‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutique (volume 2)Chapitre 99 sur 119 · Tome V · texte numérisé non relu

Tome V

ALOEXYLÜM AGALLOCHUM. F. Bois d’ai.oès.

ALOUCHI. / . Résine alouchi.

ALTHÉINE. Substance particulière annoncée dans la racine de guimauve, 'mais que Ton a reconnue comme ayant beaucoup d’analogie avec l’asparagine. V . Guimauve.

A LU V NE. Un des noms vulgaires de l’absinthe. TU ce mot.

AMANITA et AMANITINE. V . Champignons, t. II, p. 23.

AMBPaÉÀTES et AMBRÉIQUE. V. Acide ambrf.ique.

AMNIOTATES et AMNIOTIQUE. V. Acide amniotique.

AMYGDALUS COMMUNIS. V. Amandier.

AMYGDALES PERSICA. V. Pêcher.

AMYLUM. V. Amidon.

AMYRIS OPOBÀLSAMUM. V \ Térébenthine de la Mecque.

AMYRIS ELEMIFERA. V. Résine élémi.

ANCHUSA OFFICINALIS et ITALICA. V. Buglosse.

ANDROPOGON NARDUS. V. Nard indien.

ANDROPOGON SCHOENANTHUS. V. SCHOENANTHE et YETTIYER.

ANGELINA (RACTNE D’). Murray a décrit, sous ce nom une substance que l’on croit être l’écorce de Y And ira race mosa, plante exotique de la famille des Légumineuses. Elle passait pour vermifuge et anti-dyssentérique.

ANTHEMIS ARYENSIS. V. Camomille des champs.

ANTHEMIS COTULA. V. Camomille puante.

ANTHEMIS NOBILIS. V. Camomille romaine.

ANTHEMIS TTNCTORIA. V . Camomille des teinturiers.

APIS MELLIFTCA. V. Abeille.

APIUM GRAVEOLENS. V, Ache des marais.

APIUM PETROSEL I NUM. V. Persil.

AQUILARIA AGALLOCHA. V. Bois d’aigle.

ARACOUCHINI. V. Résine alouchi.

ARCTIUM LAPPA. V. Bardane.

ARGILE. On a donné ce nom à un mélange d’oxides. Ce mélange est quelquefois blanc, quelquefois il est coloré en rouge ou en vert.

L’argile est principalement composée d’eau , d’alumine , d“

silice, de carbonate de chaux et d’oxide de fer. On l’appelle ordinairement terre glaise. Les terres argileuses étaient autrefois très employées comme médicament ; mais leur usage est restreint. (A. C.)

ARILLE. Arillus. On nomme ainsi une expansion du cordon ombilical qui recouvre en totalité ou en partie certaines graines. Cet organe est très remarquable dans la noix muscade , où il forme ce qu’on nomme Macis. V . ce mot.

ARMADILLE. /O Cloportes.

ARTEMISIA ABROTANXJM. V. Aurone.

ARTEMISIA ABSINTHIXJM. V. Absinthe.

ARTEMISIA CAMPESTRIS. V. Armoise.

ARTEMISIA CONTRA. V. Semen contra.

ARTEMISIA DRACUNCULUS. V. Estragon.

ASARINE. Antirrhinum Asarina , L. Plante de la famille des Scropliularinées , dont les feuilles ont quelques ressemblances avec celles de Y As arum, et dont les racines ont été substituées à celles de cette dernière plante. Elles en sont pourtant très distinctes, et elles pourraient être plutôt confondues avec les racines de grande valériane ; mais on les distingue facilement à leur odeur tout-à-fait différente. L’asarine est une plante qui croît en certaines localités de l’Europe méridionale. (G... N.)

ASPLENIUM TRICHOMANES et RUTA MUR ARIA. F. Do-

RADILLE.

ASPÎDIÜM FILIX FEMINA. V. Fougère femelle.

BIXA ORELLANA. V. Rocou.

BLEU DE MONTAGNE. On donne vulgairement ce nom au cuivre carbonate bleu, lorsqu’il se présente en concrétions ayant une apparence terreuse et mélangées de matières qui pâlissent leur couleur.

