues de 2 à 3 pouces, noires à l’extérieur, écailleuses, gar-
Récolte du mois de décembre.
Eau
Fécule
Gomme
Sucre. * . . .
Tannin
Malate acide de chaux
Matière extractive particulière.
Ligneux .