GALLINACÉS
base, hautes d’environ un pied. Ses feuilles forment un-verticille de huit; elles sont étroites-linéaires , aiguës, d^un vert fonce' en dessus, plus pâles en dessous. Les fleurs sont disposées en une grappe interrompue, allongée et terminale. Elles ont une belle couleur jaune et elles exhalent une odeur assez forte.
Le nom de caillelait donné à cette plante dérive de la propriété de cailler le lait, qu’on attribuait autrefois à ses sommités fleuries. Les expériences de Bergius, et celles plus récentes de Parmentier et de M. Deyeux , ont prouvé que cette propriété était imaginaire. O11 s’en sert dans quelques pays, et notamment dans le canton de Chester , en Ecosse , pour colorer et aromatiser le fromage. On les employait aussi comme antispasmodiques et diaphorétiques dans une foule de maladies, telles que l’ictère, les affections convulsives, l’épilepsie, etc. Il en est de ce prétendu spécifique comme de toutes les plantes qui , n’étant douées que de faibles qualités physiques, sont aujourd’hui totalement inusitées. La saveur légèrement amère et aromatique du caillelait lui assigne tout au plus une place dans la nombreuse classe des médicamens indigènes toniques. Le galiet fait partie des espèces anti-laiteuses de Weis.
GALIPOT. V. Poix et Térébenthine.
GALLATES. On a donné ce nom aux sels qui résultent de la combinaison de l’acide gallique avec les bases salifiables. Ces sels ne sont pas employés comme médicamens. V. Acide gallique. (A. C.)
GALLE. Galla. On donne ce nom à certaines dégénérescences tuberculeuses et arrondies de plusieurs parties des végétaux, produites parla piqûre des insectes qui les choisissent pour le berceau de leur progéniture. Parmi les principales espèces de galles , on distingue surtout celles du chêne et du rosier, dont les propriétés sont éminemment astringentes, et qui , sous ce rapport , sont fort employées dans les Arts et en Médecine. V. Noix de galle et Rosier. (A. R.)
GALLINACÉS. Ordre très naturel de la classe des Oiseaux , caractérisé par un bec court ; la mandibule supérieure courbée
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depuis la base, qui est quelquefois garnie jusqu’à la pointe d’une membrane que l’on nomme cire ; des narines placées de chaque côté du bec , recouvertes d’une membrane épaisse , des pieds médiocres , dont les tarses sont généralement élevés ; quatre doigts dont trois devant réunis à leur base par une courte membrane , le pouce peu ou point apparent , s’articulant assez haut. Les Gallinacés ont le vol très lourd ; en revanche , ils courent avec la plus grande vélocité ; ils sont polygames ; le mâle ne se mêle point du soin des petits, qui sont en général très nombreux. Ces oiseaux sont pour la plupart très grands , et peuvent vivre sous tous les climats ; leur chair délicate et leurs œufs offrent une ressource inappréciable dans l’économie domestique. C’est à cet ordre qu’appartiennent les coqs , les faisans , les dindons , les paons , les pintades , les hoccos et les perdrix. (A. R.)
GALLINSECTES. C’était le nom que Réaumur donnait aux insectes du genre Kermès ; il nommait , par opposition , pro— gallinsectes ou faux gallinsectes , ceux du genre Cochenille. Latreille en a formé une famille de l’ordre des Hémiptères , section des Homoptères, qui réunit ces deux genres. Cette famille offre une particularité curieuse qui la distingue suffisamment de toutes les autres. Les femelles, après leur fécondation , se fixent sur des végétaux de diverses espèces : bientôt leur corps se gonfle , puis se dessèche en présentant l’aspect de
galles ou d’excroissances tuberculeuses. Placés sous cet abri
maternel, les œufs ne tardent pas à éclore. V. Cochenille et Kermès végétal. (A. R.)
GANGUE. On donne le nom de gangue à la substance terreuse sur laquelle repose le filon métallique. On donne le même nom à la partie qui recouvre le filon ; on les différencie cependant en désignant la partie inférieure par le nom de lit, et la partie supérieure par celui de toit. Les substances qui forment le plus ordinairement les gangues des minéraux sont les suivantes : le quartz, le carbonate de chaux , le sulfate de baryte, le fluate et le sulfate de chaux , etc.
Le mot gangue vient du mot allemand gang , qui signifie filon. (A. C.)
GANT DE NOTRE -DAME et GANTELËE. Noms vulgaires de la digitale pourprée. V . ce mot. (A. R.)
GARANCE. Rubia tinctorum , L. — Rich. Bot. méd. , tom. I ? p. 4i5. (Famille des Rubiacées , Juss. Tétrandrie Mono— gynie, L. ) Cette plante vivace croît spontanément dans le midi de l’Europe et dans tout le bassin de la Méditerranée ; on la cultive en grand , aux environs d’Avignon , en Languedoc , en Alsace, en Normandie et dans la Hollande, à raison des nombreux et importans usages de sa racine. Celle-ci est horizontale, de la grosseur d’une forte plume ou de celle du petit doigt, noueuse et rougeâtre ; elle donne naissance à plusieurs tiges herbacées , faibles , tétragones , rameuses , armées de petits crochets , et très rudes. Ses feuilles sont verticillées , sessiles, lancéolées , aiguës , fermes , hérissées cTaspérités à leurs bords , ainsi que sur la nervure médiane. Les fleurs sont jaunes , portées sur des pédoncules courts et rameux ; elles forment une sorte de panicule très lâche à l’extrémité des rameaux.
Telle qu’on la rencontre dans le commerce, la racine de garance est cylindrique, striée, recouverte d’un épiderme d’un brun rougeâtre qui s’enlève assez facilement; sous cet épiderme est une écorce qui a environ une ou deux lignes d’épaisseur, et dont la couleur , ainsi que celle de la moelle , est d’un rouge très intense. La partie ligneuse est jaunâtre, et ne contient pas le principe colorant que l’on recherche dans cette racine ; son odeur est faible, particulière ; sa saveur est amère et styptique.
On fait une immense consommation de la racine de garance dans la teinture en rouge. C’est sa matière colorante rouge qui, fixée sur la coton, donne ce beau rouge d’ Andrinople , que les Orientaux étaient seuls en possession de fabriquer (1), mais qui a été imité avec succès par nos habiles manufacturiers.
(1) Scion Chardin ( R oycige en Perse , t. I il , p. 3 i5 ), les Persans expe-*dient dans l’Inde une grande quantité d’une teinture rouge très estimée , préparée avec la racine de garance , qu’ils nomment roubâs. II est probable que c’est avec cette teinture que l’on teint en rouge les fameux schails de Cacho mire.