FÉCULE
une apparence gélatineuse. Telle est la théorie de la formation de l’empois. Une légère torréfaction fait aussi éclater les grains de fécule , circonstance qui explique leur conversion en gomme , observée depuis long-temps par MM. Bouillon-Lagrange et Vauquelin. Ce qu’il y a de remarquable et de bien singulier dans les propriétés de cette gomme obtenue par l’ébullition dans l’eau, c’est qu’elle est susceptible, de même que les tégumens, de se colorer en bleu par l’action de l’iode. La torréfaction lui enlève totalement cette propriété; d’où M. Raspail a conclu que la faculté de se colorer en bleu par l’addition de l’iode, que possèdent les deux substances qui composent le grain de fécule , était due à une substance quelconque qu’il n’a voulu ni déterminer ni classer rigoureusement , mais qu’il a supposée de nature volatile, sans toutefois attacher plus d’importance à ce mot qu’on ne doit lui en donner quand on parle d’un corps inconnu ou qui a échappé jusqu’à présent à l’ob» servation.
La théorie de M. Raspail a été vivement attaquée en ces derniers temps par M. Caventou(i). Son auteur l’a défendue (2) par tous les moyens que lui fournissaient ses nombreuses observations. Notre but étant de nous borner à l’exposition des résultats utiles pour la science, nous ne devons point entrer dans les détails de cette polémique : nous exprimerons seulement le regret de voir les savans s’empresser de combattre réciproquement leurs observations ou leurs expériences, sans se comprendre parfaitement, opposer, par exemple, des expériences chimiques à des observations microscopiques , et de la différence apparente des résultats, en tirer cette fausse conséquence , que si les uns ont bien opéré , les autres ont mal observé , et vice versa . Dans le cas de la fécule, M. Raspail a fait connaître les résultats de ses observations , et il a donné les moyens de les vérifier avec facilité. On doit donc le juger uniquement sur les
( 1 ) lr> Ann. de Chimie et de Physique, mai 1826. (' i ) Ibid, 1826.