‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 23 sur 193 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

Le précipité blanc se donne à la dose de i à 5 grains par jour. On le fait entrer dans des pilules (il faut qu’il soit bien lavé) ; on l’ordonne à plus haute dose dans des pommades destinées à frictionner quelques parties malades, comme nous l’avons déjà dit. Les propriétés du précipité blanc sont, lorsqu’il est bien lavé , les mêmes que celles du calomélas ; cependant le pharmacien ne doit pas , lors de l’exécution d’une ordonnance quelconque , substituer l’un de ces produits à l’autre. (À. C.)

CHLORURE DE MERCURE ( DEUTO- ) , Sublimé corrosif, Muriate de mercure oxigêné, Oxi-muriate de mercure , Muriate corrosif de mercure . On a donné le nom de per- chlorure de mercure à la combinaison du chlore avec le mercure. L’époque de la découverte de ce produit est inconnue. Rhases et Avicène, qui vivaient dans le Xe et XIe siècle , font mention du sublimé corrosif dans leurs ouvrages. On connaît un grand nombre de procédés proposés pour sa préparation , et Bergman en a compté jusqu’à quatorze. Parmi les auteurs qui se sont occupés de ces méthodes, Kunkel est le premier qui ait prescrit de chauffer ensemble un mélange de sulfate de mercure et de muriate de soude ; d’autres chimistes après lui recommandèrent les oxides de mercure précipités par la potasse. Bergman prescrivit l’emploi du sous-nitrate et du sel marin , ce procédé ancien est regardé par Murray comme supérieur par ses résultats , à ceux qui sont donnés par le nouveau procédé. Tromsdorff et Berthollet le préparèrent par la dissolution du deutoxide de mercure dans l’acide hydro-chlorique ; M. Boullay l’obtint en faisant réagir du chlore sur l’oxide de mercure. Enfin les Hollandais , qui le préparaient pour les procédés des Arts, le fabriquaient en éteignant du mercure par le sel marin, et calcinant ce mélange avec du per-sulfate de fer, dans des matras.

Le sublimé corosif, le per-chlorure de mercure , a été fourni pendant long-temps à la France par l’étranger; en 1793 , on en établit en France une fabrique ; depuis cette époque , ce nouveau genre d’industrie s’est maintenu, et cette fabrication, à présent trop répandue pour offrir de grands bénéfices, nous

exempte cependant du tribut que nous payions à nos voisins, Le mode de préparation mis en usage pour fabriquer le perchlorure de mercure , est le suivant : on mêle ensemble parties égales de deuto-sulfate acide de mercure, de sel marin, et de per-oxide de manganèse ; quand le mélange est fait et qu’il est parfaitement homogène , on le laisse réagir dans une chaudière de fer ou dans une terrine de grès , pendant 24 heures. Au bout de cet espace de temps , 011 dessèche le tout à Laide d’une température peu élevée. Quand le mélange est desséché, on l’introduit dans des matras à fonds plats , en ayant soin de ne mettre de mélange dans chaque matras , que la moitié environ de sa capacité. Lorsque les matras sont garnis , 011 les dispose dans un bain de sable commun ou particulier; si ces vases sont placés dans un bain de sable commun, on les espace convenablement, en ayant soin de placer sous le matras une petite quantité de sable , on garnit ensuite les interstices avec une nouvelle couche de sable qui doit couvrir le matras jusqu’à la naissance du col; on chauffe doucement, en ayant soin de laisser le matras ouvert pour qu’une petite quantité d’humidité contenue dans le mélange , puisse se dégager. Quand l’eau s’est volatilisée , 011 recouvre la partie supérieure du col des matras avec de petites fioles renversées sur le col , ou avec de petits pots de faïence; on continue le feu progressivement, en ayant soin de remarquer la manière dont la volatilisation s’opère : si les vapeurs blanches se montrent au col des vases, c’est une preuve que le feu est trop vif, il faut alors le rallentir , et découvrir la partie supérieure des matras. On continue ordinairement le feu pendant ï o heures ; au bout de ce temps , si la sublimation est complète , on augmente l’activité du feu pour donner aux pains de sublimé une 1 apparence vitreuse due à un commencement de fusion. Si cette , | précaution n’était pas prise , les pains seraient sans consistance

> et se casseraient par morceaux lorsqu’on voudrait les détacher î du matras. Lorsque l’opération est terminée, on laisse refroi-

> dir dans le bain de sable même , pour éviter que le refroidis—

'i sentent subit ne fasse casser les matras ; 011 les brise ensuite

vers la partie inférieure , et on détache avec précaution Ie£ morceaux qui entourent les pains.

