CHALUMEAU
Le chalumeau peut être en verre , en argent ou en cuivre t cet instrument , construit en verre, est trop fragile; d’ailleurs la partie qu’on expose au feu est susceptible de se fondre. Le chalumeau en cuivre réunit la solidité à l’économie; la douille par laquelle on souffle, et la partie par laquelle le vent dirige la flamme, peuvent être en platine.
Divers auteurs ont apporté des modifications dans la construction du chalumeau. Celles indiquées par M. Le Baillif ont été généralement adoptées, et le chalumeau construit d’après les indications données par ce savant est presque généralement employé. Ce chalumeau consiste en un tube légèrement conique, qui entre à frottement dans un petit réservoir cylindrique terminé par une ouverture que l’on ferme à volonté ; un tube implanté dans la partie moyenne du réservoir le traverse entièrement, et s’appuie sur le côté opposé de la partie intérieure. Ce tube est entaillé du côté du bouchon et perforé intérieurement d’un canal cylindrique rétréci en pointe. (A la fin de cet Ouvrage nous donnerons , dans une des planches , la figure de cet instrument. )
Les avantages qui résultent de l’emploi du chalumeau de M. Le Baillif, sont l’absence de l’humidité qui se condense pendant l’insufflation , et que l’on enlève par l’ouverture située à la partie inférieure du petit réservoir cylindrique qui s’ouvre et se ferme à volonté.
Chalumeau à gaz oxigene comprimé.
Cet instrument consiste en une douille à bec effilé , vissée sur une forte caisse en cuivre. Une pompe aspirante et foulante est alimentée par une vessie adaptée à sa partie supérieure. En faisant mouvoir le piston du haut en bas , on introduit le gaz oxigène dans la caisse jusqu’à ce que l’on juge qu’il y soit suffisamment comprimé ; on ferme alors un robinet qui intercepte la communication entre la caisse et la pompe , et l’on ouvre celui qui est entre le chalumeau et la caisse ; le gaz s’écouh par le bec, et le courant est dirigé sur le corps que l’on veut soumettre " à l’action du chalumeau.
CHAMPIGNONS
Chalumeau à gaz hydrogéné et oxigene comprimés.
Le chalumeau à mélange de gaz ne diffère du précédent qu’en quelques dispositions propres à prévenir l’inflammation et la détonnation du mélange gazeux dans la caisse. A cet effet, le bec du chalumeau est étiré de manière à former un bec capillaire ; l’autre bout du chalumeau est vissé sur un tuyau qui., dans la caisse, plonge de quelques lignes dans une couche d’huile contenue au fond de la caisse ; ce tuyau est garni intérieurement de ioo à i5o toiles métalliques assez fines pour présenter y à 800 trous au pouce carré. Le mélange gazeux comprimé n’arrive à l’extrémité du chalumeau qu’après avoir traversé l’huile pour se rendre dans le tube vertical , où il rencontre un grand nombre de fils de laiton croisés ; enfin, il ne s’échappe qu’au travers d’un tube capillaire métallique. Pour plus de sûreté, on peut faire passer au travers d’un mur ou d’une forte planche le tuyau qui fait communiquer la caisse avec le bec du chalumeau.
Après avoir comprimé dans la caisse le mélange d’un volume d’oxigène avec deux volumes d’hydrogène , on enflamme le courant de gaz , et on le dirige sur le corps à traiter.
La substance qui doit être soumise à la flamme poussée par le chalumeau peut être placée dans une petite cuillère de platine , ou sur un charbon sur le côté duquel on a pratiqué un trou. On ajoute quelquefois des fondans: ces fondans, en prenant diverses couleurs , indiquent quel est le corps qui existe dans la substance soumise à l’examen (1). (A. C.)
CHAMOEDRYS. V. Germandrée.
CHAMOEPITYS. V. Ivette.
CHAMARRAS. V . Scordium.
CHAMPIGNONS. Fungi. Famille très considérable de plantes cryptogames, remarquables par la diversité de leurs formes et
(1) Voir le Traité du chalumeau, par Berzélius, et le Traité des réactifs de MM. Payen et Chevallier.
CHAMPIGNONS
de leurs couleurs. Leur texture est formée en général d'un tissu cellulaire mou , assez lâche et régulier, ce qui détermine la consistance particulière de la plupart d’entre eux , consistance qui a reçu le nom de fongueuse, mais qui peut devenir subéreuse , ligneuse ou quelquefois gélatineuse. Les champignons les plus complets sont composés de plusieurs organes que l'on a distingués par des mots propres, et dont il importe de bien connaître la signification pour pouvoir reconnaître les genres et les espèces dans les descriptions données par les auteurs. Ils sont fixés en terre ou aux divers corps par une racine filamenteuse très différente, par son organisation, de celle des végétaux phanérogames , mais qui n’est pas destinée uniquement à les fixer comme les fibrilles des lichens ou les crampons des algues. Une sorte de bourse, nommée vole a > enveloppe quelques champignons avant leur développement. Elle est d’abord fermée de toutes parts, puis elle se rompt au sommet pour laisser sortir le pédicule et le chapeau, qui quelquefois en entraînent une partie. Le pédicule (. slipes ) est tantôt central , tantôt placé sur le côté; quelquefois il manque entièrement, et alors le chapeau (pileus) est dit sessile. Ce dernier organe est plus ou moins élargi, étendu horizontalement, de forme souvent hémisphérique ou en ombelle, portant sur les surfaces, soit supérieure, soit inférieure , la membrane séminifère ( hyménium. ). Celle-ci est formée par la réunion d’une infinité de petites capsules membraneuses ( tliecœ ) visibles seulement au microscope , de forme cylindrique, et contenant les sporules ( sporulœ ) . Dans le groupe des Tremellinées et des Lycoperdacées, ces sporules, que l’on a aussi nommées spores, sporidies, séminules , gongyles , etc., sont libres sous la membrane qui couvre les surfaces. Entre le pédicule et le bord libre du chapeau, on trouve dans quelques genres de champignons une membrane désignée sous le nom de tégument ou voile (vélum, cortina ) , qui souvent enveloppe tout le chapeau , ou ne couvre que sa surface inférieure.
