‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 10 sur 251 · AP.N · texte numérisé non relu

AP.N

ministralion du royaume en l'absence du roi.

Après que les barons et les prélats eurent délibéré sur ce choix important , saint Bernard, qui était leur interprète, adressa la parole au roi, et lui montrant Suger et le comte de A'evers : Sire, lui dit-il , voilà deux glaives et cela nous suffit. Ce eboix de l'assemblée devait obtenir l'approbation du roi et les suffrages du peuple. L'abbé de Saint-Denis avait donné une longue pais à la France et fait la gloire de deux règnes; il s'était opposé à la croisade, et ce qui atteste à la fois son H élite et son ascendant, i! avait conservé .«a popularité sans partager 1rs opinions dominantes. Suger conseillait au roi de ne point abandonner ses sujets , cl lui représentait que les fautes seraient beaucoup mieux réparées par une sag-ï administration de son royaume que par des conquêtes en Orient. Celui qui avait donné ce conseil se monlrait plus digne que tout autre de représenter son souverain ; mais Suger refusa d'abord un emploi dont il sentait le fardeau et le dans;' r. L'assemblée ne voulut point faire un autre choix et le roi lui-même eut recours aux prières pour déterminer le ministre à le remplacer dans l'administration de son royaume. Le pape, qui arriva peu de temps après en France, ordonna à Suger de se rendre aux voeux du monarque, des grands et de la nation. Le souverain pontife, pour faciliter à l'abbé de Saint-Denis la tâche honorable qui lui était imposée, lança d'avance les foudres de l'Eglise contre tous ceux qui attenteraient à l'autorité royale pendant l'absence du roi.

Le comte de Nevers, désigné par l'assemblée des barons el des évêques, refusa comme l'abbé de Saint-Denis la charge dangereuse qu'on lui proposait. Vivement pressé d'accepter le gouvernement du royaume , il déclaia qu'il avait fait vœu d'entrer dans l'ordre de Sainl-Bruno. Tel était l'esprit du siècie que cette intention pieuse fut respectée comme la volonté de Dieu, et, tandis qu'on se félicitait de voir un moine sortir de son cloître pour gouverner la France, on vit sans élonnemenl un prince s'éloigner pour jamais du monde et s'ensevelir dans un monastère.

A une autre époque ( vos l'an 1173,) Philippe comte de Flandre se trouvant à Jérusalem, le roi Baudouin dont la maladie empirait proposa à l'illustre croisé de prendre l'administration de son royaume et de gouverner eà sa pi ce la ville sainie. Celui-ci refusa disant qu'il n'était venu que pour se consacrer au service de Dieu.

Tels sont les exemples sur lesquels nous devrions méditer sans cesse et faire méditer cà la jeunesse; c'est le meilleur moyen de lui faire apprécier, aimer et vouloir mettre en pratique une vertu qui peut faire sa gloire et assurer son bonheur.

A ce propos je crois devoir rappeler que, il y a environ vingt-cinq ans, il prit fantaisie à quelques hommes de talent, mais remplis d'or'nueil cl d'ambition, de fonder une secte

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