Malgré les précautions que nous avons indiquées , le produit ainsi obtenu n’est pas entièrement formé de sublimé corrosif, il est souvent mêlé de proto-cldorure de mercure • mais comme ce dernier produit est moins volatil , il se condense à la par tie inférieure du vase , et forme une masse d’une couleur différente, qu’il est facile de séparer du deuto- chlorure. La quantité de proto-chlorure mêlé au deuto-chlorure , est beau coup plus grande lorsque le sulfate de mercure employé est un mélange de proto et de deuto-sulfate , et plus en core lorsqu’on n’ajoute pas d’oxide de manganèse, dans la crainte qu’une petite partie de chlorure de fer ou de manganèse ne soit entraînée à l’aide du chlorure de mercure , pendant la volatilisation , et ne donne au produit une teinte rosée.

Lorsqu’on enlève les pains , on obtient souvent des fragmens de chlorure ; on réunit ces fragmens pour les sublimer de nouveau et les convertir en pains, afin de les mettre dans le commerce.

Voici ce qui se passe pendant l’opération : le métal du chlorure de sodium s’oxide aux dépens de l’oxigène de l’oxide métallique , pour s’unir à l’acide sulfurique du sulfate. Le chlore et le mercure mis à nu se combinent , et il en résulte un chlorure de mercure que l’on sublime à l aide de la chaleur.

Si l’on a employé un proto-sulfate de mercure , il se forme un proto-chlorure ; si c’est un deuto-sulfate , on obtient un deuto-chlorure. Si le sulfate employé est un mélange de proto et de deuto-sulfate, on obtient un mélange des deux chlorures. L’oxide de manganèse n’est là que comme auxiliaire pour fournir de l’oxigène au proto-sulfate qui pourrait s’y trouver, et pour l’amener à l’état de deuto.

Une précaution à prendre lors de la préparation du sublimé corrosif et du proto-chlorure, consiste à placer le fourneau qui supporte le bain de sable , sous une cheminée exerçant un bon tirage , ou tout au moins dans un endroit très aéré, et où l’air

CHLORURES. ioi

puisse se renouveler avec la plus grande facilite'. Cette précaution a pour but de soustraire le préparateur à des accidens résultans de Faction du sublimé en vapeur , qui pourrait être introduit dans l’économie animale. Le per-chlorure de mercure présente les caractères suivans : il est ordinairement sous forme de pains ronds , creux dans leur partie inférieure , offrant dans leur cassure de petites aiguilles prismatiques. Son poids spécifique a été porté par Hassenfratz à 5,3g8; il est facile à réduire en poudre ; sa saveur est excessivement âcre caustique et suivie d’une sensation stiptique, métallique, très désagréable ; mis en contact avec l’eau , il s’y dissout ; une partie de per-chlorure est soluble dans ig parties d’eau froide, et plus soluble dans l’eau ayant un degré de température plus élevé; sa solution cristallise par refroidissement; la forme de ces cristaux varie , le plus souvent ils affectent celle d’aiguilles prismatiques; ce chlorure est plus soluble dans l’alcool et dans l’éther sulfurique , que dans l’eau ; exposé à Faction du feu , il se volatilise en répandant des fumées blanches , qui , recueillies sur une lame de cuivre ou d’or, la blanchissent. Il est soluble dans les acides sulfurique, hydro-chlorique et nitrique, sans éprouver de décomposition ; on peut l’obtenir par l’évaporation de ces solutions , etc.

Le pharmacien étant souvent consulté sur les empoisonnemens causés par le sublimé corrosif, dans le but de porter secours contre les accidens qui résultent de son introduction dans l’économie animale , ou sur les moyens de le reconnaître , nous indiquerons ici les secours à donner, et les réactifs à employer. Les secours consistent à donner promptement au malade de l’eau albumineuse préparée en délayant et battant avec l’eau ordinaire des blancs d’œufs. Un accident, qui a manqué de nous priver d’un de nos plus savans professeurs de Chimie , M. Thénard , a démontré toute l’efficacité de ce contre-poison, qui neutralise parfaitement le deuto-chlorure , et qui le rend insoluble dans l’eau. A défaut d’eau albumineuse, on peut administrer le gluten, la farine de seigle. D’après des expériences de MM. Taddci, Faction d’un grain de sublimé corrosif

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est ane'antie par i3 grains, de gluten sec , 25 de gluten frais, et par 5 à 6oo grains (7 à 8 gros de farine ).

Les réactifs qui peuvent servir à faire reconnaître le per- chlorure de mercure, et les phénomènes qu’ils présentent, sont les suivans : i°. la chaleur le volatilise sous forme de vapeurs blanches qui, recueillies sur Uor ou le cuivre , blanchissent ces métaux; 20. l’eau le dissout; cette solution a une saveur métallique âcre et caustique. Mêlée avec les alcalis, elle précipite en jaune orangé. Le précipité, recueilli , séché et chauffé dans une petite cornue avec du charbon , donne du mercure métallique qui se volatilise , et vient se condenser dans le col de l’appareil. L’eau de chaux mêlée à la dissolution deper-chlorure, détermine un précipité rouge bri quêté. Les hydro-sulfates y produisent un précipité noir, qui, séché et mis sur des charbons ardens, brûle avec une odeur de soufre , en laissant dégager des vapeurs qui , recueillies sur une lame de cuivre , la blanchissent ; 3°. le barreau aimanté , recouvert d’une couche de vernis , étant placé dans cette solution , ramène le mercure à U état métallique.