BOIS D’ASPALATH. Aspalàthi lignum. Leméry , Geoffroy et Linné, dans leurs Matières médicales , ont donné ce nom à un bois que la plupart des auteurs modernes regardent comme identique avec le bois d’aloès. Néanmoins M. Fée, dans son

Cours d’Hisloire naturelle pharmaceutique, t. II, p. pense qu’on peut l’en distinguer par quelques caractères particuliers. Mais comme ce bois est très rare, ou, pour mieux dire , qu’il ne se rencontre plus dans le commerce de la droguerie, nous nous bornerons à cette simple mention. V. Bois d’aloès. On a également donné le nom de bois d’aspalath au bois de Rhodes. /Y ce mot.

L’aspalath ( Aspalatlius ) est un genre de plantes de la famille des Légumineuses du cap de Bonne-Espérance , qui n’a aucuns rapports avec les bois que nous venons de citer.

BOLÉTATES. V. Acide B0LÉT1QUE.

BOMBYX MORI. Nom de l’insecte dont la chrysalide fournit la soie. V. ce mot.

BOSSYELLIA SERRATA. Nom d’un arbre de l’Inde qui produit une sorte d’encens. V . ce mot.

BRASSICA ERXJCA. /A Roquette.

BRASSICA NAPUS. V. Navette.

BRASSICA OLERACEA. V. Chou.

BRASSICA RAPA. V. Rave.

BUBON GALBANUM. Plante de la famille des Ombellifères, d’où découle le galbanum. V. ce mot.

BUCCO et BUCHU. Noms vulgaires d’une espèce de Dios~ ma usitée en Médecine. V. Diosma.

BUTUA. Racine analogue à celle du Pareira brava , et souvent mélangée avec elle. Elle est fournie par l’ Abuta rufescens . V. Pareira brava.

BUTYRATES et BUTYRIQUE. V. Acide butybique.

BUXUS SEMPERYIRENS. V. Buis.

? 3 • cf * <

CAINCA. Nom vulgaire de la racine de Chiococca racemosa , V . ce mot.

CALCAIRE. On a donné le nom de calcaire aux substances qui contiennent de la chaux . On appelle carbonate calcaire , terre calcaire , pierre calcaire, le sous-carbonate de chaux. On appelle aussi sels calcaires , les sels à base de chaux. En Géo-

iogie , calcaire se prend substantivement, et l’on en distingue de trois sortes: i°. le calcaire primitif qui est le marbre d’un grain égal, ne portant aucune empreinte de corps organisés, et dont les couches sont inclinées et très irrégulières; a°. le calcaire ancien ou de transition , le carbonate de chaux , d’un tissu compacte, disposé par couches horizontales, épaisses, régulières , ne contenant que très peu de corps marins ; 3°. le calcaire coquillier, qui est ainsi nommé parce qu’il contient beaucoup de coquilles; ses couches sont beaucoup plus minces que celles des précédens. (A. G.)

CALCITRAPA. V, Chaussetrape.

CARET. Nom d’une espèce de tortue qui fournit la substance connue sous le nom <¥ écaille. V. Tortue.

CARAPA. V. Huile de carapa, t. III, p. ioq.

CARDASSE. Un des noms vulgaires du Cactus Opuntia, L. V. Figuier d’Inde et Raquette.

CARYOPHYLLINE. Substance cristalline trouvée par M. Bonastre dans les clous de girofles. V. Giroflier.

CEBADILLIUM. M. Meissner donne ce nom à la vératrine.. V. ce mot.

CÉYADATES et CÉYADIQUE. V . Acide cévadique.

CHAMOMILLA. V. Camomille.

CHENETTE. Un des noms vulgaires de la germandrée ou petit chêne. V. ce mot.

CHENOPODIUM AMBROSIOÏDES. V. Ambroisine.

CHENOPODIUM BONUS HENRICUS. V. Bon-Henri.

CHENOPODIUM BOTRYS. V, Botris.

CHENOPODIUM YULYARIA. V. Ansérine puante.

CHIRONIA CENTAURIUM. Nom donné par Linné à la petite centaurée , maintenant désignée sous celui d ’ Erythrœa centaurium.

