FUSAIN
cependant on a quelques faits qui prouvent cette efficacité.
FUNGINE. M JBraconnot de Nancy a donné le nom de fungine à la substance charnue qui forme la base des champignons , et qui reste en résidu lorsqu’on traite ces végétaux par l’eau bouillante , aiguisée d’un peu d’alcali. La fungine de M. Braconnot est plus oü moins blanche, molle, insipide, peu élastique. Si on la torréfie , elle répand l’odeur de pain grillé ; exposée à la flamme , elle prend feu ; soumise à l’action de la chaleur dans une cornue , elle se décompose en fournissant des produits analogues à ceux qui résultent de la distillation de matières animales, en fournissant un charbon qui, par incinération, laisse un résidu composé de phosphate d’alumine et de fer, de carbonate et de phosphate de chaux. L’alcool , l’éther, l’eau , l’acide sulfurique faible , les solutions faibles de potasse , la soude , n’ont pas d’action sur la fungine. L’acide liydro-chlorique la dissout à l’aide de la chaleur. L’acide nitrique l’attaque , et de cette action il résulte des gaz , de l’acide oxalique, une matière jaune , amère, deux substances grasses, l’une analogue au suif, l’autre à la cire. Les alcalis concentrés l’attaquent. Ce produit a de l’analogie avec la fibre ligneuse. (A. C.)
FUSAIN. Evonymus europœus, L. (Famille des Rhamnées, Juss. Pentendrie Monogynie , L.) Arbrisseau qui croît dans les forêts de l’Europe , et particulièrement de la France, où on le connaît sous les noms vulgaires de bois à lardoire , de bonnet de prêtre , etc. Il s’élève à la hauteur de douze à quinze pieds, et se divise en rameaux dont les plus jeunes sont en général verts et quadrangulaires. Les feuilles sont pétiolées, opposées, ovales oblongues, aiguës et légèrement dentées, accompagnées de deux petites stipules sétacées. Les fleurs, portées sur des pédoncules bifides ou trifides et axillaires, sont petites et jaunâtres. Le fruit est d’un rouge amaranthe clair, globuleux , déprimé à son sommet, à cotes très marquées et arrondies; les graines sont entourées d’une arille orangée ; elles renferment une huile dont la saveur est âcre, mais qui peut servir pour l’éclairage.
Le bois du fusain a une couleur jaunâtre, le grain fin et serré •
FUSTET. Goi
il est employé' pour quelques ouvrages de tour. Il fournit un charbon très léger , dont on fait une grande consommation pour fabriquer la poudre à canon. Les dessinateurs s’en servent pour les premiers linéamens de leurs esquisses , qui s’enlèvent avec la plus grande facilité et sans laisser aucune trace.
Les fruits du fusain excitent le vomissement chez l’homme, à la dose de trois ou quatre. Leur décoction est usitée contre la gale et pour détruire les poux. (A .R.)
FUSTET ou COCCIGRUE. Rhus Cotinus, L. (Famille des Térébinthacées, Juss. Pentandrie Monogynie, L.) Petit arbre indigène de l’Europe australe , et que l’on cultive partout pour rornement des bosquets. Ses branches sont rondes , couvertes d’une écorce rougeâtre. Ses feuilles sont larges , obovales, unies et vertes. Ses fleurs sont disposées en grappes ; les pédicelles qui les soutiennent sont hérissés de petites fibrilles, qui donnent à la grappe l’aspect d’une houppe ou d’une petite perruque de poils fins, ce qui a fait désigner vulgairement l’arbuste sous le nom d 'arbre à perruques . M. Deleuze a fait remarquer que l’abondance de ces fibrilles fait avorter les fruits, en s’emparant de la nourriture qui leur était destinée, en sorte que plus la houpe est considérable et moins on trouve de fruits mûrs sur la grappe. Les feuilles du fustet contiennent du tannin et de l’acide gallique ; elles sont par conséquent très astringentes et employées par les corroyeurs pour passer les peaux. V. Sumac.
Le bois de fustet, d’un beau jaune veiné, est employé par les ébénistes et les luthiers. Il sert en teinture pour produire diverses couleurs qui sont brillantes, mais peu solides. Seul, il fournit une belle couleur orangée; avec le bleu de Prusse, une couleur verte ; et avec la cochenille , on obtient les couleurs jonquille ou chamois, d’après les proportions dans lesquelles on combine ces matières colorantes. (A. R.)
602 GALANGA.
GABIAN (huile de). V. Pétrole.
