‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 115 sur 193 · Tome IL · texte numérisé non relu

Tome IL

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marqué que l’emplâtre simple jaunit à l’extérieur , que l'emplâtre divin noircit , que le diabotanum se recouvre de cris^ taux (i). Ces altérations étant déterminées par le contact de l’air , on doit conserver ces produits en les soustrayant autant que possible à l’action de ce corps.

Les emplâtres qui ont subi ces altérations n’ayant rien perdu de leurs propriétés médicinales , on peut les employer , en séparant la partie qui a pris plus de . dureté , ou encore en faisant liquéfier l’emplâtre à une douce chaleur et en ajoutant une quantité d’huile , qui est déterminée par la consistance plus ou moins grande. Cette addition rend à l’emplâtre l’état de mollesse convenable à son emploi.

Les règles suivantes doivent être suivies pour la préparation des divers emplâtres : i°. on doit s’assurer de la pureté de la litharge et la réduire à un état de division extrême ; 2°. lors de la préparation des emplâtres par combinaison, et qui ne doivent pas être brûlés , il faut avoir soin d’entretenir dans la bassine une quantité suffisante d’eau destinée à servir de bainmarie ; 3°. on doit employer une bassine profonde, représentant à peu près la forme de la coquille de l’œuf coupée dans sa partie moyenne; 4°- il faut faciliter la combinaison de l’oxide avec les corps gras, on agite continuellement avec une spatule, on tient l’oxide en suspension, à l’aide de cette agitation; 5°. pour les emplâtres dits brûlés-, on détermine une légère carbonisation et l’on ménage le feu après que l’oxide est ajouté; 6°. pour les emplâtres par mélanges , on fait dissoudre les gommes résines dans le vinaigre ou dans l’alcool faible, et l’on fait évaporer ces solutions en consistance de miel épais ; 70. on a soin , i°. de mêler les l’ésines pulvérisées aux autres poudres , afin d’empêcher qu’elles ne se grumellent, 20. d’éteindre le mercure à l’aide de la térébenthine, 3°. de faire dis-

(1) M. Ricard Duprat a reconnu la présence dn nitrate de potasse h la surface de cet emplâtre. MM. Henry et Blondeau ont obtenu du soufre de l’acide benzoïque ; il est probable que ces produits dissous par l’eau arrivent à la surface à l’aide do ce véhicule.

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souche les extraits dans Peau ; 8°. de n "ajouter qu’à la fin les huiles volatiles , le. camphre , les poudres aromatiques ; q°. de séparer de la masse emplastique le dépôt fourni par les plantes fraîches , s’il en entre dans la composition ; io°. de malaxer exactement l’emplâtre pour l’obtenir plus homogène dans toutes ses parties.

EMPLATRE BRUN, Emplâtre dit Onguent de la mère j Onguent brun, Onguent de la mère Thècle (i). On prend huile d’olive , 5oo grammes ( i livre ) ; axonge de porc, beurre frais, suif de mouton , de chaque, 2Ôo grammes ( 8 onces ) • on fait fondre toutes ces substances dans une bassine; on y ajoute ensuite, à l’aide d’un tamis, oxide de plomb demi-vitreux, pur et pulvérisé, 2Ôo grammes (8 onces). On fait cuire sans ajouter d’eau, en remuant continuellement jusqu’à ce que la masse soit devenue d’un brun noirâtre ; on y ajoute alors , cire jaune, 180 grammes ( 5 onces 5 gros ) ; poix noire , 8o gram.

( 2 Onces 4 gros ) ; on mêle exactement, et l’on coule dans des moules de papier fort.

La formule donnée par Baumé prescrit de faire chauffer le mélange obtenu avec l’axonge, l’huile, le beurre , le suif, la cire jaune, jusqu’à ce qu’il soit fumant, puis d’ajouter ensuite la litharge , et de remuer ; il dit que ce mode d’opérer exige moins de temps de la part du manipulateur.

