‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 116 sur 193 · ENCENS · texte numérisé non relu

ENCENS

gomme; on fait du tout, et à l’aide du pilon, une pâte homogène , à laquelle on ajoute une petite quantité d’eau ; on délaie exactement, on ajoute le reste de l’eau; on passe avec expression, on mêle à la colature l’eau de fleurs d’oranger. La quantité de graine que nous avons indiquée donne une émulsion équivalente par ses effets purgatifs à l’émulsion préparée avec une once d’huile de ricin. (A. C.)

ENCENS ou OLIBAN. Tbus , Olibanum officin. On a cru pendant long-temps , d’après l’autorité de Linné , de Bergius et de Broussonnet , que cette gomme-résine était produite par une espèce de genévrier ( Juniperus Ljcia , L. ) qui croît dans la région méditerranéenne, et surtout dans le nord oriental de l’Afrique et çle l’Arabie ; mais la résine qui découle de ce dernier arbrisseau , commun aussi dans le midi de l’Europe , n’est pas semblable à l’encens que l’on apporte d’Arabie et d’Éthiopie, par la voie du Caire. Il est plus probable que cet encens est fourni par un arbre de la famille des Térébinthacées dont la plupart des plantes sont remarquables par les substances résineuses aromatiques sécrétées de leurs diverses parties. Quelques auteurs l’attribuent à un arbre du genre Amjris mais sans preuves suffisantes. On sait en effet que l’histoire botanique des plantes de la famille des Térébinthacées est loin d’être éclaircie , malgré l’excellent travail de M. Kunth , publié sur ce sujet , dans les Annales des Sciences naturelles , juillet 1825.

Si l’on ignore l’origine de l’encens d’Afrique , il n’en est pas de même d’une autre sorte d’encens plus beau et plus estimé que ce dernier, et qui est apporté directement de Calcutta. Celui-ci découle du Boswellia s errata, D.C. ou B. thurifera de Roxburgh, arbre de la famille des Térébinthacées , et qui croît dans les montagnes de l’Inde.

L’encens d’Afrique est formé de larmes jaunâtres , et de fragmens irréguliers plus ou moins rougeâtres. Les premières sont oblongues ou arrondies, la plupart d’un petit volume, peu fragiles, à cassure terne et cireuse. Elles se ramollissent sous la dent comme le mastic, mais elles diffèrent de cette gommerésine par leur non-transparence ; d’ailleurs elles lui ressemblent

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beaucoup, et sont douées d’une saveur aromatique un peu âcre, et d’une odeur analogue aux odeurs réunies de la résine du pin et de la résine tacamaque. Les petits morceaux rougeâtres, que l’on désigne aussi sous le nom de marrons , se ramollissent facilement sous les doigts, et sont doués d’une odeur et d’une saveur plus fortes que les larmes ; ils sont souvent mêlés de débris d’écorce, et ils contiennent une quantité notable de petits cristaux de carbonate de chaux introduits dans l’encens par le défaut de soins des collecteurs ou par la cupidité des marchands. On trouve en outre des larmes rougeâtres intermédiaires, pour les qualités physiques , entre les larmes jaunes et les marrons.

L’encens de l’Inde est presque entièrement formé de larmes jaunes , demi-opaques , arrondies , d’un volume en général plus considérable*que celles de l’encens d’Afrique ; leur odeur et leur saveur sont plus fortes et plus analogues à celles de la résine tacamaque qu’à celles de la résine du pin. Cet encens est remarquable par sa pureté ; les plus grosses larmes offrent à peine une nuance rouge. Il n’y a pas long-temps qu’il se trouve en abondance dans le commerce. Celui que l’on consommait autrefois étant rempli d’impuretés ; on en séparait, par le triage, les plus belles larmes , que l’on vendait sous les noms à’ encens en larmes ou d’encens mâle , et l’on nommait encens en sorte ou encens femelle, les parties colorées et impures.

L’encens 11e se dissout que partiellement dans l’alcool et l’eau; il se fond difficilement par la chaleur, brûle avec une belle flamme blanche et répand une fumée blanchâtre et abondante , dont Codeur, en général très agréable, est pénétrante et fort diffusible. On prétend que l’usage antique de le brûler sur les autels , vient de ce que son odeur masquait les émanations désagréables produites par la combustion des animaux offerts en holocaustes. Cet usage s’est perpétué dans les cultes dont la religion judaïque est la source , quoique l’on ait abandonné la coutume d’y brûler des animaux ; c’est ainsi que l’on fait encore une grande consommation d’encens dans les rits des églises romaine et grecque.

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