‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutique (volume 2)Chapitre 85 sur 119 · VIN · texte numérisé non relu

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et ceux des départeineus méridionaux de la France fournissent des vins qui ont un goût plus agréable , c’est-à-dire plus sucré ; mais ces vins , quoiqu’ils aient assez de force , ne fournissent pas des eaux-de-vie d’aussi bonne qualité , ni ne donnent pas autant de vinaigre que les vins des de'partemens qui forment le centre de la France.

De la fabrication du vin . C’est avec le jus du raisin qu’on fait le vin ; ce jus est formé de beaucoup d’eau, d’une assez grande quantité de sucre d’une matière particulière très soluble dans l’eau , d’une petite quantité de mucilage , de tannin, de tartrate acide de potasse, de tartrate acide de chaux , de sel marin , de sulfate de potasse , et peut-être de sulfate de chaux. On l’obtient de la manière suivante : on cueille les raisins lorsqu’ils sont mûrs ; on les met dans des tonneaux, on les foule; on les porte ensuite dans de grandes cuves où la fermentation s’établit. La masse s’échauffe après un certain temps ; les parties molles sont soulevées par le gaz acide carbonique qui se dégage , et elles se rassemblent à la surface du liquide , en une masse presque hémisphérique qui prend le nom de chapeau. La liqueur, de sucrée qu’elle était, devient vineuse ; elle se colore fortement si les raisins sont rouges, et se recouvre en partie d’une écume composée de ferment et de quelques matières étrangères au ferment. Plus tard, les signes de la fermentation diminuent d’intensité; on agite alors les matières contenues dans la cuve, soit à l’aide d’un instrument nommé foidoir, soit en descendant dans eette cuve et foulant avec les pieds (i) pour mêler toutes les matières et ranimer la fermentation. Lorsque la liqueur ne bout plus,, qu’elle a pris une saveur forte et vineuse, et qu’elle est devenue parfaitement claire , on regarde le vin comme fait , et on le tire. On porte le marc au pressoir , et par la pression on en retire encore une grande partie du vin qu’il retient. Le vin ainsi obtenu n’a pas fermenté entièrement ; aussi la fermen—

(1) Cette dernière manière d’agir n’est pas sans danger, et souvent le fouleur est asphyxie par le gaz aeide carbonique qui se dégage.

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ta tien se fait encore dans les tonneaux , et elle se prolonge pendant plusieurs mois d’une manière assez active pour que les premiers jours on aperçoive, tout au tour de la bonde, une écume épaisse semblable à celle dont nous avons parlé. Cette même écume continue à se produire tant que la fermentation dure ; mais au lieu de rester à la surface du liquide , elle se précipite au fond du vase dans lequel le vin a été introduit, en entrainant avec elle une certaine quantité de matière colorante , du tartre peu soluble dans un liquide alcoolisé , enfin du tartrate de chaux. Le vin est rouge s’il provient du moût des raisins noirs fermentés avec les pellicules ou enveloppes ; il est blanc s’il est retiré du moût des raisins blancs fermentés , ou encore du moût des raisins noirs fermentés après que les enveloppes ont été séparées.

Les vins mousseux s’obtiennent en mettant les vins en bouteille quelque temps après qu’ils sont tirés. La fermentation n’étant pas achevée, il se forme de l’acide carbonique qui, ne pouvant se dégager en raison de la pression à laquelle il est soumis, reste en dissolution dans le vin. Si l’on débouche le flacon contenant ce vin, l’acide reprend la forme gazeuse , il s’élance hors du vin en en entraînant une partie à l’état de mousse. Si le vin destiné à faire le vin mousseux n’était pas assez sucré , on y ajoute un peu de sucre candi. Les vins mousseux, qui se préparaient en Champagne, se font maintenant en Bourgogne (i j ; on a soin de tenir les bouteilles renversées convenablement, et de les déboucher dans lès premiers mois pour en extraire la lie qui se dépose et qui s’accumule dans le goulot. Cette opération, que l’on nomme dépotage , demande une grande habileté de la part du manipulateur , et de cette habileté dépend la qualité du vin. Nous ne pouvons entrer dans tous les détails concernant la fabrication des vins; nous renverrons nos lecteurs au traité de M. Cbaptal et aux autres ouvrages spéciaux publiés sur cette branche d’industrie. Nous nous bornerons à donner des dé-

(i) On fabrique aussi du vin mousseux Ji Paris, et j’en ai vu qui , au dire des gourmets, pouvait être confondu avec le vin (le Champagne.