Dans cette opération , comme dans celle de la préparation des emplâtres avec la litharge, il y a formation d’acides qui s’unissent à l’oxide de plomb. L’onguent de la mère étant susceptible de blanchir lorsqu’il est préparé depuis quelque temps , les auteurs de la formule imprimée dans le Codex ont indiqué l’addition d’une certaine quantité de poix , dans le but de donner à cette préparation une couleur noire persistante.

Cet emplâtre est employé comme dessicatif, maturatif etsuppuratif ; on le fait entrer dans des cataplasmes. (A. C.)

EMPLATRE DE CIGUË , Onguent solide de ciguë ( préparé

(i) Nom Tune religieuse de l’Hôtel-Dieu de Paris.

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par mélange). On prend poix-résine, 960 grammes ( 1 livré 1.4 onces J ) ; poix blanche, 44^ grammes ( i4 onces 4 gros ) ; cire jaune, 640 grammes ( 1 livre 4 onces); huile de ciguë,

1 28 grammes ( 4 onces ) ; feuilles fraîches de ciguë mondées r 2 kilogrammes ( 4 livres ). On choisit la ciguë à une époque un peu avancée de la végétation, on la monde, onia met dans un mortier , et on la réduit en pâte ; on fait fondre la cire et la résine à l’aide de l’huile; on ajoute la ciguë, on fait légèrement bouillir ; lorsque le mélange est coloré et que l’humidité est en partie dissipée, on passe en exprimant avec force entre deux plaques de cuivre chauffées d’avance à l’eau bouillante.

A l’emplâtre passé on ajoute gomme ammoniaque, 5oo grain.

( 1 livre ) que l’on fait dissoudre dans une quantité convenable de vinaigre scillitique et de suc de ciguë ; on mêle le tout avec soin , on laisse refroidir , on malaxe ensuite pour faire des magdalêons . On a proposé diverses modifications pour la préparation de cet emplâtre. M. Cap a rappelé l’ancien procédé donné par Morelot, qui proposait l’emploi de la fécule au lieu de celui delà plante entière. M.Limouzin Lamothe a indiqué une modification qui consiste à dessécher à moitié la fécule verte. Ces procédés ont été rejetés, parce que l’emplâtre préparé à l’aide de la fécule n’a pas l’odeur ni la couleur de celui préparé avec la plante verte. M. Boullay a indiqué l’introduction dans l’emplâtre, de la gomme ammoniaque pure et liquéfiée à une douce chaleur. M. Caventou a combattu ce mode * d’opérer , et il a indiqué de faire cuire la ciguë avec l’huile jusqu’à consomption d’humidité , puis d’ajouter les autres substances divisées, de les faire fondre et de couler avec expression à travers un linge entre deux plaques chauffées. Ce moyen diffère peu de celui proposé dans le nouveau Codex , et il est à remarquer que l’on perd toujours une certaine quantité d’emplâtre. MM. Chevallier et Idt ont proposé d’apporter au procédé du Codex une légère modification ; elle consiste à prendre l’emplâtre obtenu par expression , à le tenir en fusion pendant quelques instans , à le laisser refroidir et à enlever le pain, qui à sa base contient une petite quantité de fibres et de

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chlorophylle non dissoute, à diviser ensuite cet emplâtre , à le faire fondre , à y incorporer exactement la solution de gomme ammoniaque, puis à le malaxer avant qu’il soit entièrement froid , pour le convertir en magdaléons , que l’on enveloppe de papier : on prive, par ce moyen, l’emplâtre d’une petite quantité' d’eau qu’il retenait et qui se sépare pendant la fusion.

L’emplâtre de ciguë est employé comme émollient , résolutif, étendu sur de la peau; on l’applique sur les tumeurs squirrheuses, les engorgemens des glandes, etc. (A. G.)

EMPLATRE DE CIRE. Cet emplâtre se fait par mélange ; on prend cire jaune , 3o grammes ( 7 gros et demi ) ; suif de mouton, 3o grammes ( 7 gros et demi); poix blanche, 10 grain. ( 2 gros et demi ) . On fait fondre ensuite à un feu doux ; on mêle exactement. (À. C.)

