‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 47 sur 193 · COLOPHANE · texte numérisé non relu

COLOPHANE

est la plante qui le fournit. Il diffère principalement du vrai Colombo , par l’absence complète de l’amidon ; il communique à l’étber une belle teinte jaune , tandis que le vrai Colombo ne colore point celui-ci ; son infusion rougit la teinture de tournesol, et la potasse caustique en dégage de l’ammoniaque, circonstances qui ne s’observent pas en traitant par les mêmes réactifs l’infusion du véritable Colombo. La racine avec laquelle le faux Colombo a le plus de rapports est celle de grande gentiane ( Gentiana lutea , L. ) ; mais sa forme générale, arrondie à la partie supérieure en forme de navet , son odeur plus faible, sa saveur médiocrement amère , ne permettent pas de la confondre avec cette dernière racine. Celle-ci est en outre chimiquement caractérisée par la présence d’une grande quantité de grossuline , ou d’un principe gélatiniforme analogue à celui des groseilles , et que M. Guibourt considère comme identique avec l’acide pectique de M. Braconnot. La racine de faux Colombo paraît , au contraire , totalement dépourvue de ce principe. (A. B.)

COLOPHANE, Coîophone , Colofane , Colofone. On a donné le nom de colophane à une matière résineuse employée dans les arts et dans l’art médical. Cette substance se tirait autrefois d’une des villes d’Ionie, Colophonia, Colophon.

La colophane se prépare maintenant en très grande quantité à Mirecourt (Vosges) ; de là on l’expédie dans toute l’Europe. Pour l’obtenir, on agit de la manière suivante. On fait fondre dans une chaudière de fer un mélange de deux parties de résine provenant du résidu de la distillation de la térébenthine ( le bray sec ), avec une partie de poix blanche. On fait bouillir ce mélange à petit feu, en le remuant de temps à autre pour qu’il ne s’attache pas aux parois de la chaudière. Par cette ébullition , on obtient le dégagement de l’huile essentielle. Lorsque le dégagement a cessé , et que la matière , au lieu de présenter une espèce de mousse à sa surface , est bien unie et bien tranquille , on s’assure en tirant une petite partie de la masse, et la laissant refroidir, si la colophane est cassante , friable et susceptible de se réduire en poudre fine entre les

i S‘2. COLOPHANE.

doigts. Si elle ne jouit pas de ces propriétés, et qu’elle ne soit pas assez sèclie , on continue de chauffer la masse pour en chasser les parties volatiles qui y existent encore ; on couvre la chaudière; on retire du feu; on laisse en repos. Les matières étrangères se séparent : les unes se précipitent au fond, d’autres surnagent. On enlève, à l’aide d’une écumoire, et avant que la liqueur ne soit refroidie 9 les substances qui surnagent ; puis on tire la colophane claire à l’aide d’une cuiller à bec ; on la coule dans de petits cylindres faits en papier, et préparés d’avance. Lorsqu’on est près d’atteindre le dépôt du fond, on met de nouveau de la poix et de la résine, et Von recommence l’opération. Lorsque le résidu est considérable , on le met en réserve pour le fondre, le tirer au clair, et briller les autres parties pour en faire du noir de fumée.

La colophane ainsi préparée sert pour faire mordre les crins de l’archet sur les cordes des instrumens. Mais cette colophane ainsi obtenue est trop belle pour les ménétriers, tandis qu’elle ne l’est pas assez selon les luthiers, qui lui font subir un raffinage dans le but d’en obtenir un produit peutêtre meilleur, mais d’un prix plus élevé.

Divers moyens de raffinage sont employés : on l’additionne avec quelques gouttes de vinaigre ; on fait «cuire ; on malaxe la pâte à demi fondue r et on la réduit en cylindres.

D’autres procédés sont mis en usage dans les arts. Celui indiqué par M. Payen, dans Je Dictionnaire technologique, a été donné par M. Séguin (i). Il ferait de la colophane un produit trop coûteux.

La colophane entre dans divers composés pharmaceutiques : on l’applique à l’extérieur pour arrêter les hémorrhagies. On l’administrait autrefois à l’intérieur comme astringent , et l’on en obtenait de bons résultats.

Selon M. Guilbert , pharmacien de Paris , la colophane est soluble dans l’ammoniaque , d’où elle est précipitée par les acides. (À. C.)