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taiïs sur les faits nouveaux qu’il importe aux pharmaciens de connaître. Ces faits se rapportent aux moyens à employer pour reconnaître les vins colorés naturellement ou artificiellement, les vins falsifiés ; les procédés mis en usage pour bonifier le vin ou remédier aux accidens qui lui arrivent. Nous renverrons , pour l’examen de la quantité d’esprit qu’ils contiennent, à l’article Alcool , t. Ier, p. 218.

Les vins que l’on trouve dans le commerce sont quelquefois colorés artificiellement. Des essais qui nous sont particuliers nous ont fait reconnaître que les vins naturels peuvent être distingués à l’aide de la potasse et de l’ammoniaque* enfin que d’autres réactifs indiqués jusqu’à présent comme convenables pour cette opération , ne le sont pas; en effet, il est résulté de nombreux essais qu’il serait inutile de rapporter ici :

i°. Que la potasse peut être employée comme réactif pour faire reconnaître la couleur des vins naturels , qu’elle fait passer de la couleur rouge au vert bouteille ou au vert brunâtre ;

20. Que le changement de couleur produit sur les vins , par ce réactif, est différent lorsque les vins sont plus âgés ;

3°. Qu’il n’y a pas précipitation de la matière colorante par la potasse ; cette matière reste en dissolution dans la liqueur alcaline ;

4°. Que l’acétate de plomb ne peut ni ne doit être employé comme réactif pour faire reconnaître la coloration des vins, ce sel étant susceptible de donner , avec les vins naturels , des précipités de diverses couleurs ;

5°. Qu’il en est de même de l’eau de chaux , du muriate d’étain additionné d’alcali volatil, du sous-acétate de plomb;

6°. Que l’ammoniaque peut être employée pour faire reconnaître les vins naturels , à cause des changemens de couleur qu’elle détermine dans ces liquides -• la couleur rouge passe ail vert brunâtre ou au brun verdâtre ; ces colorations ne varient pas d’une manière bien sensible ;

70. Qu’il en est de même de la solution d’alun, qui donne un précipité gris sale lorsque l’on y ajoute une certaine quantité de potasse en solution.

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D’après divers auteurs , les vins colorés artificiellement donnent, parla potasse, les colorations suivantes :

Le vin coloré avec les baies d’hièble , un précipité violâtre , avec le bois d’Inde, id. rouge violacé ,

avec les baies de mûres , id. violâtre , avec le bois de Fernambouc, id. rouge , avec la matière colorante de

la betterave, id. rouge,

avecletournesolen drapeaux, id. violet clair, avec le troène , id. violet bleu ,

avec le phytolaca , id. jaune.

Le vin est aussi quelquefois additionné d’eau-de-vie. Cette addition est facile à reconnaître pour ceux qui ont l’habitude de déguster les vins , surtout si elle a été faite récemment* si elle a été faite depuis un temps plus ou moins considérable, il est alors plus difficile de la constater, et il faut alors avoir recours à la distillation, afin de constater la quantité d’eau-de*vie obtenue à l’aide de cette opération (i). Les résultats que Ton tire de ces essais ne nous paraissent pas bien concluans ; car le vin d’un même pays peut , si l’année a été très chaude , fournir du vin plus généreux que celui obtenu les années précédentes. ' .

Le vin est quelquefois travaillé dans le but de lui enlever son acidité et d’adoucir le vin. Plusieurs moyens ont été employés. i°. Cadet de Vaux a indiqué l’emploi du sucre , et ce moyen ne devrait pas être regardé comme une sophistication. 2°. On sature une partie de l’acide par de la craie et par d’autres substances calcaires ; mais cette désacidification n’est pas toujours convenable, et le vin acquiert un goût particulier désagréable. 3°. Anciennement, on se servait du plomb, de la litharge , delacéruse, de l’acétate de plomb. Cette méthode pernicieuse , qui fut recommandée par l’inventeur , Martin

(i) On trouve des appareils portatifs pour faire des essais sur les vins , et apprécier les quantités d’aicool qu’ils contiennent, chez M. Chevallier, opticien du Roi, Tour de l’Horloge, au coin du quai, vis-à-visle Marché aux fleurs.