EMPLATRE DE CIRE VERTE. Cire jaune, 1000 grammes ( 2 livres ) ; poix-résine, 384, grammes (12 onces ) ; térébenthine , 192 gram. ( 6 onces) ; vert-de-gris pulvérisé, 192 gram. ( 6 onces ) . On fait liquéfier la cire , la poix-résine et la térébenthine ; on ajoute ensuite le vert-de-gris en le répandant sur la masse en se servant d’un tamis , et en l’incorporant à l’aide d’une spatule ou d’un bistortier . On cesse d’agiterlorsquela masse est entièrement refroidie. On le réduit alors en magdaléons.

Cet emplâtre s’emploie contre les cors aux pieds et pour ronger les bords de quelques plaies. Il est dangereux de l’appliquer sur une plaie d’une certaine étendue ; nous avons vu un accident causé par l’absorption du sel métallique faisant partie d’un emplâtre appliqué sur une plaie résultant d’un large vésicatoire. (A. C.)

EMPLATRE COLLANT DE POIX ET DE RÉSINE, dit anciennement Emplâtre d'André de la Croix ( emplâtre par mélange ). On prend poix blanche, 128 grammes ( 4 onces ) ; résine élémi , 32 gram ( 1 once ) ; térébenthine pure , 16 gram.

( 4 gros ) ; huile de laurier , 16 grammes ( 4 gros ). O11 fait liquéfier à une douce chaleur; on passe à travers un linge, et par expression ; on conserve dans un pot. Cet emplâtre est agglutinatif. (À. C.)

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EMPLATRE FONDANT. On prend emplâtre de savon, de vigo , de ciguë, de diacliylon , de chaque , 16 grain. ( 4 gros ) ; hydro-chlorate d’ammoniaque, 8 grammes ( 2 gros) ; hydrio— date de potasse , 5 décigrammes ( 1 o grains ). On fait fondre les emplâtres à une douce chaleur; lorsqu’ils sont presque refroidis , 011 y incorpore le sel ammoniac et l’hydriodate de potasse. Cet emplâtre est considéré comme un fondant énergique (D). (A. C.)

EMPLATRE DE GOMMES RÉSINES , Emplâtre diachjlon ; Dicichylon gommé. Cet emplâtre se prépare de la manière suivante : 011 prend emplâtre simple, 1600 grammes ( 3 livres 3 onces 1 gros); cire jaune , poix blanche, térébenthine, de chaque , 96 grammes ( 3 onces ). On fait liquéfier à une douce chaleur; on ajoute ensuite les substances suivantes : gomme a mmoniaque , bdellium , galbanum , sagapénum , de chaque , 32 grammes ( 1 once ) , dissoutes dans l’alcool à 10=20°, quantité suffisante , et amenées par l’évaporation à la consistance de miel. O11 mêle exactement pour faire une masse emplastique que Ton malaxe et que l’on divise en magdaléons.

M. Louis Delondre a proposé d’opérer de la manière suivante : on fait liquéfier l’emplâtre simple, on y ajoute la cire jaune; d’un autre côté, on met dans une bassine les gommes résines , la poix , la térébenthine , et 4 onces d’eau ; on fait chauffer; les gommes résines se dissolvent parfaitement; 011 passe avec expression à travers un linge ; on réunit ces substances à l’emplâtre ; on mêle exactement, et Ton obtient l’emplâtre, que Ton divise comme nous l’avons dit. Ce procédé, que l’on trouve dans la Pharmacopée batave, édition de F. Neimann, donne, d’après les observations de M. Delondre, que nous avons répétées , une masse emplastique plus aromatique que celle préparée par la solution des gommes résines dissoutes dans l’alcool ou dans le vinaigre (1). (Cette dernière méthode est employée dans quelques officines. )

(1) Le procède décrit dans la Pharmacopée batave a été aussi indiqué , cl on le trouve dans la Pharmacopée de Quiney, publiée en 1 7 40 • ( Eoir les

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L’èmplâtre diachylon est appliqué sur les tumeurs pour les amollir et les amener à suppuration. On Retend sur toile ; il porte alors le nom de sparadrap de diachylon , diachylon étendu sur tgile . On s’en sert pour aider à la cicatrisation des plaies. (À. G.)

