DENSITÉ
elle brûle en laissant un charbon léger. Elle est peu soluble dans l’eau froide , très soluble dans l’alcool ; elle s’unit aux acides , et donne naissance à des sels qui sont décomposés par les alcalis, qui précipitent la delpliine sous forme de gelée : par l’acide nitrique, elle prend une couleur jaune. La delpliine n’a pas encore été employée dans l’économie animale.
DELPHINIUM. V. Dauphinellè.
DEMI-FLEURON. Semi-jlosculus. On nomme fleuron ( flos culus ) chacune des petites fleurs dont l’ensemble constitue la calathide ou tête d’une synanthérée ; mais on distingue spécialement sous le nom de demi-fleurons celles de ces petites fleurs qui ont une corolle fendue , unilatérale , tronquée ou dentée au sommet. Les plantes du groupe des Chicoracées ont leur calathide entièrement composée de demi-fleurons, qui renferment alors les organes mâles et femelles ; on donne à ces plantes le nom de semi-flosculeuses „ Dans les autres tribus de la famille des Sÿnanthérées , on trouve quelquefois des demi-fleurons , mais ils forment seulement les rayons ou la couronne de la calathide , et ordinairement ils ne renferment que les organes femelles ; souvent même ils sont stériles. (A. R.)
DENSITÉ. La densité est le rapport de la masse au volume. Sous le même volume, les différens corps delà nature contiennent des quantités différentes de matière , et par conséquent ont des poids inégaux. Ex. : une masse de plomb comparée à une masse d’or , est à celle-ci comme i i,352 est à 19,257 ; c’est-àdire que de deux culots métalliques d’une même dimension, l’un de plomb, l’autre d’or, si celui de plomb pèse 1 i,352 gram. , celui d’or pèsera 19,267 gram. Cette différence dans le poids de ces deux métaux est due au rapprochement plus ou moins grand des molécules des deux corps. La densité des liquides et des gaz est aussi différente dans ces divers corps; en effet, l’eau distillée pesant 1,000, l’acide sulfurique à 66° pèse, d’après M. Thénard , 1 ,8/[2 ; le gaz oxigène pesant 1 , 1 o35q , le gaz hydrogène ne pèse que 0,07321 . Nous renverrons aux ouvrages de Physique pour faire connaître la manière de prendre et de
DÉPILATOIRES. 267
constater la densité des solides , des liquides et des gaz , ces détails ne pouvant faire partie de ce Dictionnaire. (A. C.)
DENT DE LION. V, Pissenlit.
DENTELAIRE D’EUROPE. Plumbago Europœci , L. — Ricli. Bot. méd. , t. I , p. 222. (Famille des Plumbaginées , Juss. Pentandrie Monogynie, L. ) Vulgairement Herbe au cancer , et Malherbe. Cette plante croît naturellement dans les lieux stériles de l’Europe méditerranéenne. Sa tige rameuse, haute d’environ 2 pieds, porte des feuilles alternes, amplexicaules, ovales, aiguës , légèrement ondulées , et velues ou dentelées sur leurs bords. Ses fleurs sont violettes avec des nuances de pourpre , et elles sont ramassées en bouquet au sommet des ramifications de la tige. Le calice est parsemé de petits tubercules glanduleux et visqueux ; la corolle est infundibuliforme , ayant un long tube et un limbe plane à cinq lobes obtus.
Toute la plante, mais surtout la racine, est douée d’une grande âcre té qui diminue d’intensité par la dessication. On s’en sert comme masticatoire pour augmenter l’action des glandes salivaires. Elle a été aussi employée comme émétique ; mais l’incertitude de son action en a fait depuis long-temps abandonner l’usage. A l’extérieur, son efficacité contre les maladies psoriques a été constatée par les commissaires de la Société royale de Médecine (1). Les habitans des départemens méridionaux s’en servent dans les mêmes maladies : à cet effet, ils font bouillir 2 à 3 onces de racine de dentelaire dans une livre d’huile d’olive , et appliquent ce liniment sur les parties galeuses. Malgré l’énergie bien reconnue de cette plante , on lui refuse aujourd’hui les propriétés anticancéreuses qui jadis lui avaient fait donner un de ses noms vulgaires. (A. R.)
DENTIFRICES. On a donné le nom de dentifrices à diverses préparations pharmaceutiques destinées à nettoyer les dents. Voir Poudre , Électuaire , Opiat dentifrice. (A. C.)
