‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 56 sur 193 · COTIGNAC · texte numérisé non relu

COTIGNAC

de cette racine approche de celle des iris; sa saveur est fortement amère, accompagnée d’une légère âcre té. Le principe amer de cette substance est soluble dans l’eau et l’alcool , un peu plus dans le premier de ces véhicules. Son usage est aujourd’hui abandonné , parce que l’on possède d’autres médicamens excitans et toniques doués d’une plus grande activité.

On a donné le nom de costus à d’autres matières qui n’ont que bien peu d’analogie avec celle dont il vient d’être question. Ainsi on a appelé costus doux et costus corticosus , la cannelle blanche. ce mot.

D’autres écorces provenant de plantes américaines ont aussi été nommées costus acre , costus amer ; mais ces écorces sont peu répandues dans le commerce, et l’on ignore les plantes qui les fournissent. (A. R.)

COTIGNAC. On a donné le nom de cotignac à une marmelade de coings que l’on ordonne quelquefois comme astringent , pour arrêter le vomissement de flux dans les affections catarrhales. On la prépare de la manière suivante : on prend

Coings presque mûrs. .. . i kilogram. (2 livres),

Sucre blanc y5o gramm. (1 livre et demie).

On essuie les coings avec un linge rude , afin d’enlever le duvet; on les pèle, on sépare le fruit en six morceaux; 011 sépare les semences, la queue; on jette ces fruits dans l’eau ; on les retire ensuite, on les met dans une quantité d’eau assez grande pour les recouvrir de deux travers de doigt. O11 fait cuire à un feu très doux pendant une heure ; au bout de ce temps, on coule le décoctum sans exprimer le fruit; on ajoute le sucre, on clarifie avec un blanc d’œuf, et l’on fait réduire en consistance de gelée ; on coule cette gelée dans des pots, si l’on veut avoir le cotignac sous cette forme ; si l’on veut avoir le cotignac sec , on place la gelée dans des moules de fer-blanc légèrement huilés , et on la porte à l’étuve.

La quantité de cotignac sec ou en gelée que l’on peut prendre, est de 2 à 4 onces par jour. (A. C.)

v COTONNIER. 209

COTON DE LÀ CHINE. On a donné ce nom à une sorte de duvet cotonneux qui adhère aux feuilles d’une espèce d 1 4 rlemisia, dont les Chinois se servent pour faire des mèches grosses comme des tuyaux de plume, qu’ils font brûler sur la peau ,’ opération maintenant très usitée en Europe sous le nom de moxa. (A. R.)

COTONNIER. Gossypium. Genre de plantes de la famille des Malvacées et de la Monadelphie Polyandrie. L. , composé de plusieurs espèces qui croissent dans les climats chauds de l’ancien et du nouveau monde. Ce sont des arbustes plus ou moins élevés, dont les feuilles sont alternes, pétiolées , divisées en lobes digités, et accompagnées à leur base de deux stipules. Les fleurs sont grandes, purpurines ou jaunâtres, solitaires aux aisselles des feuilles supérieures, et portées sur des pédoncules plus ou moins longs. Leur calice est double; l’extérieur a trois divisions larges et frangées , l’intérieur est plus petit , en forme de soucoupe dont le bord est sinueux ou obscurément lobé. La corolle est composée de cinq pétales dressés , se recouvrant par leurs bords , soudés ensemble par leur base et avec la colonne des filets staminaux. Le fruit est une capsule ovoïde , à trois ou cinq sillons longitudinaux , à trois ou cinq valves et à autant de loges qui contiennent chacune un petit nombre de graines recouvertes d’un arille garni de bourre fine qui a reçu le nom de coton.

L’utilité de cette matière est trop connue pour que nous nous arrêtions à énumérer ici ses nombreux emplois. C’est, sans contredit, ,une des denrées commerciales les plus précieuses que fournisse le règne végétal. Aussi les diverses espèces 1 de cotonnier forment-elles des cultures très considérables , soit i dans l’Amérique équinoxiale, soit dans les Indes orientales.

! L’histoire botanique des cotonniers est encore très obscure, ce j qui provient des altérations que la culture a fait subir aux esj pèces sauvages. Cependant il serait extrêmement utile de pou— I voir fixer ce point de la science, tant pour l’avancement de la ] Botanique proprement dite , que pour les avantages qui résulj îeraient de ces applications. En effet , telle espèce de cotonnier Tome IL il\

■2io COTONNIER.

fructifie deux fois par année ; telle autre donne un coton dont les fds sont longs , fins et d’une blancheur éclatante ; telle autre en produit de 8 à io onces par pied, tandis que certaines espèces et variétés sont bien inférieures sous ces divers rapports.

Parmi les espèces les mieux connues, nous citerons : i°. le Cotonnier herbacé, Gossjpiurn herbaceum , L. , figuré par Cavanilles (Dissert. 6, tab. 164 , f. 2). Il croît en Égypte, en Syrie , et dans l’Inde orientale. Sa culture a été propagée jusque dans le royaume de Naples et sur les côtes méditerranéennes de l’Andalousie . On a également tenté de le cultiver dans les régions chaudes de la France, où il a donné des résultats si prospères, qu’il serait désirable de voir ces essais se multiplier. Le nom de cotonnier herbacé , imposé à cette espèce , est fort impropre , car elle varie beaucoup dans son port ; c’est quelquefois une plante herbacée annuelle , ne s’élevant pas au-delà de 18 à 20 pouces ; d’autres fois c’est un arbuste qui atteint 5 à 6 pieds d’élévation , et dont la tige est vivace et ligneuse dans sa partie inférieure.

2,0. Le Cotonnier arborescent, Gossjpiurn arboreum , L. , et Cavanilles ( loc. cit. , tab. i65 ). Arbrisseau qui s’élève jusqu’à la hauteur de i5 à 20 pieds. Il croît dans l’Inde, l’Arabie et l’Égypte , d’où il a été transporté aux Canaries et en Amérique.

3°. Le Cotonnier de l’Inde, Gossj'pium Indicum , Lam., et Cavanilles ( loc. cit., tab. 169 ). Cette espèce paraît tenir le milieu entre les deux précédentes. Comme son nom l’indique, elle est originaire des Indes orientales.

4°. Le Cotonnier velu , Gossjpiurn hirsutinn , L. , et Cavanilles ( loc. cit. , tab. 167). Originaire d’Amérique. Il se distingue des autres espèces par sa tige herbacée , rameuse , velue , ainsi que les pétioles des feuilles, qui sont molles et pubescentes des deux côtés.

5°. Le Cotonnier religieux, Gossjpiurn religiosum , L. , et Cavanilles ( loc. cit ., tab. 164, f. 1 )> C’est un petit arbuste de 3 à 4 pieds d’élévation , qui se distingue principalement par son style extrêmement long et saillant hors de la corolle , même avant son épanouissement. Il est cultivé en diverses

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