CIVETTE
passent pour anthelmintiques. Le suc de citron s'emploie comme condiment dans plusieurs préparations de cuisine, principalement pour les viandes noires , telles que les diverses espèces de gibier. Comme ce suc contient beaucoup de matière extractive , il fermente très facilement ; on doit donc le conserver à l’abri du contact du l'air après l'avoir soumis au procédé de M. Appert.
Outre la limonade , le suc de citron sert encore à la préparation du punch , c’est-à-dire d’une sorte de limonade au rhum ou à l'eau-de-vie ; cette liqueur d’agrément est aussi un cordial prescrit dans certains cas. (A. R.)
CITROUILLE. Une des espèces du genre Courge ( Cucur-> bita). V. ce mot. (A. R.)
CIVETTE. Zibethum ofïicin. On désigne sous ce nom une substance demi-fluide , onctueuse , jaunâtre , devenant brune et très épaisse à l'air, d’une odeur très forte approchant de celle du musc , mais qui , quoique plus fétide , est cependant moins diffusible. Elle est sécrétée par un appareil spécial de glandes , dans plusieurs animaux formant un genre qui appartient à l’ordre des Carnassiers digitigrades. L’espèce qui fournit la civette la plus répandue dans le commerce a été nommée par Linné, Viverra Civetta ; les voyageurs l’ont souvent désignée sous le nom de Chat musqué. Cet animal ressemble au renard par la tête ; il est gros comme un chat , possède des ongles rétractiles , a les yeux brillans dans l’obscurité , ce qui lui permet de chasser de nuit les oiseaux et les petits quadrupèdes. Son pelage est d’un gris brun foncé, varié de taches et de bandes d’un brun noirâtre. Il habite les contrées les plus chaudes de l’Afrique, où, malgré sa férocité, on l’élève en domesticité dans des cages pour en retirer le produit odorant. Les Hollandais , qui pendant long-temps ont fait un très grand commerce de la substance fournie par les civettes, nourrissaient beaucoup de ces animaux , et comme ils apportaient plus de soins dans le choix et la préparation de cette drogue, on convenait généralement que la meilleure venait de la Hollande.
L’appareil sécréteur de la civette a été décrit avec exac-
CLARIFICATION. ifo
titude par Perrault (i). Entre l’anus et la vulve, chez les femelles , et l’orifice correspondant chez les mâles , se trouve une troisième ouverture aussi grande que l’anus , et placée à peu près à égale distance de ces deux orifices. C’est l’embouchure d’une grande cavité au fond de laquelle s’ouvrent deux poches à parois glanduleuses et bosselées ; chaque bosselure répond à une sorte de follicule ou petit sac sécrétoire d’une liqueur huileuse. L’intérieur de chaque follicule en contient encore d’autres qui sécrètent également de la liqueur huileuse. Ces follicules communiquent entre eux , mêlent leur liqueur et la dégorgent dans la cavité générale , où elle prend une consistance de pommade. Pour retirer celle-ci, on assujettit l’animal dans une position telle, que ses mouvemens ne risquent pas de le faire blesser ; on introduit une petite cuiller dans la cavité générale , et l’on renferme immédiatement l’humeur onctueuse dans un vase que l’on tient exactement bouché.
La civette est plus employée comme parfum que comme médicament; sous ce dernier rapport, elle est analogue au Casio réum , c’est-à dire très stimulante et anti-spasmodique. On en prépare une teinture alcoolique. La composition de cette substance n’est pas bien connue ; on croit , avec assez de fondement, qu’elle doit se rapprocher beaucoup de celle du eastoréum .
Nous avons dit que plusieurs animaux du genre Vïverra fournissent le produit odorant nommé civette. Le plus remarquable d’entre eux est le Zibeth ( Viverra Zibetha , L. ) , qui habite les îles de l’Archipel indien. On l’a confondu longtemps avec la civette, dont il se distingue non-seulement par les couleurs du pelage , mais encore par quelques différences dans la structure anatomique.
On donne vulgairement le nom de civette à une espèce à’ ail (. A . Sclicenoprasum, L.), employée comme assaisonnement.
CLARIFICATION. La clarification est une opération mise en pratique , dans le but de séparer d’un liquide les parties étrangères qui troublent sa transparence.
(i) Mém. anat. pour servir à l’Hist. des animaux; in fol. 1670.
i5o CLARIFICATION.