Le sublimé corrosif, introduit sans précautions dans l’économie animale, détermine l’empoisonnement; il cause de vives douleurs, des nausées, des vomissemens, et souvent la mort. Malgré ces propriétés vénéneuses, il est administré comme médicament, mais à des doses qui doivent être déterminées par le praticien , selon la force du sujet et le mode d’administration .

Le deuto-chlorure de mercure est employé plus particulièrement contre les maladies vénériennes et les maladies de la peau. On l’administre à l’intérieur ou l’on s’en sert en lotions, frictions , etc. Les doses à laquelle on l’administre intérieurement varient selon le sujet : on le donne depuis un seizième de grain jusqu’à un tiers de grain , et même un demi-grain par jour. Pour l’administrer on prépare une dissolution aqueuse, ou on le fait entrer dans des pilules. Pour l’appliquer sur la peau, on prépare des lotions plus ou moins chargées : la quantité la plus ordinairement employée est de douze grains pour

CHLORURES, io3

i livre d’eau. Cette quantité peut être doublée et triplée , d’après l’ordonnance du praticien. Quelquefois on en fait entrer dans l’eau composant un bain. J’ai préparé, d’après l’ordre d’un médecin, des bains qui contenaient une once de deutochlomre de mercure en solution. Ces bains, que je n’eusse pas voulu prendre, ne causèrent aucun accident au malade , qui avait une maladie syphilitique invétérée, dont ihfut guéri par ce mode de traitement. Le per-chlorure de mercure ne doit être délivré que sur l’ordonnance d’un médecin , ou à des personnes bien connues, et en prenant les précautions recommandées par les lois qui régissent la pharmacie.

La solution nommée liqueur de JVan-Swieten est souvent préparée par le pharmacien , et administrée par le médecin contre la syphilis. On la prépare de la manière suivante :

Prenez deuto-chlorure de mercure 4 décigrammes (8 grains).

Eau distillée pure 4^2 grammes Q4 onces 4 gros),

Alcool 48 grammes (i once 4 gros).

On dissout le proto-chlorure dans l’alcool; on ajoute la solution à l’eau. Cette solution se donne à la dose de 2 gros à 4 ? une ou deux fois par jour. Pour la prendre, on l’étend dans un véhicule mucilagineux. Cette solution contient un demigrain de deuto-chlorure par once de solution. Cette préparation, additionnée de 4 gros de laudanum , peut servir, sous le nom de solution opiacée. , à panser les ulcères vénériens. (A. C.)

CHLORURE DE MERCURE et HYDRO-CHLORATE D’AM- MONIAQUE, Muriate de mercure oxigéné et d3 ammoniaque , Sel allembroth. Ce sel, qui est peu employé dans l’art médical, se prépare de la manière suivante. On prend parties égales de per-chlorure de mercure et de muriate d’ammoniaque : sublimé ou dissout dans l’eau, ce mélange donne un sel triple , très soluble, et qui peut être regardé, d’après des expériences publiées depuis peu , comme un combiné de sel ammoniac et d’hydro-chlorate de mercure.

Un de nos Ipharmaciens les plus distingués par des travaux qui demandent du soin et de l’exactitude , M. Soubeiran, a publié un travail sur le sel allembroth. Il a fait voir i°. que ce

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sel, préparé d'après la formule donnée dans le nouveau codex, est un mélange de deuto-chlorure et de sel ammoniac, qui varie dans ses proportions; 20. que ce seine devait pas être préparé par sublimation ; 3°. il a indiqué le moyen suivant comme propre à fournir un combiné toujours formé de quatre parties de sel ammoniac et d'une partie d’hydro-chlorate de mercure.

On prend parties égales de sel ammoniac et de deuto-chlorure de mercure ; on fait dissoudre dans l’eau , on filtre et on fait évaporer et cristalliser ; la première cristallisation ne donne pas la combinaison triple ; il en est de même de la deuxième , la troisième offre deux sortes de cristaux ; on prend ceux qui sont prismatiques et rhomboïdaux , on les fait redissoudre une seconde fois , et cristalliser , puis on la conserve pour l’usage.

Ce sel, autrefois employé contre les maladies chroniques de la peau, contre les ulcères, comme détersif, n’est plus employé aujourd’hui , ou du moins très rarement. (A. C.)