CHLORURE DE PHOSPHORE ( PROTO-) , Acide chloro phosphoreux. Ce composé a été découvert en 1808, par MM. Gay-Lussac et Thénard. Il est liquide, incolore , transparent, un peu plus pesant que l’eau , très fumant et très caustique; il rougit fortement la teinture du tournesol, mais il

ne rougit pas le papier bien sec; son degré d’ébullition est très peu élevé. Mis en contact avec Pair, il y répand des vapeurs très piquantes : Peau le transforme à l’instant en acide hydrochlorique et en acide phosphoreux. L’alcali volatil en précipite, tout-à-îa-fois, du phosphore et du deuto -chlorure de phosphore ammoniacal; il se comporte d’ailleurs avec l’oxigène, Pair et les métaux, à peu près comme le deuto-chlorure. Il peut dissoudre une certaine quantité de phosphore ; il acquiert i°. la propriété de mettre le feu au papier Joseph qui en aurait été imbibé ; 2°. celle d’être troublé par l’eau : sans doute que, dans ces deux cas, ces phénomènes doivent être attribués à du phosphore en excès , qui se dépose.

On obtient ce produit en faisant arriver du chlore sec dans une petite cornue contenant du phosphore sec ; on cesse de faire passer du gaz dans la cornue, lorsqu’on s’aperçoit que la liqueur qui se produit commence à se troubler, trouble qui provient de ce qu’une partie de deuto-chlorure formé se dépose. On sépare le proto-chlorure du deuto , en faisant chauffer: le proto-chlorure se volatilise et va se condenser dans un récipient qu’on a adapté à la cornue. On peut aussi obtenir le proto-chlorure en combinant du phosphore à du deutochlorure. Davy prenait i partie de phosphore sur 7 parties de deuto-chlorure. M. Dulonga indiqué la composition de ce produit comme étant le résultat de l’union de 100 de phosphore et de 827,6 de chlore. (A. G.)

CHLORURE DE PHOSPHORE ( DEUTO- ) , Acide Morophosphorique. La découverte du deuto-chlorure de phosphore estdueàB. Davy; elle date de 1810. Ce chlorure, considéré par quelques chimistes comme un acide, est solide, blanc comme la neige, très volatil, rougissant le papier de tournesol sec, mais moins que le proto-chlorure; il cristallise en prismes transparens. Il est décomposé par l’hydrogène, par Fo xi gène et par les métaux. Traité par l’eau, il y a décomposition et formation d’acides phosphorique et hydro-chlorique. On peut le préparer de la même manière que le proto-chlorure ; mais il faut faire arriver dans la cornue du chlore sec, jusqu’à ce . /

que tout le phosphore soit converti en une matière blanche pulvérulente.

Ce chlorure se combine avec l’ammoniaque ; il en résume un composé triple, blanc, insipide, fixe, insoluble dans Feau et indécomposable par les alcalis.

Ces produits ne sont pas employés en Pharmacie; mais comme nous avions au mot Acide indiqué ces produits , no^s avons dû les traiter. (A. C.)

CHLORURE DE SOUFRE, Acide chloro - sulfurique Le chlorure de soufre a été découvert par M. Thomson ; D est liquide, brun-rougeâtre, très volatil à la température ordinaire, d’une odeur piquante désagréable, rougissant fortement la teinture de tournesol. En contact avec l’air, il répand des vapeurs épaisses ; mêlé avec Feau distillée, il y a ébullition et dégagement de chaleur; une petite quantité de soufre se précipite, et la dissolution contient des acides sulfureux 3 sulfurique et hydrp-chlorique. Mêlé avec l’éther et Falcool, il se comporte de la même manière. Versé sur le mercure , il ternit la surface die ce métal, et il y a formation de chlorure et de sulfure de mercure. On obtient ce produit en faisant passer, à Faide d’un tube, du chlore sec sur de la fleur de soufre placée au fond d’une éprouvette. On continue l’opération jusqu’à ce que tout le soufre ait disparu. (Là. C.)

CHRÎSTOPHORÎANE. Nom vulgaire de Y Aclæa spicata , plante annuelle de la famille des Renonculacées , ayant la tige rameuse , garnie de feuilles deux ou trois fois ailées , grandes, vertes et luisantes; les fleurs blanches disposées en épi court ; les baies noirâtres ; les racines fusiformes, fibreuses, noires extérieurement, et jaunes à l’intérieur. Cette plante est un poison tellement âcre, qu’on peut l’employer comme exutoire. Ses baies sont mortelles pour les animaux; elles donnent une belle couleur que l’on fixe par l’alun. Les racines ont été substituées quelquefois à celles de l’ellébore noir.

CICI TIN ou CICUTINE. Principe actif découvert par Brande dans la ciguë maculée. V . ce mot.

36o ADDITIONS.