DÉPILATOIRES. On a donné le nom de dépilatoires à des préparations caustiques qui déterminent la chute des filamens
(1) P. Mem. de la Société royale de Médecine, anne'e 1779, p. 6.
' nS8 DÉSINFECTION,
cornés nommés poils. La cliaux vive , le sulfure d'arsenic ,, entrent ordinairement dans la composition de ces remèdes , qui n'empêclient pas le poil de croître de nouveau. On ne doit les employer qu'avec précaution.
Exemples de préparations employées comme dépilatoires .
Rusma des Orientaux. Il s’obtient par le procédé suivant : on prend 64 grammes ( 2 onces ) de chaux vive ; orpiment ou réalgar, 16 gram. ( 4 gros ) ; on fait bouillir dans une livre de lessive alcaline, jusqu'à ce que la liqueur soit assez active pour qu'une plume plongée dans ce liquide , et retirée, laisse tomber les barbes; on applique cette préparation froide sur les parties velues dont on veut détruire le poil. Ce dépilatoire est très caustique , on doit donc ne l’employer qu’avec la plus grande circonspection.
Poudre dépilatoire. Chaux vive, 8 grammes ( 2 gros ) , orpin , 4 grammes ( 1 gros ) ; réduisez en poudre fine , et faites de cette poudre une pâte claire que vous étendez sur la peau couverte de poil , et que vous enlevez quand cette pâte est desséchée.
Onguent dépilatoire. ( D'Alexis). Orpin, amidon, chaux vive , de chacun 4 grammes ( 1 gros ) ; eau , quantité suffisante pour former une pâte que l’on emploie de la même manière.
Une foule de préparations analogues à celles-ci ont été décrites dans le Dispensaire de Jacques Wecker, imprimé à Genève en 1616. (A. C.)
DÉPURATIFS. On a donné le nom de dépuratifs à des me— dicamens qui passent pour avoir la propriété d’enlever à la masse des humeurs les principes qui en altèrent la pureté , et de les porter au dehors. Un grand nombre de médicamens sont regardés comme dépuratifs ; de ce nombre sont les sudorifiques, les antiscorbutiques , etc. , etc, (A. C.)
DÉPURATION. V. Clarification.
DÉSINFECTION. On a donné le nom de désinfection à Fo— pération qui consiste à enlever à l'air, aux vêtemens, aux tissus organiques, les miasmes dont ils peuvent être chargés.
DESSICATION
et qui peuvent provenir des émanations qui s’élèvent dans les cas de putréfaction, d’épidémies, etc. Les moyens employés pour opérer la désinfection furent d’abord les vapeurs de vinaigre, les fumées produites par la combustion des baies de genièvre, par celle du sucre ; mais ces fumigations, qui ne faisaient que masquer les odeurs sans détruire les miasmes , furent successivement remplacées par les fumigations faites avec les acides sulfureux , nitrique et hydro-chlorique, enfin par celles de chlore , etc. ( Guyton-Morveau ) , et par l’application du chlorure de chaux, qui fut faite dernièrement. /U Chlore, Chlorure de chaux, de soude, Fumigations. (A. C.)
DÉS0XIDAT10N , Dèsoxigéncition. On a donné ce nom à l’opération par laquelle on enlève l’oxigène d’un corps avec lequel ce gaz est combiné. Ce terme n’est presque plus mis en usage. (A. C.)
DESPUMATION. On a donné ce nom à l’opération qui consiste à séparer d’un liquide exposé à l’action du feu , les écumes ou les substances étrangères qui se séparent du produit; on applique particulièrement ce mot à la séparation des écumes du miel et des sirops exposés à l’action de la chaleur. (A. C.)
DESQUAMATION. La desqimmcition est l’action d’enlever les exfoliations de l’épiderme , nommées squames , qui composent les racines bulbeuses. Enlever les squames qui composent la bulbe connue sous le nom d ’ognon de scille , c’est opérer la desquamation. (A. C.)
DESSICATION. La dessication est une opération qui a pour but de priver les corps d’une certaine quantité d’eau nuisible à leur conservation. Cette opération se pratique ordinairement sur les parties des végétaux , rarement et avec plus de difficultés sur les parties des animaux , plus rarement encore sur les minéraux, qui n’ont besoin, pour leur conservation, que d’être garantis des agens extérieurs qui tendent à leur décomposition ( l’air , la lumière , l’humidité, etc. ).
