CRYPTOGAMES
la forme de pyramides compose'es de lames ou hérissées de filets , et tiennent en général aux bases d'une partie des pieds , qui sont au moins au nombre de cinq paires , et affectent des formes variées , selon le genre de mouvement propre à chaque genre d’animaux. Il y a toujours quatre antennes et au moins six mâchoires , dont la plus intérieure porte le nom de mandibules. On a proposé plusieurs classifications parmi les Crustacés. La plus connue est celle de M. de Lamarck, qui les divise en cinq ordres, savoir : les Décapodes > les Stomapodes, lès Amphipodes , les Isopodes et les Branchiopodes . La plupart des Crustacés sont carnassiers et habitans des mers ; on n’en connaît qu’un petit nombre qui sont terrestres et se creusent des terriers. Les crabes, les écrevisses, les cloportes, appartiennent à cette cirasse. (A. R.)
CRYPTOGAMES. Vegetabilia crjptogama . Linné donna ce nom , dérivé de deux mots grecs qui signifient noces cachées , à une classe de plantes dont les organes sexuels diffèrent tellement de ceux des autres végétaux, que l’on ne peut déterminer avec certitude quelles sont les fonctions que ces organes remplissent. Plusieurs botanistes se sont même refusés à reconnaître l’existence des sexes dans ces plantes , et les ont nommées agames. Dans la méthode naturelle , les Cryptogames correspondent presque entièrement à la classe des Acotjlédones ou Inembrjonées , et ces dernières dénominations sont d’autant plus exactes , qu’en admettant même la sexualité de ces végétaux, tout le monde est d’accord sur ce point, que leur germe n’offre point de véritable embryon , c’est-à-dire un corps composé d’une radicule et de cotylédons. Les Fougères, les Équisétacées , et les Lycopodes sont néanmoins considérés , par divers auteurs , comme monocotylédons. Les végétaux cryptogames proprement dits , comme par exemple , les algues , les champignons , les lichens et les mousses , n’offrent point de véritables vaisseaux ; ils sont entièrement composés de tissu cellulaire, et paraissent se nourrir par une simple imbibition , d’où le nom de végétaux cellulaires, sous lequel M. De Candolle les a désignés , par opposi-
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tion à celui de / - vasculaires , qu’il a employé pour les ve'gétaux phanérogames.
On distingue les Cryptogames en plusieurs groupes qui sont : i°.les Algues, maintenant subdivisées en petites familles sous les noms de Confervées , Fucacées , Flvacées , etc. ; 20. les Champignons ; 3°. les Hypoxylons ; 4°* les Lichens ; 5°. les Hépatiques ; 6°. les Mousses ; 70. les Fougères ; 8°. les Lycopodiacées ; 90. les Marsiléacées ; io°. les Équisétacées. Plusieurs petits groupes ont été formés aux dépens de ces diverses familles , mais ce n’est pas ici le lieu de les faire connaître. Celles que nous venons d’énumérer suffisent pour classer les substances que les Cryptogames fournissent à la Médecine et aux arts utiles.
CUBÈBE ou POIVRE A QUEUE. Piper Cubeba , L. — Rich. Bot. méd. , t. I , p. 52. ( Famille des Pipérinées. Diandrie Trigynie , L. ) Plante sarmenteuse qui croît dans les climats équinoxiaux de l’ancien continent , et surtout dans les îles de l’Archipel indien. Ses fruits diffèrent de ceux du poivre noir ( Piper nigrum , L. ) en ce qu’ils sont plus gros et munis de leur pédicelle qui y reste adhérent ; leur enveloppe corticale est ridée, et paraît avoir eu moins d’épaisseur à l’état frais que celle du poivre noir. La coque ligneuse, dure et ronde que l’on trouve en dessous , contient une semence non adhérente aux parois internes, et recouverte d’un tégument brun. Cette semence est intérieurement blanchâtre, pleine et huileuse. Elle a une saveur forte , amère et aromatique.
Depuis long-temps , l’emploi du cubèbe était abandonné des médecins , et on le considérait seulement comme analogue au poivre noir , mais ayant des propriétés stimulantes moins énergiques. On se servit de la poudre de cubèbe, il y a quelques années , en Angleterre , pour combattre les blennorrhagies uréthrales , même les plus intenses , et par ce moyen ,
; on parvint, dit-on, à arrêter presque instantanément les accidens inflammatoires. Plusieurs praticiens ayant confirmé, en France et en Allemagne , les résultats avantageux obtenus par l’emploi de cet irritant, on a cherché, par l’analyse chimique,
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à quel principe on devait l’attribuer principalement , et Ton a cru que c’était à une résine analogue à celle du copaliu ^ qui est renfermée en quantité assez considérable dans le cubèbe ; mais il nous semble que ce n’est pas exclusivement dans ce principe que résident les propriétés anti-blennorrhagiques de cette graine , les autres substances qui la composent. , et notamment l’huile volatile , étant douées de qualités pour le moins aussi actives. On doit donc se borner à constater l’utilité de la graine de cubèbe pour le cas dont il s’agit , sans prétendre expliquer entièrement son mode d’action. La poudre de cubèbe est administrée à la dose d’un gros et demi , répétée trois fois dans les vingt-quatre heures. Quelques praticiens préfèrent administrer le cubèbe en lavemens.
