‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 29 sur 193 · T 3?, CIGUË · texte numérisé non relu

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fleurs sont terminales et composées d’environ 10 ou 12 rayons, accompagnées d’un involucre à quatre ou cinq petites folioles lancéolées et réfléchies. Les involucelles ont trois folioles ovales , aiguës , étalées et tournées du même coté. Les pétales sont blancs, à peu près égaux et cordiformes. Le fruit est un double akène , offrant sur chacune de ses deux moitiés latérales cinq côtes saillantes et crénelées, ce qui le fait paraître couvert de tubercules. La grande ciguë se trouve dans les lieux incultes et pierreux de toute l’Europe.

Une odeur extrêmement désagréable , que l’on a comparée à celle de l’urine des chats , caractérise cette plante. Elle se développe surtout à l’époque de la floraison, qui a lieu en France aux mois de juin et de juillet. La plante renferme auparavant une quantité de sucs aqueux qui en délaient ou masquent les principes délétères. En général, la ciguë a d’autant plus d’activité que la saison a été plus chaude et plus sèche ; dans les climats chauds de l’Europe , tels que la Grèce, l’Italie et l’Espagne, elle est un poison beaucoup plus redoutable que dans le nord. On assure même* et nous tenons ce fait d’un savant botaniste russe , M. Steven, qu’en certains lieux, comme , par exemple, la Crimée, aux environs d’Odessa, les paysans mangent impunément de la ciguë , après l’avoir fait bouillir dans plusieurs eaux.

Une bonne analyse chimique de cette plante est encore à désirer ; on sait seulement qu’elle contient de l’albumine, de la chlorophylle , un principe résineux , une huile ou un principe volatil très odorant et quelques sels.M. Brande y a signalé un principe particulier de nature alcaline , auquel il a donné le nom de cicutin. Le docteur Paris assure que l’activité de la ciguë , comme médicament , réside dans le principe résineux qu’on peut obtenir en faisant évaporer la teinture éthérée à une douce chaleur. Cette résine est d’un beau vert foncé , et a l’odeur particulière de la plante. Schrader , dans le Journal de Schweigger, a donné les résultats suivans de l’analyse du suc des feuilles fraîches : résine, o,i5; extractif, 2,73; gomme, 3,52; albumine, o,3i ; fécule verte, 0,8;

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92,4 parties se composaient d’eau, d’acide acétique, de sulfate, d’hydro-chlorate et de nitrate de potasse, de malate et de phosphate de chaux, de phosphates de magnésie, de fer, et de manganèse.

La ciguë est un poison narcotico-âcre, que plusieurs médecins célèbres ont mis au rang de médicamens, mais dont ils ont exagéré les vertus. Storck est celui qui lui a donné le plus de vogue dans le traitement des maladies cancéreuses. Il ne faut pas s’aveugler sur les propriétés si pompeusement exaltées de cette plante : la raison seule nous dit qu’elle ne peut rien , absolument rien sur les dégénérescences morbides qui ont totalement altéré les tissus; et l'expérience n’a pu constater un seul fait de cancer véritable guéri par la ciguë. Si elle a produit quelques bons effets dans cette cruelle maladie , c’est en émoussant en quelque sorte la sensibilité , et en calmant les douleurs lancinantes dont elle est accompagnée. Cependant on a constaté l’efficacité de cette plante, prise intérieurement, sous forme de poudre ou d’extrait, ou appliquée en cataplasme, pour résoudre des engorgemens chroniques, mais qui n’étaient le siège d’aucune douleur. On l’a également employée avec suecès dans quelques maladies du système nerveux ; et son mode d’action a paru le même que celui de la belladone , et en général de tous les narcotiques. Nous passons sous silence une foule de maladies dans lesquelles on a préconisé la ciguë, parce que , dans ces nombreux cas, les médecins ont été divisés d’opinion sur ses propriétés.

