COQUE DU LEVANT
<et du phosphate de chaux , enfin, quelques traces de magnésie et de silice. (A. K.)
COPALME. V, Liquidambar.
COQ DES JARDINS. Nom vulgaire de la balsamite. TU ce mot.
COQUE DU LEVANT. On nomme ainsi dans le commerce de la droguerie , le fruit de plusieurs arbres que Linné a décrits sous le nom commun de Menispermum, Coccnlus , mais qui forment des espèces réellement distinctes , rapportées par M. De Candolle au genre Cocculus , de la famille des Ménispennées, et de la Dioecie Décandrie, L. Ces espèces ont reçu les noms de Cocculus lacunosus , C. suberosus, et C. Pluke — nelii; elles îToffrent entre elles que de légères différences, et leurs petits fruits, qui se distinguent seulement par des variations de grandeur, sont doués des mêmes propriétés. Ceux du Cocculus lacunosus , espèce qui croît dans les Moluques , sont, d’après Rumpliius , les coques de l’Inde ( Cocculi indici ). Le Cocculus suberosus habite la côte de Malabar, et fournit , au rapport de Roxburgh, la vraie coque officinale, c’est-à-dire celle qui était autrefois apportée par la voie d’Alexandrie , d’où le nom de coque du Levant qui lui fut imposé. Enfin le Cocculus Plukenetii , également de la côte du Malabar, ainsi appelé parce que Plukenet l’a figuré sous le nom de Cocculus officinarum , est le Menispermum Cocculus de Willdenow , lequel diffère un peu de ceux ainsi désignés par Linné , surtout par ses fruits d’un tiers moins gros.
Quoi qu’il en soit des plantes qui produisent la coque du Levant, celle-ci se présente ordinairement sous une forme arrondie , légèrement réniforme , et de la grosseur d’un pois ; chaque fruit offre une partie extérieure sèche, mince, noirâtre, rugueuse , et d’une saveur âcre et amère ; elle recouvre une coque blanche, ligneuse, à deux valves, portant sur son milieu un placenta central , étroit à sa base , élargi à son sommet, et renfermant une seule graine qui est formée d’une amande blanche huileuse très amère , et dans laquelle résident les propriétés vénéneuses de la coque du Levant.
i«ja COQUE DU LEVANT.
M. Boüllay a publié deux mémoires sur les principes immédiats dé la coque du Levant. Dans le premier travail , il a reconnu Texistence d’un acide végétal qu’il crut être l’acide malique, et d’un principe amer, vénéneux et cristallisable. Dans le second, qui a été le sujet d’une thèse soutenue devant la Faculté des Sciences de Paris , ce qu’il considérait comme de l’àcide malique lui a paru un acide nouveau, possédant des propriétés particulières , et il lui a donné le nom d’acide ménispermique. Le principe amer, vénéneux et cristallisable, fut nommé picrotoxine par M. Boullay , qui le regarda comme Une nouvelle base salifiable végétale. Cependant quelques doutes furent élevés par les chimistes sur l’alcalinité de ce principe amer, et sur l’existence de l’acide ménispermique. C’est dans le but d’éclaircir cette question que furent entreprises de nouvelles recherches par M. Casaseca (i), qui est arrivé aux conclusions suivantes : i°. que l’acide ménispermique n’existe pas , et que ses propriétés particulières sont dues à un mélange de l’acide sulfurique employé dans le procédé de M. Boullay , avec une matière organique; 2°. que la picrotoxine n’est point une nouvelle base salifiable. Celle-ci, en effet, n’a pu saturer la moindre quantité d’acide sulfurique étendu. M. Casaseca avait précédemment , de concert avec M. Lecanu, démontré la présence d’une matière grasse assez abondante , laquelle est formée des acides oléique et margarique. M. Boullay avait également signalé, dans son analyse , la présence d’une huile concrète et céracée , qui constituait presque la moitié du poids de la graine isolée. Quant aux principes qui forment le squelette de la coque du Levant , épuisés dans l’alcool , M. Casaseca a reconnu qu’ils se composent : i°. d’une matière organique ; 2°. d’une matière colorante; 3°. de silice, de fer, de sulfate et hydro-chlorate de potasse , et de phosphate de chaux.
Les peuples qui habitent les contrées où croissent les diverses espèces de Coccuius emploient leurs fruits pour l’usage
(i) V- Journal de Chimie médicale, février 182S.