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le bavarois , et qui causa de nombreux accidens , a été si gnalée, dès le XVIe siècle , comme ayant donné lieu à des empoisonnemens, En 1698, un homme fut condamné à mort (à Esslingen) pour avoir empoisonné du vin au moyen du plomb; cependant, dans le XVIIe siècle un ouvrage imprimé à Altona contenait le passage suivant : pour conserver au vin sa saveur, il faut p mettre 3 à 4 livres de plomb.

Cet empoisonnement fut encore constaté en iBo/f, près d’Hartleben. L’emploi de ce moyen a été abandonné depuis, et de 1816 à 1829, dans un grand nombre de vins que nous avons eu à examiner , un seul contenait du plomb. Il appartient aux pharmaciens de tous les pays de faire connaître aux ignorans qui emploieraient encore ce moyen , les accidens qu’ils peuvent causer, accidens dont ils seraient responsables. Il faut, pour que la présence du plomb dans un vin soit bien constatée, obtenir le plomb à l’état de métal, et ne pas prendre , comme l’ont fait quelques personnes, du tartre en lames micacées pour de la litharge; à cet effet, on recherche le métal, non-seulement dans le vin lui-même , mais encore dans le dépôt qui s’est formé au fond du tonneau. On fait évaporer jusqu’à siccité une certaine quantité du vin dans une capsule de porcelaine; 011 mêle le résidu avec du charbon en poudre; 011 introduit le mélange dans un creuset auquel on ajuste un couvercle , puis on fait rougir : s’il y a du plomb , on le trouve réuni en culot ou divisé en grains qui sont mêlés âu charbon et qui n’ont pu se réunir. On opère de la même manière sur le dépôt. On peut d’avance , à l’aide de réactifs , chercher à reconnaître la présence du plomb dans le vin sur lequel on opère. Pour cela, on décolore le vin , et on l’essaie. Les réactifs â mettre en usage sont le sulfate de soude , le cliromate de potasse , l’hydriodate dépotasse, l’acide hvdro-sulfurlque , les hydro -sulfates, la liqueur de Hahnemann. Lorsque les vins contiennent du plomb , le sulfate de soude fournit un précipité blanc ; le chromate et l’hydriodate de potasse, des précipités jaunes; les autres réactifs indiqués, des précipités noirs. 4°. L’alun a aussi été employé pour donner au vin un goût

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d’astriction ; on constate ce moyen en précipitant l’alumine combinée à l’acide sulfurique par le sous-carbonate de potasse ; on recueille le précipité , et l’on recherche si l’alumine existe dans le précipité. On détermine ensuite la présence et la quantité d’acide sulfurique par un sel barytique. 5°. Le vin peut contenir du cuivre qui proviendrait des robinets dans lesquels il aurait pu séjourner ; on constate la présence de ce métal en plongeant dans le vin soupçonné contenir de ce métal , une lame de fer bien décapée qui se recouvrira de cuivre métallique si le vin en contient. Parmi les travaux à consulter sur les vins et leur falsification , on peut citer les écrits dé Wollin, Klaproth, Berthollet, Cadet, Parmentier, Rozier, Baumé, Lavoisier, Leonhardi , et ceux de MM. Deyeux , Chap— tal , etc. Une partie de ces travaux sont consignés dans les volumes formant la première collection des Ann. de Chimie.

Des moyens mis en usage pour bonifier les vins.

Parmi les moyens mis en usage, nous citerons, i°. la fermentation en vase clos. Selon divers auteurs, ce mode d’agir fournit un vin plus généreux qui a retenu de l’arome et une partie d’alcool qui se volatilisent lorsque la fermentation se fait à l’air libre. Ce principe a été établi par M. Chaptal dans son Traité des vins , et depuis, mademoiselle Gervais, qui s’occupa de vinification , indique l’emploi d’un appareil qui consiste , i°. en un couvercle de bois, luté sur une cuve avec du plâtre et de l’argile, et au milieu duquel est une ouverture qui reçoit un grand chapiteau en fer-blanc enveloppé d’un réfrigérant ; 2,°. en deux grands tuyaux qui partent du sommet du chapiteau et qui vont plonger dans un vase d’eau ou de vinasse ; 3°. en une soupape de sûreté adaptée à l’un des tuyaux. Cet appareil, qui n’est qu’une modification, a été construit sans doute d’après l’opinion émise par M. Chaptal ; il a été le sujet de nombreuses discussions qui avaient pour but d’apprécier la valeur de son emploi. Si l’on en croit de savans chimistes , ses avantages sont presque nuis ; si l’on consulte des vignerons qui l’ont mis en usage , on peut en tirer un