CLAVALIER DES ANTILLES. V. ZanthoÀyle.

COLLE DE PEAU D’ANE. V. Hippocolla.

CONÉINE. La cicutine, principe actif de la ciguë , a aussï reçu ce nom. V. Ciguë maculée.

CORDIA SEBESTENA. Y. Sébestes.

CRAMBE MARITlMA. Plante de la famille des Crucifères et de la Tétradynamie siliculeuse , L. , originaire des contrées littorales de l’Océan et de la Méditerranée. On la cultive dans les jardins, surtout en Angleterre où Ton mange ses tarions ou tiges étiolées. Celles-ci sont blanches, tendres , et ont la saveur des choux-fleurs ; ce qui a valu à la plante le nom de chou marin.

CYANURE ROUGE DE POTASSIUM. V. Prussiate rouge, tome IY. ; '

CYNIPS. Nom de l’insecte qui, par sa piqûre sur les feuilles de chêne, fait naître la noix de galle. Y. ce mot.

CYNOBINE. Nom donné par le docteur Semmola ( Escula pis napolit, , t. I, f. i, p. 43y) à un principe particulier qu’il a découvert dans le chiendent ( Cjnodon daclylon).

ÉCAILLES. $ quant œ. On désigne sous ce nom en' Botanique les enveloppes scarieuses de divers organes des plantes. Ainsi l’on dit les écailles de l’involucre des Synanthérées , les écailles ou glumes des Graminées, etc. Le nom d’écailles a été encore appliqué aux coquilles calcaires des huîtres et aux carapaces des tortues.

ÉMULSIONS. A Parti cl e Émulsion, t. II. p. Zji5, uous avons donné la formule d’une émulsion avec les ricins , que nous avons souvent préparée et qui se prépare encore dans une des meilleures officines de Paris, sans qu’on fasse de reproches du médicament qui en résulte. Cependant l’un de nos confrères, depuis la publication de notre ouvrage, nous a transmis Inobservation suivante sur cette préparation. Cette observation est due à notre savant collègue AI. Calioud , pharmacien à Annecy.

« En *8i4, à la suite d’une couche, le médecin ordonna à

ADDITIONS. 36 ï

mon épouse dé l’huile de ricin en émulsion. Croyant faire mieux, j’eus la même idée que celle émise dans le TF voh du Dict. des Drogues. 2 onces et demie de semences récentes furent émulsionnées; je lui fis prendre le tiers de cette émulsion. Une heure après des envies de vomir furent si fortes et si longues, que j’en eus de l’ennui. Je tentai le même moyen sur un jeune homme ; même désagrément. Je fis de l’huile , je donnai du gâteau, i quart d’once, à mon pileur ; même résultat. N’ayant rien à faire cette année, j’ai traité du pain de ricin choisi, venant de la Provence, épuisé par l’alcool froid de son huile, ensuite par l’éther, par l’eau froide distillée , l’eau bouillante ; chaque produit a été séparé. Nous en avons pris à jeun, mon jeune homme et moi ; vomissement. J’en ai pris un gros broyé avec du sucre, donné à un paysan , en trois doses à demi-heure de distance ; il vomit cinq fois et alla sept fois à la selle. Ayant quelques plantes de ricin qui mûrissent bien ici , je compte en faire une analyse exacte. » (Calloud.)

M. Calloud devant s’occuper de nouvelles expériences sur le même sujet, et il est à désirer qu’il le fasse promptement, nous attendrons ses observations , qui intéresseront vivement tous ceux qui s’occupent de Thérapeutique. (A. C.)

ENCRE DE LA CHINE. Substance noire qui nous est apportée de Chine sous forme de petits carrés longs , et que l’on délaie dans l’eau pour dessiner au lavis. On a cm qu’elle était produite par une espèce de sèche (Fi ce mot), mais on sait aujourd’hui que c’est un produit artificiel. Plusieurs recettes ont été publiées pour fabriquer de l’encre de Chine ; voici celle qui paraît la meilleure : borax , i ,3 ; résine laque, 6,5 ; eau, 1,24. Au moyen du borax, la laque se dissout clans l’eau ; on ajoute ensuite du noir de fumée pour former une pâte que l’on façonne à la manière de l’encre de la Chine.

ERGOT DU SEIGLE. V. Seigle ergoté.

