‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 57 sur 193 · COTYLÉDONS · texte numérisé non relu

COTYLÉDONS

contrées du globe, et surtout àl’Ile— de-France , et dans ITnde.

Les variétés, produites paE ces espèces et par beaucoup d’autres sur lesquelles on manque de renseignemens précis , sont très nombreuses. Le docteur Rolir , qui a résidé pendant plusieurs années à Sainte-Croix , Tune des Antilles , a publié le meilleur traité sur leur culture ; mais quoiqu’il fut un naturaliste instruit , il a négligé de distinguer botaniquement les espèces qui fournissent les différentes sortes de cotons , et il a conservé à ceux-ci leurs noms vulgaires. Nous n’entrerons point dans tous les détails relatifs, soit à la distinction de ces cotons du commerce , soit aux divers procédés usités pour la culture des cotonniers et les préparations préliminaires que l’on fait subir à leurs produits. Ce sujet intéressant n’est point de notre domaine; il appartient à l’économie industrielle, et nous ne voulons point donner des aperçus trop abrégés sur une matière qui exige d’être traitée avec tout le soin possible. On peut consulter à ce sujet le Traité sur la Culture du Cotonnier, par M. de Laste^rie; Paris, 1808.

Non-seulement le cotonnier offre des produits utiles dans le duvet qui entoure ses graines, mais dans celles-ci elles-mêmes, qui servent à la nourriture des animaux domestiques , et desquelles on peut extraire une huile employée à plusieurs usages économiques. (A. R.)

COTYLÉDONS ou CORPS G0TYLÉD0NA1RE. Les botanistes nomment ainsi la partie supérieure de l’embryon , qui tantôt n’offre qu’une seule pièce , tantôt en offre deux ou même un plus grand nombre. Delà les deux grands embrancbemens qui, dans la série des ordres naturels, divisent les végétaux. On appelle Mono cotylédons ceux où le corps cotylédoneux est simple et indivis, et Dicotylèdons ceux où il est séparé en deux parties distinctes. Dans certaines plantes , comme plusieurs conifères, le nombre des cotylédons excède ordinairement deux , mais ce cas exceptionnel ne justifie point les auteurs qui ont voulu changer le nom de dicotylédons en celui de polycotylédons ; c’est au moins une innovation inutile. Les cotylédons servent à la nourriture de la jeune plante lorsqu’elle commence son

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évolution. Ils sont doutant plus épais et charnus, que l’embryon est dépourvu d’endosperme, c’est-à-dire qu’il est immédiatement recouvert par le tégument propre de la graine. Ainsi dans le haricot, le pois et d’autres graines de Légumineuses, les cotylédons sont très épais, tandis qu’ils sont d’une nature foliacée dans les semences des plantes pourvues d’un albumen ou endosperme abondant. Dans le premier cas, les cotylédons sont infiltrés d’une telle quantité de fécule , qu’ils sont employés^ comme matière alimentaire , surtout lorsqu’ils ne sont point accompagnés d’un principe âcre ou amer. Les cotylédons du marronier d’Inde, par exemple, quoique?très épais1, ne peuvent pas servir à préparer une fécule nourrissante , à cause des principes amers qu’ils contiennent. (A. R.)

COUDRIER. V. Noisetier.

COUIS. Nom vulgaire du calebassier ( Crescentia cujete, L.)

COULEUVRE. Ce nom d’un genre de reptiles ophidiens a été appliqué à la racine du Sirjchnos colubrina. V. Racine de COULEUVRE. (A. R.)

GOUMARINE. Substance trouvée par M. Guibourt dans la fève de Tonka , et que M. Vogel , de Munich , assimile à l’acide

benzoïque. V. Fève de Tonka. (A. R.)

COUMAROU. Nom que les Galipis et les Garipons de la Guiane donnent à la graine odorante d’un arbre décrit par Aublet sous le nom de Coumarouna odorata. Elle est connue dans le commerce sous celui dejèoe de Tonka. V. ce mot.

COUPELLES. On a donné le nom de coupelles à de petits vaisseaux préparés avec les os calcinés réduits en poudre , puis en une pâte, à laquelle on donne, au moyen d’un moule , la forme d’une petite coupe plate. La propriété que possède la coupelle d’ètre poreuse et de se laisser traverser par quelques oxides métalliques , l’a fait employer dans quelques opérations des arts, et surtout à l’affinage de l’argent (i).

