ÉCREVISSE DE RIVIÈRE
au moyen de l’acool. ; 2°. que cette couleur ne se forme point par l’action de la chaleur ainsi que le pensaient quelques naturalistes , mais qu’elle se développe et se répand dans le test des animaux par l’impulsion du calorique ; 3°. qu’il existe une membrane très colorée qui , par la grande quantité de couleur qu’elle recèle, paraît être la source de la coloration de cette classe d’animaux ; 4°. qu’enfin, ce principe colorant diffère, par ses propriétés chimiques, des autres tirés des règnes végétal et animal.
Les écrevisses renouvellent leur enveloppe extérieure tous les ans , entre les mois de mai et de septembre. L’animal n’est d’abord recouvert que d’une seule membrane ; mais en deux ou trois jours , cette membrane devient une nouvelle enveloppe crustacée aussi dure que l’ancienne. Dans les écrevisses prêtes à muer, on trouve constamment, sur les côtés de l’estomac, deux corps calcaires , connus vulgairement sous le nom d’yeux d’écrevisse. Ces sortes de concrétions disparaissent par la mue, et on ne les retrouve plus dans les individus qui ont éprouvé ce changement. Les auteurs ont beaucoup varié d’opinion sur l’usage de ces parties. Nous mentionnerons seulement ici celle de Réaumur, qui pensait que , par leur dissolution dans l’estomac, elles servaient à la formation ou au durcissement de la nouvelle enveloppe. Les pierres d’écrevisse sont formées de couches concentriques ; elles ont été nomméesj^ewa: d’écrevisse , à cause de leur forme convexe d’un côté, creusée de l’autre, avec un rebord saillant tout autour. Elles sont entièrement composées de carbonate calcaire et de mucus animal qui sert à lier les particules de ce sel. Dissoutes dans le vinaigre, elles conservent leur forme , le réseau animal n’étant point attaqué par cet agent. On faisait entrer les yeux d’écrevisse dans une foule de préparations pharmaceutiques, et on leur attribuait des propriétés merveilleuses , qui sont appréciées maintenant à leur juste valeur. Ces concrétions ne sont plus considérées que comme de simples absorbans ; elles peuvent être remplacées sans inconvénient par toute autre substance calcaire. On en fait des pastilles absorbantes , et elles font partie des opiats dentifrices. Les yeux d’écrevisses se préparent en grand dans la Russie
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méridionale. À cet effet, on met les écrevisses en tas ,+ pour les faire putréfier; puis on sépare, par le lavage, les pierres qui, plus pesantes , se précipitent au fond de l’eau.
I/écrevisse de rivière est, ainsi que le homard ( Astacus gainmarus, Latreille) , autre espèce marine du même genre, un aliment assez délicat. On en fait des bouillons analeptiques , qui ont été vantés dans les affections de poitrine. TV Bouillons MÉDICINAUX. (A, R.)
ÉCUSSONS. Ces préparations, qui tirent leur nom de la forme qu’on leur donne, ne sont plus employées. Ils consis- / taient en emplâtres étendus sur la peau, ou en sachets contenant des poudres aromatiques , les uns et les autres ayant la forme d’écussons. (A. C.)
EDULCORER. Ce mot a été employé pour indiquer l’addition d’une petite quantité de sucre ou de sirop à un médicament liquide. On l’a aussi mis en usage pour indiquer le lavage d’un précipité, dans le but d’en séparer les parties solubles.
EFFERVESCENCE. L’effervescence est un mouvement qui se manifeste dans un liquide lorsqu’une substance gazeuse se dégage. L’eau de Seltz présente un exemple de l’effervescence ; ce phénomène est dû dans ce cas au dégagement de l’acide carbonique. (A. C.)
EFFLORESCENCE. On a donné le nom d’efflorescence au phénomène que présentent certaines substances , et particulièrement des sels, de se réduire en poudre par leur exposition au contact de l’air. Ce changement peut être attribué plus particulièrement à la perte d’une certaine quantité d’eau que ces substances éprouvent. (A. C.)