CHLORURE D’OR, Muriate d’or. Hydro-chlorate d'or. On a donné le nom de chlorure d’or à une préparation qui résulte de l’union du chlore avec For. Ce produit , employé dans la Thérapeutique, se prépare de la manière suivante. On prend or parfaitement pur, laminé et divisé en morceaux, 100 grammes ( 3 onces 1 gros); on l’introduit dans un matras ou dans une fiole à médecine ; on verse dessus acide nitro-hydrochlorique, 3oo grammes ( 9 onces 3 gros) ; on pose le matras sur un bain de sable placé sur un fourneau, et l’on chauffe doucement le bain de sable jusqu’à ce que la dissolution soit opérée. On verse alors le liquide dans une capsule de porcelaine ; 011 rince le matras avec une petite quantité d’eau distillée , et l’on ajoute ce liquide à la solution acide. On fait ensuite évaporer à une douce chaleur, en ayant soin d’agiter avec un tube de verre. Si l’on portait la chaleur à un haut degré, le chlorure pourrait se décomposer en partie, et de l’or pourrait être revivifié. Lorsque ce produit est amené au point convenable de dessiccation , on l’enferme dans un flacon bouché à l’émeri , ayant une large ouverture. On a soin de ne

CHLORURES. - io5

pas laisser de chlorure entre le bouchon et le col du flacon. On pourrait aussi conserver le chlorure d'or en le dissolvant dans une quantité déterminée d'eau. Cette solution , facile à employer, offrirait un grand avantage lorsqu'on voudrait administrer cet agent dans une potion ou tout autre médicament liquide (i).

Le chlorure d'or possède des caractères qui peuvent facilement le faire i-econnaître. Chauffé fortement, il se décompose, laisse de l'or pour résidu; mis en contact avec l’eau, il donne une solution d’une belle couleur jaune. Cette solution , dans laquelle on plonge une lame de fer, se décompose ; l'or se précipité à l’état métallique sous forme d’une poudre d'une couleur jaune-brunâtre. Le même effet a lieu par l’addition d'une solution de proto-sulfate de fer. La poudre qui résulte du précipité lavé et séché, frottée sur du papier avec un corps dur, laisse voir la belle couleur jaune de For.

Le chlorure d'or est administré comme antisyphilitique. Il est surtout d'une grande utilité dans les cas d’affections vénériennes chroniques , qui résistent aux traitemens sudorifiques et mercuriels ( les exostoses, les engorgemens). La dose à laquelle on l'administre est de de grain à ~ grain. Le mode d'administration consiste à frictionner la langue et les gencives. On le mêle ordinairement avec de la poudre de réglisse ; mais le mélange ne devrait être fait qu'au moment même de l’administration, ce produit étant très facilement réduit lorsqu'il est en contact avec des substances végétales. On donne aussi le chlorure d'or en pilules à la dose de ou de de grain , mêlé avec des extraits (ceux de garou, de salsepareille , de gayac, etc). Donné en trop grande quantité, le chlorure d'or pourrait causer des accidens. Les premiers secours à donner consistent dans

(i) La solution de muriatc d’or préparée dans les proportions suivantes* nous paraîtrait convenable :

Eau distillée. 99 grammes (3 onces 54 grains ).

Chlorure d’or. 1 gramme ( 18 grains ).

Cette solution contiendrait un centième de chlorure.

io6 CHLORURES.

l’administration d’une solution étendue de sulfate de fer, ou dans celle de la limaille de ce métal délayée dans l’eau.

Le chlorure d’or ne doit pas être délivré, si ce n’est sur l’ordonnance d’un médecin bien connu , ou après avoir rempli les formalités prescrites par les ordonnances concernant l’exercice de la pharmacie. (A. C.)

CHLORURE D’OR et de SOUDE , Muriate d'or et de soude (i).

M. Chrétien , praticien distingué de Montpellier, voulant faciliter l’emploi du chlorure d’or qu’il administre avec succès dans le traitement des maladies vénériennes , a proposé de mêler ce chlorure avec une quantité déterminée de sel marin bien pur. On prépare ce produit de la manière suivante ( procédé de M. Figuier). On prend or pur, 82 grain. (2 onces) ; on fait dissoudre ce métal dans une quantité convenable d’acide hydr o-chlorique ; on fait évaporer pour chasser l’excès d’acide ; on dissout le produit dans huit fois son poids d’eau distillée; à cette solution on ajoute huit grammes (2 gros) de sel marin bien pur et décrépité , qu’on fait dissoudre dans quatre fois son poids d’eau. On fait ensuite concentrer jusqu’à ce que la liqueur cristallise , ou mieux encore on fait dessécher en ayant soin de remuer avec une tige de verre. On enferme ensuite ce produit dans un flacon bouché hermétiquement.

