VERNIS DE LA CHINE
sinb. Son nom vulgaire est Unis noki. On fait à son écorce des entailles transversales d’où découle un suc laiteux qui noircit à Fair , et que Fon recueille avec soin. Les bourgeons et les pétioles des feuilles en donnent aussi abondamment. O11 renouvelle les entailles jusqu’à ce que la tige ou la brandie soit épuisée ; alors on coupe l’arbre à la base , et de nouvelles pousses sont propres, au bout de trois années, à fournir du vernis. Kæmpfer décrit et figure une autre espèce de Rhus ( Rhiis succedanea ) , à laquelle il donne le nom, vulgaire au Japon, de F asi noki, et que l’on ne cultive pas, parce que la quantité de suc qu’elle fournit est trop peu considérable. Il ajoute que le vernis clu Japon ne suffirait pas même ,à la consommation du pays, si on ne lui substituait un vernis analogue nommé Nam Rak} et que le commerce y apporte du royaume de Siain. Déjà Kæmpfer avait attribué ce dernier vernis à un arbre du genre Anacardium.
Dans les 'Transactions philosophiques pour les années i 755,
\ r]56 et 1757 , une discussion s’éleva entre plusieurs naturalistes sur l’arbre qui fournit le vernis du Japon. Les uns , et particulièrement Miller, attribuèrent ce suc à une espèce d’Amérique septentrionale , qu’ils considérèrent comme identique avec VArbor vernicifera. de Kæmpfer. Ellis s’efforça de réfuter cette opinion ; il démôntra que la plante d’Amérique n’était pas l’espèce cultivée au Japon et décrite par Kæmpfer, mais probablement celle que cet auteur a nommée Fasi-Noki, La plupart des auteurs ont adopté l’opinion d’Ellis.
Ainsi que nous l’avons déjà dit plus haut , Kæmpfer avait clairement exprimé son opinion sur la diversité des arbres qui produisent le vernis noir , au Japon et dans le royaume de Siain. De nouveaux renseignemens qui appuient l’opinion de Kæmpfer ont été fournis récemment par M. Swinton de Calcutta, dans le n° de janvier 1828 du Journal des Sciences (Y Edimbourg , dirigé par Brewster. On y apprend que le vernis de Sjlhet et celui appelé Tsi-Tsi ou vernis de Rangoon , sont produits par le suc du Semecarpus Anacardium , soit seul, «oit mêlé avec le suc d’autres plantes.
3oo VERNIS DE LA CHINE.
Les vernis de Kheeoo et de Martaban proviennent d’un autre arbre qui a reçu le nom de Melanorhœa usitatissima. Ces vernis ont à peu près les mêmes qualités ; mais celui de Rangoon paraît être plus pur que les autres, étant formé uniquement du suc du Semecarpus Anacardium ,
Ces vernis s’appliquent sur les divers objets de fer, de bois, de pierre, etc. Leur couleur ne devient d’un beau noir qu’après avoir été exposés à l’air pendant quelques minutes. A la température ordinaire, ils conservent leur siccité, mais ils deviennent fluides par la chaleur. Pour les faire sécher plus promptement , on les délaie dans l’essence de térébenthine avant de les appliquer.
M. Swintona examiné, au microscope, le vernis de Rangoon, ayant eu soin de n’en prendre qu’une bien petite quantité renfermée entre deux verres, et il a vu que ce vernis était composé de particules extrêmement ténues, rangées par séries, comme cell es que l’on trouve dans le sang , le lait et autres fluides organiques, mais qui offraient des stries de couleurs extrêmement nuancées. Quand il donnait accès à l’air, le suc était à l’instant désorgânisé et ne présentait plus qu’une masse noire homogène.
Les qualités vénéneuses de l’arbre à vernis du Japon sont connues depuis long-temps. Kæmpferfait mention des dangers de ses exhalaisons , et par son récit on reconnaît qu’il produit une action analogue à celle du Rhus radicans. Les vernis de l’Inde , quoique diflérens d’origine , produisent aussi de mauvais effets, qui ont été constatés de nouveau dans l’écrit de M. Swinton.