(i) Voir, pour la coupellation , les ouvrages qui traitent des essais d’or et d’argent 5 le Manuel de l’Essayeur, de M. Vauquelin ; le Traité des Réactifs, p. 432.

COURGE. 2ï3’

Ms Lebaillif a indiqué l’emploi de petites coupelles pour faire des essais au chalumeau. Ce savant est parvenu, en se servant de ces petits vases et du chalumeau , à faire des analyses chimiques et à démontrer la présence de divers métaux , en ne se servant que de très petites quantités de substance. Dans notre Traité des Réactifs, nous avons indiqué ces essais , le moyen de fabriquer ces instrumens, et de s’en servir. Cette partie de la science ne pouvant faire partie de ce Dictionnaire , nous renverrons à cet ouvrage , ou mieux encore au mémoire publié par M. Lebaillif. (A. C.)

COUPEROSE BLANCHE. V. Sulfate de zinc.

COUPEROSE BLEUE. V. Sulfate de cuivre.

COUPEROSE VERTE. V. Sulfate de fer.

COURRARIL. Hjmenœa courbaril , L. Arbre de la famille des Légumineuses , et de la Décandrie Monogynie , indigène de l’Amérique méridionale r du tronc et des branches duquel découle la vraie résine Animé. ce mot. (A. R.)

COURGE, Cucurbita. Ce genre de plantes est le plus remarquable de la famille des Cucurbitacées , à laquelle il a donné son nom. Il renferme plusieurs espèces comestibles, dont nous allons mentionner les principales , et qui se distinguent essentiellement des plantes du genre Concombre , avec lesquelles elles ont de grandes affinités , par leurs graines le plus souvent entourées d’un rebord saillant, ou bien échan crées en cœur, lorsqu’elles ne sont pas munies de ce rebord. D’après cette différence dans la structure des graines, et -d’après celle des formes de la. corolle , étalée dans les unes, et campaniforme dans les autres, on avait formé deux genres parmi les courges , sous les noms de pépon et de courge ; mais ces deux genres ne sont plus considérés que comme des sections naturelles d’un même groupe.

COURGE CALEBASSE. Cucurbita Lagenaria , L. — Rich., Bot. méd., v. I, p. 358. Cette espèce , qui, de même que la précédente, a pour patrie primitive les Indes orientales, se reconnaît facilement à sa tige grimpante et sillonnée , à ses feuilles cordiformes , denticulées , molles et blanchâtres , pubescentes et

ai4 COURGE.

gluantes, ainsi que toutes les autres parties de la plante; et par ses fruits , dont l’enveloppe extérieure est dure et crustacée. Ces fruits varient beaucoup quant à la forme. La plus remarquable de ces variétés est la cougourde ou gourde des pèlerins , dont on fait des bouteilles après l’avoir vidée de toutes ses parties tendres. On sait que ces fruits sont étranglés vers leur sommet , de manière à simuler deux fruits superposés , dont le plus petit est à la base du fruit. La gourde , plus grosse que la précédente variété , est de forme presque globuleuse. Enfin , la massue ou gourde trompette , a des fruits très allongés et renflés vers leur extrémité supérieure. Les graines de cette espèce sont presque planes , minces sur les bords et légèrement échancrées à leur sommet. Elles renferment des amandes émulsives comme celles des autres Cucurbitacées. (A. R.)

COURGE POTIRON. Çucurbita Pepo , L. Pepo macrocar — pus, Rich . , Bot. méd. , t. I , p. 358. Cette plante , originaire de l’Inde , est cultivée abondamment dans les jardins potagers de l’Europe. Sa végétation est des plus rapides ; car , en quelques mois, elle acquiert des dimensions considérables. Sa tige herbacée , cylindrique , couverte de poils rudes , étalée sur la tefre, offre quelquefois une longueur de 25 à 3o pieds. Elle se ramifie , et porte des feuilles grandes , alternes , pétiolées , et à cinq lobes obtus. Ses fleurs sont d’un beau jaune, grandes, monoïques et axillaires. Dans les mâles, on trouve cinq étamines soudées ensemble par les filets et les anthères ; cellesci sont linéaires , plusieurs fois repliées sur elles-mêmes. Aux fleurs femelles succèdent des fruits globuleux, déprimés au sommet et à la base , d’une grosseur quelquefois énorme, dont la surface est tantôt lisse , tantôt marquée de côtes peu saillantes. Leur chair est jaunâtre, assez consistante; leur écorce mince , non crustacée. Ils sont creusés intérieurement d’une cavité considérable , aux parois de laquelle sont attachées par des fdamens nombreux et celluleux , des graines blanches , ovoïdes et aplaties. La culture a fait naître plusieurs variétés de cette plante, parmi lesquelles nous mentionnerons seule-

COUTEAU A RACINE. liS

ment : i°. le grand potiron jaune, variété la plus commune; 2°. le petit potiron jaune , qui est la plus hâtive ; 3°. le gros potiron vert • 4°* l<e petit potiron vert.

