Tome II
53 o FER.
ment sphérique. On appelle loupe le fer retiré du foyer, et cingler la loupe l’opération qui a pour but de faire sortir de la masse le laitier, et de réunir entre elles les molécules du fer. Ce premier cinglage est suivi de trois autres. Le fer est alors assez pur et assez homogène pour être mis en barre et livré au commerce.
On extrait aussi le fer , par un autre procédé , auquel on a donné le nom de méthode catalane. Ce mode de traitement, qui se pratique sur des minerais de fer carbonate' ou de fer .hématite assez riches pour pouvoir donner du fer avec avantage , consiste à placer ces minerais dans un fourneau tout-à-fait analogue à ceux d’affinage , à les entourer de charbon de bois, à déterminer la combustion rapide du charbon par un courant d’air très vif , à retirer le fer en loupes , et à le forger comme on le fait pour l’affinage de la fonte. Une foule de détails sur la construction des fourneaux de fusion et d’affinage ne peuvent être donnés ici ; on peut les trouver dans des ouvrages spéciaux , qui traitent de la fabrication du fer, dans le nouveau Dictionnaire des arts et métiers ( Dictionnaire technologique ) , et particulièrement dans la Sydérotechnie, ouvrage publié parM. Hassenfratz.
Le fer est d’un blanc bleuâtre, susceptible de prendre un très grand éclat lorsqu’il est poli. Frotté pendant quelque temps, il a une odeur particulière; mis sur la langue, il produit une impression particulière très marquée. Sa dureté est très considérable , et ,on lui en communique une plus considérable encore en le convertissant en acier. Sa pesanteur spécifique est de 7,788; il est très ductile, se réduit facilement en fils d’un très petit diamètre. Ilest le plus tenace de tous les métaux, et un fil de 2 inillim . de diamètre peut soutenir un poids de 2Zp kilogram. Solide à la température ordinaire, il n’entre en fusion qu’à environ i3o° du pyromètre de Wedgvood. Le fer en barres, conservé dans une position verticale , et mieux sous un angle de 70°, s’aimante dans l’espace de quelque temps. Ces barres sont aussi susceptibles de s’aimanter par percussion , par une décharge électrique, et mieux encore en frottant toujours dans le même sens contre un aimant naturel ou artificiel. «
Le fer , porté à une température élevée , brûle avec une extrême facilité ; aussi Ton voit, lorsque les forgerons le travaillent, que des fragmens de ce métal se détachent de la masse et brûlent en donnant lieu à des étincelles brillantes. A l’état de fil très fin, et mis en contact avec de l’amadou allumé, puis plongé dans un flacon de gaz oxigène , il brûle avec flamme . et il se convertit pour ainsi dire instantanément en deutoxide, qui tombe au fond de la cloche. Exposé à une chaleur rouge obscure, le fer absorbe de Foxigène de Fair, s’oxide, et passe successivement de la couleur noire au brun violet , en augmentant de poids. Exposé au contact de Fair humide, il s’oxide, et de brillant qu’il était primitivement, il se charge d’une couleur jaune qu’on connaît sous le nom de rouille (i). A froid sans le contact de Fair, Foxidation du fer par l’eau n’a pas lieu; à une haute température, au contraire , l’eau est décomposée ; il y a formation d’oxide de fer et dégagement d’hydrogène. Le fer s’unit avec les corps combustibles, le bore , le carbone , le chlore , l’iode , le phosphore, le 'sélénium, le soufre.
Le fer, à l’état métallique, est employé comme tonique , astringent, apéritif; on l’administre dans les maladies atoniques, les maladies chroniques avec langueur et débilité de la circulation , dans l’aménorrhée , la chlorose , le rachitis, la leucorrhée, les engorgemens glanduleux, abdominaux et lymphatiques. La dose est de 3 décigrammes à 4 gramm. (6 grains à i gros), à plusieurs reprises dans la journée. On a recommandé le fer comme antidote des sels de cuivre ; on le délaie dans de l’eau gommée , et on l’administre à la dose de 4 à 6 gros ( Chevallier et Gabriel Pelle tan. ) On Fa recommandé comme un spécifique contre le cancer.
FER-BLANC. Le fer-blanc est un alliage de fer et d’étain , que l’on obtient en plongeant des lames de tôle dans un bain d’étain. (A. C.)
(i) On a démontré qu’il y a formation d’ammoniaque lorsque le fer s’oxide par le contact de l’air et de l’eau ( Austin, Vauquelin, Chevallier) ; mais, comme l’avait annoncé Lavoisier , il ne s’oxide pas par son contact avec l’air, l’appareil plein étant renversé snr le mercure ( Collard de Martigny).