(i) Annales de Chimie, l. XCI, p. 209.

COLOQUINTE. i83

COLOQUINTE. Cucumis Colocynthis , L. — Ricli.Bot. méd., t. I,p. 35s. (Famille desCucurbitacées , Juss. Monoecie Syngénésie, L.) Cette plante, originaire d’Orient et des îles de l’Arehipel , a une tige herbacée , annuelle , couchée à terre ou s'accrochant aux corps voisins par les nombreuses vrilles dont les côtes de ses feuilles sont pourvues. Celles-ci sont alternes, presque en forme de rein, aiguës, à cinq lobes et pubescentes. Il y a des fleurs mâles et des fleurs femelles sur les mêmes individus. Les fleurs mâles ont un calice hérissé de poils blancs, une corolle jaunâtre et cinq étamines soudées intimement deux par deux, la cinquième libre; les anthères sont rapprochées en une sorte de cône , et repliées plusieurs fois sur ellesmêmes comme dans les courges. Aux fleurs femelles succèdent des fruits globuleux, jaunes , de la grosseur d’une orange , glabres, recouverts d'une écorce coriace, mince, renfermant une pulpe blanche dans laquelle on trouve des graines nombreuses, blanches, ovales et comprimées.

La coloquinte du commerce est le fruit dépouillé de son écorce. On l’apporte des contrées méridionales de l’Europe, sous forme de boules blanches , légères , spongieuses et sèches , auxquelles on donne vulgairement le nom de pommes de coloquinte. La plante étant d’une culture facile dans les jardins, on pourrait en France s’affranchir de cette redevance que l’on paie à l’étranger , en employant les pommes de la coloquinte cultivée ; mais il est probable que leur principe actif aurait moins d’intensité que celui des plantes qui croissent dans les climats méridionaux. La saveur de cette drogue est d’une amertume tellement excessive , que , pour exprimer le plus haut degré d’amertume d’une substance , on dit vulgairement amer comme chicotin : ce nom était anciennement donné à la coloquinte

M. Vauquelin (i) a publié des recherches sur la nature de ce principe amer. Il a reconnu que c’était une matière résinoïde, que l’on pouvait obtenir par l’action alternativement répétée

(i) Journal de Pharmacie, t. X , p. 4i6.

ï84 COLZA.

de l’eau et de l’alcool; Cette substance , à laquelle M. Yauque— lin donne le nom de colocyntine, est plus soluble dans l’alcool que dans l’eau ; cependant elle communique à celle-ci une extrême amertume; et la solution aqueuse, traitée par l’infusion de noix de galle , donne un précipité blanc et abondant. Soumise à l’action de la chaleur, la substance résino'ide donne une fumée blanche, et laisse un charbon léger et volumineux. L’acide nitrique la dissout promptement ; mais il est décomposé par elle ; lorsqu’on ajoute de l’eau au mélange avant que l’acide nitrique n’ait épuisé son action , ou obtient des flocons blancs très amers.

La coloquinte est un drastique violent , qu’on administre dans les hydropisies passives et dans d’autres maladies où il est urgent d’irriter les voies intestinales. La dose est de ioà 12 grains, que l’on peut porter au plus à 24.

Cette substance fait partie de plusieurs médicamens officinaux , aujourd’hui entièrement négligés, tels que les trochisques alhandal, la confection hamec , le hiera diacolocynthidos , etc.

COLUBER BERUS. V. Vipère,

COLUBRINA. Nom officinal de la racine de couleuvre. V- ce mot.

COLUMBO. V. Colombo.

COLUTEA. V. Baguenaudier.

COLZA oü CHOU DES CHAMPS. Brassica campestris , L. — Rich. Bot. méd. , t. II, p. 666. (Famille des Crucifères, Juss. Tétradynamie siliqueuse, L. ) Cette plante croît spontanément dans les champs d’une grande partie de l’Europe ; elle forme l’objet d’une culture assez considérable , dans plusieurs dépar— temens du nord et de l’ouest de la France. Elle diffère du chou cultivé , par ses feuilles lyrées et hispides à leur face inférieure,, On en connaît plusieurs variétés , dont une est remarquable par sa racine renflée, charnue, jaunâtre extérieurement, et employée comme aliment, sous le nom de rutabaga. Le colza est cultivé pour ses graines, qui contiennent une huile grasse, d’une saveur qui n’est pas agréable , peu usitée par conséquent

CONCOMBRE. i85

comme substance comestible, mais que son bas prix fait employer avec économie pour l’éclairage et les besoins des arts.