Les circonstances de la réproduction et du développement des champignons sont encore peu connues; on sait seulement
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que les sporules commencent par émettre un ou deux filamens qui s’étendent et s’entrecroisent avec ceux provenus des sporules voisines , et forment ainsi une base filamenteuse de laquelle s’élève le champignon lui-même. Ce que les cultivateurs ont nommé blanc de champignon n’est pas autre chose que cette masse de filamens entrecroisés. Les champignons croissent avec une telle rapidité , qu’elle est devenue proverbiale ; et ils se développent d’autant mieux , qu’ils prennent naissance dans des endroits plus humides et plus sombres. La durée de leur vie est par compensation très éphémère; caria période moyenne de leur existence est de huit à dix jours, excepté toutefois quelques bolets ou agarics ligneux que l’on voit subsister plusieurs années de suite.
La consistance molle et succulente de certains champignons , l’odeur et la saveur agréables dont ils sont doués , les font rechercher des gourmets ; et sous le rapport alimentaire , on estime beaucoup certaines espèces qui habitent les prairies et les forêts de diverses contrées d’Europe. Ainsi l’agaric et le bolet comestibles, l’oronge vraie, les mousserons, la chanterelle, la morille , les truffes, etc. , sont d’excellens mets qui se mangent seuls, ou qui servent à rehausser le goût des sauces dans un grand nombre de préparations culinaires. Ces espèces ont des congénères douées de propriétés équivoques, mais qui leur ressemblent à un tel point, qu’il faut une grande habitude pour les en distinguer ; quelques-unes sont même des poisons très dangereux. Nous avons décrit, et nous décrirons dans la suite tous les champignons bons à manger , ainsi que la plupart de ceux qui sont dangereux ; mais il convient d’exposer ici les signes généraux qui peuvent faire soupçonner la mauvaise qualité des champignons , de ceux dont il est toujours très prudent de s’abstenir. On doit doue rejeter les champignons dont l’odeur est vireuse ou fétide , la saveur âcre, amère ou très acide, ou qui occasionent, lorsqu’on les avale, une sorte de constriction dans le gosier; ceux dont la chair est molle , fondante, changeant de couleur et prenant une teinte bleuâtre quand on les casse ; ceux sur-
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tout qui laissent écouler un suc laiteux, âcre et styptique; ceux qui viennent dans des localités trop humides , et sur des matières en putréfaction , enfin les champignons dont la substance est coriace , ligneuse ou subéreuse. Mais il faut observer que ces derniers n’occasionent des accidens que parce qu’ils sont d’une digestion très difficile , et qu’ils empoisonnent pour ainsi dire d’une manière mécanique , tandis que les effets délétères des autres doivent être attribués à leur nature chimique . C’est encore une remarque digne d’attention, que certaines espèces comestibles peuvent prendre les caractères des champignons vénéneux quand ils ont été récoltés trop tard , ou qu’ils se sont développés dans des lieux trop humides ; et réciproquement quelques champignons reconnus malfaisans ont pu devenir de bons champignons lorsqu’ils ont crû dans des circonstances propres à corriger leurs principes nuisibles, ou qu’on leur a fait subir des préparations , comme , par exemple, l’action du vinaigre, qui les rend beaucoup moins dangereux. Ajoutons à ces considérations la diversité des complexions, ou l’idiosyncrasie de certains individus qui leur permet de manger impunément telles substances , véritables poisons pour la multitude ; et nous pourrons faire sentir à nos lecteurs combien est peu raisonnable , peu prudente , l’assertion de ceux qui ont prétendu, d’après leur expérience exceptionnelle , que tous les champignons tendres et succulens étaient innocens, quels que fussent d’ailleurs l’aspect et les qualités extérieures de ces végétaux suspects. Tous les jours, de graves accidens, produits par la seule ignorance ou la gourmandise, réfutent malheureusement d’une manière trop victorieuse l’opinion perfide de nos nouveaux Mithridates.
A l’article Poisons de ce Dictionnaire, nous parlerons des symptômes qui accompagnent l’empoisonnement parles champignons, et nous indiquerons les moyens employés pour les combattre.
Plusieurs chimistes , en tête desquels nous citerons MM.Vauquelin, Bouillon-Lagrange et Braconnot , se sont occupés de recherches sur les champignons. Dans les Annales de Chimie,