Ce sel a une belle couleur jaune d’or. S’il a été obtenu par cristallisation , il se présente sous forme de cristaux allongés , d’une belle couleur jaune. Ces cristaux sont inaltérables ; et 11’attirent pas l’humidité de l’air. Réduits en poudre et lavés, ils ne perdent pas leur couleur. Exposés à l’action de la chaleur , ils perdent de l’eau de cristallisation , sê fondent ; à une température plus élevée , ils commencent à s’altérer ; si l’on continue de chauffer, le chlorure d’or est décomposé. Le 11111-

(1) Quelques personnes considèrent ce produit comme un chlorure d’or et de sodium. M. Figuier, qui a examine ce sel, l’a trouve composé de

Chlorure d’or. 70

Chlorure de sodium. 1 3 , 4

Eau 16, 6.

CHLORURES. ion

riate d’or et de soude est aussi facile à reconnaître que le chlorure simple. On peut en précipiter l’or parle fer métallique, ou par une solution de proto-sulfate. Donné à de trop hautes doses, il agirait de même que le chlorure d’or. Les secours à donner sont les mêmes que ceux indiqués pour le chlorure simple.

Le chlorure d’or et de sodium s’administre de la même manière que le chlorure d’or ; les doses sont les mêmes. (A. C.)

CHLORURE DE PLATINE , Mariette de platine. V. Hydrochlorate DE PLATINE.

CHLORURE DE POTASSE, Chlorure d’oxide de potassium , Eau de Javelle. On a donné le nom d’eau de Javelle à un produit dont la préparation, tenue d’abord secrète parles manufacturiers, fut ensuite donnée par Berthollet dans le tome IIe des Annales de Chimie. Ce produit est le résultat de l’union du chlore avec l’oxide de potassium ; il est employé au blanchiment et peut servir dans la désinfection.

Préparation.

On monte un appareil composé d’une tourille , placée dans un bain de sable posé sur un fourneau; la tubulure de la tourille reçoit un bouchon (i) supportant deux tubes , l’un en S, l’autre de sûreté courbé à angle droit , va plonger dans un flacon contenant de l’eau destinée à laver le chlore ; de ce flacon part un second tube dont l’extrémité va plonger dans une solution de potasse.

L’appareil étant monté, on introduit dans la tourille les substances suivantes :

Oxide de manganèse. . 5oo gram. (i livre),

Muriate de soude. . 2000 gram. (4 livres),

Eau 1000 gram. ( 2 livres).

On adapte les tubes , on lute les jointures avec un mélange de farine de lin , et de colle d’amidon ; on recouvre ce lut avec des bandes de toile enduites de blanc d’œuf et saupoudrées de chaux hydratée : lorsque les luts sont

(1) On peut, à volonté , se servir d’une tourille à deux tubulures.

io8 CHLORURES.

secs , on introduit par le tube en S de l’acide sulfurique à 66° , 1000 grammes (2 livres). On laisse d’abord réagir l’acide sur les substances, puis on échauffe graduellement le bain de sable , et l’on continue de chauffer jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de dégagement de chlore. Le gaz produit par la réaction de l’acide sulfurique sur le sel marin et l’oxide de manganèse , passé d’abord dans l’eau , où il se lave ; il va de là se rendre dans un flacon terminant l’appareil , et qui doit contenir une solution de potasse préparée avec les proportions suivantes :

Sous-carbonate de potasse. . . 2,040 gram.(41iv. ione. 2 gros), Eau ordinaire 17,000 grain. (17 litres).

Lorsque le dégagement de chlore est terminé , on décante le chlorure de potasse et 011 le conserve pour l’usage dans des bouteilles bien fermées.

On peut encore préparer l’eau de Javelle en employant , au lieu de sel marin , d’oxide de manganèse , d’eau et d’acide sulfurique , un mélange d’acide hydro-chlorique et d’oxide de manganèse , dans les proportions suivantes :

Oxide de manganèse. . . 5oo gram. (1 liv.),

Acide hydro-chlorique. . 1,100 gram. (2 liv. 3 onc. 1 gros);

on se sert du même appareil, on agit de la même manière en faisant passer le chlore produit dans la solution de potasse.

L’eau de Javelle , pour être employée à enlever les taches de f fruits, etc. , doit être étendue de 10 à 12 parties d’eau. A défaut de chlorure de soude ou de chaux , elle pourrait être employée à la désinfection.

Ce produit est quelquefois d’une couleur blanche, quel- ! quefois il est coloré en rose plus ou moins foncé ; cette couleur , due d’abord à un accident , puisqu’une partie du résidu passait dans l’eau de Javelle à la fin de l’opération, est maintenant communiquée à volonté. Pour obtenir cette coloration, on met en contact avec une partie du résidu, de l’eau de Javelle en excès , on laisse le mélange exposé à l’air ; bientôt ce li-

quidese colore en violet. Lorsqu’il a pris cette couleur, on decante;, 011 met en bouteilles ; on s’en sert pour colorer à volonté l’eau de Javelle , qui , par cette coloration , acquiert l’aspect exigé par quelques personnes. (A. C.)