La clarification s’opère de plusieurs manières : i°. parle repos, la dépuration ; 20. par l’emploi du filtre , \& filtration; 3°. par l’aide de la chaleur, la coagulation ; 4°. à l’aide de la chaleur et d’une substance quelconque, la clarification par intermède.
La clarification par dépuration s’opère de la manière suivante. On laisse le liquide à clarifier dans un repos parfait : ce repos permet aux corps qui se trouvent en suspension de gagner la partie inférieure du vase. Deux conditions sont indispensables lorsqu’on veut obtenir la clarification par dépuration. La première est fondée sur le poids spécifique des substances qui doivent se déposer. Ce poids doit être plus considérable que celui de la liqueur. La seconde demande que le liquide qu’on veut dépurer ne soit pas susceptible de s’altérer lorsqu’on l’abandonne à lui-même pour obtenir le dépôt. La dépuration est quelquefois employée comme une opération préliminaire de la clarification ; il est cependant des cas où le liquide acquiert un degré de limpidité tel , qu’il ne nécessite aucune opération subséquente. Lorsque la dépuration est terminée, on sépare la partie solide (le dépôt) du liquide en penchant le vase pour faire écouler le liquide clair, ou en enlevant celui-ci à l’aide d’un siphon. On peut aussi jeter sur un filtre , et procéder à la filtration. Dans ce dernier cas, la dépuration est préliminaire de la filtration.
On peut, par dépuration, clarifier l’eau, l’alcool , l’éther, les huiles diverses , etc.
La clarification par filtration se fait en plaçant sur un filtre le liquide à clarifier ; les pores du filtre laissent passer le liquide , tandis qu’ils retiennent les molécules qui étaient en suspension. L’instrument nommé filtre varie par sa nature et sa forme, le papier, le drap, la toile, le coton filé et cardé, l’éponge , le sable , les terres , le verre pilé , le charbon , les pierres poreuses, peuvent servir à la filtration. On doit employer, pour faire des filtres , des substances qui ne puissent être attaquées par celles que l’on met sur le filtre , ou qui ne puissent leur communiquer aucun mauvais goût pendant le temps de la filtration.
CLARIFICATION. i5i
Les filtres de papier peuvent servir à clarifier les liqueurs aqueuses, vineuses, alcooliques, huileuses. On emploie, pour les faire , du papier poreux , n’ayant aucune mauvaise odeur. Si les papiers employés étaient susceptibles de communiquer de la couleur ou de l’odeur aux substances qu’on place dans ces filtres, on leur ferait subir une opération préliminaire qui consiste en un lavage à l’eau pure, versée chaude sur toutes les surfaces du filtre. Les filtres de drap sont employés à la clarification des sirops, des mellites. Tantôt ces filtres ont la forme d’un cône dans lequel on verse le liquide ( ex. la chausse d’ Hippocrate ) ; tantôt c’est un carré de laine que l’on fixe par ses angles sur un cadre de bois ( ex. Y étamine , le hlanchet). La chausse est plus convenable ; la colonne de liquide étant plus haute , elle exerce une pression qui rend la filtration plus prompte. Lors de cette opération , les premières liqueurs qui passent sont troubles. On les jette de nouveau sur le filtre, afin d’obtenir un liquide parfaitement clair. Les filtres de toile sont ordinairement des carrés qu’on place comme les étamines ; ils sont employés à la filtration des liqueurs salines , et particulièrement des solutions salines avec excès d’alcali : l’excès d’alcali réagirait sur les filtres de laine , les détruirait , et le sel qui aurait agi ne serait plus à l’état de pureté. Les filtres de verre consistent en une réunion de fragmens de verre bien nets , disposés dans un entonnoir de verre , de manière à ce que le bec de l’entonnoir soit garni avec une couche de fragmens assez gros, plaçant sur cette couche d’autres couches formées de fragmens plus petits. Ces filtres sont destinés à priver les solutions salines, les acides, les solutions alcalines concentrées , etc. , des substances en suspension dans ces liquides , et qui en troublent la transparence. Les filtres de sable, de pierre , de charbon , sont employés pour filtrer l’eau, diverses huiles. Ces filtres n’étant pas mis en usage dans les pharmacies, mais dans les arts industriels, nous n’insisterons pas sur la manière de s’en servir. Le coton cardé sert à priver les huiles essentielles ou les liquides très chers des substances qui altèrent leur transparence : pour cela on tasse dans la douille d’un entonnoir une petite quantité de coton cardé ;
i5a CLARIFICATION.
on verse sur Tentonnoir l’huile ; celle-ci passant à travers le coton, se sépare des molécules qu’elle tenait en suspension. La quantité de coton employée étant peu considérable ,. on évite de perdre une grande quantité dliuile, ce qui arriverait si l’on employait des filtres de papier dont les pores resteraient imprégnés de ce liquide.