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de la pèche. Ces fruits jettent le poisson dans un état de stupeur dont le pêcheur profite pour le saisir. Depuis long-temps , on les fait servir en Europe aux mêmes usages ; mais la conservation des eaux et forêts prohibe sévèrement cet emploi , parce qu’il occasione une destruction trop considérable de poisson. On a prétendu que le poisson pris au moyen de cet appât était vénéneux , mais cette assertion est entièrement fausse.
La coque du Levant n’est point usitée en Médecine. Prise à l’intérieur , elle agit à la manière des poisons narcotico-âcres : on s’en est servi à l’extérieur pour détruire la vermine.
COQUELICOT ou PAYOT ROUGE. Papaver Rhæas , L. — Rich. Bot, méd. , t. II, p. 653. (Famille des PapaveTacées , Juss. Polyandrie Monogynie , L. ) Cette plante annuelle est extrêmement abondante en Europe , dans les champs de céréales, qu’elle tapisse souvent du plus beau rouge. Sa tige dressée , rameuse , hispide, haute d’environ un pied, est garnie de feuilles alternes, profondément pinnatifides , à lobes allongés , dentés et aigus. Ses fleurs ont leurs pétales fort grands, chiffonnés avant l’épanouissement , d’un rouge vif , entiers ou irrégulièrement crénelés sur leurs bords. La capsule est obovoïde, glabre , couronnée par un stigmate étoilé.
Les pétales du coquelicot sont employés en infusion théi— forme , comme adoucissans, béchiques et légèrement caïmans; ils font partie des fleurs pectorales . Leur dessiccation ne s’opère pas sans quelques précautions ; il faut avoir soin de les étendre sur des claies après les avoir séparés un à un , pour qu’ils ne s’agglutinent point. Étant très sujets à moisir , il faut les renfermer dans des bocaux bien fermés et a l’abri de toute humidité.
L’analyse des fleurs de coquelicot a fourni à M. Riffard les résultats suivans pour 100 parties de fleurs: i°. matière grasse jaune, 12; 20. matière colorante rouge, 4°; 3°. gomme, 20 ; 4°. fibre végétale , 28. Des essais tentés par M. Chevallier, sur de l’extrait de fleur de coquelicot préparé à Mont-Louis, Tome II. i3
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et qui lui avait été remis par M. Julia Fontenelle, l’ont conduit à reconnaître la présence d’une petite quantité de morphine dans ce produit. D’autres travaux ont indiqué que les résultats obtenus par M. Riflard étaient susceptibles d’être modifiés, et que quelques-unes des substances qui entrent dans la composition de ces fleurs avaient échappé à ce pharmacien. (A. R.)
COQUELOURDE. Un des noms vulgaires de l’anémone puisa tille. V. Anémone.
COQUERET. Synonyme d’alkekenge. V. ce mot.
COQUILLES D’HUITRES. On a donné le nom de coquilles aux enveloppes dures des diverses espèces de coquillages. Les enveloppes de l’huître étant employées dans l’art médical, après avoir été calcinées, nous croyons devoir rapporter les résultats des essais tentés sur cette enveloppe par divers chimistes, et notamment par Hatchett , Fourcroy, Yauquelin, John , Bostock. D’après toutes les analyses de ces savans, ces coquilles contiennent: i°. du carbonate de chaux; 2°. une matière animale très coriace; 3°. des traces de soufre ; 4°- du phosphate de chaux; 5°. de la magnésie; 6°. du fer; rf. de l’oxide de manganèse; 8°. du carbonate de magnésie ; 90. du mucus; io°. de la gélatine. On pourrait ajouter à ces substances la présence d’une matière grasse que nous avons remarquée en faisant des essais sur cette enveloppe.
La coquille d’huître, exposée à l’action de la chaleur, est convertie en chaux vive ou en carbonate de chaux , selon le degré de température apporté à cette calcination. Ce produit était autrefois employé comme absorbant , contre la diarrhée , le racliitis, à la dose de 10 grains à un demi-gros. Les coquilles d’huîtres sont rarement employées (1). (A. C.)
COQUILLES D’OEUFS. La coquille solide qui recouvre la membrane mince , le blanc , le jaune et les ligamens a été
(1) TNous nous proposons de publier quelques recherches sur la coquille de l’huître considérée chimiquement et examinée comme pouvant servir d’engrais lorsqu’elle est réduite en poudre.