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excellent parti. On ne peut donc trancher la question , qui se trouve alors résolue de deux manières différentes. Notre opinion est que cet appareil a été et trop vanté et trop blâmé , et que son usage , s il ne produit pas tous les avantages indiqués par mademoiselle Gervais, en produit quelquesuns qui méritent que Ton en fasse usage. Cette opinion est celle d’un grand nombre d’hommes recommandables qui se sont occupés de vinification.

2°. Divers auteurs ont indiqué l’addition d’une matière sucrée au moût de raisin ; de ce nombre sont : Juncker , Préfontaine, Macquer et Parmentier; mais ce dernier dit qu’il convient de restreindre l’usage de ce moyen aux vignobles du nord , où le raisin n’arrive pas à maturité , et où le moût, plus acide que sucré, donne des produits faibles et imparfaits.

3°. L’emploi des tonneaux charbonnés pour conserver les vins a été indiqué. L’auteur de ce travail ( Berthollet ) pense que les vins qui sont contenus dans des pièces non charbonnées doit dissoudre de la partie extractive contenue dans le bois ; cette matière dissoute favorise probablement la fermentation acide qui s’établit dans le vin et particulièrement dans celui qui voyage. Il explique ainsi la détérioration de quelques vins qui ne peuvent supporter le transport.

4°. L’emploi de la glace a été recommandé par M. Bezu de Bourbonne pour empêcher le vin de se piquer: une petite quantité de glace doit être introduite dans le tonneau qui doit rester exactement bouché.

5°. M. Gervais, frère de mademoiselle Gervais qui s’est occupée de la vinification , a proposé, pour bonifier le vin, de le faire passer entre des plaques de fer-blanc chauffées par de la vapeur d’eau ; mais ce moyen, examiné par une commission , détériore le vin plutôt que de le rendre meilleur.

Moyens de remédier aux accidens et maladies qui surviennent

aux vins.

Ces accidens sont nombreux. Le premier est le goût du fût. Q,n a proposé de priver le vin de ce goût désagréable ou d’une

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partie de ce goût, i°. en tirant le vin à clair; 2°. en le mélangeant avec de gros vins; 3°. en le transvasant dans un tonneau récemment vidé ; 4°. en le passant sur de la lie de vin non vicié ; 5°. en le traitant par la chaux, l’acide carbonique , le chlore , l’huile ; ce dernier moyen, que nous avons examiné et qui est dû à M. Poumier , nous a parfaitement réussi.

2°. Le vin gelé. On a proposé de séparer la partie liquide des glaçons et d’introduire cette partie dans des tonneaux propres , soufrés d’avance.

3°. Le vin qui a le goût de moisi. Le charbon , l’huile , sont indiqués pour détruire ce goût désagréable.

4°. Le vin trop vert. Il faut saturer une partie de l’acide , ajouter ensuite du moût concentré , du sirop ou des conserves de raisin.

5°. Vins qui se graissent. On a prescrit de cuver plus longtemps les vins qui tournent à la graisse , de les transvaser sur la lie d’un tonneau légèrement vidé, de leur imprimer du mouvement, de les clarifier s’ils sont rouges, et de les coller s’ils sont blancs, enfin , de les additionner de crème de tartre dans la proportion de 1 92 à 384 grammes (de 6 à 12 onces ) pour un tonneau , faisant fondre la crème de tartre dans 4 litres de vin chauffé jusqu’à l’ébullition , versant le mélange chaud dans le vin , bouchant le tonneau , agitant pendant 5 ou 6 minutes , remettant en place , tournant le bondon en-dessous , collant le vin à la manière ordinaire; après un ou deux jours de repos, au lieu d’agiter à bondon ouvert, on agite le tonneau pendant quelques instans , et on le remet à sa place, le bondon placé en-dessus ; après 5 ou 6 jours , le vin est clair, sec, liquide et absolument dégraissé, il faut alors le soutirer ou le mettre en bouteilles. Là se bornent ce que nous croyons utile de dire sur le vin. Il eût été impossible de traiter ce sujet d’une autre manière, par la raison qu’il faudrait des volumes pour dire tout ce qui a été fait sur le vin et discuter les améliorations et les procédés proposés ou usités pour préparer les vins dans divers pays. (A. C )

3i8 VINS MÉDICINAUX.