La manière de disposer les filtres de papier sur un entonnoir n’est pas indifférente pour le succès de l’opération : il faut que les plis de ces filtres soient bien marqués et de manière à laisser de l’espace entre le papier et les parois de l’entonnoir. Lorsque ces plis 11e peuvent se soutenir d’eux -mêmes, on obvie à cet inconvénient , en plaçant dans l’entonnoir des lames ou de petits tubes de verre qui tiennent le filtre à une distance convenable, (hoiries planches.) A l’article Filtre nous indiquerons la manière de plier le papier afin de lui donner la meilleure forme pour cet emploi.
La coagulation est la clarification, fondée sur la propriété que possède l’albumine de se coaguler par la chaleur ou à l’aide des acides (1). On ne peut l’employer qu’autant que le liquide contient ce principe , ou qu’on lui en ajoute une certaine quantité. Dans le premier cas, la coagulation a lieu sans addition; dans le second, la coagulation a lieu par l’intermédiaire d’une substance employée. Cette opération se nomme clarification par intermède.
La clarification par coagulation s’applique à l’éclaircissement des sucs de plantes, des sirops, des vins, des dissolutions salines, etc. Si l’on clarifie le suc vert extrait d’une plante qui contient de l’albumine , il suffit d’appliquer à ce produit la chaleur ; bientôt on voit une matière blanchâtre nager dans la liqueur ; cette matière est l’albumine coagulée , et qui a en-
(1) Nous croyons, d’après quelques expériences , que lorsqu’on applique la chaleur aux liquides qui contiennent de l’albumine et des substances acides, il y a tout-à-la-fois action de l’acide et de la chaleur sur l’albumine* En effet, l’albumine séparée par coagulation est plus acide que ne l’est le liquide Ini-mëme.
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traîné avec elle la chlorophylle et les portions des fibres divisées , qui troublaient la transparence. Si le liquide à clarifier 11e contient pas d’albumine, on lui ajoute du blanc d’œuf (formé d’albumine) ; 011 fait chauffer ; on filtre après la coagulation. Si l’on agit sur des vins, la coagulation de l’albumine se fait à l’aide des acides et de l’alcool contenus dans ce liquide , et sans avoir besoin de l’emploi de la chaleur ; celle-ci détériorerait ces liquides. On se sert aussi de l’albumine contenue dans le sang ; mais nous ferons observer que l’emploi du sang, convenable pour diverses préparations des arts, doit être rejeté par le pharmacien, ce mode de clarification apportant dans les substances clarifiées des produits qui ne devraient pas s’y trouver , et qui proviennent du sang,
La plupart des sucs d’herbes peuvent être clarifiés par une douce chaleur ; mais il faut apporter le plus grand soin dans l’emploi de ce moyen , si on l’applique à des sucs provenant de plantes aromatiques. On doit aussi, lorsque la coagulation est faite , séparer le liquide et le priver du magma , qui , s’il restait en contact avec le liquide , pourrait se redissoudre en partie. On a remarqué que l’emploi de l’albumine } dans la clarification, a quelques inconvéniens : quelquefois elle modifie la nature des substances , et anéantit en partie leurs propriétés médicinales. ( Lewis.)
Plusieurs substances sont aussi employées à la clarification. Dans le cours de cet ouvrage , nous aurons l’occasion de revenir sur l’application des divers moyens de clarification que nous venons d’exposer. (A. C.)
CLAVAIRE. Clavciria. Genre de champignons dont la consistance est charnue ou subéreuse , et dont les formes sont fort variées. Il en est qui ressemblent à des massues; d’autres qui ont la forme de branches de corail ramifiées. La plupart de ces champignons sont comestibles, ou du moins 11e renferment aucun principe nuisible ; ce 11’est qu’autant qu’ils seraient trop coriaces , et par conséquent d’une difficile digestion , qu’il conviendrait de s’en abstenir ; mais comme , en général , la chair des grandes espèces , de celles qui croissent en abondance