Les feuilles de ciguë doivent être desséchées promptement, et à l’abri de la lumière; car on a observé que celle-ci en altère la couleur verte , et lui fait perdre une partie de ses propriétés. O11 les réduit en poudre fine quel’on conserve dans des bocaux hermétiquement fermés, et qu’il convient de renouveler souvent. Rarement on fait usage de l’infusion et du suc exprimé des feuilles récentes de ciguë , quoique cette dernière préparation soit une des plus actives. L’extrait se prépare de deux manières : tantôt, suivant le procédé de Storck , on exprime le suc que l’on fait évaporer jusqu’en consistance sirupeuse , et l’on y ajoute de la poudre de ciguë pour le réduire à

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un épaississement convenable. Le second procédé consiste à sé-* parer la chlorophylle albumineuse par le filtre , à faire évaporer lentement et à un feu doux le suc clarifié, puis à y ajouter la matière verte qui est restée sur le filtre. Les doses de l’extrait et de la poudre de ciguë sont variables suivant l’âge et l’idiosyncrasie des malades , et surtout suivant les effets qu’on se propose d’obtenir. En général , on commence par en donner une faible dose , comme un à deux grains, en poudre ou en pilules ; puis on augmente graduellement, en surveillant avec soin l’action que ce médicament exerce sur le cerveau et les organes de la digestion , afin , en cas d’accident , d’en suspendre promptement l’usage. (A. R.)

CIGUË ( PETITE ). V. ÉtHUSE.

CIGUË YIREUSE. V. Cicutaire.

CIMOLITE, Terre cimolienne . La substance terreuse nommée cimolia par Pline , et dont les anciens faisaient usage en Médecine et dans le blanchiment des étoffes, fut souvent confondue avec la terre de pipe et l’argile à foulon. M. Hawkins ayant trouvé ce produit dans l’île d’Argentière , l’une des îles de l’Archipel , il fut analysé par Klaproth , qui reconnut qu’il

était formé : i6. de silice, 63 ; 2°. d’alumine, 23; 3°. de fer

oxidé, i,25; 4°. d’eau, 12.

La cimolite n’est presque plus employée dans la Thérapeutique. (A. C.)

CINABRE. V. Sulfure de mercure.

CINABRE D’ANTIMOINE. V. Sulfure d’antimoine.

CINCEONA. Nom générique des divers arbres dont l’écorce est usitée sous le nom de quinquina. T . Ce mot.

CINCBONINE , Cinclionin. On a donné le nom de cinchonine à une substance particulière , dénaturé végétale, qui existe dans les écorces de quinquina, et en plus grande .quantité dans l’écorce de quinquina gris.

La découverte de la cinchonine est attribuée à Duncan , à Gomez et à M. Laubert; mais aucun de ces chimistes n’a considéré ce produit comme une substance alcaline. C’est à

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MM. Labillardière , Pelletier et Caventou, mais particulièrement à ces deux derniers , que sont dus les beaux travaux qui ont éclairci une question du plus grand intérêt.

Plusieurs procédés pour l’extraction de la cinchonine ont été mis en usage ; le premier est le suivant. On prend du quinquina gris pulvérisé ; on le met encontact avec l’alcool à l’aide de la chaleur; on l’épuise totalement en réitérant les décoctions , jusqu’à ce que l’alcool qui a bouilli sur la poudre passe tout-à-fait privé d’amertume. On réunit les solutions alcooliques, on les filtre, on les introduit dans le bain-marie d’un alambic , et l’on procède à la distillation pour séparer presque tout l’alcool employé à faire la décoction. Lorsque la distillation est terminée , on traite le résidu par de l’eau aiguisée d’acide hydro-chlorique, qui dissout la cinchonine , la sépare d’une certaine quantité de résine, qui avait été dissoute par l’alcool. On filtre le liquide acide, et on lave avec de l’eau aiguisée d’acide hydro-chlorique le résidu de nature résineuse ; on continue ce lavage jusqu’à ce que l’eau acidulée ait dissous toute la cinchonine, ce qu’on reconnaît à ce que le liquide qui a passé sur le résidu n’est plus amer. On réunit toutes les eaux acidulées; on les met en contact avec de la magnésie calcinée , en assez grande quantité pour saturer l’excès d’acide hydro - chlorique , et précipiter la base de l’hydro-chlorate qui s’était formé : la cinchonine se dépose, mêlée à une certaine quantité dé magnésie ajoutée en excès. On lave le précipité ; lorsqu il est bien lavé, on le fait sécher; on le traite ensuite par l’alcool à l’aide de la chaleur; on filtre la solution bouillante. La cinchonine dissoute s’obtient par refroidissement et par évaporation. Si ce principe ainsi obtenu était coloré, on le prive du principe colorant auquel il est mêlé, en le convertissant en sulfate à l’aide de l’acide sulfurique ; traitant ensuite, parle charbon animal, la solution aqueuse du sulfate, filtrant, précipitant par un alcali, et reprenant par l’alcool, comme nous l’avons déjà clit.