VINS CUITS. Ce sont des vins que Ton concentre après leur avoir fait subir une demi-fermentation. Dans les pays chauds, on les prépare avec des raisins séchés au soleil , en tordant la grappe sur la vigne. (A. C.)

VIN DOUX. On donne ce nom au jus récemment exprimé du raisin et qui n’a pas fermenté ; il est trouble ; sa saveur est agréable et très sucrée. Ce vin est très laxatif à la dose de 5oo à 1000 grammes ( i à 2 livres ). (A. C.)

VINS MEDICINAUX (1). On a donné le nom de vins médicinaux à des produits pharmaceutiques dont le vin est l’excipient. Ils résultent, ou d’une simple solution de la substance, ou d’une combinaison plus intime. Dans ces deux cas , le vin acquiert des propriétés bien différentes de celles dont il jouissait primitivement ; propriétés qui proviennent des substances .qui servent à le préparer.

Lorsqu’on prépare les vins médicinaux, on doit avoir soin de bien choisir le vin qu’011 emploie. Pour être de bonne nature > il faut que ce vin soit d’une limpidité parfaite , qu’il ait une couleur franche, une odeur suave, un goût agréable, être miscible à l’eau sans se décomposer, se troubler, ni perdre de ses qualités.

Ces produits employés à la préparation des vins médicinaux peuvent être divisés en deux classes : les vins étrangers et les vins français. On doit se procurer les premiers (ceux deMalaga, de Madère) naturels et de bonne qualité; les seconds doivent être généreux , c’est-à-dire riches en alcool. Plus ces vins sont aqueux , plus ils dissolvent de parties extractives , par conséquent les principes fermentescibles sont en plus grande quantité dans la préparation; la décomposition est plus prompte. On donne, pour éviter cet inconvénient, la préférence aux vins du Midi j et l’on choisit tantôt le rouge, tantôt le blanc. Ce dernier s’emploie surtout lorsqu’il peut ajouter quelque propriété au médicament. C’est ainsi que le vin rend plus diurétique le vin anti-scorbutique.

(1) Œnoles de M. Chcreau. V. l’art. INomekclatürk.

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Pour bien se rendre compte de Faction que le vin peut avoir sur les substances avec lesquelles on le met en contact, il faut se rappeler la composition de ce liquide. Tous les vins sont formés , mais dans des proportions qui varient pour chacun cFeux, de matières colorantes, de mucilage, de tannin, d’eau, d’alcool , de tartre et d’un peu d’acide acétique , et de quelques autres sels de potasse ou de chaux , dont les quantités dépendent du sol qui a fourni les raisins. De tous ces corps, l’eau et l’alcool agissent principalement comme dissol vans ; le premier pour l’extractif et les sels , le second pour les résines et l’arome. Les vins médicinaux ne peuvent contenir que des matières solubles dans l’eau et dans l’alcool. Lors cle la préparation des vins médicinaux , leur matière colorante est exposée à de nombreuses altérations. Cette matière est précipitée par toutes les substances qui, comme le kina, l’écorce de chêne, cle bouleau, etc., contiennent du tannin. Les vins médicinaux sont simples et composés. Les vins simples sont ceux préparés avec le vin et une seule substance ; les vins composés sont ceux qui sont préparés avec plusieurs substances. La préparation des vins médicinaux peut se faire de plusieurs manières : i°. en introduisant dans le moût une certaine quantité de plantes médicinales ; cette méthode , qui a été suivie par Bauderon , n’est pas employée, par la raison que les vins ainsi préparés ne jouissent pas de toutes les propriétés médicamenteuses désirables, ce qui s’explique par l’altération partielle qu’éprouvent les médicamens pendant la fermentation de la liqueur sucrée; 2°. en faisant infuser ou macérer les substances médicamenteuses dans des vins d’une qualité convenable; cette méthode est encore celle suivie de nos jours; 3°. en ajoutant au vin, au moment où on devrait l’administrer, une quantité convenable d’une teinture préparée d’avance ; cette méthode, qui a été recommandée par Parmentier, est, selon ce savant, la meilleure , et le conseil de santé des armées s’occupa, en 1799, son examen en ordonnant au chef de la Pharmacie centrale des hôpitaux militaires du Royaume de préparer autant de teintures qu’il y a de vins médicinaux