M. Macaire-Prinsep vient de publier, dans les Annales de V Industrie, mai 1829, p. 48° , une analyse du vernis de la Chine, faite sur un échantillon rapporté, en 1828, par M. Peirottet. Ce vernis est d’une couleur jaune, légèrement brunâtre, d’une odeur aromatique particulière, d’une saveur forte légèrement astringente, persistante et analogue à celle du baume de la Mecque ou de copaliu. Sa consistance est semblable à celle de la térébenthine épaisse. Étendu sur les
VÉRONIQUE OFFICINALE. 3oi
corps, il forme un vernis continu, brillant, se'chant facilement et d’un beau poli. Les couleurs s’y délaient très uniformément : ainsi , le minium , le cinabre et le noir de fumée qu’on y mélange donnent naissance à de beaux vernis qui ne s’écaillent point par la dessication , avantage que ne présentent pas les térébenthines de nos pays ainsi que le baume de copahu qui , avec les couleurs , forment des vernis non siccatifs. L’analyse chimique du vernis de la Chine a donné pour résultats , i°. de l’acide benzoïque ; 2°. une résine; 3°. une huile volatile particulière. C’est à l’heureuse proportion de ces principes et aux légères différences qu’ils présentent dans leurs propriétés avec leurs analogues connus , que le vernis de la Chine doit la supériorité qui a rendu son emploi si précieux dans les arts. Bouillie avec de l’acide sulfurique étendu, cette substance laisse dégager son odeur âcre, et le vase paraît teint sur ses bords d’une belle couleur rouge de sang que l’on peut enlever par écailles. Cette matière pourpre paraît être un composé de résine et d’acide sulfurique modifié dans sa composition élémentaire , et n’être par conséquent qu’une altération du tannin artificiel ; car on sait que l’acide sulfurique produit cette dernière substance par son action sur la résine ordinaire.
VERNIX ( RÉSINE ). V. Sandaraque.
VERONICA BECCABUNGA. V. Beccabunga.
VÉRONIQUE OFFICINALE ou VÉRONIQUE MALE. Veronica qfficinalis , L. — Rich. Bot. méd. , t. I, p. 232. (Famille des Scrophularine'es. Biandrie Monogynie , L. ) C’est une petite plante vivace qui est commune dans les bois de l’Europe, où elle fleurit pendant une partie de l’été. Ses tiges sont étalées, rampantes, un peu velues , longues de 4 à 5 pouces , munies de feuilles opposées, ovales obtuses, dentées et pubes— centes. Les fleurs sont petites , d’un bleu pâle , disposées en épis pédonculés dans les aisselles des feuilles supérieures.
Les feuilles et les jeunes tiges de la véronique ont une saveur légèrement amère et astringente; elles contiennent, en petite quantité, de l’acide gallique et du tannin, car leur in-
3oa VERRE.
fusion aqueuse passe au brun par le sulfate de fer. Par l’effet de la dessication, leur odeur est presque nulle, ce qui ne justifie guère le nom de thé d'Europe qu’on donnait autrefois à cette plante. Elle fait partie des espèces vulnéraires suisses; son infusion théiforme est légèrement excitante et diaphoré— tique. On l’administrait autrefois dans une foule de maladies différentes, telles que l’ictère, la gravelie , les catarrhes chroniques, etc. ; mais les médecins modernes en ont à peu près abandonné l’usage.
Le genre des véroniques est excessivement nombreux en espèces qui croissent dans les champs, les bois et sur les montagnes de l’Europe. Parmi ces espèces, nous citerons, comme pouvant remplacer la véronique officinale, les Veronica anagcillis , Chamœdrys et Teucrium , qui sont de fort jolies plantes à fleurs bleues, très communes dans les fossés et les haies. (G...n.)
VERRE. On a donné le nom de verre à un composé de soude, de potasse, et quelquefois d’oxide de plomb et de manganèse , qu’on obtient en soumettant à la fusion , dans des fours, divers mélanges qui fournissent des produits divers. Il n’entre pas dans le cadre de notre ouvrage de donner des détails sur les divers procédés à suivre pour obtenir ces produits; mais nous avons cru qu’il serait agréable au pharmacien de connaître les formules des mélanges employés à la fabrication du verre. Nous renverrons, pour les détails sur la vitrification, au Traité de Vart de la verrerie , de Loisel; aux Annales de Chimie, t. L et LXII ; aux Annales des arts et manufactures, t. XXI , et au Bulletin de la Société Philomatique, bulletin 92 , p. a5o.
Mélange pour la fabrication du verre de bouteille. Sable, 100 parties; soude brute, 200 parties ; cendres, 5o parties; cassons de vieilles bouteilles, 100 parties.
Mélange pour la fabrication du verre ordinaire. Sable, 100 ; soude brute, 100; rognures ou verre cassé, 100. On ajoute quelquefois à ce mélangé une petite quantité de peroxide de manganèse, pour décolorer le produit.
