COCOTIER
de colonne est couronné d’une douzaine de palmes dont la longueur est quelquefois de 12, à i5 pieds sur 3 pieds de largeur ; les folioles qui les composent sont placées sur les deux côtés d’un pétiole commun qui est nu, élargi et membraneux à la partie inférieure. Au centre de ces palmes est un bourgeon énorme et conique, composé de jeunes feuilles qui doivent remplacer celles de la touffe , à mesure qu’elles tombent. C’est de l’aisselle de celles-ci que naissent les régimes de fleurs, d’abord entourées de leurs spathes , puis se ramifiant et prenant un grand développement. Les fleurs femelles occupent la partie inférieure des ramifications du régime. Il leur succède des fruits arrondis ou ovales , obscurément triangulaires , d’une grosseur qui égale souvent la tête d’un homme , et auxquels on donne le nom de cocos. Ces fruits sont composés d’un épicarpe ou pellicule externe , mince et sèche, sous laquelle se trouve d’abord une sorte de bourre ou de filasse formée de fibres très dures, puis un noyau d’une grande dureté , percé à la base de trois trous fermés par une membrane noire. L’intérieur du noyau offre une amande blanche qui est l’endosperme ou albumen de la graine , et à la base de laquelle on voit un petit embryon.
Toutes les parties que nous venons d’énumérer sont des substances alimentaires éminemment utiles aux peuples des climats situés entre les tropiques. L’amande a une saveur douce qui ressemble à celle des noisettes fraîches. Lorsqu’on cueille les cocos avant leur maturité , cette amande est peu consistante et d’un goût plus délicat que lorsqu’ils sont parfaitement mûrs ; alors elle contient plus de parenchyme et d’huile , ce qui la rend propre à former de bonnes émulsions. Ordinairement elle présente une cavité remplie d’une liqueur lactescente , très recherchée dans les climats brûlans où croît le cocotier.
Si Ton coupe l’extrémité des spathes avant l’épanouissement des fleurs , il s’en écoule un fluide aqueux et sucré qui , au bout de quelques heures , subit une légère fermentation , et acquiert une saveur aigrelette vineuse ; c’est ce que l’on nomme vin de palmier. O11 peut en retirer de l’alcool en poussant plus loin la fermentation, et en soumettant le produit à la distilla-
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tion. Si Ton ne donne pas au suc le temps de fermenter, et qu’on le fasse réduire sur le feu en y ajoutant un peu de craie, on obtient une sorte de sirop ou de conserve dont les habitans peu fortunés se servent pour confire leurs fruits.
La bourre qui enveloppe le noyau des cocos sert à fabriquer des cordages et des toiles grossières. Le bois du tronc est d’une extrême dureté dans les parties les plus voisines de la circonférence : on l’emploie avec avantage pour former des tuyaux de conduite ; on en fait aussi différens vases et ustensiles.
Le cocotier ordinaire est surtout très précieux, en ce qu’il s’accommode de tous les terrains possibles , des plus maigres , des plus sablonneux , de ceux enfin où ne peut vivre aucun autre végétal.
Dans le nombre des autres cocotiers qui offrent des produits utiles, on distingue le Cocotier du Brésil, Cocos butjracea , L. , dont le fruit , moins gros que le coco ordinaire , n’a qu’un noyau cartilagineux fort mince , et dont les amandes sont remplies d’une huile fort épaisse , qui a la consistance du beurre frais , et que l’on extrait facilement en écrasant les fruits avec leurs coques et les jetant dans des vases pleins d’eau.
Les noyaux du Cocos lapidea , Gærtn. ( de fruct. , tab. 6. ) servent à faire de petits vases , des coquetiers , des pommeaux de cannes, des verres à liqueurs, etc. (A. R.)
CODAGA— PALA. Sous ce nom , est usitée dans les Indes orientales l’écorce du Nerium antidyssentericum , L. , ou T'Vrightia anticly s senterica de R, Brown , arbuste de la famille des Apocynées. Elle est en plaques un peu roulées, rugueuses extérieurement, rougeâtres à l’intérieur, d’une saveur amère, âcre, et légèrement astringente. On l’administre en décoction, à la dose d’une demi-once pour une livre d’eau, et l’on fait avec sa poudre et du sirop d’écorces d’oranges un électuaire que l’on prend par bols, à la dose d’une demi-once. Ce médicament a été vanté jusqu’à l’exagération par Rheède , dans son Hor tus malabaricus , comme possédant de merveilleuses propriétés contre la diarrhée et la dyssenterie. (A. R.)
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COHOBATION , CoJiober. Opération qui consiste à remettre plusieurs fois de suite le produit d’une distillation sur son résidu, et à le faire distiller de nouveau, afin d’obtenir un produit plus chargé de principes volatils. (A. C.)
COIGNASSÏER. P y ru s Cydonia , L. Cydonia vulgaris , Pers. — Rich. Bot. méd. , t. II, p. 536. (Famille des Rosacées , section des Pommacées. Icosandrie Pentagynie, L. ) Arbrisseau originaire de l’île de Crète, cultivé dans les jardins potagers de toute l’Europe. Ses rameaux nombreux, blanchâtres et cotonneux portent des feuilles arrondies ou ovales , obtuses , molles , cotonneuses en dessous , pétiolées, et entières sur leurs bords. Les fleurs sont solitaires à la partie supérieure des je*unes branches. Le tube de leur calice est adhérent aux ovaires, très cotonneux et renflé à la base. Le fruit, que l’on nomme coing , ressemble à une très grosse poire; il est odorant , et recouvert d’un épiderme jaune clair , cotonneux ; sa chair , quoique ferme , est très succulente ; elle offre dans son milieu cinq loges à parois cartilagineuses , renfermant chacune plusieurs graines entourées d’un mucilage abondant. Le suc de. coings est un peu astringent ; mais du reste , sa saveur et son odeur agréable le font employer par les confiseurs et les liquoristes pour la préparation d’un sirop , d’une gelée , et d’une liqueur de table très estimée , qui porte le nom d’eau de coings. Les coings ne peuvent se manger crus , à cause de l’âpreté de leur pulpe ; mais cuits sous la cendre , ils sont assez agréables ; on en fait aussi de bonnes confitures „ O11 en prépare une marmelade astringente , connue sous le nom de cotignac. W. ce mot. Le sirop de coings, par ses propriétés astringentes, est employé en Médecine pour édulcorer les boissons que l’on administre contre la diarrhée et la dyssenterie. Le mucilage de semences de coings est fréquemment usité dans les gargarismes et les collyres émolliens ; il sert encore à tenir en suspension et à un état de division extrême , dans un véhicule aqueux, certaines substances huileuses ou résineuses. Pour préparer ce mucilage , on a coutume de verser un peu d’eau bouillante sur les graines récentes ou sèches,