CHLORURE DE POTASSIUM. V. Hydro-chlorate de fotasse.

CHLORURE DE SODIUM. V. Hydro-chlorate de soude.

CHLORURE DE SOUDE , Chlorure d'oxide de sodium. On a donné le nom de chlorure de soude à la combinaison qui résulte de l’union du chlore avec l’oxide de sodium. Ce produit est employé comme topique pour le traitement des plaies et des ulcères de mauvais caractères. Comme la combinaison de la chaux avec le chlore, il peut être employé ( mais avec moins d’économie ) à la désinfection des salles de dissection , des salles renfermant des malades , un grand nombre de personnes ou des matières susceptibles d’altérer la pureté de l’air atmosphérique , pâr des émanations putrides.

Deux procédés ont été indiqués pour fournir ce produit propre à la désinfection et à l’usage médical î Uun de ces procédés est dû à M. Labarraque, l’autre à notre collègue M. Payen.

Procédé de M . Labarraque .

On prend les substances suivantes :

Sous-carbonate de soude cristallisé . 2,5oq gram. ( 5 livr.), Eau distillée 10,000 gram. (20 livres).

On fait dissoudre le sel dans l’eau ; 011 s’assure si la solution marque 12° à l’aréomètre des sels. Si la liqueur porte un degré moindre, on y ajoute la quantité de sel nécessaire pour l’amener à ce degré ; si elle porte un degré supérieur , on l’étend d’eau jusqu’à ce qu’elle marque ce degré.

La solution étant préparée , on prend un matras dans lequel on introduit les substances suivantes :

Sel marin concassé. . . 5^6 gram. (1 livre 2 onces 3 gros),

Oxide de manganèse. . 44^ graiïl- (*4 onces).

On ferme le matras avec un bouchon de liège , on place ce vase sur un triangle supporté par un fourneau ; on adapte au

no CHLORURES.

bouchon deux tubes , l’un en S , destiné à l'introduction de l’acide ; l’autre de sûreté , courbé à angle droit , plonge par l’extrémité inférieure dans un flacon à deux tubulures, contenant de l’eau destinée au lavage du chlore. De la seconde tubulure du flacon part un tube de sûreté dont l’extrémité se rend dans le vase contenant la solution de sous - carbonate de soude. L’appareil étant ainsi disposé, on lute les jointures, on recouvre les luts avec des bandes de toile enduites de blanc d’œuf et saupoudrées de chaux délitée, et on laisse sécher. Aussitôt que les luts sont secs, on introduit à plusieurs reprises, par le tube en S, 1,024 grammes d’acide sulfurique étendu, préparé avec les proportions suivantes :

Eau 448 gram . (fonces),

Acide sulfurique 66°. . . 5^6 gram. (1 livre 2 onces 3 gros).

Lorsque l’acide est introduit , on laisse aller l’opération pendant quelque temps. Si le dégagement de gaz n’a plus lieu, on place sous le matras quelques charbons allumés, et on élève graduellement la température ; l’on continue de chauffer l’appareil jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de dégagement de chlore.

L’opération étant terminée, on démonte l’appareil, on examine quelle est la force décolorante du chlorure. M. Labarraque a déterminé celle que doit avoir le chlorure destiné à être employé ; il a reconnu qu’une partie de ce chlorure doit décolorer 18 parties de sulfate d’indigo préparé avec : indigo, 1 partie (1 gros ou 4 grammes); acide sulfurique, 6 parties (6 gros ou 24 grammes) ; faisant agir à chaud et étendant la dissolution entièrement faite dans 993 parties d’eau (993 grammes ou 1 livre i5 onces 18 grains). Si la quantité de chlore produite par le mélange et absorbée parle liquide alcalin n’était pas assez considérable pour donner à ce liquide cette force décolorante , il faut y faire passer du chlore afin de l’amener à ce degré de concentration (1).

(1) M. Labarraque recommande de faire plusieurs essais afin de bien reconnaître positivement la force décolorante du chlorure.

Procédé donné par M . Payai.

Ce mode d’agir , d’une extrême simplicité i a été employé pour préparer du chlorure qui, essayé dans la Thérapeutique , a donné les bons résultats qu’on devait en attendre.

On prend les substances suivantes :

Chlorure de chaux sec à 98°. ..... 5oo gram. (1 livre), Sous-carbonate de soude cristallisé. . 1,000 gram. (2 livres), Eau. 9,000 gram. (18 livres).

On fait dissoudre le chlorure de chaux en le délayant dans 6 kilogrammes (12 livres) d’eau, agitant à l’aide d’un mortier , et ayant soin de n’ajouter l’eau que successivement et par petites portions. Lorsque le mélange est bien fait, on laisse déposer pendant 3 heures dans un vase fermé ; au bout de cet espace de temps on tire à clair le liquide, que l’on passe à travers un filtre ; on verse le marc sur le filtre , et, à l’aide d’une nouvelle quantité d’eau, 1 kilogramme (2 livres), versée à plusieurs reprises , on lave le résidu.