EMPLATRE DE MERCURE COMPOSÉ , Emplâtre de vigo réformé. On prend emplâtre simple, i25o grain. (2 liv. 8 onc.) ; cire jaune, poix-résine, de chaque, 64 grammes ( 2 onces ). On fait liquéfier à une douce chaleur ; on tire du feu, et lorsque la masse est à demi refroidie, on y ajoute poudres de gomme ammoniaque, debdellium, d’oliban, de myrrhe, de chaque, 20 grammes (5 gros); de safran, 12 grammes (3 gros). On mêle toutes ces substances., en prenant les précautions convenables ; lorsque le mélange est exactement fait , on prend mercure , 38o grammes ( 1 1 onces 7 gros ) ; térébenthine pure f 64 gram. (2 onces ) ; styrax liquide pur, 192 gram. ( 6 onces ).

O11 introduit ces trois substances dans un mortier, et l’on

triture jusqu’à ce que le mercure soit complètement éteint; on ajoute ensuite cette masse à l’emplâtre préparé que l’on a fait liquéfier, et qui doit être médiocrement chaud; enfin , avant que la masse ne soit refroidie , on l’additionne de 8 grammes ( 2 gros ) d’huile essentielle de lavande ; on mêle exactement pour obtenir un emplâtre bien homogène dans toutes ses parties, on le roule ensuite en magdaléons. On doit, lorsque l’on ajoute à l’emplâtre le mélange de styrax et de térébenthine ayant servi à éteindre le mercure , se servir d’une bassine de fer , et éviter l’emploi d’une bassine de cuivre, qui deviendrait blanche , à cause de l’amalgamation d’une partie du mercure ; il en serait de même d’une bassine d’argent. On faisait autrefois deux sortes d’emplâtres dit de vigo , l’un sans mercure, l’autre avec ce métal; 011 y faisait entrer une foule de substances, des grenouilles, des vers de terre , et une foule de plantes. L’emploi de ces substances , qui ne faisaient pas

notes de M. Chëreau , imprimées dans la traduction du Dispensaire d’Edimbourg . )

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jouir l’onguent d’une plus grande efficacité' , les a fait supprimer de cette préparation officinale.

L’emplâtre de vigo est mis en usage comme fondant ; on l’étend sur de La peau, et on l’applique sur les tumeurs, les engorgemens, des glandes, et particulièrement sur celles des aines.

EMPLATRE MOU DE CANTHARIDES, Emplâtre vésicatoire anglais ( par mélange ) . On prend emplâtre de cire , axonge de porc , cantharides , de chaque , parties égales ; on fait fondre à une douce chaleur la graisse et l’emplâtre mis ensemble ; on retire de dessus le feu, on ajoute par petites portions, ou mieux , à l’aide d’un tamis, on répand sur la masse la poudre de cantharides , on incorpore ensuite exactement à la masse emplastique. Cette préparation étendue sur de la peau et appliquée' sur le tissu cutané , sans être saupoudrée de cantharides , produit la vésication.

EMPLATRE D’OXIDE DE PLOMB DEMI -VITREUX , Emplâtre simple (par combinaison). On prend oxide de plomb demi-vitreux pur ( litharge), réduit en poudre fine , axonge de porc , huile d’olive , de chaque, i5oo grammes ( 3 livres ). On choisit une bassine ovoïde assez grande pour que le mélange ne la remplisse qu’aux deux tiers ; on liquéfie la graisse que l’on passe à travers un linge tendu sur un carré placé au-dessus de la bassine; on ajoute l’huile , on mêle exactement ; au moyen d’un tamis , on fait tomber la litharge divisée sur les corps gras; on l’incorpore avec une spatule, et lorsque toute la litharge est ajoutée et que le mélange est bien exact, on met un peu d’eau destinée à servir de bain-marie ; on a soin de tenir de ce liquide chaud à sa portée , pour remplacer celui qui s’évapore : on doit surtout prendre cette précaution , car si l’eau venait à manquer , l’emplâtre se boursoufîlerait , augmenterait de volume , passerait sur les bords de la bassine , et pourrait se perdre ou se brûler. Si l’on ajoutait de l’eau froide, celle-ci réduite brusquement en vapeur , pourrait donner lieu , par son expansion , à une projection de la masse emplastique qui serait