On peut encore obtenir la cinchonine en traitant le quinquina gris pulvérisé , par l’acide sulfurique ou hydro-chlorique

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affaibli , précipitant la solution acide par la chaux en excès ? recueillant le précipité sur un filtre, le lavant, le traitant par l’alcool , et agissant de la même manière que nous l’avons dit plus haut.

La cinchonine existant en même temps que la quinine dans diverses variétés de quinquina , on a cherché à les séparer l’une de l’autre. Le procédé suivant, avec quelques modifications, était déjà connu de MM. Pelletier, Caventou et Robiquet, lorsque M. Callaud, pharmacien d’Anecy, le publia. Ce procédé, basé sur la solubilité différente des deux sulfates, est le suivant. On combine avec l’acide sulfurique le mélange de cinchonine et de quinine; de cette façon on obtient tout-à-lafois du sulfate de quinine et du sulfate de cinchonine. Ce dernier sel, qui est plus soluble que le premier, ne cristallise pas. Pour le séparer, on ajoute aux eaux mères qui ont fourni le sulfate de quinine une solution de potasse en excès : cette addition détermine une décomposition des sels , et donne lieu à du sulfate dépotasse qui reste en dissolution. La cinchonine, encore mêlée à de la quinine , se précipite ; on recueille le précipité sur un filtre , on le lave à l’eau bouillante , on le fait égoutter et sécher ; lorsqu’il est sec, on le traite par l’alcool à l’aide la chaleur; on filtre la solution alcoolique encore bouillante. On réitère le traitement alcoolique lorsque le précipité çst épuisé par l’alcool. On réunit les solutions ; on les introduit dans une cornue, et l’on soumet à la distillation pour retirer une partie de l’alcool ; on coule le résidu de la distillation encore chaud dans une capsule : bientôt il fournit une matière cristalline , qui est la cinchonine ; on sépare 1ns cristaux des eaux mères ; on fait évaporer celles-ci ; elles fournissent de nouveau des cristaux; on les sépare du liquide, et l’on continue d’opérer ainsi jusqu’à ce que la liqueur ne fournisse plus de cristaux.

Si la cinchonine ainsi obtenue n’est pas à l’état de pureté • et qu’elle soit mêlée de quinine, il faut l’amener à cet état, en la convertissant de nouveau en sulfate et en opérant comme nous l’avons déjà dit. Si elle est colorée , on emploie le charbon.

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animal pur, pour la décolorer (la cinchonine doit être amenée à l’état de sulfate) ; on précipite ensuite le sel, et Ton reprend le précipité par Falcool à l’aide de la chaleur, etc.

La cinchonine pure est blanche , transparente , soluble dans s5 oo fois son poids d’eau bouillante , presque insoluble dans l’eau froide , soluble dans l’alcool froid , plus soluble dans le même liquide bouillant, peu soluble dans les huiles fixes et volatiles et dans l’éther. La saveur amère de la cinchonine est peu appréciable d’abord , mais elle se développe au bout d’un certain temps , lorsqu’une petite quantité de cet alcali a eu le temps de se dissoudre. La cinchonine en contact avec l’air ne s’altère pas; mais elle absorbe au bout d’un certain temps une petite quantité d’acide carbonique; elle est alcaline, bleuit le papier de tournesol rougi, s’unit aux acides et donne naissance à des sels. Soumise à l’action de l>a chaleur, elle fournit des produits analogues à ceux que l’on obtient de la décomposition par le feu des matières végétales azotées. D’après MM. Pelletier et Dumas d’une part, et Brande de l’autre, elle est composée :

de carbone 76 , 97

d’azote 09,02

d’hydrogène 06,22

d’oxigène ........ 07 ,97

( Pelletier et Dumas. )

de carbone 79 >3°

d’azote 18,72

d’hydrogène ...... 7,17

( Brande. )

Le sel de cinchonine le plus employé est le sulfate. ( Voir ce mot. )

La cinchonine fut employée comme fébrifuge par plusieurs praticiens, et particulièrement par M. le docteur Chomel; son usage fut en partie abandonné, parce que Ton crut remarquer moins d’efficacité dans ce produit que dans la quinine.