Lorsque la solution de chlorure de chaux est faite , on fait dissoudre, à l’aide de la chaleur, le carbonate de soude dans 1 kilogramme (2 livres) d’eau ; 011 laisse refroidir , on mêle ensuite cette solution avec celle de chlorure , en ayant soin d’agiter. Il y a formation d’un précipité abondant ( sulfate de chaux ) qu’on laisse déposer ; on décante la liqueur, qui est le chlorure de soude ; on filtre et on l’introduit dans des bouteilles que l’on ferme hermétiquement. On jette le dépôt sur ; un filtre ; et si l’on veut , après qu’il est égoutté , on peut le laver avec de l’eau pour obtenir une solution faible de chlorure qui peut servir à dissoudre de nouveau du chlorure de chaux : et l’employer à une deuxième opération.

Les proportions indiquées par M. Payen m’ont donné 9 litres et demi de chlorure de soude liquide.

Selon M. Payen, on peut préparer le chlorure de soude neutre en employant les mêmes proportions de chlorure de chaux s

na CHLORURES.

mais seulement 690 grammes de sous-carbonate de soude au lieu de 1000 grammes.

Le chlorure de soude a été mis en usage par les soins de M. Labarraque pour la guérison de la pourriture d’hôpital, des ulcères vénériens dégénérés, des plaies gangréneuses ou de mauvais caractère. On emploie la solution préparée comme nous l’avons dit , soit pure , soit coupée avec 1, 2 et même 3 parties d’eau ; on s’en sert d’abord en lotions , puis on panse la plaie deux fois par jour en la recouvrant de plumasseaux de charpie humectée avec la liqueur. On cesse l’application aussitôt que la plaie devient rouge et qu’elle présente des signes d’inflammation .

Le chlorure de soude médical , étendu de 12 à i5 et même 3o parties d’eau , peut servir à laver les plaies infectes du cancer de l’utérus. Ce produit a encore été proposé pour servir à une foule d’opérations de désinfection ; mais l’emploi de ce produit dans la plupart de ces cas étant plus dispendieux que ne l’est celui du chlorure de chaux, celui-ci doit être préféré à cause de l’économie qui en résulte , économie qui met toutes les classes de la société à même d’en faire usage. Parmi les cas où le chlorure de chaux doit être préféré , on peut citer la désinfection des étables , celle des salles de dissection , des halles , des matières animales putrides, des boues fétides, des latrines, etc. Il appartient aux praticiens d’appliquer le chlorure de soude dans les circonstances convenables ; on doit des essais en ce genre à des médecins distingués, au nombre desquels nous citerons MM. Biett, Cullerier, Cloquet (Jules), Chanas , Chantourelle , Dupuy , Girard fils , Gorse , Lagneau , Lisfranc, Marjolin , Orfila , Rey , Roche, Sanson , Ségalas, etc. (1) .

(1) Voir les Annales de l’Industrie nationale et étrangère , le Journal de Chimie médicale , les Archives générales de médecine , la Revue médicale j le Recueil des Mémoires de Médecine , de Chirurgie et de Pharmacie militaire , les Annales de la Médecine physiologique , le Journal de Physiologie expérimentale , le Journal de Pharmacie , etc. , etc.

CHOCOLAT. n3

CHOCOLAT. On a donné le nom de chocolat à une préparation alimentaire dont la base est le cacao. Ce produit est associé à du sucre , à des aromates et quelquefois à des substances médicamenteuses qui lui communiquent des propriétés particulières.

L’origine du chocolat est très ancienne ; ses procédés de fabrication paraissent avoir été importés, en i5io, du Mexique par les Espagnols , et ces procédés , tenus secrets d’abord , se répandirent ensuite chez toutes les nations.

Le chocolat varie et pour le goût et pour la forme , selon le lieu où il est fabriqué. Les Espagnols le font peu sucré et fortement aromatisé ; les Italiens l’aiment préparé avec le cacao auquel on a fait subir une torréfaction prolongée, qui lui donne un goût amer, modifié et par le sucre qu’ils y ajoutent en petite quantité et par la cannelle qui est le principal des aromates qu’ils y adjoignent; les Français l’aiment généralement sucré et homogène dans toutes ses parties : ils y ajoutent principalement de la vanille , qui paraît être l’aromate le plus agréable pour eux.

La pâte de chocolat se prépare en broyant le cacao sur une pierre , mélangeant le sucre et les aromates , mettant la pâte bien fine dans des moules d’une configuration différente , selon la forme qu’on veut lui donner. Les pierres en liais qui servent à broyer le chocolat sont plates ou concaves: les pierres plates sont mises en usage en France , les concaves servent en Espagne; déjà même on s’en sert en France. Ces dernières ont l’avantage de moins fatiguer le chocolatier et de lui donner plus de force dans le broiement. Dans la fabrication du chocolat en grand, on emploie aussi la force des chevaux et même celle de la vapeur.