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dangereuse pour le manipulateur. Lorsque Ton a pris toutes ces précautions, on porte le mélange à l’ébullition, et l’an agite continuellement en faisant glisser la spatule contre le fond de la bassine , d’une paroi à l’autre , dans le but de maintenir la litlxarge en suspension , et pour l’empêcher de se réunir au fond de la bassine, ce qui nuirait à la combinaison. On aperçoit un gonflement dans la matière ; ce gonflement est attribué ail dégagement de l’acide carbonique, du carbonate de plomb, mêlé à la litliarge, et aussi à de l’eau qui se volatilise. Pendant l’opération , on remarque les phénomènes suivans : i°. la couleur du mélange change peu à peu, et de rouge qu’elle était, elle devient rose, grise, puis blanche. On reconnaît que l’opération est achevée en faisant tomber, à l’aide de la spatule, quelques gouttes d’emplâtre dans l’eau froide : si ces parties séparées se solidifient et se malaxent sans s’attacher aux doigts, on en conclut que l’emplâtre est cuit. On le retire du feu; lorsqu’il est un peu refroidi , on ajoute de l’eau froide, on sépare la masse par petites portions , on malaxe celles-ci pour séparer l’eau qu’elles retiennent , puis on les divise en cylindres de diverses grosseurs. On met en une masse plus considérable l’emplâtre que l’on veut conserver plus long-* temps.

L’eau qui a servi de bain-marie contient un principe sucré particulier qui a été nommé glycérine. ( Voir ce mot. )

Cet emplâtre , dans lequel on faisait entrer autrefois du vitriol blanc et de la cire blanche, porteaussi le nom de diapalme . On étend l’emplâtre simple sur des bandes de toile , et on l’emploie au pansement des plaies ; il aide à leur cicatrisation.

EMPLATRE D’OXIDE DE PLOMB ROUGE CAMPHRÉ, En plâtre de Nuremberg. On prend oxide de plomb rouge pur (mibum), 3oo gram. (9 onces 3 gros) ; huile d’olive, 600 gr. ( 1 liv’e 3 onces 1 gros ) ; eau commune destinée à servir de bain-liane, quantité suffisante. On fait bouillir, en ayant soin d’agiter usqu’à ce que la solution de l’oxide soit complète , et que l’eau Qit évaporée. On retire la bassine dufeu, et Ton ajoute

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cire jaune, 5oo grammes (i livre). On remet sur le feu, .et lorsque la fusion de la cire est opérée , on laisse un peu refroidir, puis on ajoute camphre , 24 grammes (6 gros) ; on mêle intimement. L’emplâtre peut être considère' comme préparé. Cependant si l’on veut lui communiquer la couleur rouge, on ajoute à la masse, sur la fin de l’opération, oxide de plomb rouge pur et en poudre fine, 60 grammes ( 1 once 7 gros ) ; on mêle exactement, puis on convertit en magdaléons. L’oxide de de plomb contenu dans l’emplâtre de Nurenberg, coloré en rouge, est à la masse emplastique comme 1 est à 4- Cet emplâtre , étendu sur toile , appliqué sur les plaies , agit comme dessicatif; il aide à la cicatrisation. (A. C.)

EMPLATRE DES QUATRE FONDANS. On prend emplâtres de savon , de ciguë , de gommes résines ( diachylon gommé ), de mercure composé ( de vigo ) , de chaque , parties égales. On les fait fondre ensemble dans un vase de terre vernissé , et l’on mêle intimement. Cet emplâtre est employé comme fondant ; on l’applique sur les tumeurs , les glandes engorgées.