CORAIL. ig5
employée comme moyen thérapeutique. Cette coquille , examinée par M. Yauquelin , lui a fourni les produits suivans : i°. carbonate de chaux en grande quantité; 2°. carbonate de magnésie ; 3°. phosphate de chaux ; fer oxidé ; 5°. soufre; 6°. une matière animale.
Les coquilles d’œufs calcinées ont été employées comme absorbantes ; on les a administrées contre le rachitis , la diarrhée, etc. La coquille d’œuf calcinée peut être prise à la dose d’un gros à quatre. Cette préparation est peu usitée. (A. C.)
CORAIL. La nature de cette belle production marine fut pendant long-temps méconnue. Les doctes de l’antiquité , Théophraste particulièrement, en ont fait mention comme d’une pierre précieuse , et ils ont transmis beaucoup plus de renseignemens sur les usages de cette substance que sur son origine. De leur temps, on avait pour elle , comme objet d’ornement, la même passion qu’aujourd’hui , et déplus on lui attribuait de merveilleuses propriétés médicales. A la restauration des sciences , lorsque la Botanique fut étudiée avec une sorte de prédilection, Tournefort renouvelant les vieilles idées de Pline , considéra le corail comme une plante ; et cette opinion fut admise jusqu’à ce que Peyssonnel , Réaumur , Bernard de Jussieu, Donati et Ellis eurent fixé, par leurs recherches sur les polypiers, la nature du corail, qu’ils classèrent parmi ceux-ci , en le considérant comme un des premiers échelons de l’organisation animale. Mais les auteurs furent encore divisés d’opinion sur le genre dont le corail devait faire partie. Enfin , après avoir été placé dans les Madrépores par Linné , dans les Isis par Pallas, dans les Gorgones par Solander et Gmelin , le corail a été séparé en un genre particulier par Lainarck, sous le nom de Corcdlium , qui a été admis par Cuvier, Lamouroux et par tous les zoologistes modernes.
Le corail rouge ( Corallium rubrum, Lamarck ) est un polypier fixé aux rochers par un large empâtement , et qui s’élève au plus à environ un pied. Il offre l’exacte figure d’un petit arbre dont le tronc branchu serait dénudé de ses feuilles et de
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ses ramuseules. Son axe , recouvert d’une écorce gélatino-crétacée , est d’une extrême dureté , susceptible du poli le plus brillant; il est formé de plusieurs couches calcaires concentriques , faciles à apercevoir par la calcination ; sa surface présente des stries parallèles et inégales en profondeur. L’écorce gélatineuse est couverte de tubercules épars , dont le sommet est terminé par une ouverture divisée en huit parties.
Le corail existe dans la Méditerranée et dans la Mer Rouge, à des profondeurs qui varient et qui paraissent influer sur la grosseur de l’axe et- sur la vivacité de sa couleur. On a également remarqué qu’il se trouve plus abondamment dans certaines expositions. Ainsi, sur les côtes de France, il couvre les roches exposées au midi ; dans le détroit de Messine , on le pêche du côté de l’orient ; les côtes du midi , du nord et de l’ouest de la Sicile sont dépourvues de ce polypier.
Le corail des côtes de France passe pour avoir la couleur la plus éclatante ; peut-être ne doit-il sa supériorité sur celui des autres régions de la Méditerranée, qu’à ce qu’il est mieux choisi. On en fait des pêcheries considérables sur les côtes d’Afrique, où il est beaucoup plus gros, mais d’une nuance moins vive. On distingue dans le commerce un grand nombre de variétés de corail, qui, à raison de l’éclat de leur couleur, portent les noms de corail écume de sang, fleur de sang, premier, second, troisième sang, etc. Le principe colorant ne se détruit point par le chlore ; il est insoluble dans l’alcool et les autres menstrues végétaux; il noircit par l’acide hydrorsulfurique, disparait par l’action dissolvante des acides minéraux ; enfin, selon M. \Togel de Munich , l’oxide de fer parait être la base de ce principe colorant. Voici les résultats de l’analyse publiée par ce savant chimiste (i) : acide carbonique, 27,50 ; chaux,
5 o,5o ; magnésie, 3,o; oxide rouge de fer, 1,0 ; eau, 5,o ;
débris animaux, o,5o ; sulfate de chaux, o,5o; muriate de soude, une trace; total, 88,00. Le déficit assez considérable
(t) pr. Annales de Chimie , t LXXX1X, p. n3.