L attention des praticiens parut être fixée de nouveau sur ce produit, par les réflexions suivantes, que nous publiâmes dans le Manuel du pharmacien et dans le Journal de Chimie médicale y t. Ier, p. 1 48. Il serait convenable que quelques médecins fissent de nouvelles recherches sur V action de la cinchonine 7

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comparée à celle de la quinine, dans le traitement des fièvres ; et si la valeur médicale de cette base était constatée par V expérience , le sulfate de quinine , dont le prix élevé paraît effrayant à beaucoup de personnes , pourrait être maintenu à un prix modéré , par V usage du sel à base de cinchonine , que je crois aussi actif, en me basant sur les succès obtenus autrefois avec la poudre de quinquina gris .

Des expériences faites par M. Bailly confirmèrent l’idée que j’avais émise ; et ce savant , dans la séance de l’Académie royale de Médecine , du 18 octobre 1826, lut un mémoire sur la propriété fébrifuge de la cinchonine. Il résulte de ce travail que le sulfate de cinchonine arrête les fièvres aiguës et périodiques lorsqu’il est pris à la dose de 6 à 8 grains par jour. Cette combinaison est, d’après M. Bailly, moins irritante que ne l’est le sulfate de quinine.

Les expériences de M. Bailly furent faites à l’hôpital de la Pitié , sur 27 malades attaqués de fièvres aiguës et périodiques.

Les préparations de cinchonine sont : le sirop, le vin et l’alcool préparé avec ces substances.

Sirop de cinchonine .

Sirop simple . 1 livre ( 5oo grammes ) ,

Sulfate de cinchonine. , . 4 8 grains (2 grain. 6 décigr.)..

F. S. l’art. On le prend à la dose de 5 à 6 cuillerées.

J^in de cinchonine.

Vin de Madère 1 litre ,

Sulfate de cinchonine I gramme ( 18 grains).

Ce vin s’administre comme le vin de quinquina ; on peut le préparer avec le vin de Bourgogne , le vin de Bordeaux, etc.

Alcool de cinchonine.

Sulfate de cinchonine. . , 4 décigr. J ( 9 grains),

Alcool à 34°. • 32 gramm, ( 1 once ).

CIRE. j39

F. S. Fart. On peut se servir de cet alcoolat pour faire immédiatement le vin de cinchonine : pour cela, on ajoute 64 grain.

( 2 onces ) de teinture à un litre de vin de Bordeaux ou de Madère. (A, C )

CINNAMQMUM. V. Cannelle.

CIRE D’ABEILLES. La cire fournie par Y Apis mellijica de Linné est une substance de nature végétale, formant des rayons composés de cellules dans lesquelles cet insecte dépose ses œufs et amasse une provision de miel qu’il destine à sa nourriture pendant les temps froids.

Ce produit a été pendalit long-temps considéré comme formé aux dépens du pollen des fleurs récolté et élaboré par les abeilles. Cette opinion , qui , d’après F examen , paraissait probable, a été combattue par divers auteurs. Bonnet, en 1768, annonça, d’après des documens fournis par une société de Lusace, que la cire était sécrétée par des anneaux placés sous le ventre de l’abeille. En 1 791, Hunter consigna dans les Transactions , la découverte et la description des organes qui sont destinés à fournir ce produit. Depuis, M. Lluber a confirmé ces découvertes, et il a prouvé que le pollen des fleurs est inutile à la production de la cire; il a appuyé son opinion du fait suivant. Un nouvel essaim d’abeilles fut enfermé dans une ruche * on lui fournit à discrétion du miel et de l’eau. Au bout d’un certain temps, on reconnut que ces abeilles avaient formé des rayons composés de cellules ; ceux-ci , examinés , étaient formés d’une cire blanche , transparente et cassante.

La récolte de la cire se fait ordinairement dans les mois de septembre et d’octobre ; on opère de la manière suivante : on chasse les abeilles de la ruche , on les recueille dans une autre ; 011 prend les gâteaux ou rayons , qui sont composés de deux i substances, l’une solide, la cire, forme les cellules ; l’autrelfluid& ; ou demi-solide, le miel, remplit ces cavités. On coupe les rayons : en deux parties , on les expose au soleil sur des claies ; le miel ; s’écoule. Lorsqu’après avoir retourné ces rayons il n’y a plus d’écoulement , on brise les gâteaux , on les introduit dans des 1 sacs de toile claire; on soumet à la presse pour obtenir une

i/jO CIRE.

certaine quantité de miel qui ne s’etait pas écoulé ; on retire le marc des sacs, on le jette dans un vase contenant de Peau bouillante ; la cire se fond ; on la tient en fusion pendant quelque temps, afin de donner le temps aux impuretés de se déposer ; on laisse ensuite refroidir le pain de cire ; on enlève celui-ci , formé de deux parties bien distinctes , la partie supérieure qui est la cire , et la partie inférieure , le pied , qui est formé des substances étrangères; celles-ci sont encore mêlées d’une certaine quantité de cire. On réunit les pieds des divers pains pour en séparer la cire par la fusion et le repos. La cire est ensuite livrée au commerce et soumise au blanchiment.

