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qui s'intitula pompeusement, secte ou religion sainl-simonienne.
Celle-ci avait pour base fondamentale l'ab négation desoi-méme au profit del'humaniié. L'abnégalion devait même être portée si loin par les disciples du saint-simonisme, que, acceptant de gaieté de cœur, ou tout ai! moins sans opposition, le degré de capacité qui leur serait conféré par les plus capables, ou les chefs deladoclrine, ils devaientrenoncer sans se plaindre à la condition que leur naissance ou leur richesse leur avaient faite, pour remplir n'importe quelles fondions qui leur seraient dévolues par les Pc'res, fussentelles les [dus basses et les plus viles.
Cette secte, comme on le pense bien, n'a eu qu'une existence éphémère, soit parce que ses fondateurs ont commencé par se déclarer les plus capables et par conséquent les apôtkks de la doctrine ( chaque ville un peu importante avait le sien ou les siens), soit parce que dans notre France, où même les plus riches ne font pas l'abnégation de quelques misérables écus au profit de l'Etat, ou par amour du prochain, il ne s'est rencontré que quelques niais qui ont voulu renoncer à leur rang, à leur lorluue et à leur famille pour se faire les humbles valets des «raves docteurs prêchant les préceptes de Saint-Simon.
Et attendu que M\L les apôtres - prêcheurs se sont toujours considérés corn mu les plus capables, et se sont, en consé luencc. arrogé le droit de toujours commander^ d'être à jamais les chefs de la nouvelle doctrine, il en est résulté que, méconnaissant eux-mêmes la vertu qu'ils proposaienlcomme devant servir de fondement à l'édifice saintsimonien, celui-ci est resté debout tant qu'ont duré les illusions de quelques adeptes plus subjugués que convaincus. Les illusions détruites, l'édifice s'est écroulé, et il n'en reste plus que quelques ruines éparses, pour en conserver le souvenir.
Je ne parle pas de quelques autres principes de la religion saint-simonienne, les hommes sérieux et éclairés en ayant bien vile fait justice.
ABSTBACTION, Abstrait (disposition bonne ou mauvaise de l'esprit).— On a différemment défini l'abstraction morale. Pour les uns, elle consiste dans « une activité de l'esprit par laquelle nous considérons quelques parties d'un tout sans faire attention aux autres parties; » pour les autres, elle est caractérisée par « un détachement, qui se fait par la pensée, de toutes les circonstances qui p-uvent accompagner une chose, pour la mieux considérer en elle-même; «et certains, enfin, la considèrent comme « un manque d'attention causé par les idées intérieures qui occupent si fortement l'âme, qu'elles l'empêchent d'être attentive à toute autre chose qu'à ce qu'elles présentent. »
Afin de dissiper ce que ces définitions diverses peuvent avoir d'obscur, je vais citer un fait irès-curieux de ce qu'on nomme abstraction.
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