EMPLATRE DE SAVON (formule du Codex). Il se prépare de la manière suivante. On met dans une bassine de cuivre les substances suivantes : oxide de plomb rouge pur et en poudre, 5oo grammes (1 livre) ; oxide blanc ou sous-carbonate de plomb , 25o grammes ( 8 onces) ; cire blanche , 96 grammes (3 onces); eau de rivière, quantité suffisante. On fait cuire jusqu’à ce qu’il y ait conversion complète de l’oxide de plomb en sels. On retire alors la bassine de dessus le feu; on sépare l’eau, on ajoute ensuite savon blanc sec et ratissé, 1 25 grammes (4 onces) ; on fait chauffer doucement, et l’on incorpore le savon à la masse emplastique , à laquelle on ajoute, lors de ia prescription, une certaine quantité de camphre.

M. Fée, qui a ajouté des notes au Codex , a conseillé d* retrancher de cette formule l’oxide rouge de plomb et 1 oxide blanc, ces deux substances ne pouvant entrer en comffiiaisoii dans la masse emplastique. Cet emplâtre est ordinairement appliqué sur les tumeurs lymphatiques, (*• Ç.O

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EMPLATRE SIMPLE COLLANT, Emplâtre agglutinatif .. On prend emplâtre simple, 192 grammes ( 6 onces ) ; poix blanche et pure, 82 grammes (1 once); à l’aide d’une douce chaleur , on fait fondre l’emplâtre ; on y ajoute la poix , et l’on mêle exactement.

Cet emplâtre étendu sur toile est employé par les chirurgiens, qui s’en servent pour réunir les plaies , sans faire usage de la suture. (A. C.)

EMPLATRE SOLIDE DE CANTHARIDES, Emplâtre vésicatoire ( par mélange). On prend poix blanche , 240 grammes ( 7 onces et demie ) ; térébenthine , 80 grammes ( 2 onces et demie) ; cire jaune, 180 gram. (5 onces 5 gros) ; on fait liquéfier à une douce chaleur, on passe à travers un linge serré ; on mêle. On ajoute ensuite , par petites portions, poudre fine (1) de cantharides, 128 grammes ( 4 onces ). On mêle exactement, et l’on obtient une masse emplastique dans laquelle les cantharides sont à la masse comme 1 est A 5. Onia roule ensuite en cylindre. Cette préparation étendue sur de la peau et recouverte de poudre de cantharides, est appliquée ensuite sur les parties où l’on veut produire la vésication. Quelquefois on ajoute une certaine quantité de camphre à la poudre destinée à recouvrir la masse emplastique. (A. C.)

EMPLATRE SOLIDE DE RÉSINE ET DES GOMMES RÉ- SINES, Onguent solide de résines et de gommes résines. Anciennement emplâtre de mucilage. On prend huile de mucilage, 240 grammes (7 onces 4 gros ) ; poix-résine, 96 grammes (3 onces); térébenthine, 32 grammes (1 once). On fait fondre à une douce chaleur la térébenthine et la résine ; 011 ajoute l’huile, oimêle et l’on passe; on ajoute à la masse cire jaune pure, 2. nlogrammes (4 livres). Lorsque la masse est à moitié refroidie, on mêle les substances suivantes : gomme ammoniaque en larmSj opopanax, de chaque, 32 grammes (1 once), que l’on a fait hssoudre dans l’alcool à 20°, et que l’on a amenés par

(1) QueiueS pvat;ciens pensent que la poudre de cantharides moins fine donne plus ^'nergie à cette préparation?

4*2 • ÉMULSIONS.

l’évaporation en consistance de miel épais; safran en poudre, io grammes (2 gros et demi). On incorpore ces substances avec soin pour en faire une masse homogène, que l’on roule en magdaléons.

Autrefois on faisait entrer dans cette préparation le galbanum et le sagapénum. Cet emplâtre est appliqué sur les plaies ; on le regarde comme émollient.

Une foule d’autres emplâtres étaient autrefois préparés dans les officines; mais leur usage étant abandonné, nous n’avons pas cru devoir en parler, (A. C.)

ÉMULSIONS. On a donné le nom d’émulsions a des méclicamens magistraux liquides , qui se préparent pour l’usage interne.