Les formules suivantes sont données dans le Codex; mais chacun des fabricans les modifie pour en former des pâtes qui ont une valeur differente.

Chocolat de santé.

On prend : cacao caraque, torréfié convenablement et Tome II. &

n4 CHOCOLAT.

dépouillé, par le triage, des tégumens et des radicules, ï<j5S grammes (3 livres 8 onces 2 gros) ; cacao des îles ayant subi les mêmes opérations, 3ooo grammes (6 livres); sucre blanc, 5ooo (10 livres) ; écorce de cannelle en poudre , 4° grammes (10 gros). On pile les semences de cacao dans un mortier de fer chauffé d’avance , en y ajoutant le quart du poids en sucre lorsque le mélange est bien incorporé et bien homogène , on met une petite partie de la masse sur une pierre à chocolat chauffée convenablement : à l’aide d’un rouleau en fonte tournée , on la réduit en une pâte bien unie ; lorsque cette pâte est bien fine et bien homogène , on ajoute le reste du sucre et la cannelle ; on broie ensuite pendant quelque temps ; enfin r on pèse la masse , puis on la distribue dans des moules qui sont sur une tablette de bois garnie de rebords ; on balance la tablette entre les mains, pour que la masse qui est dans les moules, se répande d’une manière égale sur toute la surface de ce moule * on laisse ensuite refroidir le chocolat , qu’on enlève et qu’on enveloppe de papier blanc.

Chocolat à la vanille .

Le chocolat à la vanille ne diffère du précédent que parce qu’on ajoute à la masse , et sur la fin de l’opération , 4° grammes 1 o gros de vanille pulvérisée , que l’on mêle exactement comme on l’a fait pour la cannelle.

Si l’on a des substances médicamenteuses à faire entrer dans le chocolat, par exemple du salep, du sagou ou du café pour faire le chocolat-café , on ajoute ces substances réduites en poudre, comme on le fait pour la cannelle, la vanille, etc.

La quantité de chocolat qui se fabrique en France est maintenant considérable; c’est à cette préparation qu’est principalement employé le cacao qui nous arrive de l’étranger (1).

Le chocolat est sujet à être falsifié : aussi voit-on des chocolats dans lesquels la fécule entre en quantité considérable. Les falsificateurs trompent le public en vendant, sous le nom

(1) La quantité de cacao importe en France pendant les années 1822, 182.8, 1824, sVst élevée à 2,385,3ot kilogrammes.

CHOLESTÉRINE. ii5

de chocolat, un produit qui n’a ni le goût ni les propriétés du chocolat bien préparé.

Les Allemands préparent une espèce de chocolat en poudre : ils enlèvent la pellicule du cacao à l’aide de l’eau bouillante , ils font ensuite dessécher les amandes, en les soumettant à l’action de la chaleur, dans un poêle de fer. Ils réduisent les amandes séchées en une poudre très fine , à laquelle ils ajoutent du sucre pulvérisé et des aromates.

Cette poudre , mêlée à de l’eau chaude ou à du lait , sert à préparer cet aliment liquide.

Le chocolat jouit de propriétés qui varient selon la méthode suivie lors de sa préparation. Si le cacao a été légèrement torréfié (méthode suivie par les Espagnols) , il sera tonique ; si cette amande a été torréfiée fortement , de manière à donner au chocolat une légère amertume (méthode italienne) , le chocolat qu’on obtient avec ce cacao est seulement analeptique.

Des détails sur cette opération, appliquée à la fabrication en grand de ce produit , peuvent être puisés dans l’art, publié par M. Robiquetdans le Dict. technolog., t. Y, p. 243, et dans un nouvel ouvrage intitulé Monographie du cacao, publié par M. Gallais. (A. C.)

CHOLESTÉRINE. M. Chevreul a donné le nom de cholestérine à la substance grasse cristalline qui existe dans les calculs biliaires.

Cette substance s’obtient de la manière suivante : on traite les calculs biliaires de l’homme par de l’alcool , à l’aide de la chaleur; lorsque l’alcool est bouillant, on jette sur un filtre; la cholestérine qui a été dissoute par l’alcool , se précipite par refroidissement sous forme de belles lames micacées ; on sépare la matière cristallisée du liquide , et si elle n’est pas d’un beau blanc , on la purifie en la traitant de nouveau par l’alcool, ajoutant une petite quantité de charbon animal, faisant bouillir , filtrant , recueillant le produit qui se dépose par refroidissement , le mettant à égoutter sur un filtre , et l’introduisant dans un flacon lorsqu’il est sec.

La cholestérine est blanche , elle est sous la forme d’écailles

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