COBALT
en le comprimant lors de la préparation. Le coak est employé, dans les officines , à fournir la chaleur nécessaire à diverses opérations. (A. C.)
COBALT. Le cobalt est un corps combustible, simple, métallique , dont la découverte est due à Brandt , qui fit connaître, en 1733, la nature de ce métal dont la mine est employée pour communiquer au verre une couleur bleue. Les essais de Brandt furent répétés par Bergman qui confirma, en 1780, la découverte du cobalt. Depuis, ce métal a été le sujet de recherches faites par un grand nombre de savans , au nombre desquels on compte MM: Tassaert, Thénard, Proust et Laugier ; c’est particulièrement à ce dernier que l’on doit les moyens d’obtenir ce métal à l’état de pureté. , •
Le cobalt existe sous divers états dans la nature : i°. combiné à Poxigene, à l’état d’oxide; 20. combiné à V acide sulfurique , à l’état de sulfate; 3°. uni à V acide arsenique , à l’état d’arseniate ; f . en combinaison avec divers corps combustibles et particulièrement avec le soufre et V arsenic.
Ce métal s’obtient de la manière suivante. ( Procédé de M. Laugier.)
Ce procédé consiste, i°. à faire griller la mine pour en séparer la plus grande partie de l’arsenic ; 20. à faire dissoudre le résidu de la calcination dans l’acide nitrique , à le faire évaporer pour en séparer une partie de l’acide arsenieux et quelques arseniates; 3°. à faire passer dans le liquide tenu à l’état acide, autant d’acide liydro- sulfurique qu’il en faut pour décomposer tous les arseniates , et précipiter le cuivre , s’il s’en trouve dans la mine ; f. chauffer la dissolution filtrée pour chasser l’excès d’hydrogène sulfuré, filtrer, et précipiter ensuite les métaux (le fer, le nickel, le cobalt) par le sous-carbonate de soude ; 5°. traiter les carbonates obtenus par l’acide oxalique pour séparer l’oxide de fer, du nickel et du cobalt. L’oxide de fer s’unit à l’acide oxalique, forme un sel soluble, tandis que cet acide forme un sel insoluble avec les oxides de nickel et de cobalt ; 6°. mettre les oxalates de cobalt et de nickel en contact avec l’ammoniaque étendu de 2 parties d’eau , qui dissout
ï6o COCHENILLE.
d’abord ces sels, mais qui laisse déposer l’oxalàte ammoniacal de nickel, l’oxalate d’ammoniaque et de cobalt restant en dissolution ; 70. exposer à une haute température dans un creuset brasqué, l’oxalate pur de cobalt mêlé à des fondans, pour obtenir le métal fondu et sous forme de culot (1).
Le cobalt pur est solide , dur , cassant , un peu ductile à chaud ; son grain est serré , sa couleur est le blanc , mais cette couleur se rapproche plutôt de celle du plomb que de celle de l’étain; sa densité a été portée à 8,7 par Lampadius , et à 8,5384 par Tassaert. Le cobalt est magnétique, mais moins que le fer ; comme ce métal , il est fusible à environ i3o degrés du pyromètre de Wedgwood; il n’est point susceptible d’être volatilisé à la température ordinaire de l’atmosphère ; il n’agit ni sur l’air sec ni sur le gaz oxigène. A une température élevée, il se combine avec le gaz oxigène, et forme des oxides.
Quelques sels de cobalt sont employés pour préparer des encres dites de sympathie.
Des expériences sur l’action thérapeutique du cobalt ont été faites par Gmelin, et précédemment par Tuputi. Ces essais méritent d’être répétés pour pouvoir fixer l’opinion des praticiens.
On ne doit pas confondre le cobalt avec les minerais qui contiennent ce métal uni à l’arsenic , et que l’on appelle cobolt . V. Arsenic. (A. C.)
COCCINILLA. V . Cochenille.
COCCULUS. y. Colombo et Coque du Levant.
COCCUS CACTI. y. Cochenille.
COCCUS ILICIS y. Kermès animal.
COCCUS LACC A y. Résine laque.
COCCOLOBA UYIFERA. y. Raisinier d’Amérique.
COCHENILLE. Coccus cacti , L. Coccinilla officin. C’est un insecte de l’ordre des Hémiptères, de la section des Homoptères et de la famille des Gallinsectes. Le mâle est très petit; ses antennes sont composées de onze articles , moins longues que le
(i) Voir les Annales de Chimie et de Physique, i8iSe
COCHENILLE. i6t
corps qui est d'un rouge foncé , allongé , et terminé par deux soies divergentes et assez longues ; les tarses n'ont qu'un article et un seul crochet à l'extrémité ; les ailes sont grandes , blanches , croisées et couchées sur l’abdomen. La femelle est du double plus grosse que le mâle ; elle n'a point d’ailes ; mais elle est munie d'un bec qui manque dans le mâle. Ses antennes et ses pattes sont courtes; son corps aplati en dessous, convexe en dessus , bordé , avec les anneaux assez visibles , d’une couleur brun foncé, recouverte d’une poussière blanche ou grisâtre.
La cochenille est originaire du Mexique , et surtout des environs de Guaxaca et d'Oxaca. Avant l’invasion de l’empire du Mexique par Fernand Cortez, ses habitans se livraien t à l'éducation de cet insecte précieux ; mais ce genre d’industrie acquit plus d’importance quand la consommation de la cochenille reçut une extension considérable par le commerce des Européens (i). Lorsque les Espagnols étaient maîtres des plus belles contrées du Nouveau-Monde , non-seulement ils exploitaient à leur profit les richesses minérales enfouies dans le sein de la terre, mais encore ils s'appropriaient exclusivement le monopole des autres productions naturelles du Mexique , du Pérou et des vastes régions de l'Amérique méridionale , qu’ils tenaient sous le joug. Des peines excessivement sévères étaient infligées à celui qui aurait osé transporter la cochenille dans d'autres contrées favorisées d'un climat analogue. D’un autre côté , pour tenir ces pays dans la dépendance de la métropole , les tyrans du Mexique en forçaient les habitans de recevoir d’Espagne les denrées qu'ils auraient pu rencontrer chez eux. Ainsi, quoiqu’il existât des mines de mercure dans le Nouveau- Monde, il était défendu de les exploiter, afin que le mercure employé dans l’extraction des mines d’or fût entièrement tiré des mines d'Espagne. Vers la fin du dernier siècle, un simple particulier français , Thierry de Menonville , conçut et exé-
fi) D’après les renseigncmens que M. de Humboldt s’est procures, Pim- | portation annuelle est de 32,000 arrobes de 3^ livres chacune.