dans le Formulaire des médicamens employés dans les hôpitaux militaires, afin de préparer des vins médicinaux, faire les essais convenables, et juger de Telle t de ces préparations sur les organes et sur l’économie animale. Il paraît que ces essais ont été justifiés par des succès ; car les formules pour la préparation des vins avec la teinture ont été publiées dans le Code pharmaceutique à V usage des hospices civils , publié par ordre de S. Exc. le ministre de l’intérieur.

Malgré l’opinion émise par Parmentier sur la préparation des vins par macération , cette méthode est suivie; et Ton a soin , lorsqu’on la met en usage , d’observer les règles suivantes : i°. on doit , lorsque Ton prépare les vins, employer des plantes ou des produits secs , les substances humides ajoutant de l’eau au vin et le rendant susceptible de s’altérer plus promptement. On fait cependant une exception pour les plantes anti-scorbutiques , qui perdraient de leurs propriétés par la dessication.

2°. Lorsque Tcfn emploie des plantes ou des substances humides ou fraîches , on compense par une addition d’alcool l’humidité qu’elles ont fournie.

3°. On agit par macération seulement.

4°. On doit opérer en vaisseaux clos, pour conserver l’arome des substances ( le bouquet ) et le principe spiritueux du vin.

5°, Lorsque la macération est terminée , on ne doit pas employer une trop forte expression, qui fournirait un vin chargé de matières mucilagineuses.

6°. On doit , autant que possible , filtrer les vins dans des entonnoirs fermés, et les conserver, lorsqu’ils sont filtrés, dans des flacons bien bouchés et toujours pleins: le vin contenu dans des bouteilles qui sont en vidange se trouble promptement et s’aigrit. Nous donnerons ici les principales formules pour la préparation des vins médicinaux , indiquant les procédés du Codex et quelques-uns de ceux qui sont dus à de nos collègues. Nous ne publierons pas toutes les formules indiquées dans les Pharmacopées diverses , mais celles des préparations les plus usitées.

Vin d’absinthe. {Codex.) Feuilles sèches de grande et de petite absinthe, de chaque, 24 grammes (6 gros); vin blanc généreux, 2 kilogrammes ( 4 livres). Faites macérer pendant 24 heures ? passez et filtrez.

Vin d’absinthe, Vin anllielmintique. (Parmentier.) Vin rouge ou blanc, i kilogramme (2 livres); teinture d’absinthe, de 8 à 48 grammes (de 2 gros h 1 once et demie).

Vin d’absinthe. ( Formule de M. Boudet.) Sommités -sèches d’absinthe , 32 grammes (1 once); vin de Chablis, 5oo grammes (1 livre). On triture les sommités sèches d’absinthe avec le vin blanc dans un mortier de marbre; on exprime et l‘on filtre. Ce vin , comme le précèdent , se prend à la dose de 16 à 48 grammes (de demionce à 2 onces).

Vin amer, Vin stomachique .

(Parmentier.) Teinture de gentiane.

24 grammes (6 gros); vin rouge, 1 kilogramme (2 livres;. Mêlez. Ce vin se prend h la dose de 32 gram. (i once).

Vin amer scillittque, Vin diurétique amer de la Charité. Ecorces de* quinquina, de Winter, de citron, de chaque, 64 grammes (2 onces); racine de dompte-venin, squames de scille, liges d’angélique, de chaque, 16 grammes (4 gros); feuilles d’absinthe, feuilles de mélisse, de chaque, 32 grammes (1 once); baies de genièvre, macis, de chaque, ifi grammes (4 gros); vin blanc de bonne qualité, 4 kilogrammes (8 livres). On pile les écorces, les racines, les feuilles, les tiges, le macis; on passe la poudre à travers un tamis de crin peu serré; on pile de nouveau le résidu de manière à ce que tout le produit soit réduit en

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