ÉG AGROPILES. On donne ce nom aux concrétions intestinales de divers animaux , formées dans leur centre de poils feutrés , souvent mêlés de débris de végétaux. Ces corps étrangers proviennent ordinairement des poils mêmes de l’animal qui a pour habitude de se lécher la surface du corps , et dont la langue couverte d’aspérités assez dures pour former une espèce de peigne, enlève facilement une masse de poils. On a observé un grand nombre d’égagropiles, qui varient non-seulement par
ELATERIUM. ' 34ç>
leur composition hétérogène , mais encore par leur texture et par la substance qui les encroûte. Il en est qui offrent un véritable calcul pour noyau, et qui sont en outre formés de couches concentriques. Ainsi, sous le rapport de leur composition et texture, les égagropiles sont analogues aux bézoards. Les anciens leur attribuaient, ainsi qu’à ces dernières substances, des vertus merveilleuses mais purement imaginaires. (A, G.)
ÉGAGROPILES MARINS. On a donné ce nom à des pelotes de fibres que l’on trouve sur les rivages de la mer , et qui sont formées par des fibres entrelacées et feutrées de la zostère ( Zosttra marina ). Selon Draparnaud, elles sont produites par des poissons herbivores qui , munis de plusieurs poches ou cæcum , y amassent les substances filandreuses qu’ils ne peuvent digérer.
Ces égagropiles ont été recommandés en Allemagne , comme an thelmintiques et anti-scrofuleux. (A. R.)
ÉGLANTIER. Nom que l’on donne communément aux diverses espèces de rosiers sauvages. V . Rosier.
ÉLAINE. V* Oléine.
EL AIS GUINEENSIS. Palmier des climats équatoriaux d’Afrique et d’Amérique , dont le fruit fournit par expression Pliuile de palme. V. ce mot. (A. R.)
ÉLAN. Cervus Alces , L. Mammifère ruminant, du genre des cerfs , qui habite , en petites troupes , les forets marécageuses du nord des deux continens. Il atteint et surpasse même la taille du cheval, et le mâle se fait remarquer par l’énorme bois qui surmonte sa tête. Parmi les nombreuses erreurs de Tancienne Thérapeutique , celle qui attribuait à la corne du sabot ou à l’ongle de l’élan des propriétés contre l’épilepsie , n’était pas la moins ridicule. Néanmoins cette substance est encore prescrite dans la poudre de Guttète. (A. R.)
ELAPHR1UM TOMENTOSUM. Nom donné par Jacquin à un arbre de la famille des Térébinthacées , duquel découle la résine tacainaque. V . ce mot. (A. R.)
ELATERIUM. On donne ce nom, en Pharmacie , à l’extrait obtenu du fruit d’une plante originaire des contrées méridio-
35o ÉLATÉRIÜM.
nales de l’Europe. Cette plante, de la famille des Cueurbitacés, est connue en France sous les noms de concombre sauvage et
de concombre cCane . Linné' l’a placée dans son genre Momordica ; mais le professeur Richard l’en a détachée pour en former un genre particulier nommé Ecballium , et qui offre pour caractère essentiel un fruit indéhiscent dont les graines sortent avec rapidité par le trou que forme la base du pédoncule , au moment où il s’en détache.
L 'Ecballium Elaterium , Ricli., est une plante vivace dont la tige est charnue, couchée , rameuse , hispide , dépourvue de vrillés ; ses feuilles sont alternes , presque cordiformes , ondulées sur les bords, à pétioles redressés. Les fleurs sont monoïques jaunâtres, et forment des épis solitaires aux aisselles des feuilles. Le fruit est ovoïde allongé , de la grosseur du pouce , et hérissé de poils rudes et épais. On le fend avec un couteau, et l’on en exprime le suc que l’on clarifie par le repos et la filtration. Ce suc , épaissi en consistance d’extrait , constitue Y Elaterium ordinaire du nouveau Codex. Anciennement , après avoir séparé le dépôt qui se formait dans le suc, on le plaçait sur un crible , et on l’arrosait avec un peu d’eau. La portion liquide étant décantée , on faisait dessécher au soleil ou à un feu doux la matière précipitée. Cet extrait devait être léger , blanc , et d’une saveur très amère. Pour en augmenter la blancheur, les falsificateurs y incorporaient souvent de l’amidon.