La dessication s’opère à l’air libre , dans des étuves , et quelquefois à l’aide de moyens particuliers. Exemple : les plantes grasses que l’on dessèche sur des plaques métalliques chauffées,
27o DESSICATION.
les sedum, les champignons que l’on fait dessécher dans du sable chaud , etc. , etc. On reconnaît que la dessication a été bien opérée quand le corps desséché n’a perdu ni son odeur ni sa couleur.
Dessication des racines. La dessication des racines se pratique de différentes manières , selon la texture de ces parties du végétal. Si la racine est d’une texture serrée et fibreuse ( exemple , les racines de patience , de chicorée ) , on les lave, on enlève la terre qui peut y adhérer ; on sépare le collet qu1 est inerte ; on enlève toutes les radicules , on coupe par sections le corps de la racine ; on sépare le meditullium de quelquesunes , la bardane , la cynoglosse , pour conserver l’écorce ; on enlève l’épiderme 4e guimauve ; on place alors les racines divisées sur des claies d’osier, et on les expose au soleil , dans un grenier bien aéré, ou dans une étuve chauffée de i5 à 20°. On renouvelle les surfaces jusqu’à ce que la dessication soit complète.
Il est convenable de laver les racines avant de les couper ; l’eau ne peut les pénétrer, et par conséquent leur enlever des quantités sensibles de leurs principes. On doit conserver avec soin l’épiderme des racines aromatiques , le principe odorant résidant en grande partie dans les cellules de cet épiderme. On reconnaît que la dessication est complète lorsque les racines sont sonores et cassantes.
Si la texture de la racine est charnue et succulente (exemple, la racine de bryone, de nymphœa ) , on les lave , on les ratisse et on les divise par rouelles minces ; on les traverse au moyen d’une ficelle , on en fait des chapelets , ou bien on les expose en couches minces sur des claies que Ton porte d’abord au grenier , puis à l’étuve , lorsque l’eau de végétation dans laquelle ces racines auraient pu se cuire s’est en partie dissipée par l’exposition à l’air libre.
Lorsque la racine est bulbeuse , et se compose d’un placenta dont la partie inférieure supporte la racine , et la face supérieure l’ognon ( exemple, la scille) , on retranche la partie inférieure du plateau, on enlève les squames extérieures qui sont
DESSICATION. 271
minces , rouges et sèches , on les jette ; on conserve les squames qui forment l’intérieur de la racine et qui sont de couleur de chair ; on isole , comme n’étant bonne à rien , la partie blanche qui est au centre et qui répond à la hampe. Les squames de couleur rose sont ensuite mises à sécher. On peut suivre plusieurs procédés pour obtenir cette dessication : celui de Demachi consiste à scarifier de chaque côté les écailles, à les faire passer dans une ficelle et à les exposer en chapelets dans une étuve ou autour du tuyau du poêle. Le second procédé , qui est le plus simple , consiste à diviser les squames en petites lanières prises dans le sens de leur longueur, à les exposer ensuite sur des claies , à l’air libre , pendant quelques heures, à les porter après dans une étuve chauffée à i5°, à élever ensuite la température de l’étuve à 3o°, et à laisser séjourner les parties des squames jusqu’à ce qu’elles soient sèches. Le but que l’on se propose en scarifiant ou divisant en lanières la sciile , est de déchirer une pellicule mince qui recouvre chaque squame , et qui s’opposerait à l’évaporation de l’eau de végétation. O11 doit employer pour diviser la sciile un couteau d’ivoire ou d’argent , les parties de cet ognon, coupées avec du fer ou de l’acier, se colorant en noir.
Dessication du bois , des écorces , des liges. Ces parties du végétal ne contenant que très peu d’eau de végétation , on pratique facilement leur dessication : pour l’obtenir, on les divise , afin de multiplier leurs surfaces ; on les expose ensuite au soleil , à l’air sec, ou dans une étuve chauffée de 18 à 20°.
Dessication des feuilles. On dessèche des feuilles par les mêmes procédés que ceux que nous avons indiqués; mais ces moyens doivent varier selon que la feuille à dessécher est plus ou moins sèche , plus ou moins humide. Celles qui sont sèches ( exemple , les feuilles d’oranger, la menthe , la mélisse ) se dessèchent par l’exposition au soleil ou par l’exposition à l’étuve chauffée de 1 5 à 20°. Celles qui sont 1 humides et charnues ( exemple , les feuilles de bourrache de I buglosse ) se dessèchent de la manière suivante : on les monde des substances étrangères qu’elles contiennent; on les place en
zyi DESSICATION.