COMBUSTION. On a donné le nom de combustion à la combinaison d’un corps combustible avec l’oxigène ; combinaison qui s’opère toujours avec dégagement de chaleur, et quelquefois de lumière. ( Lavoisier.) On a donné à l’oxigène le nom de corps comburent , et aux corps qui s’unissent à ce gaz le nom de corps combustibles . On donne le nom de combustion lente à la combinaison lente d’un corps combustible quelconque à l’oxigène, et combustion rapide , la combinaison rapide de l’oxigène avec le corps combustible. Cette dernière combinaison s’opère avec dégagement de chaleur et de lumière. Les anciens avaient émis d’aütres idées sur la combustion ; mais ces idées ayant été combattues avec raison , il nous semble inutile de les rapporter ici.

M. Orfila ayant vu que l’on pouvait remarquer tous les phénomènes attribués à la combustion, lors de la formation de quelques produits qui ne contiennent pas d’oxigène , il a été conduit à regarder la combustion comme un phénomène très général, qui a lieu toutes les fois quun ou deux corps se combinent avec dégagement de calorique ou de lumière. Nous renverrons aux ouvrages de Chimie pour avoir de plus grands détails à ce sujet. {V. Orfila, Chimie médicale , t. I, p. 90.)

COMESTIBLE. On désigne par ce mot qui dérive du mot latin corne dere , manger , les substances qui peuvent servir d’a— limens. (A. C.)

CONCASSER. On désigne par ce mot , l’opération qui a pour but de réduire en poudre grossière une substance quelconque . On dit aussi concassation. (A. C.)

CONCOMBRE. Cucumis sativus , L. — Rich. Bot. méd., t. 1^ p. 3 55. ( Famille des Cucurbitacées , Juss. Monoecie Syngéné-r sie , L. ) Depuis plusieurs siècles, le concombre est une plante cultivée dans les jardins d’Europe , mais on ignore le lieu de $011 origine ; on croit cependant qu’il a été apporté de l’Orient

i86 CONIFÈRES.

et des Indes. C’est principalement par son fruit qu’il se distingue du melon et de la coloquinte, autres espèces du même genre. Celui du concombre est allongé, cylindroïde, quelquefois un peu recourbé, ayant la surface lisse ou légèrement mamelonnée, d’un jaune plus ou moins intense, selon les variétés. Le concombre blanc , dont la peau est lisse et blanchâtre, est le plus estimé à Paris; le conô^mbre jaune a la peau d’un jaune plus ou moins intense ; le concombre vert petit y dont les jeunes fruits confits au vinaigre, sont connus sous le nom de cornichons y enfin le concombre de Russie , a ses fruits fort petits, presque ronds, et groupés par bouquets ; c’est la variété la plus bâtive.

La chair du concombre est fade, aqueuse, d’une odeur un peu nauséabonde qui disparaît par la coction ; aussi a-t-on coutume de faire cuire ce fruit pour le manger. Quelquefois , néanmoins, on le mange cm après l’avoir coupé par tranches minces que l’on arrose avec du vinaigre. Cet aliment est fort peu nourrissant , et ne convient guère qu’aux tempéramens bilieux et sanguins.

La pulpe récente peut être employée pour faire des applications rafraîchissantes. On la fait entrer dans une pommade qui porte son nom , et que l’on emploie comme cosmétique pour adoucir la peau , et pour en faire disparaître les petites efflorescences. Le suc appliqué sur les dartres diminue, par sa fraîcheur e| ses qualités émollientes , les démangeaisons qui surviennent après l’usage des bains sulfureux. (A. R.)

CONCOMBRE SAUVAGE. V. Elateriüm.

CONCRÉTIONS. V. Calculs.

CONFECTIONS. V. Électuaires.

CONGÉLATION. La congélation est le changement que le froid produit sur un corps liquide , en lui faisant prendre une forme solide; l’eau est une substance liquide qui, par le froid, éprouve la congélation et passe à l’état solide (la glace ).

CONIFÈRES. Coniferœ. Famille naturelle de plantes dicotylédones , apétales J diclines, composée d’arbres et d’arbustes,

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