‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 42 sur 193 · COLCHIQUE · texte numérisé non relu

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et d’exprimer au travers d’un linge. Mais comme cette prépa-* ration ne laisse pas que de prendre un peu de temps , M. Bender, pharmacien allemand, a propose' d’extraire immédiatement le mucilage au moyen de l’eau , de le dessécher parfaitement à une douce chaleur, et de le réduire en poudre. Trois grains de cette poudre forment , avec une once d’eau , un mucilage de bonne consistance. (A. R.)

COING. Malum cjdonium officin. Fruit du coignassier. V. ce mot.

COLATURE. On a donné le nom de colature au liquide qu’on fait passer au travers d’un linge ou de toute autre étoffe, pour le séparer de quelques impuretés. (A. C.)

COLCHICACÉES ou COLCHICÉES. Colchicaceæ , Colchiceœ. Famille de plantes établie par M. De Candolle , dans la Flore française, sur quelques genres placés par M. de Jussieu parmi les Joncées. L’institution de cette famille est non-seulement justifiée par des caractères botaniques bien tranchés, mais encore par ses propriétés actives, qui paraissent dépendre d’un principe âcre que l’on a trouvé dans plusieurs d’entre elles. Les Joncées ^ au contraire, sont des plantes fades et absolument inertes. Les Colchicacées sont des plantes herbacées, qui ont le port des Liliacées ; mais elles s’en distinguent surtout par le style triparti , leurs étamines opposées aux divisions du périanthe , et surtout par la structure et la déhiscence de leurs capsules , dont les valves n’entraînent point avec elles les cloisons. Deux genres de cette famille renferment des espèces dont les produits sont usités en Médecine : ce sont les genres Colchique etYératre. C’est à ce dernier qu’appartiennent la cévadille et l’ellébore blanc. V. ces mots. (A. R.)

COLCHIQUE. Colchicum autumnale, L. — Rich. Bot. méd. 1. 1 , p. 76. (Famille des Colchicacées. Hexandrie Monogynie, L.) Cette plante est très commune dans les prairies humides de toute l’Europe tempérée et méridionale , où elle commence à paraître au mois de septembre. On lui donne en diverses parties de la France les noms vulgaires àe veilleuse , veillote , safran bâtard , tue-chien , etc. Elle a un bulbe charnu, solide, qui se

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renouvelle chaque année à la partie latérale et inférieure de celui de l’année précédente , en sorte qu’il tend à s’enfoncer de plus en plus dans la terre , sans se déplacer de beaucoup , et voyager pour ainsi dire comme les bulbes des orchis. Les fleurs sont grandes, légèrement purpurines ou rosées munies d’un long tube terminé par un limbe à cinq divisions profondes. Ce périanthe est corolloïde , analogue à celui des safrans. Les feuilles ne poussent qu’en hiver ou au printemps • elles sont lancéolées , obtuses , luisantes , réunies en touffes , et engaînent la tige qui est fort courte. On trouve au centre de ces feuilles une capsule ovoïde, allongée, glabre, trifide à son sommet , et marquée de trois sillons profonds.

Le bulbe récent de colchique est enveloppé d’une tunique brune, au-dessus de laquelle se trouve le plateau ou collet, garni de son chevelu. Il contient un suc laiteux, caustique, exhalant une odeur qui irrite le nez et la gorge. Comme ce principe irritant s’évanouit en partie par la dessication , Storck et les autres médecins qui ont vanté l’efficacité du colchique contre plusieurs maladies , ont conseillé de l’employer à l’état frais. Tel que le commerce le présente, il a une forme ovoïde; sa grosseur est celle d’un marron ; il est convexe d’un coté et creusé longitudinalement de l’autre, d’un gris jaunâtre à l’extérieur , marqué de stries uniformes, produites parla dessication , blanc et farineux intérieurement.

D’après l’analyse chimique du bulbe de colchique , par MM. Pelletier et Caventou (1), il est composé: i°. d’une matière grasse , formée de stéarine , d’élaïne et d’un acide volatil particulier ; 20. d’un nouveau principe végétal alcaloïde , combiné à l’acide gallique,et que ces auteurs ont nommé Vératrine, parce qu’il existe en plus grande abondance dans les Vera— trum album et Sabbadilla j 3°. d’une matière colorante jaune ; 4°. de gomme ; 5°. d’amidon ; 6°. d’inuline en abondance ; 70. de ligneux.

C’est à la vératrine qu’il faut attribuer les qualités si actives

(1) Annales de Chimie et de Physique, vol. XIV , p. 82.

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