La cire peut être blanchie par l’exposition à l’air: pour cela, on la réduit en rubans en la faisant fondre et la laissant tomber en filet sur un cylindre placé dans une cuve d’eau , et tournant sur son axe. Lorsque la cire est rubanée , on la place sur deschâssis de toile, élevés de terre et exposés à l’air; on l’arrose tous les soirs , et on la retourne de temps en temps. Par cette exposition à l’air , la matière colorante se détruit ; elle acquiert alors de la blancheur et devient cassante. Lorsque la cire est à un état de blancheur parfaite, ce qui a lieu, lorsqu’on a pris les rubans déjà presque blancs, qu’on les a fait fondre et qu’on les a réduits de nouveau en rubans et qu’on les a exposés à l’air ; on retire la cire de dessus les toiles , on la fait fondre en y ajoutant un peu de suif pour lui donner du liant , et on la coule en petites plaques rondes que l’on vend sous le nom de cire vierge.

On a proposé l’emploi du chlore pour blanchir la cire; mais,, selon le dire des ciriers, ce corps altère ce produit. J’ai décoloré de la cire par le charbon animal ; mais jusqu’à présent j’ai rencontré de la difficulté à séparer le charbon employé à ce blanchiment.

Cire jaune. La cire jaune pure doit être d’un beau jaune,, sans mélange d’autres couleurs; placée dans la bouche et soumise à la mastication, elle ne doit pas avoir le goût de suif, mais un goût aromatique assez agréable. Ce produit doit son odeur et sa couleur a des substances étrangères dont on n’a pas

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examiné la nature ; on a cependant attribué cette colora Ü031 et cette odeur à des principes aromatiques et colorans, dérivant des plantes. Son poids spécifique , selon Bostock et Fabroni, varie de o,g6oo à o,g65o.

Cire blanche, cire pure. Elle est blanche, solide, cassante, inodore, presque insipide ; à 35°, elle devient molle et ductile ; à 70°, elle éprouve la fusion, en se solidifiant; à 62°, 75, elle ne prend pas la forme cristalline. Exposée à l’action de la chaleur à une haute température, elle se volatilise et se détruit en partie. Le poids spécifique de ce produit, selon Bostock, est de 0,8203 à o,g65o. La cire est insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool froid et l’éther ; elle est plus soluble à chaud dans ces deux liquides. Le docteur John a publié un travail sur la cire des abeilles et sur celle du Mjrica cor di folia; il a reconnu dans ces produits deux substances distinctes , Lune soluble dans l’alcool, qu’il a nommée cérine ; l’autre insoluble, qu’il a nommée mjricine. Ce travail incomplet a fourni un sujet d’expériences chimiques faites dernièrement par MM. Félix Roudet et Boissenot. Ces jeunes chimistes ont obtenu les résultats suivans de ces expériences : « La cire est formée de deux matières es- » sentiellement distinctes, non-seulement par leur différence » de solubilité dans l’alcool et l’éther , mais encore par les » propriétés diverses qu’elles manifestent au contact des alca- » lis et de la chaleur ; propriétés qui déterminent positivement » leur nature ignorée jusqu'ici, et permettent de leur assigner » parmi les corps gras déjà connus, un rang que ne pourrait » marquer ni leur fusibilité ni leur solubilité dans l’alcool et » l’éther. La mjricine, inaltérable par les alcalis caustiques, » est susceptible de se volatiliser en grande partie sans décom- » position , se rapproche des corps gras du troisième genre , la » cholestérine, Léthal, etc. La cérine traitée parles alcalis four- » nit des acides margarique et oiéique , et une matière grasse » neutre, insaponifiable, et, comme on aurait pu la juger d’a- » vance, d’après la relation découverte par MM. Bussy et Lecanu, » entre les produits de la saponification et de la distillation des » corps gras , donne encore sons l’influence de la chaleur , les

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