‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 158 sur 193 · FENU GREC. Ô · texte numérisé non relu

FENU GREC. Ô

ses fruits, comme apéritifs et alexipharmaques. Ils faisaient partie de plusieurs électuaires composés, tels que la thériaque, le mithridate, etc. (A. R.)

FENU GREC, Trigonella Fœnum grœcum , L. — Ricli. Bot. méd. , t. II, p. 549. (Famille des Légumineuses, Juss. Diadelphie Décandrie , L.) Plante annuelle, spontanée dans les champs de l’Europe méridionale , et que l’on cultive en grand dans certaines provinces de la France, et jusqu’aux environs de Paris.

Elle ressemble beaucoup à la luzerne , et , comme celle-ci , elle forme un fourrage estimé et en usage chez les plus anciens peuples. Sa tige s’élève à la hauteur d’un pied ; elle est presque simple, cylindrique, un peu velue. Ses feuilles sont pétiolées, alternes, à trois folioles obovales, obtuses, quelquefois un peu échancrées , dentelées sur les bords ; les stipules sont en fer de lance et entières. Les fleurs sont petites, d’un blanc jaunâtre, sessiles, géminées ou solitaires dans les aisselles des feuilles.

) Les gousses sont très allongées, presque cylindriques, dressées, un peu recourbées en faux, et terminées par une longue pointe conique. Elles renferment des graines jaunâtres, oblongues, rhombo'idales , d’une odeur aromatique très forte. Ces graines sont usitées en Pharmacie, sous le nom de fenu grec ; elles contiennent une grande quantité de mucilage et de fécule. Leur farine est employée, sous forme de cataplasmes, comme émolliente et résolutive. La décoction d’une once de ces graines, dans 2 livres d’eau, sert aussi à faire des lotions, des lavemens et des injections adoucissantes. On en fait usage, surtout dans la Médecine vétérinaire. L’odeur pénétrante des graines de fenu grec se dissout facilement dans les corps gras , ce qui les fait employer dans la préparation de plusieurs huiles et compositions emplastiques ou onguentaires , telles que l’huile de mu cilage, l’onguent d’Arceus.

Les habitans de l’Égypte font un grand usage du fenu grec , qu’ils regardent comme un spécifique contre les vers et contre la dyssenterie. Dans presque toutes les villes, on le vend lié en gros paquets, et on le mange avec avidité. Ses graines sont

grillées comme le café, et l’on en fait, avec le suc de citron, une liqueur assez agréable.

M. Bosson , pharmacien à Mantes , a retiré du fenu grec une huile volatile , une huile fixe et âcre , une matière amère , nauséabonde ; un principe colorant jaune, et de l’acide malique.

FER. Mars . Le fer est un corps combustible, simple, métallique , dont la connaissance remonte à des époques très reculées. Sa découverte et son emploi à la fabrication d’un grand nombre d’instrumens , et particulièrement des instrumens de guerre, est postérieur à c,elui du cuivre allié à l’étain. Les usages du fer, à l’époque où nous écrivons, sont tellement multipliés, qu’on ne sait trop comment on a pu s’en passer.

Le fer se trouvant répandu presque partout , il a été le sujet de travaux nombreux , et la plupart des chimistes se sont occupés de ce métal. Le fer existe dans la nature sous un grand nombre d’états : i°. natif, près de Grenoble, en Saxe, dans l’Amérique méridionale, en Afrique, au Brésil, etc. ; 2°. combiné à Voxigene, à l’état d’oxide à divers degrés d’oxigénation ; 3°. combiné au soufre en diverses proportions; 4°* un i aux acides , et formant des sels , le carbonate , le sulfate , le phosphate, etc.

Le fer métallique s’obtient particulièrement de la calcination du fer oxidé ou carbonate' , mêlé avec du charbon et dans des fourneaux appropriés à ce genre de travail. Le procédé de réduction consiste, i°. à laver le minerai terreux, pour le priver en partie des terres qui accompagnent le fer oxidé. Lorsqu’ils sont en masse, on concasse, et assez souvent on fait le triage. 2°. Les minerais en roche ne sont ni lavés ni boccardés; quelquefois on les soumet au grillage pour en séparer la plus grande partie de l’arsenic ou du soufre qu’ils pourraient contenir, et pour les rendre plus friables. 3°. Lorsque les minerais de fer ont subi ces préparations , on les soumet à une très haute température , afin d’obtenir, à l’aide du charbon , la réduction du fer et sa fusion. Pour cela, on remplit de charbon qu’on enflamme, des fourneaux construits exprès, et connus sous le nom de

hauts fourneaux : lorsqu’ils sont arrivés à une température très élevée, on les entretient toujours pleins, en ajoutant continuellement et alternativement du minerai à fondre et du charbon, puis un fondant, argileux ou calcaire, selon la nature du minerai. Si celui-ci est trop argileux \ le fondant qu’on y ajoute est la castine ou le carbonate de chaux. Si le minerai est calcaire, on y ajoute de Yerbue (1) ou de Fargile, ou bien encore , on mêle des minerais de nature calcaire avec des minerais de nature argileuse. Par cette addition de fondans appropriés, et à l’aide de la chaleur activée par l’air lancé par de forts soufflets, on détermine la fusion des substances terreuses qui accompagnent l’oxide de fer ; celui-ci se trouve en contact avec le charbon; il se réduit promptement, entre en fusion, et se réunit à la partie inférieure du fourneau, où il est à Pabri de l’air lancé par les soufflets.

Lorsque le creuset est plein de fonte , 011 arrête l’action des soufflets, on débouche à l’aide d’un ringard l’ouverture qui est placée au bas du creuset: le fer fondu coule; il est reçu dans un sillon sablonneux creusé dans le sol , et s’y moule en un long prisme triangulaire, dont les extrémités sont effilées. On donne à ce lingot le nom de gueuse. Le fer fondu ainsi obtenu varie par sa couleur et sa composition , suivant la nature du minerai soumis à la fusion. Suivant que ce produit est plus ou moins coloré, on lui donne les noms de fonte blanche , de fonte grise et de fonte noire.

Pour amener la fonte à l’état de fer doux , on la soumet à un traitement qu’on nomme affinage, et qui consiste à placer la fonte au milieu d’un foyer rempli de charbon , dont la combustion est entretenue à l’aide de soufflets ; à la faire fondre pour la sé parer du laitier et du charbon qu’elle retient; à enlever ensuite, à l’aide de pinces , le fer séparé des substances , et à le frapper avec de forts marteaux , afin de lui donner une forme sensible-

(1) Les proportions des fondons à ajouter au minerai se déterminent ordinairement par des essais pratiques faits en petit, mais mieux encore par l’analyse d’une certaine quantité delà mine à exploiter.

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