VERRE DE BORAX. 3o3
Mélange pour le cristal ou flint-glass. Sabie blanc, 100; minium , 80 ; potasse du commerce, 5 o; nitre brut, 2 ; peroxide de manganèse, 0,06. O11 ajoute quelquefois une petite quantité d’oxide d’arsenic ou de sulfure d’antimoine.
Mélange pour la fabrication du verre à glace (Saint-Gobin). Sable blanc , 100 ; cliaux éteinte à l’air, 12 ; sel de soude desséché, 45 à ; rognures de glaces, 100. On ajoute quelquefois à ce mélange une petite quantité d’oxide de manganèse.
Mélange pour la fabrication du verre avec le sulfate et le muriate de soude. Sulfate de soude sec, 100 parties; muriate de soude, 100; silice, 656; cliaux éteinte, 34o. On fait un mélange; 011 chauffe le four et les pots qui doivent le recevoir jusqu’au rouge-blanc. Lorsqu’ils sont à ce degré, on enfourne le mélange, peloté, par pelletées , jusqu’à ce que les pots soient pleins ; on bouche les ouvertures aussitôt qu’on voit que la matière s’affaisse ; on continue d’enfourner le mélange , jusqu’à ce que les pots soient pleins de matière fondue; on entretient la chaleur pour obtenir une bonne fusion dans le moins de temps possible. Lorsque les fumées diminuent , on tire de temps en temps des larmes d’essai ; et lorsque le produit est affiné, ce qui a lieu après un espace de 24 heures , 011 emploie le verre qui provient de ce mélange. On peut, parle même procédé et en prenant un autre mélange , le suivant, obtenir de bons résultats. Muriate de soude desséché, 100 ; silice , 128 ; chaux éteinte à l’air, 92. On peut donner au verre différentes nuances , en y ajoutant des oxides métalliques. Avec le peroxide de manganèse, on obtient une belle couleur violette ; avec ceux de cobalt , une couleur bleu d’azur; avec l’oxide de chrome, un bleu verdâtre. On obtient une couleur analogue avec les oxides de fer, de cuivre, d’antimoine ; le pourpre de Cassius uni à l’oxide de manganèse donne du rouge. Les pierres artificielles sont des verres colorés parles oxides métalliques. (A. C.)
VERRE D’ANTIMOINE. V. Oxide d’antimoine sulfuré ? t, IV, p. 58.
VERRE DE BORAX. V. Borate de soude , t. Ier, p. 456.
3*>4 VERT DE SCHEÈLE.
VERRE D’ÉTAIN. On avait donné ce nom à l’oxide d’étain, la potée d'étain.
VERRE DE MOSCOVIE. Nom donné au mica en grandes lames. VERRE DE PLOMB. V. Oxide de plomb.
VERRES A EXPÉRIENCES. Vases coniques en verre, soutenus sur un pied. Ils servent à examiner ce qui se passe lorsqu’on mêle ensemble des produits qui réagissent les uns sur les autres, et qui donnent lieu à des précipités ou à des phénomènes caractéristiques. S’il y a précipitation , les précipités deviennent plus sensibles , en se réunissant au fond du verre. Ces verres doivent être faits en verre blanc diaphane , afin de laisser apercevoir les précipités les plus légers, et même si la liqueur se trouble. (A. C.)
VERS. Classe d’animaux invertébrés que les naturalistes modernes désignent sous le nom d ' Annéli de s , et parmi lesquels on remarque la sangsue et le ver de terre , sur lesquels nous avons donné des articles particuliers. V. ces mots.
Les vers intestinaux ou Entozoaires forment une autre classe d’animaux dont l’étude intéresse à un haut degré le médecin pathologiste , mais qui est étrangère au pharmacologiste. Nous ne devons donc pas faire mention de ces êtres dans le présent ouvrage. (G. ..n.)
VERT-DE-GRIS. V. Acétate de cuivre.
VERT D’IRIS. Couleur verte que l’on obtient en pilant les pétales bleus du glaïeul avec de la chaux , exprimant le suc et le faisant dessécher sur une assiette.
VERT DE SCHEÈLE. Combinaison de deutoxide de cuivre et d’oxide d’arsenic ; sa couleur est vert-pomme ; il est pulvérulent, insoluble dans l’eau. Exposé à l’action de la chaleur, il répand une odeur d’arsenic très prononcée ; chauffé dans un tube avec du charbon , on obtient de l’arsenic métallique et du cuivre mêlé au charbon. Pour obtenir ce vert, on agit de la manière suivante : on fait bouillir 352 grammes (n onces) d’oxide blanc d’arsenic avec i kifogr. (2 liv.) de carbonate de potasse, pendant une demi-heure; on laisse reposer; puis on verse dans cette liqueur 1 7 litres d’eau, tenant en solution
VERVEINE. 3o5
ï kilog. (2 liv.) de sulfate de cuivre ; on agite ; le vert de Scheèle se précipite ; on le met égoutter sur une toile , et on le lave à plusieurs eaux pour le séparer du sulfate de potasse. On doit , en prenant les quantités indiquées et en opérant ainsi que nous venons de le dire , obtenir un produit d’une belle couleur verte.