Voici les résultats de l’analyse du cubèbe , parM. Vauquelin ( Journal de Pharmacie , v. VI , p. 309 ) : i°. une huile volatile presque concrète ; 20. une résine analogue à celle du copahu; 3°. une petite quantité d’une autre résine colorée; 4°. une matière gommeuse colorée ; 5°. un principe extractif analogue à celui qui se trouve dans les plantes de la famille des Légumineuses; 6°. quelques substances salines. (A. R.)
CUCUBALUS BEI I EN. La racine de cette plante très commune dans nos champs , qui appartient à la famille des Caryophyllées , et que les botanistes modernes placent dans le genre Silene, a été substituée au belien blanc , qui provient du Cenrtaureabehen, L., et que l’on employait autrefois en Médecine. Une autre espèce du même genre ( Cucubalus viscosus , L. ) possède , d’après l’observation du docteur Vendt , médecin danois , des propriétés émétiques. (A. R.)
CUCUMIS COLOCYNTHIS. V. Coloquinte.
CUCUMIS MELO. V. Melon.
CUCUMIS SATIVUS. V. Concombre.
CUCUPHES et DEMI-CUCUPHES. On a donné le nom de cucuphes à des espèces de bonnets piqués, dont l’intérieur était garni avec des plantes ou avec des poudres aromatiques. Ces bonnets étaient destinés à être appliqués sur la tête , dans le but d’obtenir une médication due à l’absorption des parties
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volatiles qui se engageaient de ces plantes , ou de ces poudres.
Les cucuphes ne sont plus employés , et nous n’en eussions pas fait mention si les faits que nous allons rapporter ne prouvaient, par analogie, que les praticiens qui s’en sont servis ont pu obtenir des résultats marqués de leur emploi.
Premier exemple . M. Aumont a fait annoncer à l’Acadé— mie que deux jeunes personnes qui avaient mis sur leurs cheveux de la poudre d'iris , furent frappées de narcotisme ; et les accidens furent tels , qu’ils nécessitèrent des soins prolongés (1).
Deuxieme exemple. Un jeune pharmacien qui étudiait en province avait, dans une herborisation , ramassé de la douceamère ; ayant fait une botte de ce végétal, et l’ayant portée sur sa tête , il fut tout à coup frappé de narcotisme , et pendant plus de dix heures , il fut ou dormant , ou éprouvant les plus grandes envies de dormir.
On pourrait citer un grand nombre d’exemples de la propriété active des médicamens absorbés par le système cutané ; c’est aux praticiens à réfléchir sur ce mode d’action et sur son application.
Les demi-cucuphes étaient des bonnets beaucoup plus petits, mais garnis à leur intérieur des mêmes aromates. (A. C.) CUCURBITA LAGENARIA et PEPO. V. Courge.
CUCUR BIT ÂGÉES. Cucurbitacece . Famille de plantes qui a pour type le genre Courge ( Cucurbita ) , et qui renferme un assez grand nombre d’autres végétaux, dont les diverses parties, surtout les fruits , sont usitées , soit comme aliment , soit comme médicamens : tels sont , la bryone , la coloquinte , le concombre , le melon , l’élatérium, etc. Cette famille avait été placée par M. de Jussieu dans ses Dicotylédones Diclines , parce qu’en effet toutes les plantes qu’elle contient sont unisexuées ; mais aujourd’hui que l’on a dispersé toutes les familles des Diclines dans les diverses classes de la méthode na-
(1) La poudre d’iris , examinée par MM. Caventou et Chevallier, a cte reconnue ne contenant rien d'etranger.
23o CUIVRE.
turelle , celle des Cucurbitacées a pris place parmi les Dicotylédones polypétales à ovaire infère. Les Cucurbitacées sont en général des plantes herbacées , à tiges flexueuses , très longues, souvent grimpantes , soit par leur propre torsion soit au moyen des vrilles dont elles sont pourvues. Leurs feuilles sont alternes , pétiolées , simples ou divisées en lobes plus ou moins profonds , et ordinairement hérissées de poils rudes, ainsi que toutes les autres parties. Les fleurs sont unisexuées, généralement monoïques et axillaires. Les fruits sont des péponides, c’est-à-dire charnus , dont l’intérieur est , tantôt plein et renferme des graines nichées dans la pulpe , tantôt offrant une cavité plus ou moins grande.
Nous avons mentionné plus haut quelques-unes des plantes médicinales ou alimentaires que cette famille renferme.
Les propriétés de ces plantes varient d’après les parties employées , et selon qu’elles sont plus ou moins aqueuses. Quelques-unes contiennent un principe excessivement amer et purgatif ; d’autres sont simplement rafraîchissantes. Les graines de la plupart sont huileuses et émulsives. (A. R.)
CUCURB1TE. V. Alambic.
CUILLER A PROJECTION. On a donné ce nom à une cuiller plus ou moins grande , faite ordinairement en fer, et qui sert à introduire ou à retirer des vases placés au milieu du feu , des substances que l’on veut soumettre ou que l’on a soumises à l’action de la chaleur. Cet instrument empêche le manipulateur de s’exposer à un feu trop ardent qui pourrait le brûler.
CUIVRE. Le cuivre est un corps combustible simple , métallique , que l’on rencontre dans la nature ; il est connu de toute antiquité. Avant que l’art de travailler le fer eût pris naissance , ce métal était employé à fabriquer les instrumens de guerre et ceux utilisés dans l’économie domestique.
Le cuivre se trouve sous plusieurs états dans le sein de la terre : i°. à Vétat natif, quelquefois en cristaux isolés, d’autres fois en cristaux groupés et en lames minces , dans divers minerais ; 20. à lJétat d'alliage, uni au fer, à l’arsenic ; 3°. uni