Le docteur Paris a fait connaître la composition chimique de Y Elaterium du commerce. Il résulte de ses recherches que i oo parties de cet extrait contiennent : eau , 4 ; extractif , 26 ; fécule (amidon), 28; gluten, 5; matière ligneuse, 2 5; élatirie et principe amer , 12.
C’est à la présence de l’élatine que l’extrait dont il est ici question doit sa propriété drastique ; le principe amer combiné avec cette substance, que l’auteur regarde comme principe immédiat , ne fait qu’augmenter son action. La dose à laquelle 011 doit administrer les différentes sortes d’extrait varie selon le mode de préparation. On donne 1 à 6 grains de celui qui est fait avec le suc clarifié et épaissi , en ayant égard à Page et au
ÉLECTUAIRES. 35i
tempérament des malades. Les anciens médecins Tout préconisé dans plusieurs maladies graves , et particulièrement dans les hydropisies passives. Cependant M. Orfila s’est assuré que ses propriétés sont plutôt vénéneuses que médicinales ; aussi l’emploi de ce médicament est-il très rare aujourd’hui.
ÉLATIN ou ÉLATINE. Le docteur Paris a nommé ainsi le principe actif de V Elaterium. Il est mou, de couleur verte , d’une odeur aromatique, beaucoup plus pesant que Peau, dans laquelle il ne se dissout pas ; soluble dans l’alcool , qu’il colore en vert et dont il est précipité par l’eau ; soluble également dans les alcalis. Sa saveur n’est pas amère, mais il est combiné avec un principe amer particulier qui en augmente l’activité.
Il purge à une très faible dose. (A. R.)
ELECTRUM. V. Succix.
ÉLECTUAIRES. Sous le nom d’électuaires , on peut comprendre tous les médicamens officinaux formés de substances organiques, quelquefois de substances minérales incorporées dans le miel ou dans le sucre dissous dans l’eau , et souvent dans ces deux condimens réunis.
On les a divisés en deux grandes classes , les solides et les mous Les solides sont les tablettes , les pastilles {V ’. ces mots); les mous sont les conserves, les pâtes ( V. ce mot ). Les électuaires proprement dits (les confections, les opiats ) , les électuaires mous, sont divisés en deux classes, les électuaires mous simples, et les électuaires mous composés.
ÉLECTUAIRES MOUS SIMPLES. Conserves. Les conserves sont des médicamens officinaux de consistance molle, et résultant de l’union d’une seule substance végétale et du sucre. Les conserves , par leur mode de préparation et par leur consistance , se rapprochent des électuaires ; mais elles s’en éloignent , en ce que , chez ces derniers, le sucre sert de condiment à plusieurs substances réunies. La substance végétale qui entre dans la préparation d’une conserve peut être sous deux états, en pulpe ou en poudre. En général^ dans la préparation des conserves , la coction à l’aide de laquelle on obtient les pulpes
35?. « ÉLECTU AIRES.
dissipe une petite quantité des principes aromatiques, de'veloppe le mucilage , dissout l’amidon , dispose à la fermentation et à la détérioration de la préparation , tandis que l’emploi de la poudre obtenue des substances desséchées avec soin donne un médicament susceptible d’une plus longue conservation ; aussi ne doit-on employer la pulpe que pour les substances qu’il est impossible de dessécher, la casse, le cynorrhodon (i). On doit apporter à la préparation des conserves les soins convenables ; c’est dans le but d’indiquer les précautions à prendre qu’on a établi les règles suivantes.