M. Braconnot de Nancy a donné le procédé suivant, pour obtenir un vert aussi beau que celui de Scliweinfurt. On fait dissoudre 8 parties d’oxide d’arsenic dans 8 parties de potasse du commerce. On décompose la solution par 6 parties de sulfate de cuivre , et l’on mêle le précipité avec 3 parties d’acide acétique. Ce vert est employé dans la fabrication du papier peint et dans la peinture à l’huile. Il y a quelques années , au Ier janvier , des confiseurs colorèrent des bonbons avec cette préparation vénéneuse ; l’autorité ayant eu connaissance de ce fait , prit des mesures pour en empêcher la vente. Tout récemment, on a adressé d’Allemagne des bonbons colorés par le même produit , et d’autres colorés par le j aune de chrome , le cliromate de plomb. Des démarches faites sur-le-champ, par ordre supérieur , ont eu pour but d’avertir les marchands des accidens qui pourraient résulter de l’usage de bonbons ainsi colorés. (A. C.)
VERT DE VESSIE. Produit ainsi nommé parce qu’il est contenu dans des vessies. O11 le prépare en mêlant 3 kilogr. (6 liv.) de suc de baies de nerprun mûres , <y5o gramm. (1 liv. 6 onces) d’eau de chaux , et 96 grammes (3 onces) de gomme arabique; faisant évaporer le tout en consistance d’extrait, mettant cet extrait dans des vessies, que l’on suspend afin de faire dessécher la matière colorante qu’elles contiennent. Ce produit est employé dans la peinture en détrempe. (A. C.)
VERTÉBRÉS. Premier embranchement des êtres qui composent le règne animal. Le nom de vertébrés indique suffisamment le caractère essentiel qui distingue ces animaux , et 11’a pas besoin de plus ample définition. F. d’ailleurs l’art. Zoologie. (G... n.)
VERVEINE. Ferbena offîcinalis , L. — Rich. Bot. méd. , Tome V.
3o6 YESCE.
t, I, p. 242- (Famille des Verbénacées. Didynamie Angiospermie , L.) Plante herbacée excessivement commune dans les lieux incultes et sur le bord des chemins. De sa racine , qui est bisannuelle , s’élève une tige d’un pied à un pied et demi , médiocrement rameuse , tétragone , striée , légèrement pubescente , portant des feuilles opposées, profondément incisées, surtout les inférieures, et velues ; les supérieures sont lancéolées, et simplement dentées à la base. Les fleurs sont très petites, d’une couleur violette pâle, et forment un long épi à la partie supérieure de la tige et de ses ramifications. Les fruits sont petits , tétragones, tronqués, enveloppés par le calice , à quatre loges monospermes et indéhiscentes.
Les qualités physiques de la verveine sont presque milles : une odeur faible herbacée , une saveur faiblement amère et astringente, ne peuvent être les indices d’énergiques propriétés médicales. Cependant la verveine a joui de tous temps chez le vulgaire , d’une grande réputation comme plante médicinale. Les anciens lui donnaient le nom d ’ herbe à tous maux , parce que, dans leur crédule ignorance, ils lui attribuaient la guérison de toutes les maladies où ils l'employaient. Les habitans des campagnes préparent avec ces feuilles, bouillies dans le vinaigre, des cataplasmes rubéfians qu'ils appliquent sur le côté douloureux dans la pleurésie. ~On sent bien que ce n’est pas à la verveine , plante inerte, qu’est dû l’effet de ce remède. La verveine était en vénération dans l’antiquité j les Grecs lui donnaient le nom d 'herbe sacrée, nous ne savons trop pourquoi , et la superstition s’en était emparée pour abuser de la crédulité des peuples.
Une autre espèce de verveine arborescente et originaire des climats chauds ( V. triphjlla ) , a des feuilles douées d’une forte odeur semblable à celle de- la mélisse. Quelques praticiens les emploient en infusion dans les mêmes circonstances que les feuilles de cette dernière plante. (A. R.)