couches minces sur des clayons , on les expose à Tair pendant quelque temps, on les porte ensuite à l’étuve chauffée à i5°, on augmenté graduellement la température , que l’on porte à la fin à 3o ou 36°. On a soin de renouveler les surfaces jusqu’à ce que la dessication soit opérée (i). 4
Dessication des sommités fleuries. Pour dessécher ces sommités , on divise en petites hottes celles dont la couleur est facilement détruite par le contact de l’air ( exemple , la petite centaurée , les sommités d’fiyssope , le muguet ) , et l’on enveloppe la partie supérieure dans du papier; on les porte ensuite à l’étuve, ou l’on en fait des guirlandes que l’on suspend dans des greniers aérés. Pour les autres sommités, on les porte à l’étuve, ou on les suspend, mais sans prendre la précaution de les envelopper de papier.
Dessication des fleurs. Cette dessication , plus difficile à opérer que celle des autres parties des plantes, varie à l’infini. Les fleurs dont l’arome est fugace et dont le tissu est chargé d’eau de végétation (exemple, le lys, le jasmin, la tubéreuse, etc. , etc. ) , ne se dessèchent pas, mais il n’en est pas de même des autres. Le tilleul , le bouillon blanc , le sureau , le genet , le tussilage , la camomille , peuvent être desséchés facilement, soit par leur exposition à l’air ou à l’étuve.
Les fleurs des Corvmbifères doivent être desséchées avant leur
entier épanouissement , afin que leurs aigrettes ne puissent pas se développer et rester en suspension lorsqu’on en fait des infusions, et par là irriter la gorge du malade. ( Virey.) Les fleurs de roses rouges, les fleurs de l’œillet doivent être mondées de leurs onglets, étendues sur des tamis recouverts de papier, et séchées rapidement à l’ombre, puis à l’étuve (2) ; il en est de même pour les fleurs de mauve , auxquelles cependant il n’y a rien à enlever. Les pétales des coquelicots doivent être
(1) On doit , pendant tout le cours de cette opération, augmenter graduellement la chaleur, parce qne les deux surfaces se dessécheraient et s’opposeraient à la sortie de l’humidité intérieure.
(2) On a proposé dernièrement de les dessécher dans du sable chaud.
DESSICATION
étendus sur des draps , en couches minces , et exposes à Faction d’un beau soleil , ou à une brusque chaleur d’étuve. Ce moyen fournit un coquelicot bien rouge et non réduit en pelotes noirâtres comme on en trouve dans le commerce; les violettes doivent être mondées de leurs calices et de leurs pédoncules, e'tendues en couches minces, et séchées à l’étuve chauffée à 35°, et enfermées aussitôt qu’elles sont refroidies.
Lorsque les fleurs sont desséchées , on les prive des débris qui se sont détachés pendant la dessication , en les plaçant sur un crible et agitant , rejetant ensuite ce qui passe.
Dessication des fruits. Les fruits sont rarement desséchés, cependant il en est quelques-uns qui sont soumis à cette opération . On doit agir de la manière suivante : on se sert delà chaleur du soleil , de celle de l’étuve ou de celle d’un four médiocrement chauffé ; mais de crainte de cuire le sarcocarpe , on interrompt la dessication à plusieurs reprises ^ pour la continuer ensuite jusqu’à ce que le fruit ait acquis la consistance propre à sa conservation ; c’est ainsi que l’on dessèche à 36° centigrades les prunes pour avoir les pruneaux.
Dessication des semences . On dessèche les semences farineuses en les exposant au soleil à l’air libre , ou à l’étuve. On a remarqué que le blé séché au four se conservait mieux que celui desséché par tout autre moyen. On dessèche celles qui sont de nature oléagineuse en les exposant aux rayons du soleil ; lorsqu’on les garde dans leurs enveloppes ligneuses, elles se conservent plus longtemps sans s’altérer ni rancir. On fait sécher celles qui sont aromatiques en les exposant à l’air libre , à l’abri du soleil , qui dissiperait une partie de leur arôme. Les semences cornées peuvent être desséchées sans précaution ; celles de coing doivent rester à l’étuve , jusqu’à ce que le mucilage qui les recouvre se soit desséché par son exposition à la chaleur,
Dessication des substances animales . On dessèche quelques substances animales pour les conserver. Les cloportes , le castoreum , se dessèchent au bain - marie , la vipère à l’étuve ; pour les cantharides , on les étale sur un tamis de crin , que l’on expose dans un grenier où l’air circule facile-