ÉTHÀL. Substance grasse particulière , obtenue par M. Chevreul , en traitant la rétine par la potasse. Le nom <\’éthal,

36a ADDITIONS.

donné à ce produit par l'auteur delà découverte) est formé des deux premières syllabes éth étal, de l’éther et de l’alcool , par la raison que sa composition est analogue à celle de ces deux substances. L’éthal est solide, incolore, inodore, insipide, serai -transparent, fusible à -f- 5o°, volatil à une température un peu plus élevée.

Ce produit se rapproche de la cholestérine : comme eux, elle n est pas attaquée par les alcalis; elle diffère de cette subs— par sa composition et parce qu’elle ne fournit pas d’acide cholestérique lorsqu’on la soumet à l’action de l’acide nitrique. L’éthal n’étant pas employé dans la Thérapeutique, nous renverrons pour les autres renseignemens à l’ouvrage sur les corps gras, publié par M. Chevreul. (A. C. )

FILIX MAS. Fougère male.

GEUM URBANUM. V. Benoîte.

GOSSYPINE. Quelques chimistes considèrent le coton comme un principe immédiat particulier , auquel ils donnent le nom de G os sy pi ne .

GOUDRON. A l’article Goudron, nous avons oublié de mentionner les succès obtenus par deux de nos confrères-; il est de notre devoir de citer M. Dupray, pharmacien honoraire de la marine, au port du Havre, et M. Dupray, son frère , pharmacien , qui ont découvert en t8ii, divers procédés d’épuration des goudrons destinés aux cordages. Le rapport contenant l’ensemble de leurs intéressantes opérations fut adressé dans le temps au département de la marine et des colonies; le ministre témoigna à ces pharmaciens toute sa satisfaction sur leur désintéressement et sur la haute importance de leurs travaux pour la marine française. (A. C.)

GROSSI LINE. M. Guibourt ( Journal de Chimie médicale, t. I, p. 3i) a proposé dénommer ainsi la matière gélatini— forme improprement nommée gelée de groseilles. Cette matière jouit de propriétés particulières qui ne permettent pas de la confondre avec d’autres produits analogues des vé gétaux .

HÉDÉRINE od HÉDÉRÉE. M. Fée {Cours d' Histoire naturelle pharmaceutique , t. II , p. 2*4) s>est servi de ces mots pour désigner la substance improprement nommée pomme de lierre. F. Lierre.

HOCKIAK. V. Hippocolla.

IONIDILTM. Genre de plantes brésiliennes dont les racines sont vomitives et connues sous le nom d’ ipécacuanha { faux) du Brésil. J", ce mot.

LOMBRIC. V . Ver de terre.

MELON D’EAU. V. Pastèque.

MYRTILLE. V. Airelle.

NOIX D’ACAJOU. V. Acajou (noix d’).

OLAMPI. F. Résine ou Gomme olampi, t. IV, p. 4 1 1 •*

P A M P EL MOU SSE. Nom d’une espèce d’oranger épineux {Citrus decumana , L.) dont les fruits sont de la grosseur de la tète d’un enfant, mais dont la pulpe est inférieure en qualité à celle de notre orange.

PAN DA NUS UTILIS. Vulgairement nommé vaquais. Plante monocotylédone qui croît aux îles de France et de Bourbon , où les feuilles servent à fabriquer les nattes avec lesquelles on emballe le sucre de ces colonies.

PARMENTIÈRE. Synonyme de pomme de terre.

PETUNZÉ. Les Chinois ont donné ce nom à une roche de feldspath , au milieu de laquelle on trouve le kaolin en couches et en filons. (A. C.)

PLANTAIN AQUATIQUE. V. Fluteau.

PYRUS COMMUNIS. V. Poirier.

PYRUS MALUS. V. Pommier.

RLIABARBARINE. Par une lettre de Milan , du 28 avril

1829, M. Nani de cette ville nous prie de faire entrer dans notre Dictionnaire son procédé pour Fëxtraction de la rhabarbarine, qu’il dit avoir signale'e le premier. Nous avons cru devoir obtempérer à la demande de ce savant, qui, dans la même lettre , annonce que , le premier , il a obtenu du bleu de Prusse en fabricant le ferro-cj anure rouge de potassium.

Procédé pour obtenir le sulfate de rhabarbarine , par Antoine

Nani , de Milan.