Réglés générales pour la préparation des conserves, êlectuaires mous simples. i°. On doit employer des poudres très fines , provenant de substances mondées et séchées avec soin ; 2°. on doit se servir de pulpes bien homogènes , ne contenant pas trop d’humidité , afin que la cuite de la conserve soit plus prompte ; 3°. on doit employer des proportions différentes de sucre , selon la nature des substances employées (2) ; 4°sucre doit être bien clarifié, et cuit à la grande plume ; 5°. la conserve doit contenir assez d’humidité pour que le sucre ne puisse pas cristalliser, et cependant pas assez pour que la conserve , placée sur du papier gris , puisse mouiller ce papier. Une conserve de consistance trop molle éprouverait promptement une fermentation, et ses principes seraient dénaturés.
Conserve ou électuaire simple de racine d’aunée. O11 prend de la pulpe préparée avec la racine d’aunée , et passée à travers les mailles d’un tamis, 2.5o grammes (8 onc.); sucre
(1) No pourrait-on pas préparer une poudre de Cynorrhodon, destinée à faire instantanément la conserve de ce nom? Nous avons conservé en bon état pendant deux ans , en les faisant dessécher à l’étuve et les enveloppant ensuite dans du papier, des fruits de Cynorrbodons, privés des graines et des poils. La troisième année seulement, ces fruits furent rongés par des insectes.
(2) Une livre de pulpe acide exige, pour être réduite en conserve, une livre et demie de sucre : la quantité de sucre doit être proportionnée pour les autres conserves à la quantité d’eau que la substance a perdue par la dessication.
ÉLECTIJAÏRES. 35'3
blanc, 1000 grammes (2 livres); dissous dans un décoctum de racine d’aunée > et amené en consistance d’électuaire, par évaporation ; on mêle, et Ton fait une confection d’après les règles que nous avons indiquées. On prépare de la même manière les conserves avec les racines ; exemple. Celles d’ÂCHE , d’ANGÉLiQUE, etc. Ces préparations participent des végétaux qu’on y fait entrer.
Conserve ou électuaire simple de casse. On prend extrait de casse, 160 gram. (5 onc.) ; sirop de violettes, 120 grain. (3 onc. 6 gros) ; sucre blanc pulvérisé, 3o gram. ( 7 gros et demi). On fait évaporer au bain-marie jusqu’en consistance convenable ; on laisse refroidir et l’on ajoute huile essentielle de fleur d’oranger , 1 gram. (18 grains) ; on mêle exactement et on conserve.
Conserve ou électuaire simple de cynorrhodon. On prend pulpe de cynorrhodon bien préparée , 5oo grammes (1 livre) ; sucre blanc cuit en consistance d’électuaire , ^5 o grammes (1 livre 8 onces), O11 mêle exactement , et on lui donne la consistance convenable. La pulpe de cynorrhodon entre dans cette préparation , dans la proportion de 2 parties sur 5 de la masse totale (1).
Conserve ou électuaire simple d’écorce d’orange. O11 prend écorce fraîche d’orange , 5oo grammes (1 livre) ; on la divise, on la met dans un mortier avec 1 5oo grammes (3 livres) de sucre blanc. On piste ensuite pour former une masse bien homogène. Cette préparation est administrée contre les maux 4’estomac.
Conserve ou électuaire simple de roses rouges fraîches. On prend roses rouges fraîches , mondées du calice et des onglets , 1 5o grammes ( 4 onces 5 gros et demi) ; sucre blanc pulvérisé , 3oo grammes (9 onces 3 gros). On place les fleurs dans un mortier de marbre ; on les piste en ajoutant le sucre ; on continue
(1) La Pharmacopée d’Édimbourg indique le mode suivant pour préparer la conserve de cynorrhodon : on prend les fruits murs; on les prive du duvet et des graines, et on les bat dans un mortier de manière à en former une pulpe h laquelle on ajoute pendant le battage, trois fois son poids de sucre en poudre