GAROU
âcre, de la daphnine, une matière colorante rouge, du sucre incristallisable et fermentescible , une gomme azotée , de la fibre ligneuse , une matière colorante brune , de l’acide malique , du malate de chaux, de magnésie et de potasse. Les produits de l’incinération étaient formés de phosphate de chaux , d’alumine , de silice et d’oxide de fer. ( Recherches sur le garou. Tubingue , 1822.)
M. Vauquelin {Ann. de Chimie, y. LXXXV , p. 174) avait retiré de l’écorce du Daphné alpina une substance cristallisable , à laquelle il avait d’abord attribué des propriétés alcalines , mais que plus tard ( Journ . de Pharmacie , t. X, p. i35 et 4r9) il- reconnut comme une matière qui, par elle— même , était incapable de saturer les acides , et qui ne devait çette propriété qu’à la présence de l’ammoniaque. Cette matière a été retrouvée dans les autres Daphnés, soit par l’auteur de la découverte , soit par les chimistes qui se sont exercés sur le garou. Ceux-ci ont continué à la ranger parmi les alcalis végétaux, sous le nom de Daphnine. (Y. ce mot. ) Est-ce à ce principe qu’est due la propriété vésicante des Daphnés ? Cette question 11’est pas encore complètement résolue. Nous sommes fondés à croire que plusieurs substances actives existent dans les Daphnés , et notamment une matière volatile, insoluble dans l’eau, dont l’énergie est considérable ; car la décoction de ces plantes ne jouit que de faibles propriétés, en comparaison de l’activité des parties delà plante en nature.
Depuis un temps immémorial, les habitans de quelques contrées méridionales emploient le garou comme épispastique ; mai s ce n’est que vers le milieu du siècle dernier qu’il a été mis en usage par les médecins et introduit dans la Thérapeutique. Une petite plaque de cette écorce , macérée pendant quelques heures dans du vinaigre, appliquée sur la peau et recouverte d’une feuille de lierre, ne tarde pas à la rougir et à l’enflammer; si l’on renouvelle cet appareil pendant quelques jours, 011 obtient un exutoire de la largeur à peu près de la feuille de lierre. Ce vésicatoire, malgré la lenteur de son action, est préféré dans certains cas à l’emploi des cantharides , surtout lorsqu’on