<c Après avoir examiné plusieurs procédés pour obtenir les » nouveaux médicamens que l’on a fait connaître, je me suis » occupé , dans un moment de loisir , à rechercher si les vé- » gétaux qui jusqu’alors n’avaient point été examinés, )> donneraient les mêmes résultats que ceux qui avaient été » analysés depuis plusieurs années; tels sont la jusquiame , » la ciguë, la douce-amère et plusieurs autres desquelles j’a- » vais obtenu le sel en agissant avec la promptitude qu’il faut » apporter à cette opération. En cherchant dans les végétaux » qui n’avaient point été examinés par les chimistes , j’ai vu que la rhubarbe n’avait point été traitée, et j’ai pensé » qu’elle devait contenir un alcali. J’ai su que plusieurs chi- » mistes s’étaient occupés de cette racine , et que les recher- » ches qu’on y avait faites avaient démontré la présence de » l’oxalate de chaux, du tannin, de l’acide gallique et d’un « principe muqueux , mais jamais d’un alcali végétal. Après divers essais sur la rhubarbe , je fis connaître le procédé » suivant : j’ai pris 6 onces de la racine de rhubarbe de Chine, » je les fis bouillir pendant 2 heures dans 8 livres d’eau com- » mune acidulée avec 4 gros d’acide sulfurique; j’ai filtré la » décoction et j’ai fait une seconde ébullition avec 51iv. d’eau )> acidulée par 2 gros d’acide sulfurique ; j’ai mis le résidu à la » presse, je l’ai fait sécher ; il 11e me donna en poids que 2 onc. » O11 voit que dans cette racine , il y a 4 onces de produit 30- « lubie dans l’eau acidulée. La décoction étant refroidie , j’ai » projeté à diverses reprises 3 onces de chaux vive concassée

î) fine, en agitant continuellement. D’abord, la décoction î> avait une belle couleur jaune; par l’addition de la a chaux, elle fut changée en un rouge de sang; j’agitai le n mélange avec une spatule de bois de noyer qui se teignit » en ronge ; il se forma ensuite un précipité ; je laissai en repos » pendant un jour; à l’aide d’un filtre, j’obtins le précipité que » je fis sécher ; il pesait 6 onces. Je le mis dans un alambic avec » 4 livres d’alcool à 36°; je laissai digérer 2 heures à une haute a température ; je renouvelai deux autres fois la digestion avec )) 2 livres d’alcool; je mêlai le produit des deux digestions, » je le filtrai à travers du papier, je distillai dans une cornue » en verre : j’obtins 5 livres d’alcool. Je versai le résidu dans » une capsule de porcelaine, et je le fis évaporer jusqu’à sicj> cité: ce résidu pesait 2 gros; sa couleur était d’un rouge » brun avec des parties transparentes, sa saveur était forte et » styptique ; il était soluble dans l’eau ; il avait une odeur )) identique à celle de la rhubarbe. Je pris ces 2 gros de rhabarbarine, je les fis dissoudre dans 3 onces d’alcool à une )> douce chaleur; la solution refroidie se présentait sous la forme » d’une gelée. Cette gelée, mise sur un charbon chaud, se li- » quéfiait; ce produit fut ensuite traité par 1 once d’eau aci- » dulée avec l’acide sulfurique pour la neutraliser. Lors de » cette addition, la couleur rouge vive passa à la couleur » jaune; le mélange fut évaporé jusqu’aux deux tiers, et mis » dans un lieu froid. Après deux jours, je recueillis dü sulfate » de rliabarbarine cristallisé en aiguilles; sa couleur est jaune; il est soluble dans l’eau, rougit la teinture de » curcuma.

» On peut compter sur la vertu de la rliabarbarine, et Taj) voir dans toutes les pharmacies, pour l’administrer aux nouveau-nés, afin de les purger du méconium; elle est » d’une grande facilité d’administration ; la dose est d’un ou » deux grains. En résumé, la rhubarbe , ainsi préparée,

» offre à la Médecine le grand avantage d’être privée de ses » parties ligneuse et muqueuse qui , si elles ne sont pas nuisis blés au malade, sont au moins inutiles. »

