‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 120 sur 193 · ÉPONGE · texte numérisé non relu

ÉPONGE

Aux fleurs succèdent des baies allongées, d’un rouge vif, et qui contiennent deux à trois graines.

Les feuilles et surtout les fruits de l’épine-vinette ont une saveur aigrelette , due à la présence de l’acide malique. On en prépare un sirop qui , étendu d’eau , forme une boisson rafraîchissante et très agréable. Les fruits d’épine-vinette servent encore à faire d’excellentes confitures.

Le bois et la racine de cet arbrisseau renferment un principe colorant jaune employé dans la teinture. Les graines ont une saveur astringente , et entrent dans la composition du diascordium.

L’analyse des racines de l’épine-vinette a été faite par Brandes. 1000 grains ont fourni à ce chimiste : principe colorant jaune,, 66,25; principe colorant brun, 25, 5o; gomme et traces de sel calcaire, 3,5o; amidon, phosphate et autre sel de chaux, 2,00; phosphate et sel végétal de chaux, 2,00 ; cérine, 1,00; élaïne ,2,2 5 ; stéarine ,0,^5; chlorophylle , o , 25; sous-* résine, 5,5o; fibre ligneuse , 554, 00; humidité, 36, 00.

ÉPITHÈME8. On avait donné le nom d’épithèmes à des médicamens employés comme topiques, et qui ne sont ni de la nature de l’onguent ni de celle de l’emplâtre : les épi thèmes sont liquides, mous ou solides. Les premiers peuvent être rangés dans la classe des fomentations ; les seconds dans celle des cataplasmes ; les troisièmes consistent en des poudres simples ou composées, enfermées dans des sachets. (A. C.)

ÉPONGE. Spongià. Dès les premiers âges de l’Histoire naturelle , ce genre de productions marines a piqué vivement la curiosité des savans. On a écrit bien des pages sur l’animalité ou la végétalité des éponges , sans décider la question. Plusieurs de nos contemporains semblent encore regarder cette question comme non résolue, quoique la plupart des naturalistes s’accordent assez pour classer cette singulière substance parmi les animaux, à la suite des zoophytes. Ceux qui se fondaient sur l’odeur animale que les éponges exhalent lorsqu’elles sortent vivantes de la mer , odeur encore bien plus caractérisée

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lorsqu'on les brûle , ne présentent pas un argument péremptoire ; car plusieurs végétaux marins sont également doués de cette odeur que l’on nomme animale , et qui est particulièrement due au dégagement d'un gaz ayant l’azote au nombre de ses élémens. Les mouvemens de contraction observés par quelques auteurs sont niés par d’autres qui ont la réputation de bons observateurs. Ainsi , on ne peut classer parmi les animaux ces êtres d'une nature si étrange , que d’après des considérations d’analogie avec d’autres zoophytes mieux déterminés ; mais ce n’est pas ici le lieu de développer ces considérations (i).

Les éponges sont des polypiers flexibles , formés de fibres en général cornées, très rarement solides, plus ou moins élastiques, toujours d’une extrême ténuité, anastomosées ou agglutinées entre elles , s’imbibant d’eau avec facilité dans l’état sec, et enduites, dans l’état vivant, d’une matière gélatineuse, irritable, ordinairement très fugace. Selon M. Gray (2), toutes les éponges paraissent être entièrement formées de spiculés fusiformes transparentes, placées longitudinalement, qui, unies par une substance cartilagineuse, constituent les fibres. Ces spiculés ayant la propriété de ronger le verre , lorsqu’on les y frotte fortement, ce fait a attiré l’attention de M. Gray sur la nature chimique de ces corps qui , au lieu d’être du carbonate ou du plios» pbate calcaire , se sont trouvés composés de silice.

Plus de 25o espèces d’éponges ont été décrites par les naturalistes ; elles offrent les formes les plus variées , ce qui les a fait désigner sous les noms de gants de Neptune , trompettes de mer , manchons , mitres , cierges , gobelets, cornes de daim , éventails, etc. Elles sont très communes dans les mers des tropiques, et elles deviennent de plus en plus rares , à mesure que l’on s’élève aux latitudes polaires ; on n’en rencontre presque aucunes dans les régions glacées, où cependant le fond des mers

(1) Le docteur Grant d’Edimbourg a , dans ces derniers temps, annonce' l’existence, dans les éponges, de corps qu’il regarde comme les oeufs de cellesci, et qu’il a vus produii’e de nouvelles éponges.

(a) Armais of Philosophy, juin i8a5, p. 4^1*

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