Les émulsions sont des liquides opaques , comme laiteux ; on les prépare en pistant les semences oléagineuses et en mêlant ensuite la pâte avec, une certaine quantité d’eau ; par cette opération, l’huile contenue dans ces semences se trouve divisée à l’aide d’une partie de l’albumine et du parenchyme ; elle donne alors lieu à une liqueur nommée émulsion. Les émulsions peuvent être retirées de toutes les semences oléagineuses, des amandes, de la semence de chènevis , etc. Les règles à suivre lors de la préparation de ces médicamens sont les suivantes :

i°. Lorsque l’on emploie les amandes douces, on les jette dans de l’eau bouillante ; après quelques instans de séjour dans ce liquide, on les retire, on les prive de leurs enveloppes en les faisant glisser entre les doigts; on les jette ensuite dans de l’eau froide pour raffermir le parenchyme et s’opposer à l’exsudation de l’huile. Lorsque les amandes ont été quelque temps dans l’eau froide, 011 les essuie à l’aide de linges bim secs ; oh les réduit ensuite à l’aide du sucre en une pulpe homogène : le sucre facilite le déchirement, absorbe l’huib ffui se porterait à la surface de la pâte ; il la rend plus facffmen t miscible à l’eau.

20. Lorsque l’on emploie d’autres semences , celle chè— nevis, de pavot, on monde ces semences de substar es étrangères auxquelles elles pourraient être mêlées ; orcn en^

ÉMULSIONS. 4i3

suite, à l’aide du pilon, une pâte bien fine, en s’aidant du sucre qui doit entrer dans rémulsion.

3°. Lors de la préparation de ces liquides , on ne doit employer que des mortiers de marbre ; ces instrumens en bois étant susceptibles de s’imprégner d’une certaine quantité d’huile qui se rancit , communique aux médicamens une odeur désagréable et de l’âcreté : les mortiers de fer sont susceptibles de colorer l’émulsion; ceux de cuivre doivent être rejetés, à cause de la facilité qu’ils ont de s’oxider , par le contact du métal avec les matières grasses.

4°. On doit n’ajouter l’eau que par petites doses à la fois, et avoir soin de passer l’émulsion avec expression.

5°. On doit éviter , lors de la préparation d’une émulsion, d’y faire entrer de Lalcool et des acides , ces substances étant susceptibles de coaguler ce liquide.

6°. Il faut, autant que possible, ne préparer les émulsions que peu de temps avant de s’en servir. Ces préparations sont susceptibles de fermenter, de devenir acides, et par conséquent de se coaguler.

Les émulsions ont été divisées en émulsions vraies ou naturelles, et en émulsions fausses. Les premières sont celles que l’on obtient avec les graines, en suivant les règles indiquées ; les secondes sont le résultat du mélange d’une huile, d’une résine , d’une gomme résine , d’un baume , avec un intermède capable de tenir ce produit en suspension dans l’eau. Les intermèdes employés le plus ordinairement sont le jaune d’œuf la gomme arabique , la gomme adraganthe.

Émulsion d’amandes douces , Lait d’amandes. On prend amandes douces privées de leur épiderme et bien sèches , 32 grammes ( i once); sucre blanc, 32 grammes ( i once). On met ces substances dans un mortier de marbre, on piste pendant long-temps; on ajoute ensuite une petite quantité d’eau pour former une pâte molle que l’on délaie dans eau commune chauffée à 4o°Réaumur, 5o° centigrades, 5oo gramm. ( i livre) (i). On passe avec expression ; on ajoute ensuite eau

(i) On emploie le plus souvent l’eau froide.

44 ÉMULSIONS.

de fleurs d’oranger, 16 grammes (4g*'os)* On peut ajouter aux amandes douces quelques amandes amères ; cette addition donne un goût plus agréable à rémulsion.