SUIF. On donne ce nom aux graisses solides de certains

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animaux, et particulièrement à celles des ruminans. Ces graisses sont ordinairement insipides , presque inodores , blanches, de consistance ferme, insolubles dans l’eau , et presque insolubles dans l’alcool ; mais les suifs présentent entre eux beaucoup de variétés dans leur blancheur, leur consistance et leur combustibilité. La composition de ces corps gras est semblable à celle des autres graisses, c’est-à-dire qu’ils sont formés des mêmes principes immédiats dont les proportions varient. En général, la stéarine y est dominante sur l’oléine, et leur odeur dépend de la nature des acides volatils qu’ils contiennent et qui les caractérisent. Les suifs dont on fait le plus grand usage dans les arts sont ceux de bœuf, de mouton et de bouc. Dans ces deux derniers animaux, le suif est caractérisé par la présence de l’hircine. V . ce mot. M. Chëvreul a retiré de cent parties de suif de mouton purifié, 78,096 de carbonate, 9,3o4 d’oxigène , et 11,700 d’hydrogène.

Selon M. Braconnot, 100 parties de suif de mouton très ferme donnent, par la pression, 3o parties d’huile sur 100 de suif ; le reste est, selon M. Braconnot, le suif absolu du mouton ; il est plus compacte, plus sec, moins ductile que la cire , il fait entendre sous le doigt le même cri. Il est moins soluble dans l’alcool que ne le sont le blanc de baleine et la cire.

( Journal de Pharmacie , t. I , p. 391. )

La purification du suif s’opère comme celle de l’axonge. Son principal emploi est pour la fabrication des chandelles ; on y mêle de l’alun qui lui donne, dit-on, plus de blancheur et de consistance. On se sert encore du suif pour faire du savon , des préparations onguentaires et emplastiques ; en un mot , on l’emploie à tous les usages ordinaires des graisses. F. ce mot et Axonge. (G...n.)

THRIDACE ou TRIDACE. Le docteur François a ainsi nommé le suc épaissi de laitue , préparation qui avait été désignée sous le nom de Lactucarium par Duncau. On l’obtient

de la manière suivante. Lorsque la laitue cultivée ( Lacluca sativa, L.) est sur le point de fleurir , on fait avec une lame d’argent des incisions à la tige dépouillée de ses feuilles. Il en découle un suc laiteux qui se concrète très rapidement , brunit, devient dur et cassant, mais attire fortement lTiumidité de l’air (1). La laitue doit être cultivée dans un terrain sablonneux et peu fumé. Ce procédé d’extraction est le même que celui qui est employé pour obtenir du bon opium ; mais comme il ne fournit que des quantités minimes de tbridace, on peut obtenir cet extrait en pilant, dans un mortier de marbre , la tige de laitue coupée par tronçons et cueillie après une forte insolation. On fait évaporer le suc jusqu’à consistance d’extrait, dans une étuve au-dessous de /±o°. M. Lalande fils, pharmacien à Falaise, a légèrement modifié le procédé deM. François. Il a observé, avec raison, que le suc de toute la tige de laitue contient une grande quantité de mucilage et d’eau de végétation , fournis par la partie médullaire des tronçons. En conséquence , il a recommandé d’enlever avec un couteau d’ivoire l’écorce dans laquelle réside le suc laiteux , et de piler seulement cette portion de la tige. De cette manière, on obtient un produit abondant et toujours identique. (T7-. Journal de Chimie médicale, t. II, p. 479') Cet extrait est plus avide dTiumidité que le suc obtenu par incision ; il est supérieur en qualité à celui qu’on obtient par décoction ou par expression du suc de la laitue qui a poussé dans les serres. Le premier est infidèle , et le second est presque inerte.

La tbridace est un médicament dont Faction sur l’économie animale paraît être semblable à celle de l’opium pris à petite dose , mais il ne donne pas lieu aux symptômes d’irritation qu’occasione quelquefois l’emploi de cette dernière substance,

M. Caventou, qui a fait sur elle quelques recherches chimiques , 11’y a trouvé aucune trace de morphine ni de narco—

(1) Buncan indiquait de traiter par l’alcool le suc concret de laitue, et do le réduire par une évaporation lente en consistance d’extrait.

Line . Son effet est toujours sédatif ; elle provoque le sommeil sans déterminer de narcotisme. M. François l’a administrée avec succès dans les diverses affections du système nerveux. Elle ralentit et régularise les battemens de cœur, et diminue la chaleur animale , phénomène qui a été constaté avec un thermomètre sur plusieurs individus. La dose en est d’un à six grains à la fois. (G... N.)

VAQU0I3. V. Pandanus , aux Additions.

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