VESCE. Vicia saliva, L. ( Famille des Légumineuses, Dia— delphie Décandrie , L. ) Cette plante est cultivée généralement en Europe , à cause de ses graines noires , rondes i lisses et fa-
YïGNE. 3o7
vineuses , que Ton emploie principalement pour engraisser les pigeons. La farine de ces graines est résolutive , et on la substituait ordinairement à celle dérobe qu’il était moins facile de se procurer. (G...pî.) ,
VESOU. On donne ce nom au suc exprimé de la canne à sucre. V. Sucre.
VETTIVER. On donne ce nom aux racines ou rhizomes d’une graminée exotique, qui sont employées, à raison de leur odeur forte, analogue à celle de certaines labiées , pour éloigner les insectes des scliais et autres tissus de laine. Elles ont l’aspect des racines de scliœnantlie , mais elles sont douées d’une odeur plus forte. Elles proviennent , comme celles-ci , d’une espèce d ’Androjiogon dont on a voulu faire, mais fort inutilement, un genre distinct sous le nom de Vettiveria . C’est V Androp. muricaLuin de Retz, ou Jgrostis verticillata deLamar'ck.
Cette plante croit dans l’Inde orientale , où depuis longtemps ses racines sont employées aux usages que nous avons mentionnés.
M. Henry a publié ( Journal de Pharmacie , février 1828, p. 57) une analyse de la racine de vettiver, qui lui a fourni des résultats analogues à ceux que M. Vauquelm avait obtenus de la racine de scliœnantlie , et particulièrement une résine identique avec la myrrhe. (G...N.)
VIF-ARGENT. V. Mercure.
VIGNE. Vilis vimfera , L.- — Rich. Rot. méd., t. Il, p. 71 1. ( Famille des Vinifères. Pentandrie Monogynie, L. ) La vigne est originaire de l’Asie-Mineure , d’où elle a été transportée successivement en Grèce et en Italie. Elle fut introduite dans les Gaules par une colonie de Phéniciens qui vint fonder la ville de Marseille. Sa culture a été ensuite propagée dans l’Europe tempérée, mais elle ne s’est pas étendue au-delà de certaines limites; en France, par exemple, 011 11e la rencontre pas à l’ouest , dans les départemens qui forment les anciennes provinces de Bretagne, de Normandie et de Picardie, tandis que dans les départemens de l’est, elle remonte beaucoup plus haut vers le nord. On peut même tracer* pour limite naturelle
3o 8 VIGNE.
de la culture de la vigne en France, une ligne obliquement transversale depuis l’embouchure de la Loire ou un peu audessus, jusqu’à quelques lieues au-dessus du confluent de la Moselle. Si les contrées orientales de l’Europe sont plus convenables à la vigne que les pays voisins de l’Océan , ce n’est pas que leur température soit plus douce ; au contraire , les hivers y sévissent ordinairement avec plus de rigueur , mais en revanche les étés y sont plus chauds, et par conséquent le raisin y mûrit parfaitement. En Angleterre et dans les pays occidentaux, la température de l’hiver ne s’oppose pas à la culture de la vigne, mais les étés n’y sont pas assez chauds pour que ses fruits parviennent à leur complète maturité.
La vigne est une plante trop connue pour qu’il soit utile d’en donner une description. De même que la plupart des plantes cultivées depuis un temps immémorial, elle a produit un grand nombre de variétés , dont les caractères différentiels résident principalement dans les fruits. On sait à cet égard combien les vignobles diffèrent entre eux, et que c’est sur cette différence qu’est basée la richesse relative du sol de plusieurs pays. Nous avons décrit à l’article Raisin les variétés que l’on fait sécher pour les usages de la Médecine , ou pour les employer comme comestibles ; en conséquence , il serait. superflu de revenir sur ce sujet, ainsi que de' parler ici du vin , produit
fermenté des raisins , et qui doit être traité dans un article
particulier. Ce que l’on nomme verjus est le suc acide-astringent d’une variété de vigne dont le raisin ne parvient pas à sa maturité. Quelquefois on fait prendre ce suc à l’intérieur comme vulnéraire ; il est plus souvent employé pour assaisonner les viandes et les légumes.
Les feuilles de la vigne ont aussi une saveur acide-acerbe qui les rend très agréables à la plupart des animaux herbivores. Les anciens en recommandaient l’usage dans les diarrhées et les catarrhes chroniques; mais cet emploi est totalement abandonné depuis que l’on connaît une foule de médicamens dont l’action est plus certaine ou plus convenable pour ces maladies. L’acidité des feuilles de vigne dépend d’un principe dont