On prépare de la même manière les émulsions avec les Semences froides, les Pignons doux et les Pistaches. lien est de même de quelques autres qui sont demandées quelquefois aux pharmaciens; ce sont celles que Pon peut obtenir avec les Graines de pavot et de chènevis. La première de ces émulsions est difficile à préparer; la graine étant très petite, elle échappe à l’action du pilon ; on doit alors avoir soin de faire une pâte bien homogène dans toutes ses parties ; on la délaie ensuite dans l’eau. Les émulsions varient par les proportions d’eau employées et d’amandes : celles-ci sont déterminées par le médecin, d’après l’emploi qu’il veut en faire. Le lait d’amandes est rafraîchissant calmant; on l’a employé avec succès contre les coliiques métalliques.

Émulsion camphrée, Lait d’amandes camphré. Ce médicament se prépare en ajoutant au lait d’amandes obtenu comme nous l’avons dit , une certaine quantité de camphre , triturant le camphre avec le sucre, ajoutant ensuite les amandes, pistant pour former une pâte, ajoutant l’eau, délayant et passant avec expression. La formule de l’émulsion camphrée de la Pharmacopée d’Edimbourg indique les proportions suivantes : amandes douces, sucre, de chaque, 16 grammes (4 gros) ; camphre , 12 décigram. (24 grains) ; eau, y5o gram. ( 1 livre et demie ),

Émulsion purgative avec la résine de jalap. Cette émulsion diffère de l’émulsion ordinaire , en ce que l’on y fait entrer de la résine de jalap. O11 prend résine de jalap, 6 déci gramme s (12 grains) ; sucre blanc, 8 grammes (2 gros). O11 met ces deux substances dans un mortier de verre ; on triture pour faire du tout une poudre bien fine. On ajoute ensuite , à plusieurs reprises, un depii-jaune d’œuf; on forme une pâte à laquelle on ajoute émulsion simple, 160 grammes ( 5 onces); eau de fleurs d’oranger double, 8 grammes (2 gros ). Le praticien, lors de la prescription d’une émulsion purgative , augmente

EMULSIONS. 4i5

ou diminue les doses de résine, d’après l’âge et les forces du sujet.

Émulsion purgative préparée avec la scammonée. La préparation est la même , on substitue seulement la scammonée à la résine de jalap. La dose de résine doit être proportionnée à l’état du malade.

On emploie quelquefois les résines purgatives dissoutes dans l’alcool en même temps que du savon amygdalin , ce mélange est ensuite soumis à l’évaporation. On doit, lors de cet emploi, se baser sur la quantité de résine contenue dans ce produit, qui n’agit pas toujours avec efficacité.

Émulsion purgative avec l’huile de ricin. On prépare ce médicament de la manière suivante. On prend liuile de ricin pure et récente, 3 2 grammes (1 once); la moitié d’un jaune d’œuf ; eau commune , 64 grammes ( 2 onces ) ; eau de fleurs d’oranger, 16 grammes (une demi-once) ; sirop simple de capillaire ou de fleurs d’oranger (à volonté) , 16 grammes (4 gros). On met l’huile et le jaune d’œuf dans un mortier de marbre ; on mêle exactement; on ajoute ensuite peu à peu le sirop en remuant continuellement; on ajoute ensuite par petites portions l’eau de fleurs d’oranger. On finit par ajouter l’eau commune; on introduit ensuite l’émulsion préparée dans un vase convenable. La quantité d’huile de ricin peut être ou diminuée ou augmentée , d’après l’ordonnance du médecin.

Émulsion purgative avec les ricins. L’huile de ricin étant quelquefois âcre et susceptible de produire de l’irritation à la gorge , quelques praticiens ont manifesté le désir d’avoir une émulsion purgative faite avec la graine du ricin , qui pût ne pas faire craindre cet inconvénient. La préparation suivante , que nous avons été à même d’employer d’abord sur nous-même, a donné de bons résultats. On prend graines de ricin en bon état, 80 gram. (-2 onces 4 gros) ; sucre , 32 gram. ( 1 once) ; gomme , arabique en poudre , 4 gram. (1 gros) ; eau de fleurs d’oranger, j 8 grammes ( 2 gros ) ; eau commune , 1 28 grammes ( 4 onces )• » On monde les ricins du péricarpe, qu’on rejette; on met les \ graines mondées dans un mortier de marbre avec le sucre et la

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