‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 128 sur 193 · ÉTHER NITREUX · texte numérisé non relu

ÉTHER NITREUX

avec une llamme d’un vert émeraude, en donnant Heu à des vapeurs blanches formées d’eau , d’acide carbonique et d’acide hydro-chlorique. Il est soluble dans l’alcool, très peu soluble dans l’eau ; il lui communique cependant une saveur sucrée ayant quelque analogie avec celle de la menthe. Pur, il est sans action sur le tournesol et sur le sirop cle violettes. Mis en contact avec les nitrates d’argent et de mercure, il n’y a de précipitation qu’au bout de quelques jours. Cette manière de se conduire indique qu’il y a combinaison intime entre les élémens qui le composent. Cette combinaison est le résultat de l’union d’un volume d’hydrogène carboné et d'un volume d’acide hydro-chlorique condensés en un seul volume. L’éther hydro-chlorique doit être conservé dans des flacons bouchés à l’émeri et recouverts de peau. On les place à la cave, en ayant soin de les renverser, l’éther hydro-chlorique étant excessivement volatil; pour l’employer dans divers médicamens, on le mêle avec partie égale d’alcool. Cette solution se prescrit sous le nom d’éther hjd ro- chlo ri q u e alcoolisé. Lorsqu’on l’emploie au lieu d’étlier, on en met deux parties ail lieu d’une d’éther pur. Ce produit est peu usité dans l’art médical. (A. C.)

ÉTHER NITREUX , Éther nitrique. L’éther nitreux fut connu dès 1681 . Kunckelest le premier qui en ait fait mention, dans une lettre écrite à Voight. Cet écrit de Kunckel attira peu l’attention des chimistes de cette époque, et elle ne fut fixée qu’en Ty42 et par la publication des travaux de Xavier

et de Sebastiani. Les expériences faites par ces savans furent le prélude de beaucoup d’autres^ et l’éther nitrique occupa successivement Black, Dehne , MM. Chaptal , Proust, Thénard, Pétroz, Duvozier. Tout récemment M. Guibourt a publié des observations sur ce produit. Divers procédés ont été prescrits pour faire l’éther nitreux , parmi lesquels nous rapporterons ceux de MM. Thénard , Pétroz , Durozier, et les résultats d’expériences faites par M. Guibourt.

Procédé de M. Thénard. On prend , parties égales en poids d’alcool à 36° et d’acide nitrique à 34°; on les mêle, et l’on in-

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troduit le mélange dans une cornue dont la capacité doit être au moins triple de celle du mélange ; on la place sur un triangle de fer posé sur un fourneau; o ï y adapte une allonge dont l’extrémité se rend dans un ballon qui communique avec trois ou quatre flacons à moitié pleins l’eau saturée d’hydro- ! chlorate de soude, par des tubes recourbés dont les plus grandes branches plongent au fond de ce liquide. On place ces flacons dans des vases destinés à recevoir un mélange réfrigérant. L’appareil étant disposé, on lute exactement les jointures, et on laisse sécher les luts. Lorsqu’ils sont secs, on met dans les vases le mélange de glace et de sel , on place sous la cornue une lampe à l’esprit-de-vin, on observe le mélange. Aussitôt que l’action de la chaleur a déterminé la réaction des deux liquides, et qu’on aperçoit les premières bulles se former, on retire la lampe , et l’on observe comment se conduit l’opération. Si l’ébullition devient trop forte, on verse sur la cornue de l’eau froide , que l’on a eu le soin de placer à sa portée ; on continue de rafraîchir ; on cesse lorsque l’ébullition marche de manière à ne pas faire craindre qu’une partie du liquide contenu dans la cornue ne vienne à passer dans les autres parties de l’appareil. L’opération est terminée lorsque l’ébullition cesse d’elle-même. On délute l’appareil ; on recueille la liqueur qui se trouve dans le ballon, et qui est un mélange d’alcool , d’éther, d’acides nitrique , nitreux et acétique. On sépare , à l’aide d’un entonnoir à longue tige , les liquides qui se trouvent en quantités variables dans les flacons et à la surface de l’eau salée ; on les réunit ensuite au liquide retiré du ballon ; on introduit le tout dans une cornue de verre, à laquelle on adapte un matras. On procède à la distillation à une douce chaleur, en ayant soin de recouvrir les parois du matras d’un mélange réfrigérant : lorsque la rectification est achevée, on agite l’éther obtenu avec une petite quantité de chaux éteinte ou avec de la magnésie décarbonatée ; on décante ou l’on filtre. L’éther ainsi obtenu marque 26° (Baumé). Voici ce qui se passe dans cette opération : l’alcool et l’acide se partagent chacun en deux parties ; une portion de l’alcool enlève

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tout l’oxigène à une partie de Tacide nitrique , et transforme le reste en acide nitreux ; de là, formation d'eau, d’acides carbonique, acétique, oxalique, de gaz azote, de gaz nitreux et d’une matière facile à charbonner. La partie de l’alcool non décomposée se combine avec Tacide nitrique® ramené à l’état d’acide nitreux , forme l’étber qui , avec les gaz , passe dans les flacons composant l’appareil , en entraînant avec eux de l’alcool, des acides nitrique , nitreux et acétique. L’éther, en contact avec les solutions salines, se condense, ainsi qu’une petite quantité d’alcool et d’acide ; ces gaz se dégagent, entraînant avec eux une petite quantité d’éther qui n’a pas été condensée. Le résidu, composant à peu près le tiers du mélange employé, est formé d’eau, d’alcool, d’acide nitrique, d’une petite quantité d’acide acétique , d’une matière difficile à charbonner , enfin d’acide oxalique (i).

Procédé de M. Pétroz . Des expériences faites par ce chimiste lui ont indiqué que la formation de l’éther nitreux exigeait plusieurs conditions , et qu’elle présentait des phénomènes qui peuvent l’engager à regarder cet éther, non comme une combinaison de Tacide avec l’alcool absolu , mais comme un combiné d’acide et d’un autre corps dérivé de l’alcool (2). Les conditions exigées, d’après ce chimiste, sont les suivantes. i°. L’alcool doit être exempt d’eau ; employé à 4 o° de Baumé, il n’est pas convenable , on doit lui substituer celui qui marque 44° à température de zéro (3) ; 20. le mélange de l’alcool avec Tacide nitrique doit être fait de manière à ce qu’il n’y ait pas production d’éther au moment du mélange ; 3°. il est conve- : nable d’ajouter au mélange une petite quantité d’acide sulfurique , afin de cohercer davantage les deux fluides, et d’absorber l’eau qui, convertissant en acide nitrique une partie de Tacide

(1) Des cristaux de cet acide ont été observés dans ce résidu.

(2) Observations lues en 1820, à la Société de Pharmacie de Paris.

(3) L’alcool employé par M. Pétroz a été obtenu en laissant digérer del’air cool rectifié sur une grande quantité de chlorure de calcium, et en distillant a ensuite à une douce chaleur.

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