Quoique la saveur du potiron n’ait rien d’agréable , on mange assez fréquemment de ce fruit après l’avoir fait cuire , surtout avec du lait. Il est rafraîchissant et légèrement laxatif. Ses graines ont une amande blanche , formée d’un gros embryon dépourvu d’endosperme , et contenant du mucilage et une certaine quantité d’huile fixe , que l’on pourrait extraire pàr expression. On en prépare des émulsions qui passent pour adoucissantes et calmantes, mais qui ne nous semblent pas posséder des propriétés plus marquées que les émulsions obtenues au moyen des autres graines huileuses , telles que les amandes proprement dites beaucoup plus répandues et plus faciles à conserver. Les graines de courge sont en effet difficiles à séparer de leur tégument ; et lorsqu’elles en sont privées , elles sont très sujettes à rancir ou à moisir.

Le nom de citrouille est, pour beaucoup de personnes , synonyme de potiron. D’un autre côté, Linné a nommé Cucurbita Citrullus la plante dont le fruit est connu vulgairement sous les noms de pastèque ou melon d'eau. V. ce dernier mot. Cependant le nom de citrouille est appliqué par les horticulteurs à une variété de Cucurbita polymorpha de Duchés ne , qui ne se distingue essentiellement du C. Pepo que par la pellicule dure et crustacée de ses fruits. La chair , ainsi que celle des giraumons , autre variété de C . polymorpha, en est d’un jaune plus foncé et d’un goût plus prononcé que celle des potirons. Au surplus , il y a un si grand nombre de sousvariétés de ces variétés, que nous ne pourrions les faire connaître convenablement dans ce Dictionnaire. M. Duchesne, de Versailles , s’est occupé avec zèle de leur distinction, et il a consigné les résultats de ses observations dans l’Encyclopédie méthodique.

COUTEAU A PiACINE, Coupe-racine. Le coupe-racine est un outil destiné à réduire en tranches minces, coupées transversalement, les parties ligneuses des plantes dont on se propose

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de faire l’analyse, ou dont on veut obtenir des infusions, des décoctions, etc.

La construction de cet instrument a considérablement varié , et Ton rencontre dans beaucoup de pharmacies , des couteaux dont la forme n’est pas la même. On doit à M. Guilbert des modifications très importantes apportées à cet instrument , qui , autrefois , pouvait être comparé à un levier tranchant dans une de ses parties, qui, à l’aide de la main, pressait perpendiculairement sur la substance à couper. Le couteau de M. Guilbert, décrit dans le tome IX du Journal de Pharmacie (1823), a été le sujet d’un rapport fait par M. Henry , dans lequel ce savant a proposé un léger changement dans cet instrument. Ce couteau est composé de deux pièces , d’une lame en forme cle serpe et d’un levier. La lame est disposée de manière qu’elle ne puisse changer de direction ; elle entre dans une rainure pratiquée dans le billot , et elle peut facilement trancher le corps qui lui oppose de la résistance : la modification apportée par M. Henry consiste à fixer les deux extrémités de la serpe , afin de maintenir la lame dans la rainure.

Un autre couteau à racine a été présenté à l’Académie royale de Médecine, le 17 septembre i8a5, par MM. Arnheiter et Petit. Ce couteau , examiné par MM. Boullay et Henry , devait, d’après le rapport de ces savans , recevoir quelques modifications. L’instrument de MM. Petit et Arnheiter est un couteau ou cisaille à têtç de compas , fixé à l’extrémité par un boulon à écrou garni en cuivre noyé dans l’intérieur de l’épaisseur du fer, pour rendre le frottement plus doux. A deux pouces du boulon , la branche fixée par deux supports taraudés avec leur écrou , porte une lunette aciérée et trempée , ce qui forme le point d’appui qui sert à placer la racine que l’on veut couper.

La branche supérieure porte le tranchant, qui est ajusté à queue d’aronde et assuré par trois vis , ce qui donne la facilité de démonter le couteau et de le remplacer; le pharmacien pçut en avoir de rechange en cas d’accident. Ce cou^

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