GADOLINITE. Minerai découvert en Suède, à Yterby, par Gadolin. Sa couleur est noire , sa cassure est imparfaitement conchoïde, son éclat est vitreux, sa pesanteur, suivant Haüy, est de 4 > °497 • Exposé au feu d’un chalumeau, il décrépite et lance des particules qui paraissent enflammées. Cet effet n’a pas lieu , si l’on a eu soin de le faire rougir dans la flamme d’une bougie. L’analyse de la gadolinite a fourni àM. Vauquelin les résultats suivans : i°. yttria, 35 ; 20. silice, 25,5 ; 3°. fer, 25; 4°. oxide de manganèse, 2; 5°. chaux, 2; 6°. perte attribuée principalement à de l’eau, 10, 5. J~. Yttria.
L’analyse de la gadolinite, faite par Ekberg, a fourni les résultats suivans : yttria 0,47; silice 0,2 5; fer oxidé 0,18; alumine 0,04. (Voiries Annales de Ch., t. XXXVI, p. 1 43, et le Bulletin de la Société philomatique, 44 5 P- i58.)
La gadolinite est employée pour obtenir l’yttria. (A. C.)
GAGATES. V. Jayet.
GAIAC. Pour GAYAC. V. ce mot.
GAILLET. V . Caille-lait.
GALANGA. On donne ce nom à la racine de deux plantes que les botanistes rapportent à deux genres différens de la famille des Amomées, et de la Monandrie Monogynie, L. L’une de ces plantes a été désignée par Linné sous le nom de Kœmpferia G alanga ; l’autre espèce a été nommée Maranta Galanga, par Linné. Wildenow et Roscoe l’ont décrite sous celui d’ Alpinia Galanga. — Le Kæmpjeria Galanga, L. ; Rich. Bot. méd., t. 1, p. 1 1 4, croît spontanément dans les Indes orientales , et 011 l’a transporté dans les Antilles et l’Amérique méridionale. Sa racine est fibreuse , surmontée d’un bulbe arrondi , solide , blanc , recouvert d’écailles qui sont les débris des feuilles des années précédentes. Les feuilles , au nombre de deux ou trois, sont étalées , arrondies , aiguës au sommet, ondulées sur les bords , striées, vertes , quelquefois purpurines et un peu pu-v bescentes en dessous. Les fleurs naissent du collet de la racine,
GALANGA, 6o3
au milieu des feuilles ; elles sont blanches , marquées de deux taches violettes.
Le Maranla Galanga , L. ; Alpinia Galanga, Willd. et Roscoe, figuré dans Rurnpli ( Herb . Amboin., t. Y, p. izp, tab. 63), croît, comme la précédente espèce, dans les Indes orientales. Ses feuilles sont lancéolées et ses fleurs disposées en une grappe lâche et terminale. C’est cette plante qui fournit le galanga répandu dans le commerce de la Droguerie, et dont nous allons décrire les deux variétés. Quant à la racine du Kœmpferia Galanga , quoiqu’elle jouisse de propriétés semblables à celles du Maranla Galanga , elle est peu employée.
Le grand Galanga est une racine en morceaux longs de deux à trois pouces et de six lignes à deux pouces de diamètre , cylindriques, souvent bifurqués, d’un brun-rougeâtre extérieurement, marqués de lignes frangées, circulaires, blanches. Leur aspect extérieur a quelque ressemblance avec les racines d ’Acorus Calamus : aussi quelques droguistes leur donnept à tort le nom à’ Acorus. Leur intérieur est d’une couleur fauve rougeâtre , d’une texture fibreuse , peu compacte ; leur odeur est forte , analogue à celle du cardamome , et leur saveur piquante , aromatique et très âcre.
Le petit Galanga ne diffère, par ses caractères extérieurs, de l’autre sorte , qu’en ce qu’il est plus petit dans toutes ses parties. Il n’a que deux à quatre lignes de diamètre ; sa couleur est plus brune et son odeur beaucoup plus forte. On croit généralement que c’est la même racine que la précédente , recueillie à une époque différente , en un mot , une variété d’âge du même organe.
La racine du soucliet long ( Cjperus longus, L.), plante indigène des marais de l’Europe, se distingue facilement du galanga (avec lequel on la mélange quelquefois) , par sa couleur noire , l’absence des franges circulaires blanches , et par sa saveur amère, astringente et peu aromatique.
On trouve dans le commerce un faux Galanga, dont les qualités physiques diffèrent assez de celles du vrai galanga, pour qu’on puisse présumer avec raison qu’il provient d’une